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Accueil | Par Loïc Le Clerc | 6 novembre 2018

Manif du 17 novembre : la gauche peut-elle sortir de l’embarras ?

La colère monte face à la hausse du prix des carburants. Une colère d’ores et déjà récupérée par la droite extrême. Quelle place pour la gauche ?

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Emmanuel Macron « assume parfaitement » la hausse du prix des carburants. "Assumer", c’est le verbe qu’emploie régulièrement le président de la République pour balayer d’un revers de main les critiques à l’égard de sa politique. Comme s’il suffisait d’assumer.

Des taxes plus importantes additionnées à une augmentation du prix du baril, et nombreux sont ceux qui crient au scandale face à ce qui ressemble encore à un "matraquage fiscal".

 

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Ainsi, samedi 17 novembre, des centaines de blocages auront lieu un peu partout en France. Signe distinctif des automobilistes en colère : le gilet jaune. Un mouvement qui n’est pas sans rappeler celui des "bonnets rouges" contre l’écotaxe.

Un mouvement populaire… et bien à droite ?

Le 30 octobre, en meeting à Lille, Jean-Luc Mélenchon avait bien tenté de mettre un pied dans la brèche. Le leader de La France insoumise lançait alors :

« Ils ont raison de se mettre en colère. Des fachos se sont mis dedans, ce n’est pas bon pour la lutte. Parmi nos amis, certains veulent y aller. Je vais leur dire quoi ? De ne pas y aller ? Ils vont me répondre : "Mais on est fâchés, pas fachos !" D’autres ne veulent pas mettre un pied là où il y a des fachos. Les deux positions se valent en dignité. […] Si nos amis sont dedans, on sera fier d’eux. Ceux qui ne veulent pas y aller également. »

Sauf que le mouvement prenait déjà une direction difficile à assumer sur la durée. A l’instar des protestations de 2013 contre les portiques, la gauche peine à trouver sa place. Il faut dire que les "gilets jaunes" ont rapidement trouvé des soutiens auprès de Debout la France ou du Rassemblement national.

La faute à un problème mal posé, d’emblée. Par le gouvernement lui-même, histoire d’attiser la colère un peu plus.

L’excuse écologique

Lundi 5 novembre, sur BFMTV, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire justifiait cette hausse du prix des carburants en ces termes : « On ne suspend pas la transition écologique ».

François de Rugy a même osé pire. Le ministre de la Transition écologique expliquait sereinement le 30 octobre que « les recettes […] des taxes sur les carburants, c’est 34 milliards d’euros. Le budget du ministère de la Transition écologique est de 34 milliards d’euros. » CQFD. Comme si le budget du ministère n’était pas déjà bouclé.

 

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Évidemment, il n’est personne de bonne foi en France pour croire que ce gouvernement est écologiste. Nicolas Hulot n’a rien pu faire. Les lobbyistes sont désormais ministres. Et ils viendraient nous dire aujourd’hui que la politique menée l’est au nom de l’écologie ?

Comme le soulignait Benoît Hamon sur France Inter ce mardi, à l’heure où « il faut mettre en place les alternatives à la voiture », l’exécutif « ferme des lignes de train et des gares ».

Le mensonge n’a qu’un seul effet : amplifier le sentiment des automobilistes d’être des "vaches à lait". D’où les « allures de foire poujadiste », aux dires du NPA, que prend le 17 novembre.

Que faire à gauche ?

Revenir aux fondamentaux. Toutes les colères "populaires" sont-elles bonnes à prendre ? Sans nier le 17 novembre, ne faut-il pas travailler afin que ce mouvement ne soit pas un bis repetita des "bonnets rouges" ?

Comme le dit François Ruffin sur sa chaîne Youtube : « Concilier justice fiscale et impératif écologique n’a rien de facile. Mais l’évidente injustice fiscale imposée par le président Macron, au service quotidien, manifeste, des plus riches, interdit tout progrès écologique. »

L’équilibre est fragile. Et le député LFI résume sûrement en quelques mots le sentiment qui sévit à gauche : « J’ai envie d’en être ». Mais comment ?

