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Accueil > Politique | Par Guillaume Liégard | 7 février 2017

Hamon et les boulets du bilan

Contraint à la fois de s’affranchir du bilan du quinquennat et de ne pas le renier trop ouvertement, d’empêcher les départs vers Emmanuel Macron et de prendre des électeurs à Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon va devoir faire campagne sur un fil.

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Vainqueur de la primaire socialiste, Benoît Hamon est désormais engagé dans un délicat exercice de funambulisme : rassembler une famille socialiste divisée, tout en s’adressant à l’électorat de gauche qui rejette la politique gouvernementale. À bien des égards, cela relève de la quadrature du cercle et nécessite de maintenir en l’état bien des ambiguïtés, mais le candidat socialiste n’a guère d’autres choix.

Son objectif consiste à contenir tout mouvement de la droite du PS vers Macron, tout en essayant de siphonner l’électorat de Jean-Luc Mélenchon pour progresser. Sous nos yeux, se déroule donc une entreprise de haute voltige, parfois curieusement aidée par ses soutiens de la dernière heure.

Le bilan, quel bilan ?

À peine élu par les électeurs de la primaire, Benoît Hamon a rencontré, le lundi 30 janvier, le premier ministre Bernard Cazeneuve qui lui a adressé une nette mise en garde : la gauche « ne réussira pas sans assumer le bilan du quinquennat de François Hollande, dont nous avons toutes les raisons d’être fiers des progrès qu’il aura grandement contribué à rendre possibles ».

Depuis, l’ancien ministre de l’Éducation louvoie et régate pour ne fâcher personne. Lors de la convention d’investiture, dimanche 5 février, il s’est attaché à défendre une partie du bilan du quinquennat, suscitant les applaudissements enthousiastes d’un Jean-Christophe Cambadélis tout sourire. Concernant ses critiques du quinquennat, il a été beaucoup plus timoré : « Ce bilan a laissé aussi des personnes mécontentes, qui le rejettent, qui le critiquent ». Effectivement, au vu des différentes raclées électorales subies par le PS ces dernières années, ces « personnes » ont l’air assez nombreuses. Concernant ces déçus du quinquennat, Benoît Hamon a ajouté : « Il faut tenir compte de ce qu’ils disent, de leur déception, de leurs inquiétudes, de leur mécontentement ». Comment ? En transformant cette colère « en une aspiration à construire quelque chose qui nous dépasse », nous répond le candidat socialiste.

Najat Vallaud-Belkacem « soutient » Hamon

Certains à gauche semblent penser que le débat sur le bilan a été soldé par la non candidature de François Hollande et la défaite de Manuel Valls. C’est oublier un peu vite que, pour des millions de Français, la présidentielle commence à peine et que l’occasion de châtier la politique gouvernementale ne leur a pas encore été offerte. Or les faits sont là : pour la première fois, une expérience gouvernementale de gauche ne s’est traduite par aucune avancée sociale, aussi minime soit-elle, bien au contraire. Si assurément on ne gagne pas une présidentielle grâce au bilan, il ne fait aucun doute qu’on peut la perdre à cause de lui. La preuve par Nicolas Sarkozy.

Décidée à faire la campagne du candidat socialiste, Najat Vallaud-Belkacem a fait feu de tout bois le lundi 6 février : matinale de France Inter et interview de deux pages dans Libération. Il n’est cependant pas tout à fait certain que Benoît Hamon ait été pleinement satisfait par les propos de l’actuelle ministre de l’Éducation nationale. Cette dernière, qui défend le bilan du quinquennat « parce qu’il est bon », a tenu à souligner les différences entre le positionnement hostile d’Arnaud Montebourg et l’approche plus nuancée qu’en avait le vainqueur des primaires. Il est vrai que celui-ci, lors du premier débat télévisé, avait évoqué « un sentiment d’inachevé » là où l’homme à la marinière déclarait que le bilan était « difficile à défendre ».

