Accueil | Tribune par Collectif | 21 novembre 2018

« Etre de gauche , c’est soutenir Farida Amrani »

Dimanche aura lieu en Essonne le deuxième tour de l’élection législative partielle dans l’ancien fief de Manuel Valls : le maire d’Evry Francis Chouat sera opposé à Farida Amrani, candidate insoumise. Quatre intellectuels rappellent l’importance de soutenir une candidate de gauche.

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Sur ce territoire, tout commence avec Manuel Valls, et tout doit finir avec lui. La stratégie droitière de l’ancien maire, député, ministre et premier ministre, a failli brouiller l’opposition entre droite et gauche. À Barcelone, c’est d’ailleurs contre la gauche, et avec la droite, qu’il se lance aujourd’hui dans la bataille électorale. Il ne faut donc pas s’en étonner : dans la première circonscription de l’Essonne, autour de son successeur désigné, on voit aujourd’hui se liguer contre la candidate de la gauche, Farida Amrani, tout à la fois LREM, Les Républicains et des repentis du Parti socialiste.

 

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Le parcours de Francis Chouat, passé du communisme au PS puis à LREM avant de faire alliance avec la droite, est révélateur d’un opportunisme fait de petits arrangements entre politiques pour se partager le territoire et les postes, de changements d’étiquette et de trahisons au gré des changements de pouvoir politique. Bref, il est bien l’héritier de Manuel Valls. Comme son mentor, il participe d’un club d’élus qui considèrent que les positions électorales leur sont réservées, et qui mettent la préservation de leur pouvoir avant l’intérêt des citoyens. Lors de cette élection partielle, la très forte abstention l’atteste : cette dangereuse confusion idéologique mine aujourd’hui la démocratie. La politique n’est plus l’affaire des électeurs mais de la tambouille entre élus.

Farida Amrani, c’est tout le contraire. Les attaques sexistes et racistes qui la visent le confirment : sa candidature menace un ordre établi. Avec son suppléant, Ulysse Rabaté, elle incarne en effet un renouvellement politique : une nouvelle génération, mais aussi des manières de faire de la politique qui renouent avec l’opposition entre droite et gauche pour défendre les classes populaires, quelle que soit leur origine ou leur apparence.

Francis Chouat ne s’est donc pas trompé d’adversaire. Son ennemi, c’est la gauche, toute la gauche. Et le ni-ni, c’est s’associer à la menace proférée en son temps par Manuel Valls : « La gauche peut mourir ». Aujourd’hui, elle peut vivre, en Essonne comme ailleurs. Être de gauche, dans la situation présente, c’est soutenir Farida Amrani et son suppléant, Ulysse Rabaté, qui incarnent ensemble un espoir de renouvellement à gauche, qui est aussi un espoir démocratique.

Signataires :

Eric Fassin, professeur de sociologie, université Paris 8
Bertrand Guillarme, professeur de science politique, université Paris 8
Sandra Laugier, professeure de philosophie, université Paris 1
Judith Revel, professeure de philosophie, université Paris 10

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  • être de gauche c’est lutter contre l’oppression religieuse dans les quartiers populaires. Les jeunes des quartiers ne se sont pas déplacés car la FI n’est pas assez dure dans sa lutte contre l’obscurantisme religieux.

    monKheyou Le 28 novembre à 13:41
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