Les métropoles sont devenues de véritables champs de bataille. Pour anticiper et repérer les comportements qui viennent troubler la quiétude des grandes agglomérations, on recourt désormais à une armée d’outils high-tech. Stephen Graham, professeur de géographie à l’université de Newcastle, décrypte « l’extension des notions militaires de pistage, d’identification et de repérage aux espaces et aux déplacements de la vie quotidienne ». Dans Le Son comme arme, publié l’an dernier aux éditions La Découverte, Juliette Volcler pointait déjà une gestion militarisée des espaces publics. Elle montrait que le son permettait de tirer les ennemis irakiens des grottes dans lesquelles ils se cachaient, comme de nettoyer les quais de gare des « jeunes » jugés perturbateurs. Quant à Stephen Graham, il ne cause pas acoustique, mais GPS, puces RFID, passeport biométrique, dirigeables de surveillance, essaims de nano-capteurs… Des technologies au service d’une « militarisation insidieuse de la vie urbaine ». Ainsi, les checkpoints ne sont plus l’apanage des frontières nationales, mais on en trouve également dans les aéroports, les terminaux Internet ou les grandes gares ferroviaires.Lorsque Israël déclenche l’opération « Bouclier défensif », elle expérimente une nouvelle technique de guerre qui inspirera l’armée américaine. De fait, Gaza a acquis le statut de laboratoire pour tester des techniques « de contrôle urbain, de pacification et de guerre anti-insurrectionnelle, sans occupation militaire ». Israël fait figure de modèle dans le domaine. Même les restaurants haut de gamme possèdent des détecteurs de métaux et des capteurs d’explosifs à l’entrée. Ou comment développer le sentiment d’insécurité…



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