Les "équilibres" du pouvoir

La suite fut un peu plus originale, au point de valoir à Najat Vallaud Belkacem un article de fact-checking sur France Info. Qu’a-t-elle donc déclaré ? « Remarquez quand même que Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires par exemple. Que Benoît Hamon a bel et bien soutenu le CICE. Donc, il n’y a pas de sujet pour moi. » avant d’ajouter, de fait, que Benoît Hamon ne reviendrait pas sur la loi travail : « Si on parle de la loi Travail, par exemple, soyons clairs. Benoît Hamon, si vous lui posez la question aussi clairement que cela, ne vous dira jamais que la garantie jeune universalisée est un échec, ne vous dira jamais que le Compte personnel d’activité est une mauvaise chose. Il vous dira : "Sur telle ou telle disposition, je n’étais pas d’accord" ».

Et la ministre de rappeler le candidat aux "réalités" du pouvoir : « Lui-même, au fond, comment fera-t-il ? Il reprendra le dialogue social, puisque ce type de dispositions ne peut se faire que dans le dialogue social. Il se rendra compte à son tour que du dialogue social ressort de fait une série d’organisations qui soutiennent ces dispositions envers lesquelles il est si critique. Dans l’exercice de l’État, des responsabilités, il s’agit toujours de trouver des équilibres » (à réécouter ici).

Le futur désirable et le passé honni

Il n’est pas sûr que Najat Vallaud-Belkacem ait rendu un immense service à “son” candidat. Mais il appartient aussi à celui-ci de démentir de tels propos et de lever les nombreuses ambiguïtés qui existent sur la politique économique.

Si, chez Macron, on est "et de gauche et de droite", chez Hamon il semble qu’on soit "et pour et contre" le bilan du quinquennat. Ces deux approches sont à l’évidence incompatibles et il ne peut exister de « futur désirable » qui fasse abstraction du “passé honni” de ces cinq dernières années. Le flou artistique ne peut perdurer, d’autant qu’une autre épine vient jeter un doute sur la sincérité de la campagne du candidat socialiste : la réalité des candidats PS investis pour les législatives. Outre la quinzaine de députés sortants ralliés à Macron et la vingtaine qui se tait, invoquant leur droit de retrait, l’écrasante majorité de celles et ceux qui sont investis font partie de cette majorité qui a tout voté. Pour le moins, il y a là de quoi jeter un sérieux doute sur la volonté, demain, de mener une autre politique.

@silicium17

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Vos réactions

  • Bonjour
    Certes , il y a le bilan, et les législatives,mais il y a les différences de programme, entre Hamon et Mélenchon. Mais j’ai peur que le but de Hamon et du PS c’est de passer devant Mélenchon, au premier tour des présidentielles, pour le contraindre a se rallier a lui au second tour !. Donc Hamon va jouer ce numéro d’équilibriste, le flou artistique, le temps du premier tour.
    Certes , ils essayent , de refaire le coup des primaires, dans une alliance ( jadot, Hamon, Mélenchon), pour que Mélenchon se retire. Mais aucun ne se retireras.Il ne faut rien attendre des alliances au sommet, on a vue en 1981 ce que cela a donner, ainsi que toute la stratégie Mitterrand pour marginaliser le PCF, vas t-on recommencer ?!.

    bob Le 7 février à 15:03
       
    • La présidentielle n’est pas un match Hamon / Mélenchon.
      Les qualifiés pour la "finale" sont les 2 premiers du premier tour.

      Votre hypothèse ne se produira pas.

      Berthier g Le 7 février à 16:03
    •  
    • Je ne pense pas qu’il y ait un but du PS de passer devant Melenchon. C ’est acquis, il sera devant Melenchon, pourquoi ? Parce que Melenchon fait peur tout simplement, pas par son programme entier, mais sur des points comme le soutien de la France à Poutine, c’ est pour ce genre raisons que Hamon a le double ou presque d’electeurs d’avance sur lui. Le ps a propos de s’allier avec les insoumis, mais jamais de lui laisser le pouvoir en entier. Si Hamon passe, enormement du programme des insoumis sera mis en place, et en plus si ils s’alliaient ils auraient pratiquement l’assurance de passer au second tour, voir de gagner les elections.