Si Manuel Bompard affirme qu’il « souhaite participer à cette initiative », de son côté, sur Facebook, ce sera "non" pour Clémentine Autain :

« Je ne serai pas le 17 dans les blocages parce que je ne me vois pas défiler à l’appel de Minute et avec Marine Le Pen, et que je sais combien notre enjeu est celui d’une réelle transformation, d’un changement de modèle de développement incluant la transition énergétique, l’égalité entre les personnes et les territoires. Je ferai tout mon possible pour que les décisions prises se conjuguent avec justice sociale et recul effectif, massif, des émissions dangereuses. »

Il est clair pour tous que le combat de la gauche doit articuler lutte contre les injustices, fiscale pour cette histoire, et projet écologique. La sortie du diesel était un engagement de Jean-Luc Mélenchon lors de la dernière présidentielle. Mais cette sortie ne saurait s’effectuer sans contrepartie, que ce soit le développement du fret, des transports en commun, bref, penser les déplacements de demain, collectifs et individuels.

Et, quoi qu’il arrive, « il ne faut pas laisser cette colère exploitée par l’extrême droite qui se fiche comme d’une guigne des enjeux climatiques, des inégalités, des abandons de services publics, pour citer Clémentine Autain. Il ne faut pas se tromper de combat. »

 

Loïc Le Clerc

Le 10 novembre, plusieurs syndicats se réunissent à Paris justement pour évoquer l’attitude à tenir face au mouvement des "gilets jaunes", afin de ne pas « [laisser] l’extrême-droite récupérer la colère sociale » et de « [faire] entendre la voix de notre camp ».

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Vos réactions

  • Ça fait plaisir de voir regards.fr arrêter de faire dans le FI bashing. Tous ceux qui se sont désabonné de mediapart cherche un nouvel abonnement, ça pourrait être vous, si vous arrêtiez de faire dans le gauchisme idéaliste qui ne se soucie pas de la prise de pouvoir.

    kheyou Le 6 novembre à 16:18
  •  
  • Et, quoi qu’il arrive, « il ne faut pas laisser cette colère exploitée par l’extrême droite qui se fiche comme d’une guigne des enjeux climatiques, des inégalités, des abandons de services publics, pour citer Clémentine Autain. Il ne faut pas se tromper de combat. »

    Si on ne combat pas on est certain de ne pas se tromper de combat. Alors on fait quoi ?

    choucroute Le 6 novembre à 16:28
  •  
  • Pour ma part, je ne crois pas qu’une récupération politique par la gauche à la manière de ce que tente de faire l’extrême droite soit réellement une bonne chose... Car c’est bien à cela que ça ressemblera !

    Je suis de ceux qui pensent que cette colère est un peu trop diffuse pour que la stratégie du Rassemblement National soit véritablement payante. Cependant, vue l’importance promise de l’évènement, s’il est primordial que la parole politique s’exprime sur celui-ci, il vaut mieux qu’un engagement se fasse non en terme de responsable politique mais en tant que citoyen... De fait, il serait plus fin de laisser l’écharpe tricolore au placard si tel était le cas !

    Quoiqu’il en soit, il est clair qu’il vaut mieux éviter l’erreur consistant à en faire une manifestation d’extrême-droite, anti-écologiste et en faveur des pollueurs ! A ce titre, je salue le fait que l’article rappelle que les gens modestes n’ont AUCUNE autre ALTERNATIVE que de payer la taxe instituée par l’Etat... Car celui-ci n’a pas travaillé pour leur en offrir une !

    C’est pourquoi, tout en comprenant parfaitement la position de C. Autain par exemple (impossible de lui en tenir rigueur), je ne serai pas déçu de voir F. Ruffin s’associer à cette manifestation citoyenne !

    carlos Le 6 novembre à 18:28
  •  
  • une colère populaire doit être prise en compte y compris sous son aspect réactionnaire. Se bouger sur le gaz oïl sans se bouger sur les salaires et l’effondrement des services publics...c’est le niveau zéro de la prise de conscience politique. essayer de récupérer ce mouvement à l’extrême droite est suicidaire. On a assez de pbs avec les prises de positions à géométrie variable sur la sortie de l’UE capitaliste sans se fourvoyer avec le pen. s’il faut faire un mouvement c’est avec les syndicats.

    jeandu13 Le 6 novembre à 18:31
       
    • Et bien je ne sais pas si les syndicats, fort du leitmotiv maintes fois entendu de : "notre lutte n’est pas politique, elle est basée sur du concret", valent vraiment mieux que les mouvement populaires tel que celui qui s’annonce... En effet, je ne crois pas que les hiérarchiser dans la "prise de conscience politique" soit rationnel. Car dans les deux cas, il ne s’agit pas de changer la société, mais de réagir à une agression. Si la forme diffère, le fond en trahi la similitude.

