Accueil | Par Pierre Jacquemain | 31 mai 2021

Législatives partielles : la gauche dans les choux

Hier, quatre élections législatives partielles se tenaient en France. Plusieurs enseignements : une abstention record, un RN élevé et une gauche dans les choux – malgré un petit espoir à Paris. Analyse.

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Le plus grand enseignement des élections législatives partielles reste l’absence de participation. Quatre circonscriptions concernées : l’abstention s’est élevée à 73,5% dans l’Oise, 75,7% dans le Pas de Calais et 81,9% en Indre-et-Loire. Le record appartient à la 15ème circonscription de Paris qui atteint 84,5% d’abstention. Vertigineux ! Les électeurs ont déserté les urnes. Beaucoup, parmi eux, ignorait la tenue de ce scrutin. Le second enseignement est sans doute lié aux résultats du Rassemblement national en situation de se maintenir dans deux circonscriptions sur quatre – même si ses chances de l’emporter au second tour sont faibles – et empêche la gauche d’être présente dimanche prochain. Parce que c’est sans doute le troisième enseignement de ces élections qui doivent élire un/e député/e pour à peine un peu moins d’une année : l’absence de la gauche au second tour dans deux circonscriptions sur quatre.

 

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Alors que dans l’Oise, toute la gauche et les écologistes étaient rassemblés derrière la candidature de Roxane Lundy, conseillère municipale d’opposition de Beauvais, elle ne totalise que 12,31% des voix et ne parvient pas à atteindre les 12,5% de suffrages exprimés pour se maintenir. Elle a appelé sans réserve à battre l’extrême droite et à voter pour le candidat LR, héritier de son défunt oncle, Olivier Dassaut. Dans le Pas-de-Calais, la gauche était divisée et s’est répartie les voix entre le candidat communiste et LFI (5,8%) et le candidat socialiste (12,91%). En revanche, la gauche sera présente au second tour dans la circonscription de l’Indre-et-Loire mais sans chance de l’emporter. Face au candidat UDI, soutenu par LR et LREM, la candidate socialiste a peu de chance : Sophie Métadier, maire UDI de Beaulieu-Lès-Loches a fini nettement en tête du premier tour avec 45% des suffrages, contre 20% pour la socialiste Murielle Riollet.

À Paris aussi la gauche sera présente au second tour, malgré un très faible taux de participation. Elle y sera plutôt deux fois qu’une d’ailleurs puisque que la candidate socialiste, Lamia El Aaraje est arrivée en tête avec 25,6% des voix et affrontera Danielle Simonnet, l’insoumise, qui a obtenu 20,8% des suffrages. Si le résultat du PS est relativement stable par rapport à 2017, la France insoumise progresse. Mais c’est surtout du côté d’Europe Ecologie les Verts et du Parti Communiste Français que les résultats ont été les plus impressionnants – même s’ils n’ont pas été suffisants pour que leurs candidats passent le premier tour. Plus huit points pour les premiers et plus cinq pour les seconds par rapport à la législative précédente. « Un score à deux chiffres jamais atteint dans cette circonscription depuis quarante ans », selon la place du Colonel Fabien. Le communiste Thomas Roger et l’écologiste Antoinette Guhl se retrouvent en situation de faiseurs de reine.

Quelle députée de gauche pour la 15è circonscription de Paris ? Même si les électeurs ne suivent plus les consignes de vote des partis, la faible participation à ce scrutin aura sans doute vu se mobiliser les militants les plus actifs. Les consignes des uns et des autres seront donc observées à la loupe. Si du côté d’EELV, certaines voix ont fait savoir leur préférence pour l’élue insoumise, à l’instar du conseiller de Paris, Jérôme Gleizes ou la conseillère régionale Bénédicte Monville, le communiqué officiel en appelle au « libre arbitre » des électeurs et ne donne aucune consigne de vote. Côté PCF, pas de consigne de vote non plus même si le candidat communiste reconnait volontiers, dans une interview pour Regards, « se sentir bien plus proche de Danielle Simonnet ». Le PS joue gros : en cas de défaite, le parti socialiste n’aurait plus aucun député à Paris. Reste que l’élection législative est une élection nationale : il s’agira donc de déterminer quelle candidate de Danielle Simonnet ou de Lamia El Aaraje est la mieux placée pour s’opposer à la politique d’Emmanuel Macron – alors même que la candidate socialiste est soutenue par de nombreux députés macronistes qui plaident pour un front anti-Insoumis. Réponse dimanche.

 

Pierre Jacquemain

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Vos réactions

  • L’unionisme dans les choux aussi
    Dans l’Oise comme le Pas de calais ( Generations + PC + Fi a 5 %) ....
    A mettre au meme niveau que les sondages pour régionales ou K Delli est tres tres loin des sondages du temps des candidats séparés EELV PS PC Fi

    Boris Le 31 mai à 22:15
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  • Bonjour
    à quand le vote obligatoire ,avec r econnaissance vote blanc ,et quorum obligatoire.....!!!!!

    bob Le 1er juin à 13:04
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  • Les mauvais résultats électoraux concernent les partis regroupés actuellement sous le terme de ’gauche’. Il serait plus juste de parler de gauche et d’extrême-gauche, puisque cette distinction entre ce qui est extrême et ce qui ne l’est pas a cours pour la droite. Le mieux, face aux querelles sémantiques, est de désigner les partis par leur nom ou leur sigle.

    Les limites entre ces notions de gauche et de droite, centre et extrême, sont variables. Celles en usage aujourd’hui ne le seront pas nécessairement à l’avenir.

    Glycère BENOIT Le 2 juin à 10:35
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