      Mais non, Melenchon ne veut pas, il veut sa place, être le roi au pouvoir .Et aucunes alliance possibles de sa part. Les pretextes pour ne pas s’allier ? On les cherche. Là on nous ressort que Hamon aurait fait partie du gouvernement Hollande et aurait voté des lois, oui, mais Melenchon aussi, il a fait partie de chez Jospin du ps, et voté maastrich et compagnie. Le refus d’une alliance, on cherche des excuses bidons par un politicien qui va rentrer chez lui après les elections, au chaud avec un petit salaire, pendant que Macron ou fillon vont passer, foutre en l’air les 35 heures et tout le reste. Les ouvriers vont payer, qu’importe pour ces politiciens. Nous avons la gauche la plus bête du monde qui veut jouer un match de Rugby sans équipe, seuls, contre une équipe en face de eux. Ces elections sont foutus.

      bdpif Le 7 février à 19:08
    •  
    • Hamon est une escroquerie totale, un ramassis de faux semblants. Personne ne peut oublier ce qu’il a voté au P"S" et sa faiblesse d’ectoplasme face à l’Europe. Pas de programme, sinon libéral car son parti l’est et ne va pas le soutenir s’il bouge d’un poil. On nous refait le coup du Bourget, c’est tout !

      Amram D Le 9 février à 09:48
  •  
  • Le "hamonisme" est une escroquerie politique pure et simple .
    Qui peut croire, à l’exception d’un aliéné mental, que celui qui est responsable, avec Montebourg, de la nomination de Valls à Matignon, pourrait subitement incarner la rupture avec l’oligarchie dont Valls et la clique de Solférino sont les serviteurs zélés ?
    Une chose est sûre : l’électorat populaire cocufié par le PS en 2012 ne se laissera pas enfler une seconde fois par un vulgaire Hamon-Le Bourget !

    françois 70 Le 7 février à 18:20
       
    • Ils vont juste mettre un Macron à la place. Super.

      bdpif Le 7 février à 19:10
  •  
  • Par contre, tout le monde devrait être content, Hamon baisse dans les sondages, il a perdu 4 points, et melenchon en a gagné 2.
    Donc Hamon est à 14, et Melenchon à 12. Génial, Melenchon risque de passer peut etre devant le PS. Une grande victoire pour les militants, accessoirement, aucun des deux n’aura donc aucunes chance de passer au second tour,

    Par contre, un Macron remonte avec les décus du Hamon à 23 % contre un FN a 25 %. Mais bon, cà c ’est un détail, l’important c ’est que le PS paye 90 ans d hégémonie sur le pouvoir dans une quadrature octogonal triangulaire du pouvoir (Cà veut rien dire ce que j’ai mis en gras, mais pour les militants, bof, cà leur suffira, et personne ne les contredira puisque personne n’y comprendra rien)

    bdpif Le 7 février à 19:24
       
    • Bien sûr que Mélenchon, seul à incarner la rupture avec l’oligarchie, va rapidement distancer la bulle médiatoc Hamon ! L’électorat populaire, qui commence tout juste à "entrer dans la campagne", n’a aucune intention de se faire couillonner une seconde fois par un escroc politique solférinien ! Ce matin Vallaud-Belkacem lui a d’ailleurs utilement savonné la planche en rappelant que ce "frondeur-menteur" avait approuvé la quasi totalité de la politique (de droite) de Hollande/Valls...
      Par ailleurs il est plus raisonnable de penser que les points de sondage gagnés par Macroschild proviennent de l’électorat de Fillon...

      françois 70 Le 7 février à 20:27
    •  
    • Un sondage paru le 8 février 2017 dans la revue néo-bolchévique "Entreprendre" crédite Mélenchon de 18% d’intention de vote et ils nous expliquent leur mode de calcul qui semble t-il a fait ses preuves.
      http://www.entreprendre.fr/melenchon-sondage

      jose Le 10 février à 02:26
  •  
  • La dernière arnaque socialiste s’appelait Hollande.
    La nouvelle s’appelle Hamon.
    SVP arrêtez de parler d’amont comme ancien ministre de l’éducation, il l’a été
    quelques semaines , il n’a même pas fait une rentrée.

    daniel93 Le 7 février à 19:30
       
    • Totalement d’accord. Il nous refait le coup du Bourget !

