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Accueil | Éditorial par Pierre Jacquemain | 17 janvier 2021

Montebourg 2022 : le candidat de tous les souverainistes ?

Seize mois avant les prochaines présidentielles, les candidats potentiels commencent à dévoiler leur jeu. C’est le cas de l’ancien ministre socialiste du Redressement productif Arnaud Montebourg.

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Il n’est pas encore officiellement candidat à l’élection présidentielle mais ses soutiens s’activent. Arnaud Montebourg se prépare. Arrivé troisième sur le podium de la primaire socialiste de 2011 avec 17,8% des voix, il croit plus que jamais dans ses chances de victoire. Parmi ses premiers soutiens, la sénatrice Laurence Rossignol : « J’observe que depuis une quinzaine d’année, c’est un homme politique qui a de la cohérence. Il a structuré sa pensée autour d’un diagnostic qui est celui de la mondialisation et de la crise démocratique », a-t-elle déclaré sur France 2, le 13 janvier dernier.

Déjà en 2001, il fondait avec Bastien François, la C6R, la Convention pour une sixième République, pour changer en profondeur nos institutions. Il faut également reconnaitre que l’ancien ministre de l’Économie – d’abord dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault puis de Manuel Valls, dont il faut rappeler qu’il a permis par un pacte plus ou moins secret, avec Benoît Hamon, l’accession à Matignon – est depuis longtemps engagé dans un combat politique : la démondialisation. On se souvient encore de cette Une du Parisien où il partageait l’affiche avec Yves Jégo pour vanter le « made in France ». Depuis, il a quitté la vie politique pour se lancer dans la production de miel et d’amandes sous la marque Bleu Blanc Ruche. Ainsi pour Montebourg, il faut relocaliser la production. « La mondialisation est terminée », a-t-il même assuré.

 

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Protectionnisme solidaire ou protectionnisme économique, indépendance : il y a plusieurs tendances de mots pour en appeler au retour de la souveraineté. Montebourg partage sur ce point beaucoup des idées de Jean-Luc Mélenchon qui ne désespère pas de le compter parmi ses futurs soutiens. Déjà en 2016, Éric Coquerel déclarait : « On peut dire qu’il y a une mélenchonnisation du discours de Montebourg. Il serait le bienvenu pour travailler avec nous ». Même intention du côté de l’écologiste Yannick Jadot qui espère convaincre Montebourg de travailler ensemble : « Relocalisation et souveraineté industrielle, ça me va, on a un espace en commun », a-t-il déclaré hier. Ce que dénonce Jadot chez Mélenchon trouve grâce à ses yeux chez Montebourg. Étonnant. À gauche donc, on bataille pour ramener Montebourg à soi. Pourtant, pour une partie de la gauche, cette centralité de la thématique de la souveraineté inquiète et dérange. Parce que pour cette gauche-là, de souveraineté à souverainisme, il n’y a qu’un pas.

À l’instar de François Ruffin, Montebourg plaide pour le retour aux frontières nationales : « Je crois qu’un État ne peut pas faire l’économie de contrôler ses propres frontières, à la fois sur les entrées de biens et services ou pour toute personne qui cogne à sa porte. Pour moi, c’est la base de la reconstitution de notre indépendance : des frontières nationales », a-t-il lancé sur Europe 1 en novembre dernier. Montebourg surprend aussi lorsqu’il voit dans la politique de Donald Trump, quelques vertus : « Certains éléments de sa politique devaient être considérés comme ceux que l’Europe aurait dû mettre en œuvre ». Depuis quelques mois, bien que rivaux, Montebourg échange très volontiers avec le président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, au point que certains de ses proches évoquent l’idée d’un tandem pour l’élection présidentielle. L’hypothèse a de quoi surprendre. Enfin, on oublie difficilement qu’en 2016, lors de sa candidature à la primaire socialiste, le camp souverainiste des Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan et autres François Asselineau, revendiquaient la paternité des idées de Montebourg. Pas étonnant alors que la journaliste Caroline Roux ait ainsi interrogé Laurence Rossignol sur France 2 : « Montebourg veut dépasser le clivage traditionnel droite/gauche. L’union de la gauche vous y croyez moins et vous préférez l’union des souverainistes ? » Malaise de la sénatrice socialiste qui improvise une réponse et reste ambiguë.

