Photo CC Blandine Le Cain
Accueil | Par Roger Martelli | 25 novembre 2018

PCF : les paris d’un Congrès

Annoncé comme exceptionnel, le 38e Congrès du PCF aura mérité ce qualificatif. Parce que, pour la première fois, le numéro un sortant a été désavoué. Et parce que le PC joue incontestablement sa survie.

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Sans surprise, Pierre Laurent a laissé la place au député Fabien Roussel, qui dirigea jusqu’en 2017 la fédération communiste du Nord, l’une des plus importantes par ses effectifs. Voilà bien longtemps que le turn-over à la tête du parti n’a pas résulté d’une concurrence politique ouverte. Depuis les années 1930 [1], l’habitude avait été prise de laisser au secrétaire général sortant le soin de proposer son successeur. En 1969, seule la maladie du numéro un de l’époque, Waldeck Rochet, avait suspendu cette pratique, laissant au bureau politique la charge de choisir collectivement son remplaçant, en l’occurrence Georges Marchais.

 

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Le parti n’est plus ce qu’il était

Fabien Roussel devient le "numéro un" d’un parti incontestablement affaibli, dont le déclin électoral quasi continu depuis 1978 s’est accompagné d’une sérieuse perte de substance militante. À la fin des années 1970, les données non publiques de la direction fixaient à 570 000 le nombre des cartes placées auprès des militants.

Officiellement, le PC actuel se réclame d’un chiffre de 120 000 cartes, ce qui laisserait supposer une quasi-stabilité des effectifs depuis dix ans. Or, les documents internes — et notamment les résultats des consultations militantes — indiquent que le nombre de cotisants est passé d’un peu moins de 80 000 en 2008 à 49 000 aujourd’hui, soit une perte de 4 cotisants sur 10 en dix ans. La densité militante est moindre qu’autrefois. Elle reste toutefois assez conséquente pour susciter l’envie, dans un paysage partisan depuis toujours modeste en effectifs et aujourd’hui particulièrement sinistré.

Le tableau est encore assombri par une autre dimension, généralement ignorée. Le communisme politique en France ne s’est pas réduit à un parti. Comme ce fut le cas pour les puissantes social-démocraties d’Europe du Nord, le PCF s’est trouvé au centre d’une galaxie inédite qui raccordait à l’action partisane des syndicats, des associations, des structures de presse et d’édition et un communisme municipal à la fois dense et original. Or cette galaxie s’est défaite peu à peu au fil des années, à partir des années 1970. La CGT a pris ses distances [2], le réseau associatif animé par des communistes s’est affaibli et l’espace municipal du PC ne cesse de se rétracter. Les municipalités à direction communiste regroupent un peu moins de 2,5 millions d’habitants, contre plus de 8,5 millions à l’apogée de l’influence municipale, en 1977.

Une majorité se dessine dans l’organisation pour dire que l’effacement électoral continu du PCF est dû d’abord à son absence répétée lors de l’élection décisive de la Ve République, la présidentielle. Dans les faits, cette conviction est discutable : le choix de soutenir François Mitterrand en 1965 n’a pas empêché le PC de réaliser en 1967 son meilleur score législatif de toute la Ve République  ; en sens inverse, la présence du PC aux scrutins présidentiels de 1981, 2002 ou 2007 n’a en rien interrompu le déclin.

Quoi qu’il en soit, ce qui compte est la conviction, dans une large part du corps militant, que l’effacement du parti résulte d’une visibilité insuffisante. Dès lors, les choix du Congrès, désormais portés par la nouvelle équipe dirigeante, reposent sur un pari : en réaffirmant l’identité propre du Parti communiste, en installant une présence plus autonome et plus visible, les communistes retrouveront le chemin des catégories populaires et relanceront la dynamique vertueuse interrompue à la charnière des années 1970-1980.

Il est vrai que le PCF a pour lui une solide tradition populaire, affaiblie mais non effacée. Il a des militants, dont une part importante appartient aux catégories les plus modestes [3]. Il lui reste des bases territoriales, amoindries mais qui continuent de susciter l’envie, celle des adversaires déclarés comme celle des alliés potentiels. Dans une phase de décomposition, d’instabilité et de crise politique aiguë, toute ambition politique repose sur des paris. Celui du PCF actuel est-il réaliste  ? Sa faisabilité se mesurera à sa capacité à répondre à quelques défis.

La visibilité ou l’utilité  ?

