Accueil | Par Nathanaël Uhl | 3 novembre 2015

Manuel Valls assassine le PS avec préméditation

En appelant à un "front républicain" face au Front national, le premier ministre entérine les défaites à venir du Parti socialiste pour préparer, sur ses ruines, son avènement en leader d’une "gauche" sans idéologie.

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Il faut reconnaître à Manuel Valls de la constance et le fait qu’il avance à visage découvert. Sa sortie, la semaine passée, sur la nécessité d’un "front républicain" face au Front national a, une nouvelle fois, créé l’émotion à gauche. En appelant à faire barrage aux listes parrainées par Marine Le Pen, le premier ministre a ouvertement découragé l’électorat socialiste qui se voit invité, en creux, à voter à droite sinon au premier tour tout au moins au second.

Dans le viseur de Valls, deux régions : Nord-Pas de Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où le FN est donné en avance par les sondages. Cette sortie de l’ex-candidat à la primaire des socialistes vient de loin. Elle est à mettre en lien direct avec sa déclaration au conseil national du PS les 14 et 15 juin 2014. A cette occasion, il avait déclaré : « La gauche peut mourir ».

Dans nos colonnes, le député européen Guillaume Balas, un des leaders de l’aile gauche du PS, avait résumé : « Pour sauver la gauche, Manuel Valls propose sa disparition ». L’europarlementaire, considéré comme proche de Benoît Hamon, ne pensait probablement pas avoir touché aussi juste. Plus d’un an après, le locataire de Matignon invalide, ni plus ni moins, la participation de son propre parti au scrutin dans deux régions hautement symboliques. Le chef de file socialiste dans le Nord-Pas de Calais-Picardie, Pierre de Saintignon, a taclé Valls à propos de déclarations « pas utiles (…) lorsque nous sommes engagés dans une campagne. Il s’agit de convaincre nos concitoyens de ce que nous leur proposons ».

Objectif 2022

Se battre pour des propositions, c’est bien ce que fait Manuel Valls. Et son idée est assez claire. Actant que François Hollande a déjà perdu les présidentielles de 2017, ce qui constituerait la quatrième défaite électorale consécutive pour le PS, l’actuel premier ministre entend se poser en futur sauveur d’une gauche déboussolée et prête à s’offrir à celui qui lui permettrait de renouer avec la victoire… en 2022.

il prépare donc déjà l’avenir – le sien en tout cas. Il multiplie les petites phrases qui, mises bout à bout, dessinent un programme qui emprunte à la fois au discours de l’ordre, la "République musclée", et à l’approfondissement de la dérégulation en matière économique et sociale, au profit d’une "République contractuelle". Pour ce faire, il s’inspire de la triangulation chère à Tony Blair. Que le Labour Party soit en passe d’en finir avec le blairisme devrait l’interroger. Ce n’est visiblement pas le cas.

Tout entier tourné vers l’ancrage des fameuses "classes moyennes" dans le giron d’une gauche largement désidéologisée, Manuel Valls renonce à réintégrer dans la construction politique ces millions de citoyens qui ont choisi durablement le camp de l’abstention. L’essentiel de son discours, et de sa pratique, vise au maintien du statu quo actuel, nourri de désespérance sociale et de résignation politique. Et face à Nicolas Sarkozy créant "Les Républicains", Manuel Valls se voit bien en futur chef d’un parti nommé "Les Démocrates". Pour cela, faut-il encore éliminer le Parti socialiste. C’est ce qu’il tente de faire en ressuscitant un « front républicain » près d’un mois et demi avant l’échéance.

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Vos réactions

  • Moi je dis merci Valls ! Plus vite il aura fait disparaitre ce parti bourgeois, plus vite il y aura de la place pour une vraie gauche. Faut pas oublier que si Valls est là, c’est pas par hasard. Donc par la même occasion je remercie le bouffon Hollande de nous avoir sorti ce type du néant. Ces deux là, avec le banquier Macron font vraiment du bon boulot de démolition. Je tiens enfin à remercier tous les élus de ce parti qui appuient et mettent en œuvre cette politique libérale. Merci à tous ,continuez comme ça ,le plus dur est fait.

    alain Le 3 novembre 2015 à 19:07
       
    • on pourrait ajouter à cette belle brochette M. L. Fabius, le nullissime ministre des affaires étrangères, celui qui déclare qu’al-Quaida fait du bon boulot en Syrie, qui refuse d’honorer des contrats signés avec les russes (Mistrals) et est toujours à la remorque des USA....

      jean Le 8 novembre 2015 à 17:37
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  • Chère Clémentine, Valls n’est qu’un fils de Hollande. Et je serais tenté d’ajouter, un neveu de Gérard Collomb et un petit fils de Mitterrand. Personnellement je ne le crois pas pourvu d’une quelconque intelligence politique. Ne ne nous trompons pas. Macron, Valls ont bon dos. Le VRAI fossoyeur du PS c’est Hollande. En digne héritier de Mitterrand. Ce n’est pas vieux 30 années. Ce fut - à peu de mois près - la rupture avec l’engagement à gauche.
    Exit les Ralite, Le Pors et autre Fiterman. Mitterrand se couchait devant - déjà - le Deutsche Mark tout puissant !
    Notre camarade Mélenchon (le hareng de Bismarck) ne fait que dresser un constat. Mitterrand a pris la main sur la SFIO pour mieux ensuite poignarder dans le dos ses complices du coup d’état d’Epinay. Les socialistes, aussi loin que nous pouvons remonter le temps, ont toujours trahi. Trahi la révolution française, la Russe, l’espagnole. Les migrants arrivent en Europe. A grands cris, Hollande fustige les français inquiets. Mais ce même Hollande se souvient-il du sort réservé par la France aux républicains espagnols qui fuyaient Franco ?
    Non ! La social-démocratie a une vocation naturelle à la traîtrise. Comme disait une chroniqueuse des années 50 à Radio Luxembourg, "attendez vous à apprendre". Hollande nous prépare une réforme du droit du travail. On tape sur ce (notre) code du travail que défend avec acharnement le cher Gérard Filoche (et d’autres). La base de départ sera le livre d’un être malfaisant que j’ai entendu hier sur Fce Info : Gilbert Cette.
    Proche du Think Tank Terra Nova, il a pondu un rapport qui vient d’être publié chez Odilm Jacob. Ce sera - j’en mets ma main au feu - la base de travail pour cette réforme tant voulue par Gattaz. Le PS est agonisant. Réjouissons nous chère Clémentine d’aller bientôt à l’enterrement. Ce sera pour les jeunes générations, toi et les autres, de refaire un vaste et grand mouvement populaire. Et comme toutes les morts, bientôt, Mitterrand et Hollande, ne seront d’un vague souvenir dans les livres d’histoire. Et encore....
    Venceremos (enfin surtout vous, car moi je suis vieux. Si vieux que j’ai connu Epinay..)

    Michaud Le 3 novembre 2015 à 21:39
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  • logaro Le 4 novembre 2015 à 05:25
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  • En 10 mois,800000 migrants sont rentrés clandestinement en Europe.
    Combien en 12 mois,en 10 ans ?
    Contrairement à ce que certains pensent Valls est accord avec l’opinion publique,en supprimant la promesse du droit de vote aux étrangers.
    En politique il faut tenir compte de l’opinion des citoyens.

    Abdel Le 4 novembre 2015 à 08:35
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