      Amram D Le 9 février à 09:49
  •  
  • Le rêve de JLM était de s’affronter à Hollande ( pas de bol , il ne se présente pas ! ) ou Valls faute de mieux ( pas de bol, il est battu par Macron )...ce rêve de revanche sur un PS qui ne l’a pas reconnu à sa juste valeur du temps ou il magouillait un max dans les congrès ( voir le livre "Mélenchon le tribun "de L. Allemagna et S. Alliès ) est tombé à l’eau .
    JLM n’était intéressé que par un premier tour dont il sortait vainqueur devant le candidat du PS ,pour ramasser le butin des voix aux législatives et construire ensuite son nouveau PG autour de sa personne .
    Le second tour ne l’intéressait guère sinon il aurait choisi une stratégie de rassemblement de son camp et non une stratégie sectaire illustrée par " France Insoumise"
    Maintenant il est coincé par Hamon qui va s’allier à Jadot et lui siphonner ses intentions de vote car le vote utile à gauche sera porté par celui qui dépassera 15% dans les sondages ...
    Bien sur qu’il ne se retirera pas , non pas par conviction politique ( une plate-forme politique commune Hamon/Jadot/Mélenchon est possible ) mais du fait de son égo démesuré .
    Pourtant c’est la seule solution raisonnable pour éviter de choisir ( ou pas ! ) au second tour entre Le Pen et Macron

    Quel gachis !!

    steff22 Le 7 février à 19:32
       
    • @steff. De la haine, des affabulations sans queue ni tête, et rien de concret , comme d’hab .

      René-Michel Le 7 février à 23:36
  •  
  • ça sera MLP et les Insoumis seront prêts pour le 3ème tour avec les rouges, les black blocs, les quartiers, les étudiants... Le petit Benoit et son parti de m.... n’existera plus.

    Durruti Le 7 février à 20:25
       
    • Vous irez combattre tout seul, moi je foutrais le camps à l etranger. Si vous laissez passer Le pen, vous vous demerdez tout seul :)

      bdpif Le 7 février à 21:43
    •  
    • @pif paf. Pauvres étrangers, ils ne t’ont rien fait pourtant...

      René-Michel Le 7 février à 23:41
    •  
    • Si vous leur mettez Le Pen au pouvoir, ou la laissez passer, vous vous débrouiller avec les étranger pour leur expliquer pourquoi ils vont souffrir à cause de vous. C ’est tout.

      BDPIF Le 8 février à 06:59
    •  
    • @pif paf. Je plaignais les étrangers parce que tu dis que si ça tourne mal tu quitteras la France. Vu comme t’es collant je trouvais ça dur pour eux . OK ?

      René-Michel Le 8 février à 18:06
    •  
    • S’il n’y a plus de PS, mais qu’il y a un En marche hégémonique, ça change quoi exactement ?

      La haine du PS, qu’on comprendra, ne doit pas aveugler au point de croire que seules comptent les étiquettes.

      La politique étiquette, c’est la politique du PG depuis sa création. Jamais avec le PS, sans se demander si parfois il ne pouvait pas y avoir des gestions locales de qualité.

      Avec EELV, gérant de façon calamiteuse Grenoble (gestion soutenue par FI nationale), mais là c’est pas grave. EELV n’est pas le PS.

      Et là ils vont sabrer le champagne si Hamon fait un petit score, sans voir que le social-libéralisme se sera révivifié avec Macron ...

      florent Le 9 février à 15:52
  •  
  • Tous ces anti-Melenchon me rappellent ceux qui, avant le vote sur la constitution européenne de 2005, prenaient un air épouvanté quand on leur expliquait que seul le NON était envisageable.

    Les mêmes qui ânonnaient qu’il fallait voter oui, que cette constitution 2005 allait nous protéger de l’ogre Chinois, des barbares Russes, des riches péquenauds Americains… Que ce choix du non était xénophobe, arriéré, nationaliste...
    Au secours !!

    Lâchez nous avec ce cœur des pleureuses de la gauche moraline, ceux qui font les gros yeux aux jeunes à chaque élection, ces jeunes, pourtant très lucides, qui en ont marre des clowns de la politique. Assez des sermons de curé qui cassent les coui..les parce qu’il faut voter utile, parce que sinon c’est Hitler/lepen qui va prendre le pouvoir.
    Les feufas à la lepen on connait bien, on se maravait déjà avec eux en 1982, à coup de docs dans la tête.

    Il y a un vrai choix cette fois ci ; la Mélenche ou les mêmes que d’hab.. en encore pire !!

