Accueil | Sélection par Caroline Châtelet | 2 novembre 2015

La Fête est finie

Premier long-métrage de Nicolas Burlaud, La Fête est finie s’intéresse à travers l’épisode de Marseille 2013 à la mutation de la cité phocéenne. Entre uniformisation et gentrification, le documentaire révèle l’usage de la culture comme soft power par le pouvoir politique.

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Initialement, La fête est finie est le titre d’un livre. Accessible en ligne, l’ouvrage signé par un collectif constitue une critique en règle de Lille 2004. Car ce que portait insidieusement le dispositif de "capitale européenne de la culture" pour la métropole lilloise était aussi une entreprise de domestication et de pacification à marche forcée, ayant pour corollaire l’exclusion des classes populaires du centre-ville.

C’est ce processus de gentrification propre au pendant marseillais du dispositif, cette « forme particulière d’embourgeoisement qui concerne les quartiers populaires et passe par la transformation de l’habitat, voire de l’espace public et des commerces » [1] que Nicolas Burlaud capte dans son film. Se baladant à travers différentes étapes de l’année 2013 et au-delà, le documentaire dessine les enjeux d’une telle manifestation : faire de Marseille une métropole urbaine d’envergure en reléguant les classes populaires loin de son centre.

Assimilant la fête perpétuelle à la figure du cheval de Troie, épisode majeur de L’Odyssée d’Homère, Nicolas Burlaud offre par cette échappée mythologique un regard de biais. Après une introduction formellement diffractée (pouvant rappeler les procédés mis en œuvre par Arnaud Des Pallières dans Disneyland, mon vieux pays natal), le film chemine plus classiquement en suivant de façon directe les grands rendez-vous festifs comme les petits gestes de résistance. Au plus près, sans didactisme ni position de surplomb, La Fête est finie brosse le portrait d’une ville et des tensions qui s’y nouent tout en mettant au jour l’instrumentalisation de la culture par les pouvoirs politiques.

En 2013, Regards a consacré un dossier à Marseille.

À l’affiche à Paris au cinéma Les 3 Luxembourg. Trois soirées spéciales en présence du réalisateur :
• le 4 novembre en partenariat avec Les Amis du Monde Diplo à 19h30 en présence d’Anne Clerval, auteure de Paris sans le Peuple (La découverte).
• le 6 novembre en partenariat avec CQFD et FPP, à 19h30.
• le 8 novembre en partenariat avec ADDOC à 19h30.
• le 7 novembre à Saint-Denis dans le cadre de Dionyversité, l’université populaire de Saint-Denis, en présence de JP Garnier, urbaniste libertaire auteur de nombreux ouvrages sur la gentrification. A partir de 16h projection de Paris grand capital de François Lathuillière. 18h, proj de La fête est finie. Voir le programme.
• le 10 novembre au cinéma les 3 casinos à Gardanne (13) à 19h30. Voir les autres projections sur le site du cinéma.
• le 11 novembre à Marseille avec "Centre-ville pour Tous" aux Variétés à 16h à l’occasion de la sortie de la brochure de CVPT "Rue de la république, onze ans après, et toujours inachevée".

La Fête est finie , documentaire de Nicolas Burlaud.
Sortie nationale le 4 novembre.
Toutes les projections.

Notes

[1« La gentrification désigne une forme particulière d’embourgeoisement qui concerne les quartiers populaires et passe par la transformation de l’habitat, voire de l’espace public et des commerces. Cette notion s’insère dans le champ de la ségrégation sociale et implique un changement dans la division sociale de l’espace intra-urbain, qui passe aussi par sa transformation physique. » Anne Clerval.

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