Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 6 octobre 2018

Les communistes votent contre leur direction : et maintenant ?

Lors d’un vote interne, les membres du PCF ont préféré un texte alternatif à celui de la direction sortante. Première historique qui risque de déboucher sur une période d’incertitudes et d’interrogations.

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Depuis jeudi, ça s’active au Parti communiste français : 30.833 des 49.218 membres de la formation politique (soit 62,65% de participation) ont voté pour départager les quatre textes en lice pour servir de base commune lors des débats de leur Congrès de novembre prochain. Le texte défendu par le député André Chassaigne sort vainqueur d’une courte tête avec 42,15%, juste devant celui défendu par la direction sortante de l’actuel secrétaire national Pierre Laurent qui ne recueille que 37,99%. La motion alternative défendue par la députée Elsa Faucillon arrache 11,95% des voix et celle d’Emmanuel Dang Tran 7,90%.

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Le texte 3 d’André Chassaigne devient donc la base commune à partir de laquelle les communistes débattront lors de leur Congrès des 23 et 24 novembre. Cette donnée politique n’implique rien de statutaire concernant le secrétaire national. Dans les faits, c’est le Congrès qui élira le futur secrétaire du Parti communiste.

Or qui compose le Congrès communiste ? Chaque section du Parti communiste élit des représentants pour siéger au sein d’un congrès départemental. Ces derniers auront ensuite la tâche de choisir des représentants qui siègeront au congrès national. On ne peut donc déduire mécaniquement les rapports de forces au congrès des rapports de forces nationaux, et encore moins des motions.

Mais ce qui s’est passé samedi est historique. Pour la première fois de son histoire presque centenaire, une direction sortante est mise en minorité. Elle ne rassemble qu’un tiers des voix des militants. Le texte Chassaigne a une signification politique qui va peser sur la tenue du Congrès. Mais il n’a pas la majorité absolue. Bien malin qui pourra prédire avec exactitude les rapports de forces au Congrès. Jusque-là, Pierre Laurent devrait rester secrétaire national.

La logique voudrait qu’il ne soit pas reconduit et qu’il soit remplacé par un défenseur de la motion d’André Chassaigne, le secrétaire fédéral du Nord, le député Fabien Roussel, étant bien placé pour le remplacer. Mais une alliance avec ceux qui ont soutenu le texte de la députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon et de l’historien Frederick Genevée peut, sur le papier, ouvrir une autre voie. Mais cela reste peu probable car le voudront-ils ? Le peuvent-ils ? La suite au prochain épisode.

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