Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 11 décembre 2018

Thomas Porcher : « Macron a fait un chèque en blanc pour dire aux gilets jaunes de continuer »

Lendemain d’allocution présidentielle, en pleine crise des gilets jaunes, l’économiste et co-fondateur de Place Publique, Thomas Porcher nous livre son regard dans #LaMidinale.

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VERBATIM

 

Sur l’allocution présidentielle
« Il a fait un effort pour faire un tournant un peu plus social dans son logiciel. »
« Encore une fois, on ne demande aucun effort aux entreprises alors qu’elles ont déjà bénéficié de baisse de la fiscalité et du CICE qui va être gravé dans le marbre. »
« Il relâche un peu sur les retraités mais il ne revalorise pas les retraites au-dessus de l’inflation. »
« On est dans l’ordre de la mesurette, sans changement de cap et on est face à une crise qu’on n’a jamais connu auparavant qui mériterait des changements plus radicaux. »

Sur la crise de la démocratie
« Il a dit qu’il allait faire des efforts et notamment rencontrer les maires. »
« C’est contradictoire, il rencontre les maires et en même temps il retire douze milliards sur les collectivités territoriales. »
« Il dit qu’il faut lutter contre l’évasion fiscale mais il va supprimer 120000 postes de fonctionnaires qui sont principalement à Bercy et aux impôts. »
« Il faut que la démocratie puisse s’affirmer de plus en plus et il faut pour cela changer la Constitution, pour un recours à plus de référendums. »

Sur l’exercice du pouvoir par Macron
« C’est une séquence intéressante parce qu’il y a eu de grosses manifestations contre la loi Travail ou la libéralisation de la SNCF et là, ce que disait Emmanuel Macron, c’était : ‘vous avez le droit de manifester mais je garde le cap’. »
« Avec la manifestation des gilets jaunes, le président recule pour la première fois. »
« Je pense que dans l’esprit de Macron, dans son esprit libéral, il pense qu’il a fait un vrai pas en avant. »
« Emmanuel Macron a fait un chèque en blanc pour dire ‘continuez parce que je suis en train de reculer’ alors qu’il n’avait pas fait ça avec les syndicats. »

Sur la fiscalité
« Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron dit qu’il faut une fiscalité plus juste or là c’est tout le contraire. »
« Emmanuel Macron a baissé les impôt des 1% les plus riches qui détiennent 25% du patrimoine. Il leur a offert la réforme de l’ISF sur les placements financiers. »
« Il a juste fait une mesure où le SMIC augmente de 100€, financé par les contribuables et pas par les entreprises qui ont le CICE et les baisses d’impôts. »
« Ce sont toujours les classes moyennes qui payent. »
« Ce que l’on donne d’un côté à une main, on le retire trois fois plus de l’autre. »

Sur les gilets jaunes
« Il faut que la mobilisation se poursuive pacifiquement. »
« Ca fait trente ans que vous avez une classe moyenne qui a subit les effets délétères de la mondialisation, du retrait de l’Etat et que Macron accélère. »
« La transition écologique ne peut pas reposer que sur les classes moyennes. Les entreprises doivent prendre leur part. »

Sur Place publique
« Autour des quatre urgences, sociale, économique, démocratique et écologique, il faut trouver des solutions et on invite l’ensemble des partis de gauche à se réunir le 20 décembre pour trouver des solutions à cette crise. »

Sur les européennes et la division à gauche
« Je me réjouis que Manon Aubry ait été désignée tête de liste de la France insoumise. »
« Comment on peut ne pas créer des liens entre nous alors qu’on partage 80% des solutions ensemble ? »
« Je pense qu’une liste commune - qui ferait un score énorme - serait un message très fort envoyé à Macron. »
« Nos divergences sont beaucoup plus faibles que nos points de convergences. »
« Ce que défendent les gilets jaunes a déjà été proposé par tous les partis de gauche depuis vingt ans. »
« Si la seule différence c’est le plan B ou le revenu universel, c’est des différences mineures comparé à la crise que nos visons aujourd’hui et des réponses que nous pouvons apporter collectivement. »
« Si on continue comme ça, on prépare l’arrivée de Marine Le Pen et on ne veut pas ça. »

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  • Encore faut-il que les français retrouvent confiance dans la parole politique... Aujourd’hui, que ce soit la FI, Generation.s, écologistes ou autre, aucun n’est en mesure de demander un chèque en blanc aux électeurs ! La tâche est d’autant plus ardue pour les partis qui s’affirment de Gauche dès lors qu’on considère que ce sont ceux qui leur donnent généralement leurs voix qui ont le été le plus "escroqués" par leurs élus ! Ils ont donc de fait bien plus d’efforts à fournir pour convaincre que les partis de centre/droite, dont on conviendra qu’ils s’appliquent ardemment à respecter à la lettre l’esprit du libéralisme, voir du néolibéralisme...

    Peut-être que ce n’est pas un rassemblement politique qui sera perçu comme un "opportunisme électoral" bien mal venu qu’il faut promouvoir... mais autours un rassemblement autours d’une action concrète à fort impact symbolique bien visible et porteur de sens pour tous ceux qui la verront ! Ce sera toujours plus facile que de commencer par se mettre d’accord sur un programme !
    Il y a le choix... mettre en place un groupe d’avocats pour s’interposer contre des expulsions de logements, de territoire ou de coupure de gaz, d’eau ou d’électricité, mise en place boycotts, d’un plateforme numérique commune d’échange ouverte aux citoyens, etc, etc...
    Bref, un peu d’imagination ne vous ferait pas de mal

    carlos Le 11 décembre 2018 à 16:07
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