En politique, la visibilité n’est pas tout. D’une façon ou d’une autre, une force politique n’est reconnue que si une frange suffisante de population trouve de l’intérêt à cette reconnaissance. Le PC s’est longtemps servi des ouvriers pour se légitimer (il se définissait comme "le parti de la classe ouvrière") et, en retour, les ouvriers se sont servis de lui pour assurer leur représentation dans le monde des institutions publiques. Pendant plusieurs décennies, le PCF a été ainsi fonctionnellement utile : parce qu’il "représentait" le monde ouvrier jusqu’alors délaissé, parce qu’il nourrissait la vieille utopie de la "Sociale", en usant du mythe soviétique (le mythe, bien sûr, pas la réalité…) et parce qu’il donnait sens au raccord historique entre le mouvement ouvrier et gauche politique, en proposant des formules de rassemblement adaptées à l’époque : Front populaire, Résistance, union de la gauche. Fonction sociale, fonction prospective et fonction proprement politique… Cette conjonction était la clé de son utilité et donc de son pouvoir d’attraction.

Or ces fonctions se sont érodées avec le temps, dans une réalité sociale et politique bouleversée, sans que le PCF ait tiré les conséquences de ces bouleversements. Le peuple n’a plus de groupe central, l’unité relative que lui procurait la concentration industrielle et urbaine s’est effacée, l’État a abandonné ses fonctions redistributrices et protectrices, les échecs concrets des expériences révolutionnaires ont affaibli l’idée émancipatrice elle-même, l’espérance a laissé la place à l’amertume et au ressentiment. Face à la nécessité impérative d’une reconstruction collective, de portée historique, le PC laisse entendre que sa continuation et sa relance sont en elles-mêmes des réponses aux défis. Alors qu’il s’agit de redéfinir les fonctions permettant politiquement aux couches populaires de se constituer en mouvement et de s’affirmer comme sujet politique majeur, le PC se contente de dire : je suis là. Ce n’est pas faire injure aux militants communistes que de rester perplexe. Quand l’urgence est à reconstruire, de la cave au grenier, la fidélité nécessaire aux idées et aux valeurs ne peut se réduire à la continuation ou à la réaffirmation. Elle nécessite une initiative d’une tout autre ampleur.

Pendant quelques décennies, aucune force à la gauche du PS n’a profité des déboires de l’organisation communiste, si ce n’est la mouvance issue du trotskisme, un court moment, à la charnière des XXe et XXIe siècles. Or rien ne dit aujourd’hui que l’espace politique béant libéré par l’effondrement du socialisme français le sera durablement. De plus, en 2017, la France insoumise s’est installée dans des terres autrefois favorables à une implantation communiste qui, dans la "banlieue rouge", n’était jamais loin des rivages de l’hégémonie. "Continuer" dans ces conditions : pari à haut risque…

De plus, il n’y a pas que le problème de l’utilité partisane en général  : un second défi concerne l’univers communiste lui-même. Fabien Roussel, comme Pierre Laurent avant lui, affirme vouloir rassembler les communistes. Si l’on entend par cette formule les membres du PCF stricto sensu, l’objectif ne va déjà pas de soi. Le parti n’a plus en effet l’homogénéité qui fut la sienne jadis. L’organisation a connu elle aussi le choc qui résulte de la montée des exigences d’autonomie individuelle. Mais, du coup, c’est la conception même du collectif qui doit se repenser, si l’on ne veut pas rester englué dans les déboires des "communautarismes", anciens ou nouveaux. Le problème est que la culture du collectif continue de considérer avec défiance une diversité toujours suspectée de mettre en cause "l’unité" du parti. Le "commun", quoi qu’en dise le discours officiel, a toujours du mal à se dégager des images d’une unité trop souvent confondue avec l’affirmation de l’unique.

Les règles statutaires de l’organisation continuent de faire de la stigmatisation des "tendances" un principe actif, canalisant étroitement le dépôt de textes alternatifs et préférant réserver aux majorités constituées le soin de doser la présence des "dissidents" dans les directions élues. On peut donc douter de la capacité rassembleuse d’une culture qui persiste à nourrir le long processus de désaffection interne. Et que dire, si l’on élargit le problème à l’ensemble de ceux qui peuvent se dire communistes en dehors du parti  ? Régulièrement, les directions en appellent au retour de ces brebis égarées, dont on a dit parfois qu’elles constituaient "le plus grand parti de France". L’appel au grand retour sera-t-il entendu cette fois  ? Rien n’est moins sûr.

Un parti dans l’air du temps  ?

