Accueil > N°18 - Février 2012 | Chronique par Bernard Hasquenoph | 15 février 2012

Musées du troisième type

CULTURE PARK, la chronique de Bernard Hasquenoph - louvrepourtous.fr

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Faire du ski en Seine-et-Marne sera bientôt possible. Grâce à qui ?
Napoléon et Yves Jégo. Quel rapport entre tout ça ? C’est dans la
ville de Montereau, dirigée par l’ancien ministre sarkozyste, qu’eut
lieu, en 1814, une célèbre bataille napoléonienne. L’élu rêve d’y
implanter un parc de loisirs doté d’un musée autour de la figure
de l’empereur – le ski étant censé illustrer le passage des Alpes
par l’armée napoléonienne. Ce projet grandiose vise un million d’entrées
par an et la création de 3 000 emplois. « En utilisant à fond
la marque Napoléon
 », s’emballe déjà le maire. Il ne reste plus qu’à
réunir les fonds pour construire ce Las Vegas Empire.

Avec des succès touristiques comme celui du Puy-du-Fou, installé
en Vendée aux portes d’un écomusée depuis lors fermé, le « parc
à thème culturel » est devenu une tendance lourde dans l’industrie
des loisirs. Que cet habillage soit un alibi pour remplir les caisses ou
l’expression d’une réelle volonté de partager un savoir, le constat est
le même : entre musée et parc d’attraction, le fossé est en train de se
combler. Le premier emprunte à l’autre ses pratiques commerciales
ou ses visites plus interactives ; le second revendique une dimension
éducative, comme à Disneyland Paris qui propose des livrets
pédagogiques aux scolaires.

Moins délirant que ce Napoléonland à venir : le MuséoParc Alésia,
émanant du département de la Côte-d’Or, en partenariat avec
le ministère de la Culture. Son ouverture est prévue pour mars, à
l’emplacement du siège qui opposa Vercingétorix à Jules César en
52 avant J.-C. Les concepteurs de ce projet hybride, entre musée
archéologique et parcours-découverte, immersion virtuelle et savoir
scientifique, espèrent attirer 150 000 visiteurs par an. Le propos
tournera autour du détricotage du mythe identitaire national incarné
par le fameux « nos ancêtres les Gaulois ». En espérant que le
résultat ne ressemble pas à ce que disait Georges Frêche à propos
d’une initiative similaire : « Un mélange ultrascientifique pour
les spécialistes comme moi et un truc pour les touristes, du style
arènes en carton-pâte avec des tournois de gladiateurs bidons.
 »

A lire sur le sujet

Expoland. Ce que le parc fait au musée : ambivalence
des formes de l’exposition

de Serge Chaumier (dir.)

éd. Complicités,
192p., 23 €.

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