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Accueil | Par Roger Martelli | 11 mai 2021

Comment les communistes ont voté Roussel 2022

Les militants communistes ont amplifié le vote du Conseil national en faveur d’une candidature estampillée PCF à la prochaine présidentielle. Radiographie détaillée des résultats départementaux publiés.

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Effectifs et participation en baisse

Le tassement des effectifs se poursuit. En 2016, le PCF annonçait le chiffre d’un peu moins de 57.000 cotisants. À la fin de 2018, ils étaient un peu plus de 49.000. Au printemps 2021, on n’en recense plus qu’un peu moins de 44.000. La perte est donc d’environ un cotisant sur cinq en cinq ans et d’un sur dix depuis la fin 2018. La moitié des reculs depuis cette date se situe dans dix départements, notamment le Val-de-Marne et le Pas-de-Calais.

 

Le recul des effectifs et l’incertitude stratégique qui perturbe nombre de militants expliquent sans doute que la participation à cette consultation est dans les basses eaux des consultations internes amorcées avec le siècle.

 

 

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Le choix du drapeau déployé

Entre 2016 et 2021, le choix d’une candidature communiste (option 1) a progressé de 30% sur l’ensemble du territoire métropolitain. Il est au-dessus de cette moyenne dans une quarantaine de départements, dont le Nord, la Seine-Maritime, les Bouches-du-Rhône, le Pas-de-Calais et les Alpes-Maritimes.

En revanche, l’option 2 (processus de rassemblement) n’est majoritaire que dans quatre départements, dont la Seine-Saint-Denis et elle ne dépasse les 30% que dans 24 d’entre eux. Au total, 43 départements sont au-dessus de la moyenne nationale (23,15%). À l’exception du Gard et de l’Île-de-France, ils ne se trouvent pas dans les territoires d’imprégnation forte du phénomène communiste.

Entre 2016 et 2021, le choix de la candidature communiste a progressé plus que la moyenne (+26%) dans 43 départements. Certains d’entre eux font partie des zones d’implantation communiste ancienne et dense, dans la France traditionnellement marquée par la ruralité (Dordogne, Nièvre, Sarthe, Haute-Vienne, Cher), comme dans la France industrielle des « zones rouges » (Nord, Seine-Maritime, Bouches-du-Rhône, Gard, Pas-de-Calais).

Le pari communiste

Comme cela a été souligné dans notre article précédent, le résultat d’ensemble n’est pas une surprise. Il était en germe dans le résultat du Congrès précédent, qui avait vu l’intronisation surprise de Fabien Roussel. Il avait été confirmé par le Conseil national du PCF, puis par une Conférence nationale réunissant l’essentiel de l’encadrement militant. Il a désormais l’aval d’une nette majorité des cotisants.

Depuis le début des années 1980, le vote communiste a connu un processus de recul presqu’ininterrompu. Après le désastre électoral de 2007, les communistes ont tenté de stopper l’érosion en se lançant dans la stratégie inédite du Front de gauche. Mais faute de s’engager dans une dynamique de mouvement véritable, ce Front de gauche est resté un cartel, reposant sur le tête-à-tête de Jean-Luc Mélenchon et du PC.

En 2017, le match s’est achevé sur la victoire écrasante du premier, qui a profité de sa remarquable dynamique présidentielle pour propulser la France insoumise à la tête de la gauche de gauche, tout en laminant la représentation législative du PC. De là à conclure que le retrait volontaire de la compétition présidentielle était la cause de l’effacement, le pas a été vite franchi. Or ce sentiment occultait le constat pourtant évident que le PCF avait décidé de s’engager dans l’arène en 1981, 1988, 2002 et 2007 et que cela s’était traduit par des résultats plus que décevants. Au fond, le seul cas où le résultat avait été plutôt encourageant était celui de 1995, avec… Robert Hue, dans un moment où le PS commençait à payer l’addition des désillusions accumulées de l’ère mitterrandienne.

Dans une conjoncture où la gauche est cruellement divisée et perturbée par la compétition au sommet du lepénisme et du macronisme, les communistes ont estimé qu’il n’y avait aucune raison à ce qu’ils ne jouent pas eux aussi leur partition. Force est de constater qu’ils ne sont pas les seuls à penser de la sorte.

Les paris se gagnent ou bien se perdent. Peut-être ressortira-t-il une force gagnante d’une telle compétition à gauche. Mais peut-être aussi ne restera-t-il, aux unes et aux autres, que les larmes pour pleurer. Et pour nous, en attendant, la vieille formule de Romain Rolland nous invitant à conjuguer le « pessimisme de l’intelligence » et « l’optimisme de la volonté »

 

Roger Martelli

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Vos réactions

  • Bonne analyse ! Avec pour ma part des bémols sur le fait qu’en 1981 le pc avait généré sans doute inconsciemment le reflex du vote utile !des 1965 avec François Mitterand !
    En 1969 Jacques duclos a pu rassembler car la dynamique de 1965 n’avait pu aboutir !
    Merci de rappeler aussi qu’en 1995
    Robert hue avait fait progresser le score du parti !
    Par contre la candidature de Roussel n’est pas un pari !
    Jean Pierre dropsit le 11 mai à 11:45

    Dropsit Jean Pierre Le 11 mai à 11:46
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  • Le peuple a le dernier mot : c’est lui qui détermine le nombre de voix et le nombre d’élus Les effectifs militants sont en raison directe des résultats électoraux. On peut dire d’ailleurs que là aussi les citoyens, dont l’ensemble constitue le peuple, décident ou non d’adhérer à tel parti plutôt qu’à tel autre, de le quitter ou d’y rester.