On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, dit la sagesse populaire. Il en est des anciens adhérents comme des électeurs : ils ne pourraient se sentir attirés que si renaissait le pouvoir d’attraction d’une structure partisane. Or le désir de relance s’exprime dans un moment de crise profonde de l’engagement dans des partis. La "forme-parti" traditionnelle pâtit en effet d’un double dysfonctionnement : on a du mal à déléguer à des partis le soin d’élaborer des orientations politiques globales et on répugne à s’engager, de façon durable, dans des structures historiquement marquées par la centralité de l’État que les partis avaient vocation à conquérir. La verticalité hiérarchique des partis attire moins, aujourd’hui, que la spontanéité des mouvements éphémères ou que l’incarnation charismatique des leaders.

Ce n’est pas que le temps soit venu du "mouvementisme" ou des ébauches partielles de démocratie plus directe (sur le modèle du mouvement des places ou sur celui des "primaires"). Pour l’instant, aucune forme d’organisation politique pérenne ne s’est imposée nulle part. Les tentatives de renouvellement laissent partout perplexes, soit parce qu’elles reposent sur des modèles d’orientation ambivalents (le contrôle de l’expression militante par des "réseaux" prétendument spontanés), soit parce qu’elles s’appuient sur des théorisations incertaines (le "mouvement gazeux" doté d’une "clé de voûte" cher à Jean-Luc Mélenchon). Mais, quand tout est bousculé, le parti pris de l’innovation radicale vaut mieux que la prudence des permanences revendiquées.

À ce jour, le choix communiste de "continuer le PCF" privilégie le maintien du modèle fondateur, comme si dominait, dans l’univers communiste, la conviction que le balancier, un jour où l’autre, repartira du bon côté. Dans les deux dernières décennies, les tentatives internes de changements homéopathiques, censés plus "participants", n’ont pas manqué. Elles n’ont pas débouché sur des résultats tangibles et sur une relance de l’agrégation militante. Aujourd’hui, une fois de plus, la promesse de renouveau est réaffirmée, sans que l’on perçoive bien quels en sont les contours et les ressorts, dans une forme partisane maintenue pour l’essentiel.

Terminons par une interrogation plus stratégique. Depuis 1936, la culture communiste repose sur le couple de l’affirmation identitaire et de l’union de la gauche. Incontestablement, le schéma a eu sa cohérence. D’une part, "l’’identité" communiste assurait le double ancrage du parti dans le monde ouvrier et dans la tradition révolutionnaire. D’autre part, l’union de la gauche permettait de donner une traduction politique à l’alliance de classes nécessaire (classes populaires et couches moyennes, puis monde ouvrier et salariat) et de viser à des majorités, en faisant converger les courants plus "révolutionnaires" et les sensibilités plus "réformistes" dans un projet transformateur partagé.

Or cette cohérence se heurte à l’éclatement sociologique du bloc transformateur (diversification du monde ouvrier et éclatement su salariat) et à la fin du duopole communistes-socialistes. À l’arrivée, l’union de la gauche traditionnelle n’a plus la force propulsive qui a été la sienne. Le problème est que son obsolescence ne s’est pas accompagnée de l’affirmation d’une alternative claire et partagée. Le "pôle de radicalité" a été récusé par le PC dans les années 1990-2000 ; la convergence des "révolutionnaires" chère au NPA a fait long feu ; le "courant antilibéral" n’a pas résisté à l’échec de la séquence 2005-2007 et le cartel réalisé par le Front de gauche n’a fonctionné que sur une courte période. Aujourd’hui, la France insoumise propose son rassemblement du "peuple" comme alternative à l’union de la gauche, mais ses contours et sa possibilité laissent perplexe dans une phase d’incertitude nourrie par la montée des extrêmes droites européennes.

Le PCF a-t-il dans ses cartons une démarche alternative souple et cohérente, en dehors de sa propre influence ? Abandonnera-t-il le pragmatisme d’une oscillation entre l’affirmation identitaire et des combinaisons électorales ? La lecture des ébauches de consensus majoritaire fait douter de cet abandon. Or l’indécision stratégique ou les pratiques du coup par coup n’ont débouché sur aucune relance jusqu’à ce jour. Comment pourrait-il en être autrement demain ?

Les limites d’un pari

L’indécision ne serait pas si grave, si nous ne trouvions pas dans une phase politique redoutable. Même si la France n’est pas l’Italie, on peut craindre une possible évolution à l’italienne : une gauche exsangue dans toutes ses composantes et, sur cette base, un espace laissé libre aux idéologies du ressentiment et à la percée des extrêmes droites. Dans ce contexte, il est à redouter que ni la tentation d’un "populisme de gauche", ni l’affirmation identitaire du PC ne soient en mesure de conjurer cette hypothèse noire.