    Arouna Le 7 février à 21:15
  •  
  • Bonjour, oui il y a des nuances entre les personnes interrogées sur telle ou telle mesure... Mais le fond du problème n’est pas là... Au niveau des grands enjeux : Les différents "socialistes" (chaque personne ! et non le P"S") veulent-ils oui ou "merdre" (voir UBU roi !) se dégager du libéralisme ??? se distancier de l’Europe telle qu’elle est construite ??? redonner des nouveaux droits et approfondir la démocratie avec une nouvelle forme de représentativité ??? partager les énormes richesses du pays en faisant payer en fonction des moyens et distribuer en fonction des besoins ??? recréer de l’emploi grâce à l’économie verte et bleue ??? En bref une 6ème république ??? Merci, Guy

    Torreilles Guy Le 8 février à 11:34
  •  
  • rappelons juste que hollande au 1er tour était à 28% avec plus de 10 millions d électeurs... JLM à11% et 4 millions.... JLM part de loin .. il est normal au vu de l histoire de ces 30 dernièes années qu un candidat PS parte avec une certaine avance .. c est vrai aussi aux régionales, aux européennes aux législatives... Quant aux sondages, rapelons que les derniers présidents s appelaient Barre Balladur Jospin DSK Juppé Valls........que le soir de la primaire de droite Fillion etait à 35% et à celle de gauche Hamon à 18% contre 8 pour JLM........pour 14 / 12 pou certains aujourd’hui....70 jours c est court et c est long .Quant à l’avenir, il se fera dans la clarté, sur les discours, les programmes et le bilan .......cela suffira t il à persuader les français moyens d aller voter pour eux chose que Lepen...pas gagné

    ducono Le 8 février à 14:49
       
    • Un sondage paru le 8 février 2017 dans la revue néo-bolchévique "Entreprendre" crédite Mélenchon de 18% d’intention de vote et ils nous expliquent leur mode de calcul qui semble t-il a fait ses preuves.
      http://www.entreprendre.fr/melenchon-sondage

      jose Le 10 février à 02:29
  •  
  • En tous cas il assume les candidats du ps aux législatives dont environ 170 sortants qui pour la plupart ont été des fidèles soutiens de Manuel Valls. Il va se faire un plaisir de nous expliquer comment il pourrait faire une politique résolument de gauche avec une majorité fortement teintée au centre quand ce n’est pas littéralement à droite.

    choucroute Le 8 février à 15:31
  •  
  • Ni Hamon ni Mélenchon n’arriveront seuls au second tour. Apparemment, ils sont tous deux favorables à une nouvelle constitution. Admettons que l’un des 2 se désiste en faveur de l’autre et que celui-ci soit élu. Un décret immédiat de dissolution du FN et la convocation dans la foulée d’une assemblée constituante en lieu et place des législatives permettraient enfin de rebattre sainement toutes les cartes... d’adhérents à tel ou tel parti. Les libéral-réformistes du PS et la droite n’auraient plus qu’à bien se tenir - pour une fois, ça nous changerait un peu !.. Les Le Pen manipulent tout le monde... et sont ravis d’être manipulés par tout le monde. Privons la classe politique de son joujou sado-maso !!!

    Alfred Le 8 février à 19:27
  •  
  • Plus le temps passe depuis le second tour de la primaire et moins une alliance entre le PS et la FI s’avère vraisemblable :
    Il est clair aujourd’hui qu’Hamon a pris la posture du "rassembleur de la gauche" sans en avoir ni l’envie, ni les épaules !

    Y. Jadot, qui pressent qu’il n’aura pas ses signatures, s’impatiente du jeu d’immobilisme dans lequel le candidat socialiste s’est évertué à rester pour siphonner un maximum de voix chez ses 2 concurrents les plus "proches" politiquement :"On ne bouge pas, on attend ! "

    Pendant que d’un côté, il affirme le "status-quo", facilement avec Mélenchon en prétextant des têtes que celui-ci souhaiterait obtenir (alors que tout le monde sait qu’il s’agissait en fait de "cohérence"), moins aisément avec Jadot qui se risque (vue sa situation il joue son va-tout) à lui fixer un ultimatum à la fin février pour rompre toute discussion, d’un autre côté, Hamon tente de faire main-basse sur les 40% d’électeurs de Valls à la primaire en donnant des gages à ses "possibles-futurs-réformistes-frondeurs" !

