Accueil > N°20 - Avril 2012 | Chronique par Bernard Hasquenoph | 16 avril 2012

PS/UMP, même culture ?

CULTURE PARK, la chronique de Bernard Hasquenoph - louvrepourtous.fr

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Le mois dernier, Jean-Jacques Aillagon s’est rallié à François Hollande.
Étonnant de la part d’un chiraquien pur jus. Mais au-delà de la
rancœur que cet ancien ministre de la Culture peut vouer à Nicolas
Sarkozy pour l’avoir remercié de la présidence du Château de Versailles
en 2011, ne faut-il pas y voir le signe qu’en matière de politique
culturelle, il n’existe plus guère de différence de fond entre les
deux partis dominants ? L’UMP et le PS prônent une même gestion
libérale, dans ce domaine comme dans d’autres, contrebalancée
par une action plus ou moins forte de l’État. Reste peut-être une distinction
dans le rôle social attribué à la culture : le Parti socialiste y
voit un vecteur de lutte contre les inégalités, la formation de Nicolas
Sarkozy un outil de transmission de repères esthétiques et moraux.
Selon un sondage, les Français eux-mêmes pensent à 46 % que si
la gauche était au pouvoir, elle mènerait une politique culturelle « ni
meilleure ni moins bonne que celle de la droite
 » [1]. Si malgré tout
ils font largement plus confiance à Hollande qu’à Sarkozy dans ce
domaine, c’est sans doute plus lié au rejet de la personnalité de ce
dernier et à son rapport un peu beauf à l’art, raillé par tant d’observateurs,
qu’à l’action de ses ministres de la Culture successifs. Car
qu’ont à leur reprocher les socialistes ? En réalité, pas grand-chose
si ce n’est de n’en avoir pas fait assez. C’est bien ce que dit Frédéric
Martel, l’écrivain et journaliste pro-PS, dans un récent pamphlet antisarkozy [2]
 : tout en s’acharnant à démonter l’univers culturel du Président,
il estime que la lettre de mission qu’il avait adressée après
son élection à Christine Albanel, locataire de la rue de Valois avant
Frédéric Mitterrand, était « assez juste sur le fond ».

Pour la présidentielle 2012, les deux partis égrènent le même
chapelet de bonnes intentions : soutenir la création et l’accès à la
culture, renforcer l’éducation artistique à l’école, poursuivre la décentralisation…
et favoriser toujours plus le mécénat. Est-il vraiment
surprenant que le candidat socialiste attire à lui le plus libéral des ex-patrons
de musée pour lequel un établissement n’est jamais assez
cher en droit d’entrée et jamais assez tourné vers le privé ?

Notes

[1« La politique culturelle et l’élection présidentielle », sondage réalisé par
BVA pour Orange et la SACD, 9 mars 2012.

[2 J’aime pas le Sarkozysme culturel , de Frédéric Martel, éd. Flammarion,
240 p., 14 euros.

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