Dans la culture communiste, il n’y a pas de communisme possible sans "parti communiste". Or ce "parti" n’a pas toujours eu la forme du parti politique moderne, qui ne s’est imposée que dans le dernier tiers du XIXe siècle. La politique, d’ailleurs, n’a pas toujours eu besoin du parti politique tel que nous avons pris tardivement l’habitude de le voir fonctionner. Pourquoi la forme d’une époque serait-elle la manière indépassable de structurer l’action politique collective ? Ce n’est pas trahir l’idée communiste que de faire un autre pari, qui consiste à dire que le communisme n’a plus besoin, pour vivre, d’un "parti communiste", au sens que le XXe siècle a donné à cette notion. Il peut y avoir des "communistes", sans que leur action suppose un parti communiste distinct. C’est d’autant moins vrai que l’on peut s’interroger sur la pertinence aujourd’hui des structures partisanes reposant sur un modèle de militantisme "total", où la continuité du dévouement prime sur tout, où la frontière de l’intérieur et de l’extérieur prend la valeur d’un absolu.

Ce qui manque à l’idéal émancipateur, ce n’est ni un "parti" ni même un de ces "mouvements" dont on ne sait pas très bien s’ils relèvent du patchwork ou de la cohérence centralisée. En fait, la politique moderne de l’émancipation manque d’une articulation nouvelle entre des champs que l’histoire a distingués, économique, social, politique, culturel. Penser surmonter, de façon volontariste, une séparation qui pénalise l’action sociale et enlise la dynamique démocratique manque sans nul doute de réalisme. En revanche, travailler à de l’articulation, combiner l’autonomie des domaines et des organisations et la recherche de convergences souples entre organisations politiques, syndicats, associations, monde intellectuel : tels sont les passages obligés de toute refondation démocratique.

Plutôt que le choix "continuateur", il eut été préférable que s’affirme l’engagement des communistes dans la construction de cette force politique pluraliste, cohérente sans être un bloc, faisant de sa diversité une force sans céder à l’exaltation de la différence. Nous sommes dans un moment où les extrêmes droites menacent notre continent et pourrissent notre univers démocratique, jusque dans le détail. Pour l’instant, les dispositifs organisationnels à gauche n’ont pas l’attractivité nécessaire pour contredire les facilités du bouc émissaire et la trouble fascination pour l’autorité fondée sur l’exclusion.

Seule une construction collective, partagée, ouverte à toutes les sensibilités de l’émancipation sera capable de proposer un univers mental radicalement contraire à celui de ces extrêmes droites. Tout ce qui donne l’impression que la continuité prime sur l’esprit de rupture, ou tout ce qui nourrit l’impression que la rupture se fonde sur le ressentiment plus que sur l’espérance, tout cela laisse le champ libre au désastre démocratique.

Construire une alternative démocratique, donner force politique à l’esprit de rupture en faisant l’impasse sur ceux qui portent aujourd’hui encore la riche tradition du communisme serait une folie. Tourner le dos aux militants communistes est une faute. Mais en ne choisissant pas la voie d’une refondation démocratique partagée, en privilégiant le choix de la continuation, un siècle après la naissance de leur parti, les militants du PCF n’ont pas alimenté la possibilité de relancer collectivement une gauche bien à gauche. Juxtaposer les forces ne suffit plus… Ils n’ont pas donné un élan immédiat à la seule démarche qui pourrait donner un coup d’arrêt radical aux dérives continentales préoccupantes.

Il faut bien sûr prendre acte de ce choix. Il restera que la vie politique et ses urgences pousseront chacun à bouger, pour promouvoir le meilleur et non pour se désoler du pire.

 

Roger Martelli

Notes

[1Maurice Thorez est secrétaire général de fait en juillet 1930, mais le titre, bien qu’employé en interne, ne devient officiel qu’en janvier 1936.

[2En 2007, 7 % seulement des sympathisants de la CGT auraient voté en faveur de Marie-George Buffet, contre 42 % pour Ségolène Royal (sondage CSA du 22 avril 2007)

[3Il est vrai que l’encadrement du parti, lui, est beaucoup moins populaire qu’il ne l’a été.

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  • Et un mécontent de plus....

    carlos Le 25 novembre à 21:25
  •  
  • Merci beaucoup Roger, pour ainsi dire de « cette intervention de l’extérieur », pour le 38 ème congrès du PCF...