      Soutenir une manifestation syndicale sans qu’elle soit récupérée par une formation politique, on en a déjà l’expérience... Le faire avec un événement citoyen par contre c’est un peu plus compliqué . Et j’espère bien que le RN s’en mordra les doigts !

      carlos Le 7 novembre à 07:03
  •  
  • Si cette taxe servait vraiment à réduire nos consommations énergétiques... que Nini, la seule niche fiscale utile, le crédit d’impôt fenêtre vient d’être supprimé, le bonus qui rend obsolète les vieilles voitures est un cadeau à l’industrie automobile. Cette taxe sert à payer la suppression de l’isf et réductions de cotisations/prestations sociales.

    tartuf Le 6 novembre à 22:07
  •  
  • Si le syndicat maison appelle à la grève, Mme Autin ne la fait pas. C’est peu de dire que la gauche est pluraliste, la mienne n’a rien à voir avec ça.

    ARDUS Le 6 novembre à 22:10
       
    • Il serait peut-être pire que la "gauche" trahisse son idéal de pluralité démocratique....

      carlos Le 7 novembre à 10:03
  •  
  • Très cher clementine, je vous ai écris ma réponse sur mon petit site web, fait en france

    bdpifv2.com

    Voilà ce qu’il dis, mais je ne peux hélas vous mettre les graphiques sur SPIP

    Merci à la modération d’accepter le lien,
    merci
    Cordialement :)

    bdpif Le 7 novembre à 00:07
  •  
  • D’accord avec Ruffin et Bompard, pour le 17 novembre.

    On ne peut pas,à la fois,dire que l’immense majorité de l’électorat du RN est "fâché,mais pas facho",qu’on peut le faire revenir vers la vraie gauche(sur bon nombre de sujets au moins)et refuser l’éventualité de côtoyer cet électorat,lors d’une initiative citoyenne.
    D’ailleurs,est il avéré que la majorité des "gens"mobilisés ce jour là sera issu du RN ? Et avons nous si peu confiance en nous mêmes,en nos arguments,qu’on doive renoncer à l’occasion d’y participer ?
    Posons nous aussi la question de savoir QUI est opposé à cette action:le PS,LR,LREM.... Tous les libéraux ! Hasard ?
    Il y a une grande confusion dans l’esprit de bon nombre d’électeurs,souvent par manque de culture politique.Je ne suis pas certain que Ruffin,comme Autain,n’aient compté aucune voix émanant du RN,lors de leur 2ème tour des législatives(eux deux et d’autres élu(e)s de gauche,FI ou pas)

    La différence,c’est que François l’assume,et pas Clémentine !

    Certes,il est plus commode de définir l’électorat RN du qualificatif définitif et global de "facho",que d’essayer d’aller à sa rencontre,afin de le faire évoluer.Mais ne nous lamentons pas,si on suit la voie du rejet systématique,de le voir se développer !
    Et,de mon point de vue,ne pas participer au 17,est,de fait,délivrer un satisfecit à Macron.C’est d’ailleurs dans ce but de division,qu’il nous a tendu ce piège.
    Ne lui faisons pas le cadeau de tomber dedans....

    Le Baron Hugues Le 7 novembre à 15:20
  •  
  • Réponse à Clémentine Autain sur sa prise de position concernant les manifestations du 17 Novembre 2018 de ne pas y faire participer les partis de gauche.
    Publié le 6 novembre 2018 par BDPIF sur son site web

    Chère Clémentine.

    C’est avec une grande satisfaction que j’ai lu l’article de votre journal concernant votre prise de position au sujet des manifestations du 17 novembre organisées par les syndicats contre les dernières mesures du gouvernement sur la hausse du prix de l’essence. Manifestations qui donneront lieu, hélas, à la triste intrusion de ce parti d’extrême-droite que nous connaissons tous.

