Accueil | Par Pierre Jacquemain | 26 octobre 2021

Puissance des sociétés, impuissance des pays

Les anciens empires ne sont plus qu’un souvenir et la mondialisation a rebattu les cartes géopolitiques. Sur une planète fragile et instable, faut-il renoncer à la puissance des nations, la repenser ou lui substituer celle des peuples ?

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Le quinquennat accélère le rythme de la vie politique, et quelques mois seulement nous séparent de l’élection présidentielle. Tout le monde est dans les starting-blocks. La campagne est lancée, même si l’on ignore à ce stade qui sera effectivement - et jusqu’au bout - sur la ligne de départ. Une seule certitude : les effets de la crise sanitaire sur nos modes de vies, nos rapports humains, notre santé – morale et physique –, notre économie, notre culture, seront au cœur des enjeux, des discours et autres promesses politiques.

La crise sanitaire a exacerbé ce qui existait déjà : la contestation du néolibéralisme et la remise en cause d’une mondialisation de plus en plus financiarisée, l’épuisement d’un système qui nous fait courir à notre perte, ou encore la crise écologique et démocratique. Pouvons-nous continuer comme avant ? Nous relèverons-nous de la crise en faisant le pari de la croissance et de la consommation quoi qu’il en coûte ?

Le Covid-19 a révélé une ambiguïté : la puissance de nos sociétés et l’impuissance de nos pays. Nos sociétés ont tenu bon parce que ceux qu’on a appelés les secondes lignes, les derniers de cordées – des personnels soignants aux caissières de supermarché en passant par les éboueurs ou les livreurs – ont été présents, renversant au moins pour un temps la hiérarchie sociale des métiers. Nos pays, s’ils ont été puissants dans leur capacité à décider d’un seul homme le confinement de tous, ont été défaillants dans la gestion de la crise sanitaire (masques, tests, confinement, vaccins).

Et pourtant, en France, chacun y va de son satisfecit. « Nous avons organisé la meilleure rentrée scolaire en Europe » (Jean-Michel Blanquer) ; « Pas un pays au monde n’a fait ce que nous avons fait pour sauver les entreprises » (Bruno Le Maire) ; « Nous sommes le seul pays à avoir autant testé la population » (Olivier Véran). La crise a été le concours d’une compétition permanente. Parce qu’au fond, ceux qui nous dirigent ont une obsession : même s’il faut trahir la vérité, la France doit être une puissance aussi incontournable qu’incontestable aux yeux du monde.

En politique, a fortiori à la veille d’une élection présidentielle, il n’y a pas de discours sur la France sans idée de puissance. Mais la France est-elle une puissance ? Si oui, laquelle ? Est-elle seulement puissante ? Si oui, comment ? Nous avons demandé à des hommes et des femmes politiques, responsables associatifs, intellectuels, personnalités issues des arts et des lettres de réfléchir à cette idée de puissance.

Bonne lecture.

DOSSIER : LES VERTIGES DE LA PUISSANCE
>>Les vertiges de la puissance
>>Michaël Fœssel « Un pouvoir autoritaire mise sur le sentiment d’impuissance des citoyens »
>>Ariane James-Sarazin « La guerre est à la source de l’autorité politique »
>>Gafam, un impérialisme numérique
>>Suède : l’anti-puissance
>>Lola Lafon « Si on est puissant, c’est qu’en bas il y a des impuissants »
>>Sandra Regol, La puissance des communs
>>Charlotte Girard, La puissance comme souveraineté
>>Elsa Faucillon, Puissance des imaginaires
>>Ségolène Royal, Dérisoire « puissance »
>>Christian Paul, Redonner du sens à la puissance
>>Françoise Vergès, Puissance destructrice
>>Caroline De Haas, Faire rimer « puissance » et « bienveillance »
>>Jean-Luc Mélenchon, « Pas de réelle souveraineté populaire sans puissance »

 

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  • Alalalal...

    l’Empire Americain.
    l’Empire Chinois.
    l’Empire Francophone.

    Voilà les 3 belligérants présents actuellement en Afrique. Toutes les interventions militaires américaines des 2 dernières décennies se sont faites contre l’influence de l’Empire français dans le monde arabe, contre le socialisme Arabe d’inspiration française.

    La gauche américaine se définit entièrement par rapport à la gauche française : le wokisme n’est qu’une extension de la "French Theory", les jeunes Gauchistes Californiens rêvent d’une sécurité sociale "à la française", boivent du vin, portent des bérets (voir la marque Brixton), et fument des cigarettes (électroniques).

    Le drapeau de la Chine, le drapeau de la première puissance économique mondiale, est le drapeau rouge, celui de la commune de Paris.

    Ce ne sont là que des exemples. l’impérialisme français n’a jamais été aussi puissant. La BNP Paribas est la plus grosse banque de la zone euro, l’oligarchie française la plus riche (et de très loin) d’Europe. La France est le pays qui produit le plus de millionaires chaque mois (190 nouveaux millionaires par mois). La France est le pays d’Europe qui attire le plus de capital étrangers.

    Mais notre bourgeoisie a appris à vivre caché, à dire que la France n’est plus une grande puissance. Et Il y a des Gauchistes pour les croire.

    jojoLeTroll Le 6 novembre à 22:48
       
    • 190 nouveaux millionaires par jour pardon (en 2019).En 2020, on en est à 310 milles nouveau millionaires sur l’année.

      J’avoue voir du mal à comprendre pourquoi tout une partie des Gauchistes rêvent de la France comme une puissance "moyenne" et secondaire, et refusent de regarder la réalité en face : nous somme la 2eme puissance impérialiste mondiale derrière les USA.

      jojoLeTroll Le 6 novembre à 23:01
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