    ...Étant encore membre de ce Parti, ...j’écrivais à Georges Marchais fin septembre 1984, à la suite de ses déclarations à la fête de l’Humanité, ...en me permettant d’affirmer - (à mes risques et périls..., même si je ne suis pas allé jusqu’à la boutade « exagérée » d’un Guy Bedos, qui se permit de lancer que la fête de l’Huma finirait par se tenir dans le jardin du secrétaire général...) - qu’en matière d’organisation à vocation révolutionnaire « le grand » d’une époque pouvait devenir petit à une autre, ...et en contestant le type de forme-parti « sur-centraliste et sous-démocratique » encore en cours...

    Je n’ai jamais décoléré depuis. ...Et ce 38 ème congrès ne me calme toujours pas. Le malentendu dogmatique n’ayant JAMAIS cessé, entre une certaine nécessité d’actualisation théorique et idéologique « très générale »..., et l’utilisation comme big prétexte de celle-ci, pour une dispense distinguée d’actualisation autocritique bien comprise de la pratique politique convenue !...

    À croire que le propre d’un congrès serait le lavage de cerveau, une relance de l’in-conscience, ajoutant perpétuellement les retards aux retards !... De ce point de vue, « le-Parti » est TOUJOURS ce qu’il était. Absolument rien n’a changé d’un fonctionnement mental, au-delà de la fonte historique de ses effectifs !...

    Prenons donc un exemple parmi les prises de paroles de ce congrès, qui n’a donc rien d’« extraordinaire », dans sa façon de procéder..., « l’idéologie n’ayant pas d’Histoire », comme dirait l’autre... :
    (Ici : https://www.youtube.com/watch?v=iMCzKHBICTk&t=1014s , à 23mn30 : ) Hervé Bramy déclare : « Le concept d’écommunisme, je crois, nous permet, comme on le dit dans le texte, de conjurer l’effacement du parti communiste, puisqu’il nous permet de nous distinguer et de caractériser l’engagement communiste dans le domaine de l’écologie. Parce qu’il n’y a pas une seule écologie. L’écologie, elle est traversée par différents courants idéologiques. Par exemple, le Rassemblement National, lui, il parle d’écologie nationale, comme si la pollution s’arrêtait aux frontières. La droite, (...) ils ont emprunté au pape, en la détournant, l’idée d’écologie intégrale. À gauche, il y a l’écosocialisme... Et bien je pense qu’avec l’écommunisme, nous marquons notre originalité... »

    Parce que c’est ça le but en la matière ? « Marquer son originalité », pour ainsi dire sur un mode privatif (ce qui est un comble), tout en se dispensant de la moindre allusion aux « retards » cocos monumentaux sur ce chapitre de l’écologie ?

    Le tour de passe-passe intellectuel impardonnable, c’est, non pas lorsque qu’un contexte pratique est mûr, mais lorsque on est dans le mur, ...de faire croire qu’une mise à jour théorique qui a certes sa dignité peut permettre de « CONJURER L’EFFACEMENT » d’une influence politique !!!!... Cette logique captieuse, reposant sur une pensée magique,... a quelque chose de terrible.

    Elle montre que, oui, le propre d’un congrès, ce serait d’abord... de faire fonctionner la conscience politique comme une ardoise magique : sur le mode du refoulement de la responsabilité politique, de l’auto-effacement, au moment même où l’on prétend le conjurer !...

    Un comble de paradoxe.

    Une histoire de fous.

    Aubert Sikirdji Le 25 novembre à 22:30
  •  
  • analyse pertinente notamment sur ce que les nouveaux questionnements que les vieux partis doivent affronter
    maintenant le pc bien qu’affaibli a eu un congrès avec des oppositions donc la démocratie
    et ça fait du bien !!
    bien sur les partis ne fonctionnent pas que pour eux mêmes et les craintes sont légitimes d’un retour en arriére mais je préfère faire confiance aux camarades
    maintenant ou est la démocratie dans les mouvements dits horizontaux !! jean pierre

    JEAN-PIERRE DROPSIT Le 26 novembre à 18:54
  •  
  • ...C’est sûr, JEAN-PIERRE, que même la théorisation du caractère dépassé de la démocratie « classique » d’organisation, dans des mouvements dits horizontaux... peut faire regretter celle-ci !... Mais pas de faux-prétextes !... Nous sommes à mon avis devant l’exigence de ne pas justifier de vieilles carences des uns par les nouvelles carences des autres, et réciproquement ! Oui, l’analyse de Roger Martelli est pertinente, comme vous dites, mais c’est dans la mesure où elle ne donne dans aucune forme de satisfaction devant l’existant.

    Je pense personnellement que c’est bien peu dire que le PCF est désormais « affaibli ». En tout cas ce n’est pas arrivé tout seul. Il y a à cela des causes historiques bel et bien endogènes, et il ne lui suffira plus de simplement « perfectionner » sa démocratie interne !...

