Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 27 avril 2018

Yara Al Hasbani : « Ma danse est inspirée par les nouvelles qui me viennent de Syrie »

Son prochain spectacle sera présenté le 19 juin prochain aux Ateliers de Paris dans le cadre du festival June Events. Réfugiée syrienne en France depuis trois ans, la chorégraphe et danseuse Yara Al Hasbani est l’invitée de La Midinale.

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 Sur la danse 
« Je danse parce qu’il y a beaucoup d’histoires qu’il faut raconter. »
« Mon corps exprime et raconte ce que je veux dire. »
« Il y a beaucoup de messages à envoyer au monde. »
« Ma danse part de la douleur. »
« On danse souvent pour des choses joyeuses, raconter des histoires d’amour, des choses jolies dans notre vie. Mais pas moi. J’insiste vraiment pour raconter des histoires tristes. »

 Sur son rapport à la Syrie 
« Ma danse parle de ce que j’ai vécu quand j’étais en Syrie, puis le voyage de Syrie jusqu’en France, les choses que j’ai vécues et celles qui se passent toujours là-bas en Syrie. »
« J’ai quitté la Syrie il y a quatre ans mais ma tête est toujours là-bas. »
« Ma danse est inspirée par les nouvelles qui viennent de Syrie. »
« Ce n’était pas facile de faire ce que je voulais faire en Syrie – et maintenant, j’ai l’espace ici pour le présenter et m’exprimer. »

 Sur la situation syrienne 
« Ce n’est pas vraiment une guerre civile ; je préfère qu’on l’appelle la révolution syrienne. »
« Pour moi et pour beaucoup de gens, c’est toujours une révolution ; ce n’est pas la réalité mais on insiste pour que cela garde ce nom-là. »
« Je ne rentrerai pas en Syrie si Bachar el-Assad reste au pouvoir. »

 Sur ses contacts en Syrie 
« Je garde contact avec ma famille, mes amis et des gens que je ne connais pas personnellement mais que j’ai rencontrés sur Facebook. »
« Les gens avec qui je suis en contact en Syrie sont tristes et fatigués. Ils essaient de trouver d’autres façons pour continuer à vivre mais parfois ils en ont marre d’essayer. »
« C’est de plus en plus difficile. »

 Sur les bombardements franco-américains en Syrie 
« Je préfèrerais qu’on m’annonce qu’il y a des actions d’associations, des manifestations, des initiatives pour aider les réfugié-es ici en France, pour aider les gens aux frontières… »
« Si on peut entrer dans l’espace aérien syrien, c’est qu’on peut y entrer pour apporter des médicaments, pas que pour bombarder. »
« Oui, je suis contente quand j’entends qu’un endroit qui appartient à Bachar el-Assad est détruit mais ça me fait mal que la France, les Etats-Unis et d’autres pays étrangers bombardent mon pays. »
« Il y a toujours une solution diplomatique. »
« S’ils peuvent bombarder un endroit qui appartient à Bachar el-Assad, ils peuvent bombarder la maison de Bachar el-Assad. »
« N’hésitez pas à bombarder le palais royal en Syrie parce que c’est ça notre problème. »

 Sur sa perception de la société française 
« Malheureusement, [la plupart des Françaises et des Français que j’ai rencontré-es] étaient racistes. »
« J’ai été choquée par le racisme des gens dans les bureaux, à l’intérieur, très profondément. »
« J’ai eu de la chance de rencontrer l’association Pierre-Claver et madame Ayyam Sureau parce qu’en trois ans en France, c’est la seule personne que j’ai vue qui était vraiment intéressée, inquiète et qui donne tout ce qu’elle a pour aider les gens. »

 Sur ses rapports avec l’Etat français 
« J’ai bien remarqué quand je suis allé à l’OFPRA, à l’OFI, à Pole Emploi, comment ils traitent les étrangers. C’était vraiment bizarre qu’ils ne comprennent pas que les gens qui viennent de pays où il y a la guerre, ne viennent pas pour profiter ou pour s’amuser. »
« En Allemagne, il y a moins de problèmes parce que les gens qui travaillent pour l’Etat parlent anglais couramment. Mais pas en France. »
« J’ai vu beaucoup de gens qui avaient des difficultés à faire leurs papiers parce que les gens n’acceptaient pas de parler anglais avec eux. »
« La première barrière, c’est la barrière de la langue. Mais c’est aussi le regard : comme si on était des gens qui venaient du désert, qu’on n’avait pas de maisons, pas de machine, qu’on ne connaissait pas internet. »
« Comment nous comprendre si les gens ne savent pas d’où on vient. »

 Sur le drapeau syrien et la communauté syrienne 
« Quand la révolution a commencé, on a décidé d’utiliser un autre drapeau qui est vert, noir avec trois étoiles rouges. »
« C’est le même drapeau qu’on a utilisé quand l’armée française a quitté la Syrie. »
« La communauté syrienne en France est toute jeune. Elle n’existe que depuis quatre ou cinq ans. »

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