Accueil | Par Loïc Le Clerc | 18 mars 2019

Gilets jaunes : pour un élu LR, « s’il le faut, on met tout le monde en garde à vue »

Que faire face aux gilets jaunes ? Boire des shots de vodka ? Faire du ski ? Frédéric Péchenard, vice-président Les Républicains de la région Île-de-France, a une autre idée : tout le monde en GAV et basta du « pas de contact » !

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Samedi 16 mars, les gilets jaunes de France s’étaient donné rendez-vous à Paris, avec la ferme intention de marquer le coup. Déjà 18 semaines que le mouvement dure et, visiblement, Emmanuel Macron n’a plus peur – lui qui était dans les Pyrénées pour profiter des dernières poudreuses.

 

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Ce samedi de mobilisation a été particulièrement rude. Comme au début du mouvement. Et il y avait du monde : 10.000 personnes à Paris, selon l’Intérieur, parmi lesquelles toujours aux dires du ministère, 1500 « black blocs ». Bilan de la journée d’affrontement : 250 gardes à vue. Des « gilets jaunes lambdas », peut-on entendre sur franceinfo.

Face aux images de violences qui tournent en boucle sur toutes les chaînes de télé du pays, l’exécutif est dans la panade. Il a beau changer de stratégie plus vite que Manuel Valls retourne sa veste, rien n’y fait. Samedi après samedi, les gilets jaunes manifestent.

Et vive l’Etat de droit

Les critiques à l’égard de l’impuissance de Christophe Castaner sont nombreuses… et diverses. Ainsi, ce lundi 18 mars 2019, Frédéric Péchenard, vice-président Les Républicains de la région Île-de-France, candidat LR aux européennes et ancien directeur général de la police nationale, était l’invité de la matinale de franceinfo. Et il était « tout colère ».

Après avoir qualifié « tous » les gilets jaunes présents sur les Champs-Elysées lors de l’Acte XVIII d’« émeutiers » et de « délinquants », s’en suit cet échange avec le journaliste :

  • Marc Fauvelle : « Il y avait 10.000 personnes à Paris. Vous mettez tout le monde en garde à vue ? »
  • Frédéric Péchenard : « S’il le faut, oui. »

Pour interpeller « tout le monde », facile : il suffit, selon l’élu, simplement de déclarer illégales les manifestations de gilets jaunes. Mais Frédéric Péchenard ne s’arrête pas là. Il développe sa vision du maintien de l’ordre :

« Le gouvernement a peur. Ils ont peur d’une bavure, ils ont peur d’un mort. Ils ont peur de donner des instructions qui permettraient à la police de reprendre le terrain. Le maintien de l’ordre à la française, c’est "pas de contact" parce qu’on ne veut pas de blessé, on ne veut pas de mort. Sauf que nous ne sommes plus dans une opération de maintien de l’ordre, nous sommes dans une opération anti-émeutes. Il faut avoir le courage politique de dire "ça suffit". »

LR comme Les Récidivistes

Ce « ça suffit » n’est pas sans en rappeler un autre : celui d’un ancien ministre LR, Luc Ferry, qui arguait il y a quelques semaines : « Quand on voit des types qui tabassent à coups de pied un malheureux policier… qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois, écoutez, ça suffit ! »

Luc Ferry était rapidement revenu sur ses propos, assurant n’avoir « jamais appelé à tirer sur les gilets jaune dont je défends le mouvement depuis l’origine ». On gage que Frédéric Péchenard aussi n’est pas du genre à lancer des fatwas contre ses propres compatriotes. Néanmoins, ce qui est dit est dit.

 

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En attendant que LR reviennent aux commandes du pays, des têtes commencent à sauter : pas celle de Christophe Castaner, apparemment intouchable, mais celle du préfet de police Michel Delpuech. Il sera remplacé par le préfet de la Région Nouvelle Aquitaine, Didier Lallement. L’occasion pour Emmanuel Macron de faire d’une pierre deux coups et de mettre sur la touche celui qui avait contredit les propos du cabinet de l’Elysée lors des auditions au Sénat de l’affaire Benalla.

Parallèlement, le chef de l’Etat a fait savoir son intention de mettre en œuvre de nouvelles mesures sécuritaires. Lesquelles ? La loi anti-casseurs (une loi dont LR est à l’initiative) est en attente de validation au Conseil constitutionnel. L’état d’urgence est déjà inscrit – dans une large mesure – dans le droit commun, va-t-il donc décréter l’état de siège ? Il semblerait que le Président opte d’abord pour une interdiction de manifester sur les Champs-Elysées. Préalable, s’il en est, à tout le raisonnement de Frédéric Péchenard.

 

Loïc Le Clerc

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Vos réactions

  • logique : il est de droite, il est dans son rôle.
    Ce qui est désolant, c’est de voir des gens se prétendant de gauche (Glucksmann, Jadot, Hamon, etc) cracher sur les Gilets Jaunes.

    Les Gilets Jaunes soutiennent les blackblocks. Ceux qui vont aux manifs le savent.

    monKheyou Le 19 mars à 17:01
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