    Naguère, étant membre de ce Parti, ce que j’ai fini par lui reprocher de manière de plus en plus claire et précise, c’est quelque chose que j’ai entendu théoriser dans ... ma première « école de section », au tournant des années 70, à savoir la nécessité de la constitution d’une avant-garde de l’avant-garde, ... (- et en réalité d’une « bureaucratie » -) formant un « parti dans le parti » !...

    Aujourd’hui, la soi-disant forme-mouvement de la FI, eh bien n’a certes pas résolu le problème !... (Même si elle constitue une précieuse « expérimentation », qui comporte une dimension très positive, elle porte toujours, paradoxalement une caricature de forme-parti « verticale », du style « centralisme pédagogique » !...)

    Je reste en tout cas obstinément calé sur cette préoccupation centrale : que le critère d’une organisation à vocation révolutionnaire digne de ce nom, si tant est que produire du commun n’est pas fabriquer de l’unique, c’est qu’à se vouloir attractive, elle se doit non seulement de « respecter » la diversité, mais d’en produire, à la mesure de son ouverture et de sa créativité !... C’est cela le critère d’une fertilité qui se mesure en quantité et qualité nouvelle « de masse » !...

    Mais pour cela, il faut reprendre sérieusement et à nouveaux frais ce qu’implique réellement la nécessité – belle formule – de « démocratiser la démocratie », comme l’a avancé Pierre Laurent... Et cela implique de se caler sur une autre perspective que de « s’additionner » et de « se compter » !... ( Le concept de « multitude » ne suffit pas !...).

    Que chacun et chacune puisse être « reconnu » dans toute sa trajectoire et ses initiatives « auto-organisatrices » implique au demeurant un nouveau « corpus théorique ». Cela veut dire travailler sans repos à des « consensus actifs » et non subis !... Car non, vous en conviendrez, la démocratie n’est pas simplement synonyme de l’existence « d’oppositions », donc de l’acceptation de « rapports de force », si certains y restent en quelque sorte « les dindons de la force » !... Une certaine tyrannie disciplinaire de l’accord et/ou du désaccord relève, de ce point de vue, de l’archaïque !...

    Il ne s’agit certes pas d’adopter des « consensus mous », mais plutôt de redéfinir le consensus, de manière toujours ouverte, comme capacité d’acter le plus honnêtement et le plus objectivement possible les dissensus... (Donc, autant que faire se peut, sans procès d’intentions) !... Un corollaire de cela est d’ailleurs une capacité de se remettre en question, à l’échelle de chacun et chacune, mais aussi à l’échelle de l’organisation, dans la mesure où l’individu peut avoir (eu) raison contre le groupe, et la minorité contre la majorité !... « Écrire sa propre histoire, au milieu de celle des autres », ne peut en effet se passer de procédures rétroactives !...

    Force est de constater que la capacité « autocritique » du PCF, manifestant un besoin de « persévérer dans son être », et qui a par exemple donné cette innovation d’une « destitution » du secrétaire national, lors de ce congrès, reste très « petits bras ». Mais surtout, lorsque vous parlez... de « craintes légitimes d’un retour en arrière »,... elle illustre la question qui peut être ressentie comme ubuesque, mais en réalité incisive, ...posée par... Jacques Lacan aux « révolutionnaires » : de savoir s’ils n’auraient pas curieusement vocation à retourner au point de départ !...

    Aubert Sikirdji Le 27 novembre à 00:37
  •  
  • je souscris pleinement a la formule de pierreet c’est un peu pour ça que j’ai voté pour la motion de la direction
    bon tout n’est pas noir ou blanc
    j’ai adhéré au pc et a l’uec en 1978 et a cette epoque on arrivait a faire militer a l uec des membres des amis de la terre.
    en 1981 des membres de la federation anarchiste ont fait la campagne presidentielle de georges marchais
    tout cela pour dire que je crois pas du tout a un parti unique
    et pas non plus a un mouvement fi du peuple entier
    ma mére née en pologne a souffert du racisme et comme il y avait dans les années 1930 trè peu de polonais il y avait interet a perdre sa langue comme le disait georges charpak
    c’est aussi pour cela que je reste au parti et que je partage ce que yann brossat a dit
    mais aussi parce que je ne crois absolument pas a un leeder maximo a la française
    que les partis de gauche les mouvements type fi se parlent et avec les citoyens pour essayer d’avoir une alternative au capitalisme

    jean pierre le 27112018

    JEAN-PIERRE DROPSIT Le 27 novembre à 22:20
  •  
  • @ JEAN-PIERRE DROPSIT

    ...Roger Martelli a écrit, dans sa partie intitulée "La visibilité ou l’utilité  ?" :

    L’organisation a connu elle aussi le choc qui résulte de la montée des exigences d’autonomie individuelle. Mais, du coup, c’est la conception même du collectif qui doit se repenser...

