Accueil > N°17 - Janvier 2012 | Par Bernard Hasquenoph | 19 janvier 2012

Les loisirs et la colère... "Le peuple de Paris au XIXe siècle"

au Musée Carnavalet

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La précarité du travail,
la stigmatisation du Gitan,
la peur des bandes
de jeunes, la répression
de la délinquance
juvénile, le sentiment
d’insécurité entretenu
par une presse avide de
crimes…
Non, ce n’est
pas un flash d’actualité.
C’est une dimension
troublante abordée dans
l’exposition du musée
Carnavalet sur le peuple
de Paris au XIXe siècle. La période couverte court de la Révolution
française à la Première Guerre mondiale. Promenade nostalgique,
exploration sociologique, itinéraire politique : c’est à tout cela à la
fois que cette expo nous convie, au fil de sentiers jalonnés d’une
riche iconographie.

Ouvriers ou domestiques, vivant de petits métiers, le peuple parisien
est souvent caricaturé, « entre idéalisation pittoresque et diabolisation
 ». On découvre le quotidien de millions de provinciaux et d’étrangers,
souvent miséreux, venus tenter leur chance dans la capitale.
Dans un Paris encore médiéval, bientôt transformé par Haussmann,
difficile de se loger décemment. Beaucoup s’entassent, sans intimité,
dans les quartiers vétustes du centre de la ville. Les plus pauvres,
comme les chiffonniers, survivent dans les taudis de la « zone », là
où s’érigeaient les fameuses fortifs. La prostitution féminine est répandue,
permanente ou occasionnelle. Un quart des Parisiens frôle
l’indigence et vient gager ses maigres biens au Mont-de-Piété.

Les loisirs restent simples : promenades, guinguettes, bals, musette…
Mais le bourgeois a raison de trembler, quand tentant
d’échapper à sa condition d’asservissement, le peuple se soulève à
plusieurs reprises au cours du siècle, de la révolution de juillet 1830
jusqu’à la Commune en 1871. Le peuple de Paris sait s’amuser,
mais aussi se mettre en colère.

« Le peuple de Paris au XIXe siècle. Des guinguettes aux barricades »

au
musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, Paris-3e

jusqu’au 26 février 2012.

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