Accueil | Sélection par Gildas Le Dem | 17 décembre 2014

Cahier de l’Herne « Blanchot »

Les Cahiers de l’Herne ne rendent pas seulement hommage à la "passion" de Maurice Blanchot pour la littérature et l’amitié, mais rappellent aussi l’intensité de son engagement politique, son "refus" de l’"état de mort politique".

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Le Cahier de l’Herne "Blanchot" n’entend pas seulement lui rendre hommage – un hommage à la mesure de son influence sur ce que lui-même appelait l’ « espace littéraire ». Mais aussi rendre à Maurice Blanchot, et ses lecteurs, sa « part nécessaire de passion ».

Passion de la littérature et de la pensée bien entendu, dont témoignent le travail infini, les manuscrits raturés, biffés, de Thomas L’obscur ou L’Attente l’oubli. Passion de la littérature et de l’amitié aussi, dont on mesure l’ampleur au nombre et la variété des correspondants : Jabès, Barthes, Robbe-Grillet, Sarraute, Bataille, Lévinas et Antelme. Passion politique enfin.

Si les éditeurs n’entendent rien dissimuler des engagements de Blanchot avant-Guerre, il faut, à cet égard, consulter les textes politiques (et la correspondance de Blanchot avec Dyonis Mascolo ou Duras) pour comprendre l’itinéraire de Blanchot jusqu’à Mai 68. Il apparaît alors que les événements de Mai 68, outre leur caractère d’insurrection ouvrière et populaire dans lequel se reconnaît immédiatement Blanchot, au point de rédiger tracts et manifestes magnifiques aux côtés des étudiants, représentent pour l’auteur de L’Instant de ma mort un mouvement de contestation générale – de « refus » d’une société française en « état de mort politique ».

Et de fait, Blanchot réinscrit Mai 68 dans le sillage de la résistance à l’occupation nazie ; et de la désobéissance civile à l’encontre du basculement dans la Guerre d’Algérie d’autre part (avec, notamment, la rédaction du Manifeste des 121). Tout comme il conteste vivement l’instauration de la Ve République, et ne dissimule pas son dégoût vis-à-vis du verbe autoritaire et creux de de Gaulle. C’est sans doute que, pour Blanchot, écriture, politique et démocratie étaient indissociablement liées.

Blanchot, Eric Hoppenot et Dominique Rabaté (dir.), coll. Cahier de l’Herne, L’Herne.

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