Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 21 octobre 2019

Thomas Portes : « Les usagers préfèrent avoir une alerte en amont plutôt qu’après une catastrophe »

Alors que les cheminots ont fait valoir leur droit de retrait pour dénoncer l’absence de sécurité au quotidien, le gouvernement a dénoncé une « grève déguisée » et en appelle à la justice pour les sanctionner. Thomas Portes, responsable national du collectif des cheminots pour le PCF, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur le droit de retrait 
« Il y a plusieurs éléments et il suffit déjà de regarder les photos de l’accident pour mesurer la gravité. »
« Le conducteur était seul à bord. On est passé tout près d’une catastrophe. »
« C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (…). C’est un droit de retrait légitime pour dire que la sécurité n’allait plus. »

 Sur le danger imminent 
« Il ne faut pas alerter pour dire que le train n’est pas sûr mais, effectivement, il y a un danger qui est en train de s’accélérer. »
« Aujourd’hui, on se retrouve avec un cheminot dans le train sur qui on fait peser toute la responsabilité : la gestion de l’incident, la protection de ceux qui sont à l’intérieur et le stress de toutes ces personnes-là. »
« On avait dénoncé dès 2002 le fait que ces trains qui circulent avec une seule personne étaient en danger et la SNCF n’en a pas tenu compte. »

 Sur la poursuite de la mobilisation 
« Je crois que se sont les cheminots qui vont collectivement décider de la prolongation de leur droit de retrait. Ils peuvent le faire tant qu’ils estiment que les conditions de sécurité pour reprendre le travail ne sont pas réunies. »
« J’ai beaucoup entendu que le droit de retrait était une grève déguisée mais quand les salariés font valoir leur droit de retrait, ils sont sur leur lieu de travail. Ils sont à la disposition de l’entreprise. »

 Sur la réponse du gouvernement 
« Le gouvernement et la SNCF ont été pris de court par le degré de mobilisation. »
« On a eu l’habitude sur les derniers conflits : la réponse du gouvernement n’a jamais été sur le fond, elle a simplement été autoritaire. »
« Les inspecteurs du travail ont dit que le droit de retrait n’était pas contestable. »

 Sur les exigences des cheminots 
« Il faut un contrôleur présent dans tous les trains, la rénovation du matériel, le gel de tous les projets en cours dans les régions pour faire circuler les trains avec un seul conducteur et enfin, la suppression à partir du 15 décembre du projet qui consistera à enlever les chefs de service qui donnent le départ du train pour le donner aux conducteurs. »
« Le 15 décembre, il n’y aura plus personne pour donner le départ des trains, ça sera le conducteur qui en aura la responsabilité. On accumule sur une seule personne un ensemble de missions qui, à la base, étaient réparties sur trois cheminots. »

 Sur le rapport de force et la bataille de l’opinion 
« L’alerte donnée par les cheminots est celle de la sécurité. »
« Les réformes ont cassé le service public. »
« Dans les autres pays où on a abaissé le niveau de sécurité ferroviaire, on a eu des accidents avec des morts. »
« On n’a pas choisi d’avoir un accident à trois jours des vacances. »
« On peut entendre que, pour beaucoup d’usagers, c’est pénalisant de ne pas avoir les trains qui circulent mais il y a eu aussi beaucoup de messages de soutien sur les réseaux sociaux. »
« Les usagers préfèrent avoir une alerte en amont plutôt qu’après une catastrophe. »
« Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas les conditions de travail des cheminots, ce n’est pas notre statut, c’est la sécurité de ceux qui prennent le train. »

 Sur les lignes régionales 
« On devait avoir une présentation du rapport sur les 9.000 km de ligne, au Sénat, et elle a été annulée. On nous dit que le rapport n’était pas prêt mais on pense qu’à quelques semaines d’une mobilisation sur les retraites, le gouvernement ne veut pas acter la suppression de 9.000km de ligne ferroviaire. C’est ce qu’il y a dans les tuyaux, très clairement. »

 Sur les conséquences de la mise en concurrence 
« Il faut s’attendre à une hausse des prix et à une baisse de la sécurité. »
« Partout où le rail a été ouvert à la concurrence, les prix n’ont pas baissé, ils ont augmenté, et la sécurité a baissé avec des catastrophes en Italie, en Allemagne ou en Angleterre. »
« Même en Angleterre - qui n’est pas un pays de gauchistes -, on a re-nationalisé le réseau ferroviaire à la demande des citoyens. »

 Sur la mobilisation du 5 décembre 
« L’unité syndicale a fait ses preuves lors de la dernière mobilisation des cheminots avec 48 jours de grève et l’ensemble des organisations syndicales. »
« Je suis confiant sur l’unité syndicale même si j’ai conscience qu’elle se construit. »
« J’espère que la journée du 5 décembre sera une journée très forte, un premier signal pour le gouvernement. »
« On est prêt à aller jusqu’au bout pour le retrait de la réforme des retraites. »

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