Accueil | Chronique par Clémentine Autain | 20 avril 2020

Quand arrive le Covid-19, le roi est déjà bien nu

Après les deux prises de parole du président de la République et du Premier ministre, le brouillard n’est pas dissipé. Clémentine Autain chronique la pandémie.

Vos réactions (3)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Le plan de production et le scénario de déconfinement semblent encore de bric et de broc, reposant principalement sur la discipline individuelle. Vous noterez que ces moments d’information ne sont jamais ouverts à la presse, ce qui permet au pouvoir d’éviter les questions précises ou dérangeantes. La crise sanitaire requiert pourtant un haut niveau d’exigence démocratique.

La carte de l’humilité est brandie mais elle apparaît comme le masque des manquements de l’État. Le refrain du changement est entonné pour la énième fois par un Président qui, déjà candidat, promettait la « Révolution » (titre de son livre de campagne… si, si !). Derrière la répétition de communication, les actes se trouvent conformes aux vieilles recettes.

Je ne dis pas qu’il est simple de faire face à la pandémie pour le pouvoir en place, qui hérite en partie du démantèlement de nos lits et personnels dans les hôpitaux ou des difficultés de production – nous le savons, c’est sous l’ère Hollande que le stock de masques a été détruit. Pour autant, la macronie a poursuivi et même accéléré, depuis le début du quinquennat, la recherche de rentabilité du monde de la santé, les délocalisations de nos capacités productives et l’application dogmatique de l’austérité budgétaire qui broie les biens communs.

Quand arrive le Covid-19, le roi est déjà bien nu. Et le temps de réaction du pouvoir a marqué un retard coupable. Nous le savons, le gouvernement n’a pas su anticiper, organiser la fabrication du matériel indispensables, des tests aux masques, en passant par les respirateurs ou les gants. Que des entreprises comme Luxfar, Farmar ou Peter surgical, qui produisent du matériel nécessaire, ne soient toujours pas nationalisées ou soutenues pour une reprise est proprement hallucinant. La France est passée en trois mois de quatre à huit millions de masques. Pas de quoi pavoiser ! Je reste abasourdie qu’une puissance économique comme la France puisse se retrouver dans une telle situation.

Tout ça pour dire que nous avons en France non seulement un gouvernement du monde d’avant mais aussi des amateurs au sommet de l’État.

 

Clémentine Autain

Les précédentes chroniques

>> « Plus c’est gros, plus ça passe » (chronique du 18 avril 2020)

>> Les très dangereuses incohérences d’Emmanuel Macron (chronique du 14 avril 2020)

>> Des masques, pas des bâillons (chronique du 12 avril 2020)

>> Monsieur le ministre, qui doit faire des efforts ? (chronique du 11 avril 2020)

>> En avant, pas comme avant (chronique du 9 avril 2020)

>> Covid-19 : le blues des blouses (chronique du 7 avril 2020)

>> Covid-19 : mettre à profit cette crise, pour bien vivre (chronique du 6 avril 2020)

>> Seine-Saint-Denis : rupture ancienne d’égalité, sinistre nouvelle inégalité (chronique du 5 avril 2020)

>> Les corps accusent les choix politiques (chronique du 3 avril 2020)

>> Jusqu’où allons-nous accepter la surveillance de nos libertés ? (chronique du 2 avril 2020)

>> Nous payons l’aveuglement à l’égard de l’écologie (chronique du 1er avril 2020)

>> Plus que jamais, faire de la politique (chronique du 31 mars 2020)

>> Le temps pour soi, blablabla (télétravailler avec des enfants) (chronique du 30 mars 2020)

>> Avec le confinement, c’est l’explosion des violences intrafamiliales (chronique du 29 mars 2020)

>> Covid-19, ce miroir des fractures territoriales (chronique du 28 mars 2020)

>> À la caissière de mon supermarché (chronique du 27 mars 2020)

>> Ils ne confineront pas notre colère (chronique du 26 mars 2020)

>> Je repose mes questions au gouvernement... (chronique du 25 mars 2020)

>> Et si on avait une stratégie industrielle ? (chronique du 23 mars 2020)

>> C’est aujourd’hui dimanche (chronique du 22 mars 2020)

>> « Plus rien ne sera comme avant » ? (chronique du 21 mars 2020)

>> Le Covid met à nu le capitalisme (chronique du 20 mars 2020)

>> De l’inégalité devant le confinement (chronique du 19 mars 2020)

>> Les cadres en télétravail, les prolos au charbon ? (chronique du 18 mars 2020)

>> L’intérêt humain, résolument (chronique du 17 mars 2020)

Vos réactions (3)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Trump n’accorde plus à l’ OMS aucun crédit …. dans tous les sens du terme ….

    Le principal financier de l’ OMS est maintenant Bill Gates … Autrement dit, il a largement les moyens de manipuler cette organisation plus que trouble qui ne demande qu’à être manipulée …

    Bill Gates, comme à peu près tous les oligarques, rêve de réduire la population de la planète de 90% , et tous les moyens selon lui seraient bons à utiliser pour arriver à ce résultat … …

    Selon des courriels qui circulent, l’ OMS aurait déjà fait pression sur bon nombre d’Etats de la planète, afin qu’ils prennent des dispositions et des décrets pour "vacciner" de force toute leur population, au besoin avec le concours de leur force armée … !!! …

    Ces écrits ne semblent pas invraisemblables compte-tenu de ce qu’on a déjà vu depuis 2 mois …

    Que savent les parlementaires français de ces affirmations, et quelles sont leurs réactions à ce sujet . ??? …

    Bernard Décombe Le 21 avril à 02:11
  •  
  • Cette affaire de masques (entre autres)s est symbolique du fait que la libre concurrence, la privatisation à tous crins, prônées par nos dirigeants à la solde du libéralisme, sont sans issue : quel "entrepreneur français" prendrait le risque "d’investir" dans une telle fabrication aujourd’hui, face à la Chine, notamment. Alors que la libre concurrence les élimine d’emblée de la compétition ! OK avec Clémentine Autain : la seule solution est de créer en France une entreprise nationalisée de fabrication de masques et des autres matériels , fabrication bradée par le pouvoir actuel et ses précédents qui ont préparé le travail et ouvert la porte à Macron (n’est-ce pas Hollande ?)

    Abbé Béat Le 21 avril à 11:55
  •  
  • Malgré tous ses efforts, la médecine nazie, et son "gouvernement" mondial l’OMS, n’ont réussi à infecter que moins de 6% de la population de ce pays …

    Car il est bien évident, que la dictature du "confinement" avait principalement pour but, d’entasser les populations dans les appartements des immeubles collectifs, où dans ces sortes de boites d’allumettes, l’atmosphère était censée se transformer rapidement en BOUILLON de CULTURE de VIRUS . !!!! …

    Bernard Décombe Le 22 avril à 13:16
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.