Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 24 octobre 2019

Théo Roumier : « Il faut que décembre soit le plus chaud possible avec le plus de grèves reconductibles »

Née en juin dernier du mariage entre Alternative Libertaire (AL) et la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA), l’Union Communiste Libertaire (UCL) veut une « démocratie directe, l’autogestion et le fédéralisme », le tout obtenu au travers des luttes. Théo Roumier, membre de l’UCL, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le communisme libertaire 
« Le communisme libertaire, tel que nous on l’entend, c’est un projet de société à la fois basé sur des rapports égalitaires de production, entre hommes et femmes, une société libérée du racisme et une société où chacun-e a sa place et peut décider. »
« Les deux termes sont importants : on est à la fois communiste puisqu’on veut rompre avec le capitalisme qui continue de structurer notre monde - des intérêts privés contrôlent notre vie et détruisent la planète - et libertaire parce que notre communisme n’est pas le communisme de l’URSS, ni de la Chine maoïste. C’est le communisme où le fonctionnement de la société serait horizontal, fédéral et reposerait sur une démocratie directe. »
« Notre communisme libertaire, c’est aussi une pratique d’engagement militant. On vient d’un courant historique : les mouvements libertaires ouvriers et anarchistes ouvriers. On n’a pas un drapeau rouge et noir par hasard, c’est bien dans ce courant et dans cette filiation-là que l’on s’inscrit. »
« Notre volonté, c’est d’arriver à incarner dans une organisation révolutionnaire, cette pratique communiste libertaire, cette manière d’envisager la rupture avec l’ordre dominant. »

 Sur les luttes 
« On est immergé dans les luttes. On ne construit pas une organisation révolutionnaire à côté des luttes, qui serait surplombante. Nous, le modèle de l’avant garde éclairée, ce n’est pas notre tasse de thé, c’est dépassé. »
« Notre stratégie, c’est l’immersion dans les mouvements sociaux et la construction d’un projet politique. »
« Notre organisation est un outil, pas pour guider les luttes, mais pour être un outil utile à développer les luttes dans un sens d’un contre-pouvoir. »
« Notre projet est global : il n’y a pas de front secondaire. On pense que la lutte des classes existe et ça se confirme tous les jours. »
« Le patriarcat comme le racisme structurent encore aujourd’hui profondément notre société. »

 Sur la République 
« L’idée de République ne nous intéresse pas. La République française s’est construite sur le sentiment d’une sorte d’intérêt commun qui unirait les classes sociales. Nous, on ne peut pas penser comme ça. »
« L’Etat est un sérieux problème, y compris dans une perspective d’émancipation. »
« Si vous prenez l’exemple de l’accident de Lubrizol, on a un Etat défaillant qui se porte garant des intérêts privés, des puissants et des riches. L’Etat n’est jamais neutre et la République ne peut pas être neutre. »
« La manière dont l’Etat se construit en tant que pouvoir centralisé, favorise les riches et les puissants. »
« Nous, on pense que c’est sur le terrain des luttes populaires et des luttes sociales qu’il faut aller pour arriver à construire une rupture révolutionnaire. »

 Sur la gauche 
« On se situe dans le champ de l’extrême gauche : on est une organisation révolutionnaire, anticapitaliste, antipatriarcale et antiraciste. »
« On n’a pas de problème pour discuter avec qui que se soit. On est dans une démarche ouverte. Par contre, on ne se situe pas par rapport aux autres organisations. »
« Quand on s’est créé, on a envoyé des invitations larges pour rencontrer un certain nombre d’organisations : on a rencontré le NPA, l’Union Syndicale Solidaire (…). On va rencontrer bientôt Lutte ouvrière, ATTAC, les comités syndicalistes révolutionnaires. »

 Sur le populisme 
« Le populisme tel qu’il s’incarne, notamment au travers de la France Insoumise, ce n’est pas notre tasse de thé. »
« La lecture du populisme, comme s’il y avait une espèce de peuple surplombant, ça gomme et ça nie la lecture de lutte de classes de la société. Il y a des exploiteurs et des exploités : il y a quand même deux camps de chaque côté de la barricade. »
« Le populisme n’est ni notre vocabulaire, ni notre stratégie. »
« Notre stratégie, c’est de construire des luttes populaires pour pouvoir construire un pouvoir populaire. »

 Sur l’agenda de l’organisation 
« On a un objectif, c’est que le mois de décembre soit le plus chaud possible avec le plus de grèves reconductibles possibles. »
« Nous, on dit qu’il faut construire le syndicalisme comme un outil de résistance et de luttes. Il n’y a pas beaucoup d’organisations politiques qui le disent. »
« Il faut hisser le rapport de force là où il faut avec un pouvoir qui est de plus en plus autoritaire. »
« Il faut bloquer l’économie du pays. »
« Il faut combattre l’islamophobie et la dénoncer. Il faut faire face à l’offensive islamophobe. Il faut être sur tous les fronts possibles. »

 Sur la mobilisation contre la privatisation d’ADP 
« On a bien conscience que les services publics sont un enjeu d’égalité pour la population la plus précarisée et la plus pauvre. »
« Concernant ADP, on estime que la privatisation est inacceptable. »
« Il faut défendre les services publics et les développer. »
« On veut aussi poser la question de la socialisation des services publics et de leur autogestion. »

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