    Jusqu’où peut aller la diminution des effectifs militants ? Jusqu’à n’en plus compter du tout. Il en va de même pour le nombre d’électeurs. Si on prolonge la courbe qui représente ceux du PCF en fonction du temps, elle s’y dirige et l’atteindra à un moment. L’étiage nul n’est pas une asymptote, un parti peut y toucher et ne plus alors exister que formellement, ou nominalement. Dans la réalité il peut bien rester une poignée de militants, sans aucun élu.

    Rien n’empêche que le PCF connaisse le sort par exemple du Parti communiste américain, le CPUSA. Il compte aujourd’hui entre 5000 et 10000 adhérents, dans un pays de 331 millions d’habitants. Rapporté à la France, cela ferait 1000 ou 2000 cartes, c’est-à-dire rien. En revanche le PCF peut connaître aussi le sort du PCI, qui a misé sur la disparition formelle contre l’existence de fait. Il n’existe plus mais il existe encore sauf que c’est un autre parti, avec un autre nom, etc. Un tel destin peut paraître extravagant à des êtres comme nous interdits de résurrection, de transmigration d’âmes, de métempsychose. Mortels nous sommes et nous assumons notre mortalité. Mais les êtres particuliers que sont les partis politiques, en démocratie, ont ce genre de miracle à leur portée. Il se trouve ensuite maints auteurs pour philosopher là-dessus.

    Glycère BENOIT Le 11 mai à 15:36
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  • Roger Martelli nous avait habitué à plus de rigueur intellectuelle : écrire de JLM qu’il a "profité de sa remarquable dynamique présidentielle pour propulser la France insoumise à la tête de la gauche de gauche tout en laminant la représentation législative du PC " est tout ce qu’on voudra saut conforme à la réalité des faits. Entre 2012 et 2017 le groupe parlementaire auquel participaient les député-e-s PCF ne comptaient que 15 membres. Si je ne m’abuse, ils sont aujourd’hui 16, élus dans le sillage de l’élection présidentielle de 2017. Donc, soutenir Mélenchon ne les a ni affaibli ni laminés.
    Je m’étonne d’une telle approximation, étant donné le parti-pris de l’auteur - parti-pris que je partage - en faveur d’une candidature de rassemblement.
    Mais peut-être que Nicolas Hulot n’a pas dit son dernier mot ?

    Frédo Le 11 mai à 20:05
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  • Dans un contexte historiquement inédit de crise sanitaire, économique, morale, culturelle et sociale, la multiplication des candidatures n’est assurément pas une bonne chose pour les populations les plus fragilisées : précaires, sans-emploi, salariés du privé comme du public . Mais le rassemblement sur un programme de rupture avec les politiques menées depuis plusieurs années n’est pas pour demain et la responsabilité en revient essentiellement aux responsables politiques, syndicaux et associatifs qui n’en finissent pas de se combattre.

    La division mortifère des forces de gauche est un fait politique et ouvre une voie royale à un deuxième tour Macron -Le Pen. Chacun peut constater que les institutions de la 5e République sont à bout de souffle. Dans tous les cas de figures, le futur président gouvernera avec l’adhésion de moins d’un électeur sur cinq ( moins de 20% des inscrits pour Macron au 1er tour de 2017), le second tour devenant un vote par défaut. Face à cette situation, toute organisation est légitime pour présenter une candidature, le PCF comme les autres. En définitive, c’est " puisque personne ne veut s’unir, j’y vais tout seul ou toute seule", défaite assurée ! A qui profite le scénario : aux vrais responsables des crises c’est à dire aux champions du libéralisme, de la bourse et de la finance.

    lucien matron Le 13 mai à 06:19
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  • Rien de plus normal, une fois les opposants partis ou dégoûtés, que le noyau dur des communistes, les plus staliniens, choisissent un candidat autonome. Le parti se renforce en s’épurant, vieille antienne !
    M. Martelli, vous êtes un peu court sur l’échec du Front de gauche. Faut-il rappeler que le but de ce front, c’était de s’affranchir de l’inféodation au parti prétendument socialiste. La parti communiste n’a jamais osé franchir le pas avec des alliances à courte-vue avec le PS, en position de vassal, pour conserver des plaçous d’élus (Brossat étant le pire exemple d’opportuniste). Le PCF est incapable de se projeter à plus long terme.
    On le voit encore aux régionales avec, par exemple, la situation dans le Sud-Ouest où le PCF préfère figurer sur la liste du droitier Alain Rousset, qui avait voté Macron au premier tour de la présidentielle plutôt que s’allier à LFI et aux Verts.

    Michel Davesnes Le 17 mai à 16:41
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  • quels sont les effectifs de la FI ? S’ils sont inférieurs à ceux du pcf, comment explique-t-on son score électoral, d’autant que FI a très peu d’élus locaux ? Comme pour les partis de droite ou socio démocrates, son audience se fabrique par les médias, aux mains de qui ?

    jmn Le 21 mai à 11:08
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