Accueil > Société | Par Pablo Pillaud-Vivien | 16 avril 2018

"La loi Asile et Immigration est une insulte à notre impératif de solidarité"

Toute cette semaine, le projet de loi Asile et immigration est débattu en séance publique à l’Assemblée nationale. Dimanche après-midi et lundi midi avaient lieu des rassemblements et des manifestations de résistances, d’autant plus suivis que l’époque est à la convergence des luttes...

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« La loi Asile et Immigration est une insulte à notre impératif de solidarité. » Claude, pas militante, pas syndiquée, pas même « politisée » nous dit-elle, « juste citoyenne » a décidé de descendre dans la rue ce dimanche 15 avril, pour aller manifester contre le projet de loi du gouvernement. Sur le parcours entre l’Assemblée nationale et le Sénat, ils sont plusieurs milliers à avoir fait comme elle, revendiquant « une France, terre d’asile » et s’opposant farouchement à la « criminalisation des migrants ».

A l’initiative du Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), beaucoup d’associations ont répondu présentes : d’Act-Up à l’Ardhis, en passant par L’auberge des migrants ou Fumigène, tous étaient présents dimanche. Les formations et mouvements politiques étaient aussi de la partie : parmi eux, la France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF) ou Europe Ecologie Les Verts (EELV). Les syndicats, souvent concernés pour la défense des travailleurs sans papiers sont aussi présents : Solidaires ou la Confédération générale du travail (CGT). Enfin, chaudement applaudis, la Coordination des Sans-Papiers du 75 est venue renforcer les rangs de cette manifestation dominicale.

Le mot d’ordre était simple : le retrait pur et simple du projet de loi. C’est d’ailleurs ce qu’a défendu la députée LFI Danielle Obono, présente aux côtés du député du même groupe Eric Coquerel et de la sénatrice EELV Esther Benbassa : « la politique menée par le gouvernement est inique et indigne. » Avec la députée PCF Elsa Faucillon notamment, ils ont ainsi mené un intense travail d’opposition au Parlement et déposé une centaine d’amendements. Car, au-delà de la philosophie le loi Asile et immigration examinée en ce moment au Parlement et qu’ils qualifient presque unanimement de « délétère », c’est une véritable usine-à-gaz qui va créer une foultitude de problèmes et d’entraves pour les demandeurs d’asile. « Une remise en cause historique de l’histoire et de la tradition d’accueil » poursuit même Alexei…

Aujourd’hui, comme toute la semaine d’ailleurs, des résistances s’organisent dans Paris et un peu partout en France. Les débats risquent aussi d’être musclés à l’Assemblée où les frondeurs En Marche pourraient prendre leurs distances voire, pour certains d’entre eux, s’opposer au projet de loi Asile et immigration. La France est en (quasi) ébullition : les cheminot-es, Air France, La Poste, Carrefour, les étudiants… les motifs de colère sociale continue de s’accumuler et on peut penser que cette « simultanéité » finisse par payer. C’est d’ailleurs une militante LGBTIQ qui le dit le mieux – lors de cette manifestation de dimanche : « la convergence des luttes, c’est maintenant tout de suite. Cette loi est fasciste, elle ne doit pas passer. Et on doit tous s’y mettre. »

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  • L’impératif de solidarité n’est valable qu’avec nos camarades en lutte. Nous ne sommes pas des catholiques, nous n’avons pas d’obligation morale à la solidarité avec nos ennemis. Aurions-nous du nous montrer solidaires avec les réfugiés NAZI qui fuyaient l’Allemagne en 45 ? Non. De la même manière : ces masses de migrants réactionnaires n’ont aucune solidarité à attendre de nous.
    La solidarité avec les ouvriers réactionnaires consiste à les envoyer en camps de rééducation.

    kheymrad Le 20 avril à 14:44
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