    Mais la stratégie s’engage mal :

    a) Tout les alliés potentiels du PS voient bien dans quelle schizophrénie est tombé le Parti Socialiste et refusent d’en assumer les effets (ce sont les "préalables" jugés insupportables par Hamon posés par Jadot/ Mélenchon pour ouvrir les discussions). Une union agirait dans ce contexte comme une maladie vénérienne : S’unir avec Hamon reviendrait à hériter de Valls, El Khomri & Co...

    b) Ne pas bouger sans que ça se voit devient difficile à mesure que le temps passe : le calendrier électoral et l’agenda du candidat ne suffisent plus à justifier son refus d’assumer le rôle qu’il s’est lui-même attribué en prenant l’initiative d’une rencontre Jadot / mélenchon / Laurent. Or, il a préféré voir Y. Jadot d’abord pour le faire patienter et parler aux électeurs écologistes... Puis P. Laurent pour négocier les législatives en avance de phase et accessoirement profiter pour affaiblir le PCF en accentuant ses tiraillements internes à propos de Mélenchon et des prochaines échéances électorales (les 2). Bref, Hamon use d’une stratégie de la division pour renforcer sa capacité à imposer son jeu à ceux qu’il considère clairement comme ses adversaires... et malheureusement pour lui, ça se voit.

    c) L’appareil du PS est aux mains des réformistes... et il trace sa propre stratégie, qui n’est pas celle du candidat à la présidentielle, en vue de préserver les intérêts des "cadres" et élus fidèles à leur engagement "social-libéral". Tout cela prépare déjà un beau bordel quant à la mise en place de n’importe quel accord négocié pour les législatives (bon courage à P. Laurent) !

    d) Les sympathisants de la France Insoumise sont majoritairement contre une alliance avec le PS qui reste encore aujourd’hui le parti majoritairement "social-libéral" de Valls responsable de la casse sociale sans précédent vécue ce dernier quinquennat (ce serait différent si Hamon avait marqué sa différence et engager le combat au sein de son propre parti après la victoire de la primaire porté par les voix de ceux qui voulaient punir Valls... il n’en a rien fait). Mélenchon sait pertinemment que s’il ignore cela, il sera définitivement sanctionné dans les urnes car quoiqu’on en dise, JLM n’est pas le "gourou adoré" dont certains aiment ici à dresser le portrait...

    e) En cas d’alliance malgré tout de la FI, EELV avec le PS, il y a fort à parier que considérant la majorité de députés "réformistes" investis au PS , un éventuel gouvernement se prépare à vivre des jours sombres et à devoir renoncer à appliquer le programme sur lequel il serait miraculeusement tombé d’accord... Et ce sera un futur boulevard ouvert pour les partis de droite et d’extrême droite synonyme de misère et brutalité pour un long moment car il n’y aura plus aucune "alternative" crédible à gauche.

    f) Paradoxe temporelle possible lié au e) , il y a fort à parier que ce soit un rassemblement de "Valls à Mélenchon" qui devienne si peu crédible aux yeux des gens que le boulevard vers la victoire à la présidentielle soit ouvert dès le départ pour une droite, pourtant mal-en-point...

    Les gens auraient préféré l’union de la gauche oui ! Mais une union basée sur de la sincérité et de la clarté... Il n’en est rien... Et ce n’est pas à 70 jours des élections qu’on pourra y faire quelque chose ! Hamon avait un choix à faire, il a préféré jouer la synthèse du PS. Or, la confiance ne se décrète pas, elle se gagne patiemment. Dommage.

    carlos Le 9 février à 16:34
       
    • Carlos
      La réalité me semble plus simple que votre longue description. B Hamon n’a pas été élu par les militants, les cadres, les élus du P"S". Si la primaire avait été réservée à tout ce beau monde le résultat aurait été plus conforme à la ligne du parti. Je connais des personnes qui ont voté Hamon pour dégager Valls et qui voteront JL Mélenchon. En supposant que B Hamon est la volonté de révolutionner le P"S" il n’en a pas les moyens et jusqu’à maintenant cela reste une supposition.

      Si EELV et Y Jadot vont à la soupe comme en 2012, pour avoir des députés et un poste de ministre , cela les conduira dans une impasse, intéressant le retour de C Duflot sur le devant de la scène.

