Accueil | Par La rédaction | 26 septembre 2018

La portée d’un appel

Au moment où l’infamie du traitement réservé à l’Aquarius révèle l’impéritie honteuse de nos gouvernants, le manifeste signé par 150 personnalités sonne comme un appel au sursaut, civique, politique, moral.

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Il est plus que temps de réagir. Voilà trop longtemps que l’extrême droite européenne pollue le débat public avec son obsession identitaire et sa hantise de l’immigration. Les 150 disent ensemble quelque chose de simple et de roboratif : nous ne la laisserons plus faire, nous ne lui ferons plus aucun cadeau. Cela commence par le traitement impitoyable de ses affirmations mensongères.

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Il n’est pas vrai que l’immigration est la cause de tous nos maux. Ce ne sont pas les migrants qui pèsent sur le marché du travail mais la spéculation financière, la dérégulation, le recul des protections sociales. Par ailleurs, dans le monde qui est le nôtre, avec ses désastres mais aussi ses opportunités, il est impensable et irréaliste de prétendre que l’on peut freiner et a fortiori tarir les migrations. La logique de la clôture et des murs ne sert à rien, sauf à produire de la violence, de la mort et des flux clandestins qui eux-mêmes ne font que fabriquer une main d’œuvre de quasi esclaves, corvéables à merci.

Les migrations ont été dès l’origine constitutives de la formation de l’humanité. Elles restent un ferment et un signe d’ouverture et de vie. La conséquence devrait couler de source : les migrations ne se contiennent pas, elles s’humanisent. À mes yeux, cela signifie au moins trois choses : la liberté de circulation étant un droit de l’homme, l’accueil se substitue au refoulement ; pour que l’accueil ne soit pas utilisé pour dresser les uns contre les autres, l’égalité des droits entre migrants et populations est un principe fondamental ; enfin, pour que l’égalité ne soit pas le partage du mal-vivre, résidents anciens et migrants doivent bénéficier à part égale d’une politique de protection, de dignité et de solidarité.

Ne nous cachons pas que tout cela suppose une rupture avec la manière dominante de faire société. La frénésie de l’appropriation et l’esprit de fermeture devraient logiquement céder le pas devant le sens du commun et l’esprit de partage. C’est le seul discours réaliste que l’on puisse tenir aujourd’hui. On peut sans crainte ajouter : c’est le seul conforme à la tradition de la gauche et de la République.

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  • Je ne sais qui sont les yeux de la rédaction qui s’expriment ici. Je partage ce qui est écrit et le texte de la pétition que je me suis empressé de signer. Cela dit, pour ne pas se laisser faire et laisser faire cette nouvelle résistible ascension, faut-il seulement contredire l’extrême droite ? Ne faudrait-il pas aussi prendre la plume pour dire son fait à Emmanuel Macron qui a répondu hier à la pétition par l’ étalage d’une mauvaise foi sans rivages proclamé sur le ton sec et aigu d’un enfant roi énervé.
    cf Le résumé de ses propos par l’agence Reuters :"“Accueillir l’ Aquarius n’était pas conforme aux règles humanitaires” et au droit, qui imposent l’accueil des migrants dans le port sûr le plus proche, a souligné le président français lors d’une conférence de presse aux Nations unies.
    Il s’agit aussi de refuser “les provocations des extrêmes”, a-t-il dit, semblant faire allusion au ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, qui a fermé les ports italiens à ces bateaux, obligeant les Européens à trouver à plusieurs reprises des solutions d’urgence.
    Par ailleurs, “je suis conscient des tensions qui existent aussi dans notre pays. Si je me mets à dire ‘la France devient le port d’accueil de tous les bateaux qui partent d’Afrique’, d’abord ça n’est pas une solution à laquelle je crois et ensuite ça n’est pas soutenable même politiquement en France pour nos propres équilibres”, a poursuivi Emmanuel Macron.
    “L’humanisme, ça n’est pas le bon sentiment”, a-t-il encore déclaré, alors que de nombreuses voix se sont élevées en France pour le presser d’accueillir le navire et ses occupants.
    “Les bons sentiments faciles (...) sont sans lendemain et si je suivais cette voie elle ferait basculer le pays vers les extrêmes”, a-t-il ajouté".

    Bernard Marx Le 26 septembre à 12:26
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