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Accueil | Par Pierre Jacquemain | 8 août 2013

Mais comment fuck allons-nous faire ?

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Pendant la campagne présidentielle,
le mouvement
écologiste affichait de
solides ambitions : réduire
le temps de travail,
sortir progressivement du nucléaire,
rétablir le droit à la retraite à 60 ans,
libérer l’économie de la finance, etc.
Ils n’étaient que 4 députés Verts dans
la précédente législature. Ils doivent
désormais composer à 17 parlementaires.
Et malgré un groupe politique
plus conséquent, si ce n’est théoriquement
plus influent, EELV a dû revoir ses
prétentions, si ce n’est renoncer à ses
fondamentaux. « Un Vert au gouvernement
ça sert à quoi ? » interrogeait une
table ronde lors des universités d’été
des écologistes en août dernier. Si
pour Pascal Canfin, le ministre – oublié
– du Développement, les ministres
écolos ont vocation à « verdir » voire
à « écologiser » les décisions, pour
Cécile Duflot « il ne peut y avoir de
sortie durable de la crise sans l’invention
d’une nouvelle économie ». Reste
que la ligne d’austérité préférée par
l’actuelle majorité gouvernementale ne
semble pas conduire le pays dans ce
sens. L’acceptation du Traité européen
(TSCG), la précarisation des salariés à
travers l’accord compétitivités/emplois
– qui prévoit des baisses de salaires et
l’allongement du temps de travail, l’absence
de signes écologiques forts et
même la promotion de l’arme nucléaire
ou encore l’augmentation prévisible de
la durée de cotisations/retraites, pose
la question de l’utilité d’une représentation
écologiste au gouvernement. D’ailleurs,
certaines voix au sein du mouvement
écolo s’élèvent pour remettre en cause cette participation, tout en
appelant au « bilan ». Si l’on reconnait
aisément à Cécile Duflot une certaine
liberté de ton et un franc-parler, ses
justes intentions en matière d’encadrement
des loyers ou de réquisitions
des bâtiments vacants auront-elles in
fine l’assentiment escompté ? Rien
n’est moins sûr. Aux paroles, les associations
de défense du droit au logement
pour tous, préfèrent les actes. Et
le compte n’y est pas. La question du
gaz de schiste ou du nouvel aéroport
de Notre-Dame-des-Landes constitue,
elle-aussi, un point de rupture. « Rester
ou Partir ? »
écrivait Brigitte Fontaine
sous Sarkozy. Même question sous
Hollande. Duflot répond volontiers : « 
si les écologistes n’étaient plus entendus,
ils en tireraient les conséquences
 »
. Lors du bilan prévu pour août, EELV
pourrait se désolidariser de la politique
du gouvernement. C’est une hypothèse.
Une majorité de gauche contre
la ligne libérale deviendrait alors possible.
Renverser les rapports de force
à gauche pour changer radicalement
la donne : voilà comment fuck
we could do it
.

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  • Curieux : cette belle sortie contre la politique néo-libérale du gouvernement se termine, comme d’hab chez les bobos, par un hommage rendu à la plus grande puissance impérialiste mondiale. Il fallait le faire !

    pierre-jean Le 8 août 2013 à 16:34
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