    « L’histoire est l’œil de l’Humanité » disait Victor Hugo.

    Prenons les choses dans le contexte actuel et voyons les analogies que nous avons vécu entre la crise des années 30 et le début de ce troisième millénaire.

    Historiquement, la crise des années 30 prend sa source dans le crack boursier de 1929, dont l’une des causes principales est la déflation qui avait gangréné l’économie mondiale durant les années qui précédèrent le « Jeudi Noir ».

    Qu’est-ce que la déflation ?

    « La déflation est un gain de pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une baisse durable du niveau général des prix « 

    Pour notre part, nous avons nous aussi subi une crise économique mondiale en 2008, qui trouve ses origines, elle, dans le dégonflement de bulles de prix (dont la bulle immobilière américaine des années 2000) et les pertes importantes des établissements financiers, provoquées par la crise des subprimes. Elle s’inscrit dans le cadre de la « Grande Récession » amorcée en 2008 et dont les effets se font sentir au-delà de 2010.

    Même si les raisons sont différentes, au final, il est bon tout de même de noter que, depuis 40 ans, les délocalisations de la part nos entreprises à l’étranger ont fortement affecté nos économies et donc nos sociétés.

    Nous en payons aujourd’hui les conséquences.

    Je m’explique.

    Un simple exemple :

    La Chine étant une dictature communiste, les ouvriers sont opprimés et payés une poignée de cacahouètes, le tout pour nous vendre des biens industriels : ordinateurs, parapluies, postes,téléphones, télévisions et autres, à nous, les Occidentaux fortunés (jadis). Regardez dans votre salon d’où provient l’origine de vos produits. Nous ne pouvons concurrencer leur produits, ce qui inclue baisse des emplois pour nous. Fermeture des industries. Et colère du peuple.

    Si l’on observe les chiffres des importations/exportations entre la Chine et l’Union Européenne on y découvre, sans surprise, un colossal déficit par rapport à nos échanges avec nos autres partenaires internationaux commerciaux. Ceci n’est qu’un exemple.

    Commerce extérieur de l’UE avec ses 15 principaux partenaires à l’exportation en 2016 (voir sur bdpifv2.com)

    Sans oublier que le modèle européen présente hélas de nombreux défauts qui affectent également notre économie au niveau de l’emploi et de notre système de protection sociale. Ils doivent être corrigés. Un vaste sujet qui nécessitera un autre article.

    L’analogie entre ses deux périodes tient au fait que les défauts de l’économie mondiale engendrent chômage, baisse du pouvoir d’achat, montée des colères populaires, populisme et in fine, fascisme, et se concluent par des guerres en Europe et dans le monde.

    Nous citerons pour exemples tragiques : Syrie (parallèle entre la guerre d’Espagne de 1936 et la non intervention militaire officielle des pays contre le fascisme), Bosnie, Tchétchénie, Ukraine, etc (parallèle de l’expansionnisme de la Russie, en Europe et ailleurs).

    La crise de 1929 produisit la montée des extrémismes en Europe. Et, malheureusement, le même phénomène est à l’œuvre aujourd’hui.

    Maintenant, le mécontentement est total et notre devoir est de nous souvenir de l’histoire pour éviter que se reproduisent les tragédies qui ensanglantèrent notre continent et le monde.

    Regardons maintenant les événements du 6 février 1934 :

    La date du 6 février 1934 fait référence à une manifestation antiparlementaire organisée à Paris devant la Chambre des députés par des groupes de droite, des associations d’anciens combattants et des ligues d’extrême-droite pour protester contre le limogeage du préfet de police Jean Chiappe à la suite de l’affaire Stavisky. La manifestation tourna à l’émeute sur la place de la Concorde, faisant au minimum 15 morts (dont 14 parmi les manifestants), 31 voire 37 morts si l’on compte les décès ultérieurs et plus de 2 000 blessés, ce qui en fait la fusillade des forces de l’ordre la plus sanglante depuis celle de Fourmies en 1891. De nouvelles manifestations violentes – avec de nouvelles victimes du côté des manifestants – se produisirent les 7, 9 et 12 février.

    En 2018, nous risquons d’être le 17 novembre dans une manifestation analogue à celle de 1934 avec la présence de l’extrême droite en force, accompagnée d’un peuple en colère avec pour motif et prétexte la Hausse du prix de l’essence.

