Accueil | Par La rédaction | 13 mars 2020

Municipales : ces villes où la gauche joue gros

À deux jours du premier tour des élections municipales, faisons le tour d’une quinzaine de communes où la gauche à tout à gagner... ou tout à perdre ?

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  • Bordeaux

Le changement, c’est maintenant ? Depuis 1947, Bordeaux n’a connu que deux maires et jamais Bordelais n’a eu à voter lors d’un deuxième tour. Cette fois, les cartes sont rebattues. La droite et le Modem soutiennent Nicolas Florian, successeur au débotté du maire Alain Juppé. LREM a fait de la résistance et envoie Cazenave au casse-pipe. A contrario, la gauche s’est rassemblée derrière l’écolo Pierre Hurmic. Toute la gauche ? Non, Philippe Poutou, soutenu par La France insoumise, entend incarner l’esprit radical qui a soufflé ces derniers mois sur la vieille cité bourgeoise. C’est donc bien une quadrangulaire qui se dessine pour le second tour. À en croire les derniers sondages, l’ordre d’arrivée pourrait être : Florian (40%), Hurmic (30%), Poutou (12%) et Cazenave (11%). Bordeaux à gauche ? Poutou devant LREM... on rêve !

 

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  • Grenoble

Il était la belle surprise de 2014 : le maire actuel écolo Eric Piolle est candidat à sa réélection. Et comme la dernière fois, il peut compter sur le soutien de quasi toute la gauche, sauf le PS qui envoie Olivier Noblecourt. Pas d’inquiétude pour Piolle.

  • Le Havre

La gauche a perdu Le Havre en 1995. L’occasion est belle de faire trembler Édouard Philippe. Pour cela, il faudra bien que Jean-Paul Lecoq (PCF, LFI, Ensemble !, Génération.s) – à 25% dans les sondages – et Alexis Deck (EELV) – à 16% – s’entendent au second tour. Le Premier ministre est lui crédité de 42% des voix. Un second tour sera déjà un coup de semonce pour celui qui se voyait réélu dans un fauteuil.

  • Lille

Martine Aubry est-elle indéboulonnable ? Elle avait annonçait qu’elle ne repartirait pas et la voilà une fois encore en course. Qui pour la contester ? Les écologistes ont le vent en poupe mais les insoumis ont de bonnes raisons d’y croire. En 2017, Mélenchon raflait 30% des suffrages dans la capitale des Flandres et LFI obtenait deux députés. Les insoumis ont pu nourrir des ambitions et Adrien Quatennens a longtemps hésité sur sa candidature. Où en sont les insoumis dans un de leur fief ? Réponse dans les urnes, dimanche soir.

  • Limoges

Dans une capitale historique du socialisme français, on espère empêcher la réélection du maire sortant LR Emile Roger-Lombertie. Au premier tour, la gauche met sur le tapis quatre listes : Thierry Miguel pour le PS-PCF, Bernard Drobenko d’EELV-Génération.s, Danielle Soury de LFI et Elisabeth Faucon de LO. L’une d’elles devrait parvenir à atteindre le second tour, de même que la droite et LREM. Alors, avec une fusion et un bon report de voix (et si la droite reste divisée), c’est bien la gauche qui gagnerait. Ça touche le poteau et ça passe ?

 

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  • Lyon

À Lyon, Gérard Collomb, 72 ans, a assuré la transition. Il encourage son dauphin pour la mairie, le marcheur Yann Cucherat, et se réserve la présidence de l’agglomération. À gauche, les espoirs reposent sur l’écolo Grégory Doucet, crédité de 26% des voix dans les sondages. Les Républicains pourraient finir à 16% : LREM a définitivement pris les habits et les chaussons de la droite dans la capitale des Gaules.

  • Marseille

La cité phocéenne avait porté haut Jean-Luc Mélenchon en 2017 (24,82% à la présidentielle ; député en juin). Un temps qui semble trèèès loin. La succession de Gaudin paraît devoir se jouer entre LR et le RN. À gauche, l’écologiste Michèle Rubirola a rassemblé, non sans mal et après moultes tiraillements, La France insoumise, le PS et le PCF. Mais il y a aussi une candidature EELV avec Sébastien Barles et celle de la sénatrice socialiste Samia Ghali. Les associations citoyennes sont passées au second rang. En deux mots : c’est mort.

  • Montpellier

14 listes, dont 8 de gauche : POID, LO, LFI, PS-PCF-PRG, insoumis-Génération.s-radicaux de gauche, EELV-Parti animaliste, écolo, majorité municipale. Selon les derniers sondages, pas un candidat au-dessus des 20% d’intentions de vote. Montpellier est l’exemple à ne pas suivre. Philippe Saurel, l’ancien socialiste devenu macroniste, maire sortant, devrait être reconduit. Que dire de plus ?

  • Nantes

Nantes va rester socialiste, Johanna Rolland va rester maire. Le PS pourra au moins fêter ça. Bon, les écolos espèrent capitaliser leur 24,35% des européennes avec la candidature de Julie Laernoes. Loin derrière dans les sondages, la candidate soutenue par LFI Margot Medkour. Une réjouissance pour ce scrutin : six listes sur neuf sont portées par des femmes.

