Accueil | Chronique par Clémentine Autain | 22 mars 2020

C’est aujourd’hui dimanche

Le confinement nous fait perdre la notion du temps. Ma perception est sensible, émotive, nous ne sommes pas des machines. Des images tournent dans ma tête…

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Dans une vidéo virale, un patient, jeune, portant un masque d’oxygène, qui nous implore de nous confiner et de respecter les gestes-barrière.

À la télé, un médecin qui évoque ces malades s’exprimant correctement en arrivant dans l’hôpital et qui, deux heures plus tard, sont sous respiration artificielle : « Ce virus est une cochonnerie ! »

 

LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
>>
TRIBUNE. Face à la pandémie, retournons la « stratégie du choc » en déferlante de solidarité !

 

Partout sur les réseaux, le hashtag : « restez chez vous ! »

Sur Brut.fr, Hamza, livreur : « J’aurais aimé être confiné, mais on n’a pas le choix. Si demain on ne va pas travailler, on n’aura pas d’argent pour nourrir notre famille. »

Le rayon de pâtes vide au supermarché.

La tristesse dans le visage de la caissière, derrière une vitre en plexis, à qui je dis : « Courage à vous, merci ».

À la Une de franceinfo.fr, des gens avec des bagages devant une gare, et ce titre : « Des urbains venus se réfugier en Vendée "ont diffusé l’infection", affirme un médecin ».

Un chiffre, dans Le Parisien : 10% des amendes pour non-respect du confinement et non présentation de l’attestation de déplacement se concentrent sur un département... la Seine-Saint-Denis.

Les ouvriers de Luxfer qui demandent la réouverture de leur usine qui fabriquait des bouteilles d’oxygène avant d’être délocalisée en mai 2018.

Une cagnotte en ligne pour récolter des dons pour les soignants de l’APHP, comme si l’État avait démissionné.

Sur un mur de briques, dans une rue vide, un tag : « make the rich pay for covid 19 ».

L’arrivée de médecins cubains en Lombardie, sous les applaudissements.

À 20h, le bruit des casseroles qui résonne sous mes fenêtres.

Ces mots à plusieurs reprises : « La pénurie de masques est un scandale d’État », pendant que mes enfants répètent en boucle et en riant, devant leur mère consternée, « Nous sommes en guerre ! », en mimant le Président de la République.

Fin des images sur ma télé qui, du haut de ses onze ans, vient de tomber en panne – les aléas du confinement…

Vivement demain.

Non, pas lundi, je parle du monde d’après.

Quand nous aurons gagné, non pas la guerre, mais sur le coronavirus et le sens de la société.

 

Clémentine Autain

Les précédentes chroniques

>> « Plus rien ne sera comme avant » ? (chronique du 21 mars 2020)

>> Le Covid met à nu le capitalisme (chronique du 20 mars 2020)

>> De l’inégalité devant le confinement (chronique du 19 mars 2020)

>> Les cadres en télétravail, les prolos au charbon ? (chronique du 18 mars 2020)

>> L’intérêt humain, résolument (chronique du 17 mars 2020)

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • L’exemple de l’Italie, démontre que le confinement ne sert à rien, et que plus grave, il est probablement NÉFASTE .

    En Italie, après et malgré plusieurs semaines de confinement, le bilan est chaque jour plus élevé que le jour précédent ...

    Pourquoi le confinement serait-il néfaste ?...

    Hypothèse :
    Les scientifiques distingués disent que le virus peut rester en suspension dans l’air plusieurs heures, et par ailleurs, bien qu’ils soient des confineurs forcenés, ils admettent qu’ils ne peuvent exclure que le virus se transmette aussi par voie aérienne …
    S’il en est bien ainsi, le confinement d’un nombre important de personnes dans un immeuble collectif, n’est pas différent d’un point de vue sanitaire, qu’un rassemblement dense et serré, de personnes en extérieur …

    La moins mauvaise solution, serait peut-être de cesser le confinement, MAIS que chaque individu porte un masque lorsqu’il se trouve à courte distance d’une autre personne ou qu’il est susceptible de s’y trouver 1 minute plus tard …
    Problème, il n’y a pas assez de masques …
    Bizarre, extrêmement bizarre, que des objets de fabrication aussi simple soit l’objet d’un telle pénurie …
    Cette pénurie ne serait-elle pas voulue et organisée ??? …

    Quoi qu’il en soit, il n’est pas difficile pour chaque individu de se fabriquer lui même des masques, au moins 2 par individu pour pouvoir les laver facilement …
    Chacun pourrait se faire des masques, par exemple de forme ʺ foulard de cambrioleur ʺ, entourant la tête, et que l’on remonterait ou descendrait sur le visage suivant le besoin du moment, c’est à dire suivant la proximité avec d’autres individus …
    Les scientifiques distingués, pourraient donner des conseils à la télé sur les meilleures caractéristiques de textiles à employer et sur l’épaisseur ou les épaisseurs à mettre en œuvre …
    Mais en ont-ils envie ??? …
    J’ai constaté des réticences de leur part lorsqu’ils recevaient des questions de ce type ! …

    Si chacun était équipé de masques, il est probable que la vie pourrait continuer normalement, chacun vaquant à ses occupations personnelles et professionnelles en attendant que le problème s’estompe naturellement …

    Avec le confinement, et le blocage quasi complet du pays, ainsi que de nombreux autres, même les scientifiques médicaux, admettent que la catastrophe économique qui va en découler à coup sur, sera encore plus dévastatrice que l’épidémie elle-même …

    Cette affaire d’épidémie, gérée de manière aussi étrange, donne irrésistiblement à penser aux crises économiques qui dans les années 25 à 39, ont précédé et provoqué l’apocalypse de la 2e guerre mondiale, et avec la volonté manifeste d’une bonne partie des oligarchies planétaires …
    Il s’agissait principalement d’anéantir l’ URSS, mais pas seulement, par Allemagne nazie mercenaire, interposée ...

    ALORS ??? …

    xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

    Bernard Décombe Le 22 mars à 23:42
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.