S’il assume désormais de vouloir dépasser les clivages politiques traditionnels, une question se pose désormais : Arnaud Montebourg est-il encore de gauche ?

Une ambiguïté qu’entendent bien exploiter certains des soutiens de Montebourg. Sur le média en ligne Le Vent se Lève, l’ex-insoumis Georges Kuzmanovic – qui dissimule à peine son rêve de réunir les souverainistes de tous bords – l’assure : « Arnaud Montebourg est le seul à pouvoir arriver au second tour ». Si l’on a coutume de dire que nous avons les amis que nous méritons, pas sûr que le monde de Kuzmanovic soit du goût du probable futur candidat à l’Élysée. En effet, le 31 janvier dernier, pour fêter la victoire du Brexit, il s’était affiché aux côtés de François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot, Jean-Frédéric Poisson ou encore Jacques Cheminade. Du beau monde. Un monde connu pour ses penchants nationalistes, adeptes des théories complotistes pour certains. De Manuel Valls à Xavier Bertrand en passant par Georges Kuzmanovic ou Yves Jegot, on peine parfois à percevoir la cohérence d’Arnaud Montebourg, tant vantée par Laurence Rossignol dans l’interview de France 2. Et s’il assume désormais de vouloir dépasser les clivages politiques traditionnels, une question se pose désormais : Arnaud Montebourg est-il encore de gauche ?

 

Pierre Jacquemain

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  • Montebourg est un idealiste humaniste de gauche qui prône le "Made in France" pour des raisons evidente. La mort de nos entreprises par la délocalisation vers des pays a faible couts de production. La chine, l’Inde et tout les autres.

    La petite paire de chaussure fabriqués par des esclaves chinois, les petits briques faites par des enfants indiens. Et tout les reste. Regardez autour de vous, vos vetements, vos ustensiles, tout, regardez tout ce qui est fabriqués à faible cout de production par des gens exploités.

    Il a démissionné du gouvernement Hollande, parce qu’il n’arrivait pas à défendre son Made in France.

    Par la suite, il aurait pu continuer la politique et se mettre dans un fauteuil de député ou autre, largement bien payé. Il a préféré aller au bout de ses valeurs, IL a relancé la miel Francais pour contrer le miel Chinois, a fait des écoles d’apiculteurs, et maintenant les amandes. C ’est un homme de Gauche qui va au bout de ses valeurs, jusqu’au bout. On lui reproche juste des noisettes italiennes au lieu de Francaises dans un de ses miels.

    J’espère qu’il se présentera, car pour l’instant c ’est le seul homme de gauche que je trouve apte à gouverner.

    bdpif Le 18 janvier à 16:16
  •  
  • je n’aime pas trop Montebourg mais dire ceci :
    " Arnaud Montebourg est-il encore de gauche ?" quand vous parlez de goche pour le PS !? Faut oser dans la mauvaise foi ! Vous recommencez comme avec Mélechon dés qu’on parle souveraineté populaire pour Regards : on est fasciste.
    Réflexe pavlovien !
    Par contre Hollande-Macron qui bradent le pays, les acquis, le tissus industriel en suivant le diktat européen, Regards, Brouezc et Hue trouvent cela de goche.
    Et bien oui je suis pour que le peuple français soit souverain et que son choix de 2005 soit respecté. C’est quoi cela pour Regards ?
    Du nazisme ou du fascisme ?
    LE PS qui est aujourd’hui contre la souveraineté populaire, contre les acquits sociaux qui vote contre les libertés publiques avec MAcron les lois inspirées par LMP, lui il est de goche !!!
    J’aimerai bien un jour qu’on m’explique c’est quoi la gauche ?
    Je sent qu’on va rigoler.

    Cyrano78 Le 21 janvier à 23:26
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