Accueil | Fiction par Pablo Vivien-Pillaud | 13 mars 2021

2022 : et si c’était... Nathalie Arthaud

C’est une secousse politique d’une puissance inattendue qui a déchiré la nuit à l’annonce des résultats : ni TF1 ni France 2 n’avaient prévu d’image de synthèse de la candidate en pied tant ses chances d’accès au second tour étaient minimes. Et pourtant « elle l’a fait », comme se le répètent en boucle les quelques militants qui s’étaient réuni au QG. Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte Ouvrière, est au second tour de l’élection présidentielle où elle affrontera dans un duel 100% féminin Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national.

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« Travailleuses, travailleurs : voici venu le temps de notre libération. Après 200 ans de domination bourgeoise, nous allons reprendre en mains les rênes de notre destin. Le capitalisme est en bout de course et nous en sommes l’ultime symptôme. Alors oui, vous pouvez trembler, vous les possédants, vous les milliardaires, vous les exploiteurs, vous les avatars dégénérés d’une société malade de votre emprise. Moi présidente, ce sera la fin de la propriété privée des moyens de production, des classes sociales et de toute forme d’Etat. Enfin débarrassée de toutes les formes d’oppressions, du racisme et du sexisme qui caractérisent les sociétés capitalistes, nous sommes sur le point de fonder une société communiste ! Et rappelons nous ce que disait le grand Léon : “La vie est belle. Que les générations futures la nettoient de tout mal, de toute oppression et de toute violence, et en jouissent pleinement”. »

Le poing en l’air pendant tout son discours, Nathalie Arthaud n’était pas seule sur son estrade. Derrière elle, la silhouette bienveillante d’Arlette Laguiller : « Elle aura réussi à la remplir, cette place Rouge, Nathalie. »

 

DANS LA SÉRIE « 2022 : ET SI C’ÉTAIT... »
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Christiane Taubira
>> Fabien Roussel
>> Alexis Corbière

 

Pas le même son de cloche au QG du président sortant Emmanuel Macron où la déconfiture de l’absence de Jupiter au second tour est particulièrement douloureuse. « Les Français avaient la chance de pouvoir réélire Kennedy mais ils préfèrent donner ses chances à la version féminine de Staline », affirme Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI et qui avait été fait porte-parole de la campagne d’Emmanuel Macron. « Hors de question dès lors de lui apporter un quelconque soutien pour le second tour », a-t-il aussi affirmé, catégorique.

Ce n’est pourtant pas l’avis de tous les marcheurs : François de Rugy et Barbara Pompili, deux soutiens majeurs du président-candidat Macron venus d’EELV, ont un avis plus nuancé. « Marine Le Pen reste le danger le plus imminent. Bien sûr que j’appelle à voter Nathalie Arthaud au second tour », a annoncé l’homme aux homards avant d’ajouter : « Si jamais elle est élue, elle aura besoin d’une expertise en matière écologique. Je le dis et lui redirai au soir du second tour : nous voulons être ses partenaires. » Sans que l’on sache très bien ce que recouvre ce « nous », en voilà déjà un qui lorgne sur un maroquin ministériel.

Mais la route est encore longue et semée d’embûches pour Nathalie-la-rouge : le débat 100% féminin (une première dans l’histoire de la Cinquième République !) de mercredi en sera à n’en pas douter l’acmé. En attendant, la candidate Arthaud retournera lundi donner ses cours à ses élèves de lycée, au grand dam des néolibéraux qui voudraient l’empêcher d’être professeure.

 

Pablo Pillaud-Vivien

Cet article est extrait du numéro décembre/janvier de notre e-mensuel. La prochaine fois, pour le recevoir en exclusivité directement dans votre boîte mail, abonnez-vous !

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