Accueil | Sélection par Jérôme Latta | 24 novembre 2015

Pop et musique

La spectaculaire et controversée Fondation Louis Vuitton conçue par Frank Gehry accueille une exposition qui propose de parcourir les passerelles entre art et cultures musicales contemporaines.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour apprécier les expositions de la Fondation Louis Vuitton, il faut d’abord surmonter toutes les réserves que suscite un projet qui sert les intérêts symboliques et fiscaux de Bernard Arnault (lire "L’art d’emballer le mécénat"). Il faut ensuite réussir à ne pas se laisser distraire par la prouesse architecturale de Frank Gehry, qui vole littéralement la vedette aux artistes.

L’exposition actuellement proposée, ou plutôt le nouvel accrochage thématique de la collection, sous l’intitulé "Pop et Musique", mérite cependant la visite, lui aussi. Sa première partie, baptisé axe popiste, présente des œuvres assez classiques qui expriment le lien entre l’art et les cultures populaires ou la société de consommation. On y retrouve, sans surprise mais bien mis en valeur, des artistes comme Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Bertrand Lavier ou Gilbert & George. La seconde partie, Musique et son, réunit des installations associant le plus souvent audio et vidéo.

La variété des œuvres et celle des espaces qui les accueillent nuisent certainement à l’homogénéité de l’ensemble, mais chacun pourra trouver ça et là de quoi retenir son attention ou ses émotions.

Dans le contexte actuel, l’installation de Christian Marclay Crossfire aura un impact tout particulier, quitte à susciter le malaise. Elle place le visiteur au milieu de quatre écrans diffusant des extraits de films d’action, dans lesquels les personnages dégainent, arment et déclenchent une fusillade nourrie – les sons formant des motifs rythmiques, assourdissants.

Même dispositif, mais beaucoup plus émouvant pour The Krazy House de Rineke Dijkstra. À tour de rôle cette fois, des adolescents se succèdent sur chacun des écrans : il leur a été demandé de danser sur la musique de leur choix, face à la caméra devant un fond blanc (ce studio provisoire ayant été installé dans une boîte de nuit de Liverpool). Leur embarras et leurs mouvements empruntés, initialement, le cèdent à l’aisance et au plaisir. Ce face-à-face, empreint d’une humanité toute simple, s’avère remarquablement émouvant – assez loin des sollicitations plus intellectuelles du reste de l’exposition.

Pop et musique, Fondation Louis Vuitton, 8 avenue du Mahatma Gandhi, Paris 16e. Jusqu’au 4 janvier 2016.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions