Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 15 juin 2018

Thomas Branthôme : « On a substitué l’aristocratie de richesse à celle de naissance »

Alors qu’on peine parfois, aujourd’hui, à s’entendre sur les définitions de république, de laïcité ou de gauche, l’historien du droit et des idées politiques Thomas Branthôme, auteur, avec Jacques de Saint Victor, d’une "Histoire de la République en France" aux éditions Economica, est l’invité de la Midinale.

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VERBATIM

 

 Sur la notion de République 
« Certains se posent la question de savoir si le mot République n’est pas un mot vide de sens. »
« La République, dans son sens originel, est un idéal. »
« La République est un régime politique qui s’oppose au pur individualisme. »
« Si la République, c’est chercher le bien commun, on peut considérer par définition qu’un monarque peut le faire. »
« Chez Spinoza, pour qu’un Etat soit fort, il faut qu’un grand nombre y participe. »
« Du côté de Rousseau, ce qui compte, c’est la question du souverain et, selon lui, ce doit être le peuple. »

 Sur la laïcité 
« Le débat actuel gagnerait à être éclairé par le temps long. »
« On a tendance, quand on parle de la laïcité, à se focaliser sur la loi de 1905. »
« L’idée de la République, c’est que nous devons avoir une loi commune et le catholicisme lui-même n’a pas le droit de s’en exempter [dès 1790]. »
« Il y a une confusion du fait que les valeurs et les idées anglo-saxonnes ont pénétré l’esprit français. »
« La laïcité doit nous engager à repenser l’articulation entre individu et collectif. »

 Sur la gauche 
« La gauche pourrait avoir comme définition la lutte contre l’ordre injuste. »
« Pourquoi l’idée de gauche est remise en cause ? Parce que les mots ont épousé les hommes et que l’on rejette les mots après avoir rejeté les hommes. »
« Il y a une critique de la gauche à faire, mais au nom de la gauche. »
« Le ralliement progressif des gauches occidentales au libéralisme entraîne une confusion. »
« A partir du moment où les gauches ne sont plus dans une lutte pour un monde plus égalitaire, plus juste, qui renoue avec l’idée aristotélicienne qu’on est social et que l’on doit partager et que les disparités des fortunes mettre en péril le commun, alors la confusion se fait entre droite et gauche. »
« Depuis quelques années, la différence entre droite et gauche se fait sur le sociétal : la lutte pour les minorités… combats très importants mais qui ne peuvent pas être les seules finalités. »
« C’est autour de la question économique que va se refonder la question droite/gauche. »

 Sur la notion de République aujourd’hui 
« N’est pas républicain celui qui s’en vante. »
« C’est autour de la lutte contre les privilèges que l’on a formé le républicanisme jacobin. »
« La République n’est pas un cadre figé qu’on donnerait clefs en main. »
« La République, on doit la faire aimer. »
« La République et donc l’Etat, c’est le service public. »
« Depuis 1789, on a substitué l’aristocratie de richesse à l’aristocratie de naissance. »

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