    ...Et ici, à 3 mn 10s, http://www.regards.fr/la-midinale/article/fabien-roussel-j-espere-que-melenchon-va-me-respecter-et-qu-on-va-travailler , Fabien Roussel déclare ceci le lundi 26 novembre, dans « la Midinale » de Regards, à propos des rapports entre responsables communistes, et de l’utilisation par Frédéric Genevée et Elsa Faucillon de l’expression de « repli identitaire », qu’il dit ne pas comprendre :
    « Il faut que le parti communiste et sa direction rassemble la diversité des opinions qui peuvent s’exprimer au parti communiste. ...Je pense qu’on ne peut pas tous être d’accord sur tout, ça n’existe pas, même dans une famille, soudée, fraternelle et aimante. ...Il faut qu’on se dise les choses, avec franchise. LA FRANCHISE, C’EST LA MÈRE DE LA FRATERNITÉ . Et puis il faut qu’on se rassemble, sur ce qui est le plus en commun au parti communiste. »

    Rappelons-nous ceci : ...il se trouve que tu parles, Jean-Pierre (je me permets de te tutoyer), d’une grande variété de militants, qui se sont engagés dans la campagne présidentielle de 1981, pour Georges Marchais....
    ...Aujourd’hui..., Ian Brossat se prépare à emmener la liste d’un PCF bien réduit, par rapport à l’époque, ...pour des élections européennes,
    ...Et c’est justement au lendemain... d’élections européennes, celles de 1984, que s’est joué au 25ème congrès de 1985 (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=sYlwSPii60w) « un Retard » complètement désastreux, où il s’est abîmé lui-même, ...face à l’évidence d’un déclin, et du coup face au besoin légitime de « dégel » du Parti, exprimé « du haut en bas » , du « principe monolithique » !... Ce fut à mon sens, le dernier grand épisode néostalinien et de « repli identitaire » patent au PCF. (Auquel, personnellement, je n’ai pas « survécu »...).

    Pardon de le dire, mais, de ce point de vue,... lorsque le camarade Fabien Roussel avance que « La franchise, c’est la mère de la fraternité », eh bien c’est malheureusement toujours la formule classique même, bien repérable dans sa dimension grotesque de folie douce et « aimante », qui peut virer au dur,... du stalinisme !... Du genre que j’ai connu à l’époque : « - Camarades minoritaires, dans une famille il faut se parler, ...nous avons diagnostiqué à la majorité fraternelle que vous étiez des nostalgiques de la période antérieure, doublé de comploteurs plus ou moins conscients, et nous nous permettons de vous le signifier les yeux dans les yeux, et en toute franchise, vu que la franchise c’est la mère de la fraternité !!!!... »

    Ce qui m’amène à compléter la phrase de Roger : car si, oui, « l’organisation a connu elle aussi le choc qui résulte de la montée des exigences d’autonomie individuelle. » il faudrait ajouter : « ...et aussi le choc de sa propre crise historiquement datée, et jamais clairement avouée ni analysée !... La seule autocritique étant restée « implicite », et ayant consisté, en novembre 1998, par une reconnaissance se voulant « équilibrée », sur le mode « médical », des « souffrances individuelles irréparables » des camarades vilipendés voir dégagés, conjointement à l’acte solennel qui effaçait officiellement = bureaucratiquement toutes les exclusions et mises à l’écart du passé, à quelques exceptions et conditions significatives près... »
    Drôle de « fraternité » qui se refusa explicitement d’aller jusqu’à la « réhabilitation politique » en dignité, des camarades en question !... La reconnaissance qu’il s’était agi, comme je dis d’une crise légitime de confiance au PCF, qu’il n’aura d’évidence pas su transformer à temps en crise de croissance, ...n’a JAMAIS eu lieu !... Encore en... 1989, date importante, Georges Marchais (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=3K80iLs6wG0&t=6s ) disait que les camarades en question « ne représentaient rien » !...

    Mais nous sommes désormais ...au 21ème siècle, n’est-ce pas !... Tout cela est derrière nous, c’est du passé, la table est nette, ...et les révolutionnaires n’ont pas leur pareil pour fabriquer du révolu !... Sauf que l’on sait que ce qui n’est pas correctement « symbolisé », analysé... revient toujours dans le réel !!!!....