    Ne reproduisons pas l’histoire. Nous en connaissons déjà la fin avec les drames de la seconde guerre mondiale.

    Actuellement, nous avons une extrême-droite en force dans notre pays, et demain, peut-être, se présentera une nouvelle occasion pour elle d’aller racoler dans le mécontentement populaire pour encore plus se renforcer.

    Je tiens aussi à vous signaler que Jean-Luc Mélenchon a largement renforcé cette extrême-droite en reprenant exactement les mêmes propos que celle-ci. Je vous rappellerai les slogans communs « Tous pourris ces politiciens, opérations balais, etc » ainsi que de sa division de la gauche sa candidature en solitaire. Nous avons donc eu de manière logique un second tour Lepen / Macron qui aurait tout aussi bien pu être un second tour Lepen / Fillon.

    Il est donc nécessaire que les partis de gauche ne participent pas à ces manifestations et de laisser au peuple le droit de s’exprimer selon ses besoins, sans être récupéré politiquement. Car nous assisterons alors à une catastrophe sur les pavés.

    Et l’extrême-droite en récupérera évidement les avantages.

    Je vous laisse deviner la suite pour 2022.

    Bravo donc pour l’intelligence de votre position appelant à ne pas y participer en tant que parti. Il faut laisser au peuple la liberté de manifester librement, sans être récupéré politiquement.

    Cordialement

    Sir Moustik le Chat ( Assisté pour l’écriture par son Majordome Paul Rande )

    bdpif Le 7 novembre à 17:57
  •  
  • @bdpif : franchement,chercher un parallèle possible(probable même,d’après vous !)entre la manif sanglante du 6 février 1934,et celle,à venir,du 17 novembre 2018,il fallait oser !
    Si l’initiative du 17 échoue,Macron pourra remercier chaleureusement les gens qui,comme vous,utilisent l’arme de dissuasion que constitue la peur !

    Meme si je suis favorable à la participation de la vraie gauche au 17,je comprends très bien que des gens répugnent à s’y rendre.Et je n’utiliserai pas n’importe quel argument pour les y faire venir.
    J’espère seulement que ce n’est pas une peur irrationnelle de "dérapages"qui les en dissuadera.
    Par ailleurs,il sera difficile de refuser notre participation,simplement en agitant l’épouvantail de l’extrême-droite,sans rien proposer d’autre,concrètement.

    Sur ce coup là,on risque l’incompréhension,la marginalisation,par rapport à une vraie colère en cours.
    D’accord,le thème des carburants n’est pas le plus politique,mais il peut en révéler d’autres,le mécontentement ayant de multiples et légitimes motifs.Les carburants ne sont qu’un catalyseur de l’ensemble.Si la vraie gauche est absente,qui pourra expliquer que tout est lié ?
    Enfin,par une passivité de mauvais aloi, nous apparaîtrons comme complices de Macron.
    Ce serait la pire des choses,qui nous collerait à la peau pour longtemps....

    Le Baron Hugues Le 8 novembre à 00:16
       
    • @lebaron - Même si je suis dans la droite de ligne de votre raisonnement, et qu’à mon humble avis, cette manifestation de mécontentement n’a rien d’antagoniste avec les idées de la France Insoumise puisqu’elle prend racine dans l’absence d’alternative proposée par l’Etat aux citoyens, je ne peux pas condamner le refus de ceux qui considèrent, pour des raisons qui leur appartiennent, que malgré un soutien et une solidarité affichés clairement, on ne puisse pas partager de combat avec le Front National (tout Rassemblement National qu’il soit)...

      De plus, vous n’en doutez pas je suppose, la présence "officielle" de représentants et de la FI et du RN, fera que les médias interprèteront cet évènement comme la convergence des populismes d’extrême droite et d’"extrême gauche" (à coup sûr, les guillemets ne sont pas de trop ici). Même si cela relève d’un raccourci insupportable, outrageant et faux, il est évident que pour ceux dont la stratégie de sape de la France Insoumise est une priorité (et nous en voyons de plus en plus), il s’agira d’un argument de plus à exploiter. Je vous renvoie pour l’exemple à la montée en épingle des applaudissements des députés RN lors de l’intervention de la FI à la tribune de l’Assemblée à propos de l’épisode des perquisitions, alors que beaucoup d’autres pourtant avaient affiché leur soutien...