      Pour moi l’union de la gauche ne veut rien dire. Valls et compagnie se présentent comme étant de gauche. Gagner pour gagner c’est jeté les électeurs dans les bras du FN. On ne peut pas espérer convaincre les abstentionnistes et tout ceux qui subissent le capitalisme,de voter FI et JL Mélenchon avec " la gauche pleurnicharde " celle " dont la main gauche ignore ce que fait la main droite " comme le dit si bien F Lordon.

      Vous dites "les gens préfèrent..." , encore une supposition,jusqu’à ce que le 1er tour est eu lieu, personne, pas même les sondages ne peuvent prédire ce qu’ils préfèrent.

      GG Le 11 février à 12:05
    •  
    • @GG : Et bien vous aurez compris en lisant que la "longue" demonstration s’adressait à ceux qui croyait l’union encore possible...
      Elle visait à rappeler que celle-ci n’auraient pu être réalisée que sous le sceau de la conviction... Et non celui du calcul.
      Mais cela aurait impliqué un courage qui a manqué à Hamon... Celui de se battre pour des idées et donc de faire exploser le PS en se rangeant derrière La France Insoumise (plus crédible et légitime à mener à bien un projet de lutte à gauche).
      Mais à priori, soit ces idées n’en valaient pas la peine, soit c’est le personnage qui manquait de courage.

      Petite correction, j’ai bien mis : "les gens AURAIENT préféré...".
      De quoi signifier la condition pour favoriser une victoire aux Présidentielles :
       1 seul candidat à gauche ( pour moi = mélenchon bien entendu)

      carlos Le 11 février à 15:38
  •  
  • Il faut tenir bon la bulle spéculative Hamon va s écrouler toute seule.

    Comment le rassembleur Hamon pourrai t il rassembler toute la gauche alors qu’ il ne rassemble déjà pas les socialistes ?.

    Les légalistes lui disent ok on te soutient mais tu soutiens le bilan ! . En bon socialiste il va essayer de résoudre la quadrature du cercle, il est perdra son âme et le peu de soutien qu’ il a acquis.

    les "frondeurs" tiens ou sont ils , les éternelles frondeurs ? , leur silence est assourdissant ! Montebourg, Lienemann, Filoche, Aubry , Emmanuelli ; tous ces grands bourgeois du système ?

    Ils ne soutiennent plus Hamon ? Ils se cherchent une sinécure ?

    EELV va faire comme dab aller a la soupe, il vont encore se scinder entre eux et la FI va récupérer du vote écolo comme pour le vote PC qui va nous revenir par moitié.

    Moitié de pas grand chose mais moitié quand même.

    Donc pas d énervement laissons les " unitaires bêlants" bêler et on continue avec les insoumis , non encartés ; ce sont eux les garants de la transparence.

    Aucun accord de partis, ni de compromissions, laissons du temps au temps.

    buenaventura Le 9 février à 17:07
       
    • En tous cas pour Filoche, pas de victoire sans unité...
      Mais à priori, après discussion, et il s’en défendra à coup sûr, il semble que cette unité doive se faire derrière Hamon et "sans conditions" !

      Autrement dit, le jugement divin se chargera de faire le ménage dans les rangs du PS et des candidats déjà investis aux législatives, personne n’a son mot à dire ou autorité à demander des gages de bonne foi au parti socialiste !

      A la question : "Pourquoi Hamon n’a-t’il pas encore appelé Mélenchon ?"
      Revient inlassablement la même réponse : "C’est probablement parce que Mélenchon ne décroche pas..."

      Bref, Filoche et ses amis vont se faire enflé par ce petit renard d’Hamon : Ce dernier ne cherche pas l’unité... tout au plus des voix !
      Vu le manque de respect que témoigne les cadres du PS à l’encontre de Filoche (y’a qu’à voir la façon dont ils l’ont dégagé de la primaire et le silence de ses "poulains" à l’époque), il est difficile de comprendre la "cécité" du vénérable guerrier.

      carlos Le 9 février à 17:21
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  • Résolution sur le CETA : le groupe PS s’abstient pour concilier les positions de Hamon et du gouvernement
    Au sein du groupe socialiste à l’Assemblée, deux lignes s’opposent à propos de ce traité de libre-échange : celle du vainqueur de la primaire et celle défendue par Bernard Cazeneuve. Les députés ont décidé d’opter pour une solution de compromis. Et entretiennent un silence embarrassé.

