Accueil | Chronique par Clémentine Autain | 27 avril 2020

Depuis quand la responsabilité de scolariser les enfants est-elle laissée au libre arbitre des parents ?

Contre l’avis du Conseil scientifique, le gouvernement prépare une reprise des classe à partir du 11 mai. Face au risque sanitaire, l’école de la République ne sera pas « obligatoire ». Aux parents donc de choisir.

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Dans un ensemble très cafouilleux, comme à son habitude maintenant, le gouvernement a annoncé le retour à l’école le 11 mai. Ce sera progressif, nous dit-on, mais on ne connaît pas encore les modalités de cette reprise petit à petit. Les parents sont légitimement inquiets des conditions sanitaires d’un retour de leurs enfants dans les classes. De l’incapacité de l’État à organiser la production de matériel aux injonctions contradictoires au sein de l’exécutif, la défiance à l’égard du pouvoir s’est installée dans le pays. Or, c’est à la puissance publique de donner un maximum de garanties. En l’occurrence, le conseil scientifique vient de rendre public son avis : il préconise une rentrée en septembre. Raison supplémentaire d’affoler les parents… Une large majorité d’entre eux indiquent dans les enquêtes d’opinion qu’ils ne mettront pas leurs enfants à l’école le 11 mai.

 

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J’alerte ici sur les dangers du principe annoncé par le gouvernement pour cette reprise de l’école : la base du volontariat. Depuis quand la responsabilité de scolariser un enfant est-elle laissée au libre arbitre des parents ? Est-ce à chaque foyer d’évaluer le danger sanitaire ? Le ministre Blanquer avance le fait que ce n’est pas l’école qui est obligatoire mais l’instruction. La fameuse « continuité pédagogique » serait donc assurée par le biais du numérique. Vaste blague… Le gouvernement affiche son mépris vis-à-vis du décrochage massif engendré par la déscolarisation physique. Sans cours collectifs dans un établissement, le creusement des inégalités sociales ne peut que s’aggraver.

Organiser le retour sur la base du volontariat, c’est faire faire porter la responsabilité sur les familles. C’est un coup de canif porté au service public de l’éducation et au principe de l’instruction obligatoire.

Au fond, la macronie renvoie inlassablement à la responsabilité des individus. D’ailleurs, a prévenu Emmanuel Macron dans l’une de ses dernières allocutions, si les conditions du déconfinement ne sont pas réunies le 11 mai, ce sera de la responsabilité de celles et ceux qui n’auront pas respecté les gestes barrières. Manière grossière de se défausser… À l’école, même façon de voir : organiser le retour sur la base du volontariat, c’est faire faire porter la responsabilité sur les familles. C’est un coup de canif porté au service public de l’éducation et au principe de l’instruction obligatoire.

La décision devrait relever de l’État, en s’appuyant sur une large concertation des scientifiques, des représentants des parents d’élèves et des personnels éducatifs. C’est l’État qui doit être garant des conditions sanitaires et de l’organisation du parcours éducatif. C’est l’État qui, ayant décidé la reprise, aurait dû mettre en oeuvre le retour à l’école prioritairement selon des critères transparents et déterminés par l’intérêt commun.

L’école, les enseignants et tous les personnels éducatifs, les élèves et les familles sont livrés à eux-mêmes. Le gouvernement apparaît étranger aux principes fondateurs de notre République. C’est dramatiquement consternant.

 

Clémentine Autain

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  • Ecole obligatoire,
    sport obligatoire,
    armée obligatoire,
    médecine obligatoire,
    vaccination obligatoire,
    participation électorale obligatoire, ………….

    Et puis quoi encore … ? …

    Religion obligatoire … ? …
    Abrutissement congénital obligatoire … ? …

    Bernard Décombe Le 28 avril à 00:14
  •  
  • Ce virus sorti d’on ne sait où, est très probablement comme les précédents depuis une quinzaine d’années, une nouvelle tentative de DÉPOPULATION mondiale .!...

    Depuis une cinquantaine d’années, les oligarchies planétaires, faute d’êtres capables de gérer rationnellement la démographie, ont dans l’optique, d’éliminer la population humaine en "excédent", et d’en ramener le chiffre à 1/2 milliard .!...

    Les "pandémies" précédentes ayant échoué, et les laboratoires n’ayant pas réussi à fabriquer de virus plus musclé, ce "confinement" mondial, EST FAIT pour DÉCUPLER la capacité de transmission de ce virus.!...

    C’est comme les histoires belges, ce n’est pas difficile à comprendre.!...

    En enfermant longuement les populations, dans ces sortes de boites d’allumettes que sont les appartements des immeubles collectifs des villes, on FACILITE en réalité la CONTAMINATION, du fait que le virus comme dans toute épidémie est présent dans l’air, et que dans une atmosphère close, celle-ci se transforme rapidement en BOUILLON de CULTURE de VIRUS.!...

    C’est à peu près le même schéma que de pulvériser un aérosol d’insecticide, dans une pièce où sont présents des insectes.!...

    Bernard Décombe Le 28 avril à 00:34
       
    • SUITE ...

      De toutes évidences, ce virus non plus n’a pas donné les résultats de victimes escomptées par les oligarchies, malgré l’effet surmultiplicateur de ce "confinement" sauvagement dictatorial, (on n’a jamais vu nulle part dans l’Histoire de dictature aussi radicale).!..

      Mais l’effet de ce confinement est à double détente, car il va en résulter un énorme chaos économique mondial, aux multiples facettes, difficiles à imaginer à l’avance, et une forte AGGRAVATION de la FAIM dans le monde.!...
      Hors les virus quelqu’ils soient, ont la dent plus dure sur les populations mal nourries.!...

      On peut aisément se faire une idée de la réalité de cette CONSPIRATION de DÉPOPULATION, par l’absence anormale de masques industriels, et qui perdure encore 2 mois après le début de l’épidémie, alors que l’attitude toute simple et très efficace, aurait été d’inciter chaque quidam lambda à se fabriquer une protection individuelle avec un morceau de tissu quelconque.!...

      Au lieu de ça, qu’entendait-on à la télé de la part des "scientifiques distingués".?...
      — "Non il ne faut pas porter de masque, ce n’est pas sain"...
      — "Non il ne faut pas prendre tel médicament, vous risquez de vous empoisonner" (alors que le médicament en question est utilisé depuis des décennies pour d’autres maladies).!...
      — Etc.-etc.-etc.!...

      Bernard Décombe Le 28 avril à 11:17
  •  
  • ça fait bien longtemps que je ne suis pas venu ici mais je me permets un petit commentaire sur le titre de l’article... Ce n’est pas aux parents qu’est laissé le choix de scolariser les enfants, mais AUX ENTREPRISES !
    En effet, si l’entreprise oblige ses salariés à revenir travailler le 11 mai, alors quel choix auront les parents ? Mettre leurs enfants à l’Ecole ou pointer au chômage ? Pour ceux qui veulent nourrir leur famille, voilà un choix bien facile à faire en réalité...

    carlos Le 28 avril à 10:36
  •  
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