      De fait, nous nous trouvons dans un cas de figure, qui même si celui-ci s’annonce comme dépassant le simple cadre politique, s’apparente à celui de la question posée à la présidentielle de faire un choix entre Macron et Lepen... A cette époque là, j’avais particulièrement apprécié la prise de position consistant à laisser chacun "rester fidèle à lui-même" dans une réflexion qui n’interroge au demeurant nullement sa détermination à défendre l’"Avenir en Commun". Car c’est bien le programme qui fait le ciment du mouvement, le lien entre tous les sympathisants, et absolument pas une pensée unique indubitablement contraire au souffle démocratique qui a participé à sa création !

      De fait, la non participation de certains à cette manifestation du 17 novembre ne devrait pas nous inciter à remettre en cause leur engagement à se battre (surtout lorsqu’il est objectivement quantifiable) pour changer le funeste sort qu’on nous promet, mais à admettre que pour une adhésion à un même projet de société, il y a bien plusieurs façons d’aborder le combat politique !

      L’idéal démocratique que nous défendons se trouve ici particulièrement illustré par les positions respectives de M. Bompard d’un côté et C. Autain de l’autre, mais aussi par celles de tous les autres dans un dégradé de nuances que les autres formations politiques répugnent à laisser s’exprimer dans leur rang. Nous voulons faire de la politique autrement ? Et bien nous y sommes !

      carlos Le 8 novembre à 10:10
  •  
  • Clémentine Autain s’est encore fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Décidément, elle n’en rate pas une !

    hopfrog Le 8 novembre à 10:15
  •  
  • La prise de position personnelle sur la manifestation du 17 novembre ne peut pas servir à remettre en cause la détermination de tous à lutter pour la mise en place d’un projet de société humain et écologiste quant auquel M. Bompard comme C. Autain adhèrent tous deux je le rappelle !!!!

    La stratégie de la FI ici est de laisser à chacun la liberté d’évaluer en quoi la participation à cet évènement s’avère utile dans son combat (je souligne que le soutien aux manifestants est unanime). A l’heure ou les medias veulent présenter la France Insoumise comme un organe sectaire à la pensée unique, il serait bon de leur démontrer que si sur l’essentiel, il y a bien une unité évidente, ce qui fait la force de ce mouvement politique, c’est que la diversité et la pluralité font bien partie de son ADN ! Et ça, on peut considérer que ça fait une grosse différence avec le RN mais aussi avec toutes les autres formations politiques !

    carlos Le 8 novembre à 10:46
       
    • Alors, pour être clair, ne soyons pas tenter de reprocher à nos compagnons d’exprimer leurs différences ! Elle n’est ici que cosmétique et ne remet pas en cause notre unité dans un combat partagé : porter "l’avenir en commun" !

      carlos Le 8 novembre à 10:53
  •  
  • Il suffirait donc que le parti d’extrême droite soutienne une lutte pour qu’elle devienne illégitime. Nous pratiquerions l’autocensure. Il ne nous reste plus qu’à espérer que le parti en question ne soutienne pas toutes les luttes car nous risquerions la désertion en rase campagne.

    choucroute Le 8 novembre à 16:02
       
    • Non justement ! Cette lutte est reconnue unanimement comme légitime... Et l’autocensure serait que certains préfèrent trahir ce qu’ils sont pour obéir à une injonction qui ne serait pas de leur fait ! Or, ni Ruffin, ni Autain ne cèdent à cette pratique ! Ils restent fidèles à eux-mêmes et unis pour défendre un projet de société humain et écologiste !

      carlos Le 9 novembre à 19:32
  •  
  • Cet appel a quelque chose d’obscène. à Marseille que ce soit pour soutenir l’aquarius ou pour honorer les victimes de la rue d’aubagne, quelques centaines
    de personnes. En clair l’indifférence aux autres. Et vous voulez récupérer une action avec le FN sur le gasoil ! Ruffin est bien sympa, JLM aux abois, et la FI mal partie.

    jeandu13 Le 11 novembre à 09:37
  •  
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