    Aubert Sikirdji Le 28 novembre à 08:46
  •  
  • Aubert,obère toute pensée positive au sujet de mon parti,le PCF.
    Il est utile car il manifeste la toxicité,jamais démentie, à l’égard du PCF,du site Regards.

    Maurice Le 2 décembre à 03:30
  •  
  • ... Et il arrive que le Maurice, aussi, revienne...
    Au secours !...

    Aubert Sikirdji Le 2 décembre à 17:19
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  • que les forces progressistes dans leur diversité se respectent et se parlent
    membre du pc et du nord j’ai-voté pierre Laurent. est ce pour cela
    que tout est foutu au pc. je ne le pense pas et Fabien roussel est bien vu dans le nord car il est constructif
    partis et mouvements OK et après. comment on construit une alternative. libre a chacun de croire pour se rassurer à sa chapelle
    arrêtons de se faire la leçon et essayons d’avancer ensemble
    jean pierre dropsit le 4 décembre 2018

    JEAN-PIERRE DROPSIT Le 4 décembre à 22:20
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  • @ JEAN-PIERRE DROPSIT

    Oui, se parler !... Absolument. Et travailler ensemble. C’est plus et mieux que de se respecter.

    Je n’ai personnellement pas de chapelle.
    Pour la "petite" histoire, ...j’ai été à fond partie prenante, à la FI, de la campagne de la Présidentielle de 2017, ...et je n’ai pas accepté, pour les législatives que "nous" ne soyons même pas capables, dans ma circonscription, ne serait-ce que de parler avec le PCF !...

    Aubert Sikirdji Le 5 décembre à 01:10
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  • Ceci dit, cher Jean-Pierre, ...

    que les forces progressistes dans leur diversité se respectent et se parlent

    ...
    cela veut dire quoi ?

    Le fort sympathique et « marchaisien » Fabien Roussel a évoqué pour ainsi dire l’identité historique de toujours du PCF, qui, période après période (Front Populaire, Résistance, Libération, 1981, ...jusqu’à 2005, avec la mobilisation sur le TCE) a toujours été pour l’Union du Peuple de France... Fort bien !...

    Mais alors d’où vient donc son effacement progressif ?!?!!!... Mystère et boule de gomme ?

    C’est pourquoi je mets l’accent, à y regarder de près,... sur les multiples RETARDS !...

    Fallait-il attendre d’être dans le mur pour devenir écolos ?
    (Pour ne prendre que cet exemple : ...encore, ces dernières années, il n’y a pas eu un responsable national du PCF, lors des forums d’été de Notre-Dame-Des-Landes...)

    Fallait-il attendre que le PS s’effondre, pour ne plus courir après lui ?

    On ne peut, à ce propos, se contenter de jouer les enjoliveurs de roue de l’Histoire, en gambadant de période en période, en matière de devoir d’inventaire !...
    Encore une fois, le comble de l’ironie mordante, c’est que je fus, je l’ai dit, mis à l’écart « en un autre âge », par ce Parti, étant dramatiquement traité avec d’autres, je l’ai évoqué précédemment, pour ainsi dire d’agent inconscient du PS !!!...

    Car les retards dont je parle, se sont en particulier traduit par de notoires ZIG-ZAGS politiques « périodiques », rapportable à un genre de schizophrénie théorique ...dans l’Histoire de ce Parti, dont il est TOUJOURS comptable !...

    Qui n’a pas de racines n’a pas d’ailes. Nous sommes à 2 années du centenaire du Congrès de Tours...
    Et, en effet, il faut choisir : si l’on défend ou pas l’idée de Parti au long cours..., comme c’est plutôt mon cas, alors cela comprend une dimension de « conservatoire de la Mémoire », ...mais d’une mémoire VRAIE dont on a besoin, comme « point d’appui », précisément pour « construire »...

    Mais encore faudrait-il que celle-ci ne soit ni lunatique, ni sélective...

    (Vous aurez compris que j’écris cela EN FRATERNITÉ !!!... )

    Aubert Sikirdji Le 5 décembre à 16:11
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  • @ Jean-Pierre Dropsit

    Euh..., je retire cette phrase : "Fallait-il attendre que le PS s’effondre, pour ne plus courir après lui ?".
    J’étais mal informé.

    Je viens d’écouter Fabien Roussel à Médiapart, qui dit... qu’il ne s’accoutume pas à l’effondrement du PS, préjudiciable pour toute la Gauche...

    Aubert Sikirdji Le 5 décembre à 23:40
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