Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 12 juin 2019

Youcef Brakni : « Avec le comité Adama et d’autres dans les quartiers populaires, nous réinventons la gauche »

Gauche(s) et quartiers populaires ? Quels rapports la gauche entretient-elle avec les quartiers ? Quelles dynamiques et quelles mobilisations pour les quartiers ? Et si les quartiers populaires prenaient le pouvoir ? Youcef Brakni, membre du comité pour Adama, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur l’abstention et le vote Le Pen dans les quartiers populaires 
« Marine Le Pen ne séduit pas les quartiers populaires. »
« Les quartiers populaires ne votent pas beaucoup mais c’est compréhensible : quelle est l’offre politique pour qu’ils se déplacent ? »
« Tout le monde veut draguer les quartiers politiques sans proposer d’offre politique. »
« Personne ne représente les quartiers populaires. »
« J’aimerais bien qu’on se comporte avec les quartiers populaires comme on se comporte avec d’autres groupes sociaux. »
« Certains à gauche peuvent avoir un discours raciste sur les quartiers populaires. »

 Sur la gauche et les quartiers populaires 
« La gauche, la France insoumise notamment, est paralysée par la question des quartiers populaires, de la laïcité et du rapport qu’elle doit avoir aux populations musulmanes. »
« Tout l’espace médiatique et politique est clairement raciste. La parole qui domine, quand on parle des musulmans, c’est l’islamophobie. »
« Aujourd’hui, tout le monde court vers l’électorat du Rassemblement National. »
« Il ne faut pas s’étonner que le Rassemblement National soit aussi haut quand on ne combat pas ses idées frontalement. »

 Sur les conditions de vies des quartiers 
« Quand les gilets jaunes ont surgi, il y a eu une course de l’extrême droite à l’extrême gauche pour s’emparer de ce mouvement alors que, quand il y a des luttes dans les quartiers populaires, il ne faut pas trop montrer qu’on va défendre des noirs et des arabes. »
« La question des violences policières, mais plus généralement toutes les questions, si on les avait traitées du point de vue des quartiers populaires, elles seraient déjà réglées. »
« La répression a eu un impact considérable sur la mobilisation. »

 Sur la gauche 
« Pour moi, la gauche a un sens : je me revendique de gauche. Il ne faut pas abandonner ce terme contrairement à ce que disent certains au sein de la France insoumise comme Alexis Corbière ou Raquel Garrido. »
« Avec le comité Adama et avec d’autres dans les quartiers populaires, nous réinventons la gauche. »
« C’est nous la gauche : on le démontre tous les jours par les mobilisations dans les quartiers populaires. La vraie gauche, elle est là. Ça ne se fait pas avec les grands partis traditionnels mais ça se fait en repartant de la base, en repartant des luttes. »

 Sur la stratégie populiste 
« Le populisme tel que le propose Alexis Corbière par exemple est une défaite, c’est un aveu d’échec. C’est la victoire idéologique de la droite. »
« Quand on se dit ni de gauche, ni de droite, ça veut dire qu’on est de droite. »
« Il faut critiquer la gauche de pouvoir mais le problème de François Hollande, c’est qu’il n’a pas fait une politique de gauche. »
« Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas fait une politique de gauche, que le terme de gauche a été galvaudé, qu’il faut l’abandonner. La gauche a une histoire en France. »

 Sur la reconquête des quartiers populaires 
« Ça passe par le fait qu’il faut respecter les militants qui sont issus des quartiers populaires. »
« Il y a des gens qui meurent dans les quartiers populaires du fait de la police. »
« Notre action se fait en lien, en alliance avec les luttes dans le mouvement social : les soignants, les cheminots, etc. C’est cette ligne qu’il faut construire. »
« Il n’y a pas de porte-voix des quartiers populaires à l’Assemblée nationale. »

 Sur les municipales à Bagnolet 
« Il faut absolument faire un rassemblement de toutes les luttes. »
« L’exemple de François Ruffin est intéressant parce qu’il a porté des combats et il a été soutenu par tout le monde. »
« C’est fini le temps où des grosses fédérations imposaient des candidats. »
« À Bagnolet, il semblerait que Raquel Garrido veuille se présenter. C’est problématique et c’est même gênant quand on veut réinventer la gauche et quand on parle de populisme parce que ça ressemble plus à du népotisme. »
« Si on envoie ce signal-là, de “je gère ma circonscription comme un jardin privé”, on refait la vieille gauche, on refait les méthodes du Parti socialiste, tout ce qu’a détruit la gauche et l’espoir. »
« Il faut partir des dynamiques locales des luttes : elles existent à Bagnolet, Montreuil, Bondy. »

 Sur la marche des fiertés à Saint Denis 
« L’idée, c’était de dire que c’est possible de vivre son homosexualité dans les quartiers populaires. »
« Il y a un discours raciste qui consiste à dire que les quartiers populaires seraient plus dangereux pour les femmes ou les personnes LGBT. Cette marche a eu le mérite de couper l’herbe sous le pied à tous les fachos qui passent à la télé pour dire qu’il y a une homophobie spécifique aux quartiers populaires. »

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  • c’est précisément ce discours qui est mortifère pour la "gauche", mais je dirais plutôt pour l’élaboration d’une alternance crédible au libéralisme.
    nous avons besoin de discours qui rassemblent, qui mettent en avant l’intérêt commun qu’ont tous ceux qui ne sont pas la bourgeoisie possédante.
    nous n’avons pas besoin de ce type de discours qui empêche le rassemblement .
    De plus prendre Corbière et Garrido comme cible, donne une petite idée sur l’objectif de cet article .

    93 Le 12 juin à 17:08
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  • Tout discours qui exclut une partie de la gauche et empêche, de ce fait, le rassemblement des forces démocratiques est contre-productif.
    Dans les quartiers, tous les quartiers, il ne faut pas oublier que les plus grandes conquêtes sociales et sociétales ont été acquises sous des gouvernements de rassemblement et d’union, appuyés par des mobilisations syndicales et populaires de grande ampleur ( front populaires, grèves puissantes...).
    Pour combattre l’extrême droite, il faut assumer et réaffirmer les valeurs de gauche sans complexe : en premier lieu la République laîque, qui est le ciment et la garantie du vivre ensemble. Tout repli identitaire et communautaire sur fond religieux est une impasse : cela vaut pour toutes les religions dont il faut combattre sans répit toute tentative d’imposer à la République, des textes et des lois contraires à l’intérêt général.

    lucien matron Le 12 juin à 18:05
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