Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 15 mars 2019

Vincent Jarousseau : « Dans le monde ouvrier, la famille est perçue comme une cellule protectrice »

Vincent Jarousseau a passé deux ans à Denain, ville ouvrière du Nord où le Front National est arrivé largement en tête à l’élection présidentielle de 2017. Il vient de publier « Les racines de la colère » aux Editions Les Arènes, roman-photo très documenté, autour de huit familles. Il est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’origine du projet 
« C’est un projet qui est né de mon précédent travail sur les électeurs du Front National. »
« C’est la curiosité qui m’a poussé dans cette ville du bassin minier, Denain, qui, à la différence des autres villes, a eu une activité sidérurgique très importante qui s’est écroulée il y a 40 ans et qui a plongé cette ville dans une crise très profonde. »

 Sur la ville de Denain 
« Quand on vient à Denain pour la première fois, on est marqué à la fois par le cadre urbain, qui est un peu atomisé, mais surtout par les visages et le langage des corps. »
« Denain est une ville où l’on meurt beaucoup plus jeune qu’ailleurs. »
« C’est une terre communiste, puis socialiste, mais, pour tous les élus, l’impératif, c’est d’abord d’essayer de faire venir des investisseurs, pour faire revenir l’emploi. Et les investisseurs sont des chaines de supermarchés low-cost… »
« La perspective et le modèle que l’on propose sur ces territoires oubliés et sacrifiés sont des modèles économiques et sociaux qui ne sont pas durables et qui ne constituent en rien des solutions pour sortir les gens de la nasse. »

 Sur les familles rencontrées 
« C’est un roman-photo documentaire où, dans les bulles, ce sont les paroles des habitants. De facto, d’une certaine manière, l’auteur et l’interprétation de ces paroles sont exclus. »
« Mon objectif, c’est de rendre visible par un travail de représentation mais aussi de restituer une parole dans sa vérité la plus pure et la plus crue. »
« La confiance des familles, on la gagne dans le temps (…). Je les ai rencontrées par des biais directs car je ne veux pas de filtre. Quand on va voir les gens, l’appareil photo reste dans le sac, on prend son temps. »

 Sur l’objectif de l’ouvrage 
« Le travail dans lequel je me suis engagé est un travail sur les fractures françaises. »
« En allant à Denain, l’un des buts, c’était de donner à comprendre aux premiers de cordées quelles sont les réalités de ces vies. »

 Sur la contre société des habitants de Denain 
« La contre-société est une société de la débrouille. »
« La famille est une cellule qui a été moquée et mise de côté par la gauche. Mais, dans le monde ouvrier, la famille est perçue comme une cellule protectrice. »
« La contre-société, c’est aussi l’entre-aide. »

 Sur l’exigence de mobilité 
« La mobilité, c’est un message qui infuse puisque dans la publicité, l’information, on a transféré les mots : avant, on parlait de transports, de déplacements. »
« Une partie des personnes ont intériorisé le fait que c’était important d’être mobile pour avoir un travail… Ce qui n’est pas faux mais c’est aussi perçu par d’autres comme une forme d’insécurisation. »
« L’hyper-mobilité va toujours impliquer une hyper-immobilité - surtout des femmes. »
« Macron a été dans des poncifs parce qu’à l’écouter, on avait l’impression que les classes populaires ne bougeaient pas ce qui est une forme de jugement en soi. Et c’était une façon de dire “c’est de votre faute si vous en êtes là.” »

 Sur l’engagement du photographe 
« Je suis un photographe de gauche et j’ai l’obligation d’aller vers ceux qui ne me ressemblent pas. J’ai l’obligation de documenter ce que l’on ne connait pas, d’aller vers des gens qui ne pensent pas comme moi. »
« Ce travail est un message pour le reste de la gauche : les hommes et les militants politiques doivent sortir de l’entre-soi et rendre visite à des gens à qui ils ne ressemblent pas. »

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  • mais n’importe quoi
    l’auteur confond les ouvriers et les polaks.
    Les polaks du nord de la France sont totalement embrigadés dans l’anti-communisme primaire, et cela depuis leur plus jeune age. Ce sont des chrétiens extrémistes.
    Puissent-ils connaître le même sort que les vendéens quand la Révolution sera là.

    dasCoco Le 15 mars à 16:49
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  • Les immigrés polonais que la France a accueilli : c’étaient de la racaille réactionnaire qui fuyait le Communisme.

    Aujourd’hui, leurs enfants votent en masse pour le Rassemblement National, et leurs filles ont converti les prolos français communistes aux valeurs répugnantes de la famille chrétienne.

    Ces polaks réacs : on aurait du les renvoyer à Staline pour qu’il les rééduque convenablement. Mais non, on les a accueilli, et aujourd’hui, c’est eux qui portent le RN à des scores dépassant les 20%. Bien joué les gauchistes pro-réfugiés

    Ne commettez pas à nouveau cette erreur en recevant tous les fils à papa qui fuient l’Afrique et le Maghreb.

    MarreDesPolaksRacistes Le 20 mars à 10:53
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