Tout est calme sur la glaciale place Rouge de Moscou. Les passants se font rares au cœur de l’hiver russe, quand soudain, collants et robes flashy, fumigènes, guitares électriques et amplis. Un groupe de punks féministes hurle le poing levé : « Révolte en Russie. Poutine se chie dessus. » Avec un sens certain du détail : leur visage est masqué par des cagoules… en tricot. Cette chanson s’inspire des protestations spontanées contre les élections truquées à la Douma d’État en décembre 2011. S’ensuivent arrestations, cinq heures au poste de police et amendes.
C’était le 20 janvier. Depuis, la vidéo de la performance a fait le buzz sur YouTube. Un mois plus tard, ces filles âgées en moyenne de 25 ans ont donné un autre concert sauvage, dans une cathédrale cette fois. On les retrouve sur des bus, dans le métro ou perchées sur le toit d’un garage à proximité de la prison où était incarcéré le blogueur Alexeï Navalny, figure de l’opposition au Kremlin. Que « Putin’s got scared » (comme elles le prétendent) or not, les Pussy Riot espèrent bien peser dans la campagne, en menant des happening anti- Poutine revigorants en cette période d’élection présidentielle en Russie.



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