    DEJA des RENONCEMENTS avant même de COMMENCER.... du balai

    cantaous Le 9 février à 19:57
       
    • Le courage politique... Une donnée Tellement relative au PS que c’en est désespérant...

      carlos Le 10 février à 07:36
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    • En revanche -et c’est une bonne chose à souligner pour tous ceux qui comme moi se battent contre le CETA- sachez que le groupe socialiste européen (donc aussi les députés socialistes Français) s’est prononcé contre l’adoption du CETA. C’est un point d’appui non négligeable pour tous les collectifs engagés contre le CETA.

      guillaume Le 10 février à 11:16
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    • euh... @Guillaume, il y a une séance plénière le 15 février au parlement pour le CETA au parlement européen et une résolution de rejet définitif prévue par le groupe "Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique"... Vous pouvez donner les références de celle prévue par le groupe en question svp ?

      http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+MOTION+B8-2017-0144+0+DOC+XML+V0//EN&language=fr

      http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?politicalGroup=4277

      carlos Le 10 février à 13:37
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    • Parce que si c’est celle-là @Guillaume portée par le groupe socialiste :

      http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+MOTION+B8-2017-0143+0+DOC+XML+V0//EN&language=fr

      http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/search.html?politicalGroup=4277

      ben, il n’est pas du tout question d’y refuser le CETA... contrairement à celle que je vous ai mis en lien précédemment...
      Du coup, pouvez-vous préciser de quel texte on parle ?

      carlos Le 10 février à 13:42
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    • @Guillaume . Ca y est , le groupe socialiste au parlement européen a voté en faveur du CETA aujourd’hui !
      Comme leur texte le laissait supposer...
      Donc le PS français est effectivement bien à l’unisson du groupe européen socialiste si j’en crois ce qui s’est passé récemment à l’assemblée ...
      Rien de nouveau sous le soleil : la démocratie c’est pas pour tout de suite !

      Carlos Le 15 février à 16:06
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    • Ohlala ! @guillaume rectification ! Vous avez raison : les deputés europeens socialistes FRANCAIS n’ont pas voté avec leur groupe mais avec celui de Mélenchon contre le CETA !
      Wouah donc on voit que les députés européens socialistes français valent mieux que ceux qui siègent à l’Assemblee Nationale !

      carlos Le 15 février à 21:05
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  • Donc Hamon souhaite prendre des voix à Melenchon, c’est son but, c’est petit et surtout il s y prend bien mal en gardant avec lui des socialistes ligne valls. En bretagne, à La. ion, Mme Erhel soutient Macron depuis des mois, et elle garde l investiture aux législatives !, c’est totalement incompréhensible. Hamon croit se servir de Melenchon et de ses électeurs qu il ne respecte pas. Il tue l’espoir d’un rassemblement de gauche et ne s organise qu’en interne avec le PS. IMonsieur Hamon à un égo qui se révèle, que ceux qui accuse Melenchon d’en avoir un ’sache qu’il propose de s’écarter pour la 6eme Republique, ce n’est pas le cas d’Hamon.

    Jeanne Vareck Le 11 février à 14:13
       
    • Le mal est déjà fait en effet... Un rapprochement entre Hamon et Melenchon serait totalement contre-productif et à la présidentielle, et aux législatives !
      La France Inoumise doit continuer sur sa lancée et je touche du bois pour qu’il y ait moins d’abstentionnistes cette fois-ci !
      J’espère que cette élection suscitera l’espoir pour beaucoup...

      carlos Le 11 février à 17:48
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  • Cette pré-campagne présidentielle ,pleine de rebondissements judiciaires , de ralliements opportunistes à gauche et à droite et de sondages d’opinion divers et variés, est vraiment du pain bénit pour les médias qui , ayant du grain à moudre à foison, peuvent empiler ainsi "nalyses "sur "nalyses " toutes plus savantes les unes que les autres... pour nous expliquer que tout est devenu incertain , sauf la présence du FN au second tour.
    Le rejet de la comédie politicienne qui est en train de se jouer devant nous est palpable quand on fréquente les lieux de sociabilité et de convivialité ou quand on participe à des réunions avec des militants syndicalistes et politiques qui déjà préfèrent parler de l’après-élection et se préparent psychologiquement à affronter les lendemains terribles qui s’annoncent.

    louis granados Le 23 février à 18:47
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