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Accueil | Par Loïc Le Clerc | 10 octobre 2018

Manif du 9 octobre : à refaire, rapidement et plus gros encore

300.000 personnes dans toute la France, 50.000 à Paris, selon la CGT. C’est mieux que la dernière fois, en juin. Et ce n’est pas le "tournant social" d’Emmanuel Macron qui va éteindre l’incendie.

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Mardi 9 octobre, après une assez longue pause estivale, les mobilisations contre la politique d’Emmanuel Macron ont donc repris. Des profs, des retraités, des étudiants, des cheminots, des salariés du privé et du public, etc. Il faut dire que le macronisme ne fait pas beaucoup d’exceptions dans sa politique "sociale", pour reprendre leur expression.

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La CGT, FO, Solidaires, mais aussi l’Unef, la Fidl et l’UNL ont répondu présent. La CFDT et consorts, eux, font encore languir le plaisir.

« Un moment important », nous raconte Lilâ Le Bas, présidente de l’Unef, bien qu’on « reste sur un début d’années, avec beaucoup de sujets sur la table, la rentrée universitaire, etc. ».

Et si Le Figaro parle de « flop », dans la rue, c’est une toute autre ambiance. « Hier, c’était pas mal quand même, lance Isabelle Godard, secrétaire nationale CGT. Ce n’est pas une manifestation des grands jours, mais on est à plus de 300.000 manifestants et il y a eu environ 200 rassemblements un peu partout en France. Ça redynamise le mouvement. C’est une belle rentrée. »

Côté Solidaires, le porte-parole Eric Beynel se dit même « agréablement surpris » de la mobilisation, du « plaisir d’être de nouveau dans la rue ».

C’est vrai que pour une "rentrée sociale", le pari est plutôt réussi.

La bonne dynamique

L’affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot, de Gérard Collomb, le remaniement qui n’en finit pas d’être "imminent". La séquence catastrophique en termes de communication d’Emmanuel Macron y est-elle pour quelque chose ? Au plus bas dans les sondages d’opinion, la politique antisociale du président de la République n’a plus aucun fard derrière lequel se cacher.

Alors forcément, "le débordement manifeste". Eric Beynel analyse ainsi la situation :

« Ce qui rassemble, c’est le sentiment d’injustice. Là où les salariés sont licenciés comme des malpropres, là où les conditions de travail sont déplorables – je pense au domaine de la santé. L’injustice fiscale aussi, les salariés du ministère des Finances voient les cadeaux faits aux plus riches et toujours moins pour les autres. Et puis injustice globale sur la question centrale de la répartition des richesses. Depuis la crise de 2008, les riches se sont enrichis quand les salariés, les retraités, les précaires, voient leurs moyens diminuer, l’accès au service public (soin, éducation) diminuer. Cette situation d’injustice crée une colère. C’est en ça que tous ces secteurs se reconnaissent et se retrouvent dans la rue. »

Et si ces sentiments d’injustice et de colère ne font, aujourd’hui, descendre "que" 300.000 personnes dans les rues, « les conditions pour le mouvement se renforce sont en place », assure le porte-parole de Solidaires.

Évidemment, on peut toujours mobiliser plus. Mais il n’y a pas de "formule magique". Isabelle Godard n’est pas dupe, « la grogne sociale, elle existe, mais aller manifester, perdre parfois une journée de salaire, c’est toujours compliqué ». « On a besoin de remettre du collectif dans tout ça », constate-t-elle.

On lâche rien

Prochainement, le gouvernement va mettre sur la table sa réforme des retraites. Des réformes concernant l’assurance-chômage et la loi de financement de la Sécu sont également dans les petits papiers. Autant dire que la lutte qui s’annonce acharnée, difficile.

Isabelle Godard assure que la CGT sera prête : « Sur la réforme des retraites – dont l’échéance vient d’être reculée à juin 2019, après les élections européennes – le cadre est très flou. Le gouvernement veut rassurer tout le monde, mais on sait sur quoi ils veulent aller. On sait qu’ils ne vont pas donner de nouveaux droits et remettre la retraite à 55 ans. »

Pour sa part, la présidente de l’Unef insiste sur « la grosse bataille à venir : sur l’ordonnance que veut prendre la ministre de l’Enseignement supérieur pour faciliter les regroupements des universités ». Lilâ Le Bas y voit une volonté du gouvernement de « déréguler complètement le système universitaire en terme de démocratie étudiante, de représentativité, de droits ». Très original comme projet.

Et Eric Beynel d’ironiser :

« Pourquoi attendre ? On n’est pas déjà en 2019. On espère rapidement se voir avec les autres organisations qui ont appelé à la manifestation du 9 octobre – et on espère que d’autres vont revoir leurs modalités d’engagement. On invite les organisations qui pensent qu’il faut négocier pour construire la mobilisation, le rapport de force, avant de négocier. »

Qu’Emmanuel Macron soit prévenu, le « flop » du 9 octobre reviendra vite sous ses fenêtres.

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Vos réactions

  • 90% de blancs dans ces manifs.
    est-ce normal ?
    pourquoi ?
    de quoi cela est-il le signe ?
    pourquoi personne n’en parle ?

    monKheymrad Le 16 octobre à 10:59
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