  • Paris

Sauf grosse surprise, Anne Hidalgo (PS) devrait être réélue au deuxième tour avec le soutien des écologistes et sans doute – pour partie – des électeurs de Danielle Simonnet et de Cédric Villani. Seule incertitude : la capacité et la volonté de rassemblement entre les listes de Rachida Dati (LR) et d’Agnes Buzyn (LREM) – voire Cédric Villani dans un front anti-Hidalgo –, ce qui semble se profiler dans certains arrondissements-clefs, pourvoyeurs de nombreux conseillers de Paris. À noter tout de même, si l’on en croit les sondages, le score des écologistes pourrait être très en deçà de ce qu’il avait été aux dernières élections européennes. Tout va se jouer au troisième tour.

  • Perpignan

Louis Aliot du RN va-t-il l’emporter ? Ici c’est l’éparpillement de la droite qui joue en faveur de l’extrême droite. Même si le maire sortant LR est à 19% des intentions de vote, le RN est à 35% ! Et la gauche ? La liste EELV-PS conduite par Agnès Langevine arriverait en 3ème position, quasi-ex aequo avec LREM à 15%. Caroline Forgues, pour LFI, le PCF et le NPA, n’est qu’à 8%. Hors-jeu.

  • Sète

Ici, le maire sortant LR bénéficie du soutien de LREM. Le danger vient de l’extrême droite, où Sébastien Pacull se voit déjà comme Ménard à Béziers. Précisons que celui-ci est l’ancien président des LR dans l’Hérault. Dans cet ancien port communiste, une liste de rassemblement pas mal citoyenne et de gauche, conduite par Véronique Calueba, pourrait tirer son épingle du jeu au bénéfice d’une triangulaire qui s’annonce équilibrée donc serrée.

  • Strasbourg

Dans la capitale alsacienne, il pourrait y avoir des militants stupéfaits. La liste LREM-UDI-MoDem-Agir d’Alain Fontanel est crédité de 27% des intentions de vote (et elle est soutenue par l’ex-maire et ex-socialiste Roland Ries). Le rassemblement EELV-PCF de Jeanne Barseghian est à 25%. L’ancienne maire Catherine Trautmann mène les socialistes. Alors, au deuxième tour, qui soutiendra-t-elle ? Car ce sont bien les socialistes qui scelleront le sort de leurs anciens camarades devenus marcheurs. Et ce sont eux qui pourraient envoyer des communistes à la mairie. Qui l’eut cru ? Kevin Loquais et LFI feront-ils assez de voix pour fusionner ?

FOCUS. Banlieue rouge

  • Bagnolet

Dans cette ville très rouge, la gauche se croit tout permis. Face à la seule liste de droite (LREM) pas moins de sept listes se présentent aux électeurs. Outre l’actuel maire socialiste Tony Di Martino, élu par surprise en 2014, on trouve l’ancien maire communiste Marc Everbecq, le candidat du PCF Laurent Jamet (avec l’insoumise Raquel Garrido), Édouard Denouel (du groupe des Insoumis… mais sans le logo LFI), la candidate EELV Claire Laurence et deux listes d’extrême gauche. Cette fois encore, l’affaire pourrait se conclure par une quadrangulaire où le ralliement des « petites listes » fait le roi.

  • Bobigny

Élu en 2014 là aussi par surprise, l’intégrissime Stéphane de Paoli n’est même pas en mesure de se représenter. Pour lui succéder, l’UDI envoie son premier adjoint Christian Bartholmé. À gauche c’est open bar : Sylvain Leger de la France insoumise, Fouad Ben Ahmed du Parti socialiste, Abdel Sadi du PCF et Rodolphe Feger de LO. Dans cette ville historiquement communiste, Abdel Sadi semble faire course en tête. Il lui faudra rassembler pour reprendre Bobigny à la droite, archi minoritaire dans tous les scrutins.

L’enjeu de la possible bascule de Bagnolet et Bobigny dans l’escarcelle PCF/Insoumis est la direction du territoire d’Est Ensemble qui réunit pas moins de 600.000 habitants. Socialiste depuis sa création, Est Ensemble pourrait devenir communiste aussi grâce à l’apport des élus de Montreuil, qui va très certainement réélire le communiste Patrice Bessac à sa tête.

  • Ivry

Comme Bobigny, Ivry est une ville communiste, un des berceaux du communisme municipal. La partie n’est pourtant pas facile pour le maire sortant Philippe Bouyssou : il doit affronter une candidate EELV, Sabrina Sebaihi, soutenue par les insoumis et le PS local. Au premier tour Bouyssou sortira sûrement en tête. Il lui faudra réunir une majorité avec lui et non contre lui le 22 mars.

  • Saint-Denis

Comme en 2014, le maire sortant PCF devra jouer des coudes pour ne pas voir le candidat socialiste prendre sa place : moins de 200 voix les avaient alors séparés. Au premier tour, Laurent Russier, allié à EELV, retrouvera donc face à lui Mathieu Hanotin pour le PS. Mais cette fois il affrontera aussi un ses adjoints, Bally Bagayoko, investit par la France insoumise. À côté de ce trio, Fetta Mellas (association écologiste), Cathy Billard (NPA) et Philippe Julien (LO) seront témoins de l’engagement à gauche de la ville. Au premier tour chacun va se compter. Au second il faudra s’allier. Communistes et Insoumis feront sans doute bloc face aux socialistes et espéreront que la droite sera suffisamment forte pour se maintenir. Dans le cas contraire, gare à la mobilisation en faveur du candidat Hanotin pour éjecter les cocos d’un de leur fief symbolique.

Enjeu majeur lié à cette élection, l’avenir de Plaine commune, dirigé par Patrick Braouezec qui quitte la scène politique. En cas de bascule de Saint-Denis, les communistes perdraient la majorité absolue au sein du territoire avec un nouvel équilibre entre trois forces : PCF, PS, UDI.

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