CC GUE/NGL
Accueil | Par Loïc Le Clerc | 28 juin 2018

Tsipras attaque Mélenchon dans Le Point (et ce dernier lui répond)

Alexis Tsipras et la gauche européenne, c’est l’histoire d’un divorce qui s’est très mal passé. Alors quand le Premier ministre grec règle ses comptes avec Jean-Luc Mélenchon, le député LFI reprend de volée.

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À gauche, il est un débat qui dure depuis l’été 2015 : Alexis Tsipras est-il un traître ? Une chose est sûre, au lendemain du référendum où les Grecs ont rejeté la tutelle de la Troïka, le Premier ministre a plié, a perdu.

Depuis, Alexis Tsipras est toujours à la tête du gouvernement grec. Mais il a désormais plus d’alliés chez les soc-dems et les libéraux que parmi les rangs de la gauche critique.

LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR >> Grèce : le bilan discuté du gouvernement Tsipras

Le voilà qui donne ce jeudi 28 juin une interview au journal Le Point. Un long entretien au cours duquel Alexis Tsipras explique ses choix politiques, notamment en faveur d’une politique d’austérité. Quand soudain, cette question :

« En 2015, vous étiez le héros de nombreux politiques en Europe, comme Pablo Iglesias en Espagne, ou Jean-Luc Mélenchon en France. Conservez-vous des liens avec eux ? »

Puis, la réponse du dirigeant grec :

« Oui, nous gardons des relations fortes avec Podemos. Mais pas avec Mélenchon. »

Le ton est donné. S’en suit alors cet "échange" avec le journaliste de l’hebdomadaire :

« - Journaliste : Pourquoi ?
- Alexis Tsipras : Permettez-moi d’échanger les rôles et de vous poser une question à mon tour : que pensez-vous qu’il aurait fait s’il avait gagné l’élection présidentielle française ?
- Journaliste : Difficile à dire. Nous ne savons même pas s’il espérait vraiment la gagner, cette élection…
- Alexis Tsipras : Justement ! Je n’ai pas eu le sentiment qu’il avait véritablement envie de gouverner. Je me suis rendu compte qu’il ne saurait pas très bien quoi faire en cas de victoire. Ce n’est pas une position de gauche. Lorsque vous êtes de gauche, vous devez vous préparer au pouvoir avec un programme en faveur des plus faibles. Tout en sachant que vous aurez à prendre, parfois, des décisions difficiles. J’ai choisi de me préparer à prendre des responsabilités, de ne pas seulement être heureux dans ma posture révolutionnaire.
- Journaliste : Quel a été le déclic ?
- Alexis Tsipras : Le moment décisif a été lorsqu’on m’a demandé ma position sur l’Europe. Je savais que si ma réponse n’était pas claire pour les gens, je serais comme Mélenchon, je serais dans l’évitement. J’ai choisi de ne pas éviter l’aventure, de ne pas éviter la possibilité d’exercer des responsabilités. »

L’attaque est frontale. Et Jean-Luc Mélenchon n’a pas eu l’air d’en apprécier la saveur. Dans un tweet, le leader de La France insoumise répond :

« Alexis Tsipras, contrairement à toi nous voulons gouverner et ne pas être soumis. Non, nous ne voulons pas gouverner comme toi contre les retraités, les fonctionnaires et l’indépendance du pays. »

Plus tôt ce jeudi, le député LFI Adrien Quatennens avait déjà rétorqué à Alexis Tsipras, sur le plateau de LCP : « Je veux rassurer Alexis Tsipras […] toute la logique et toutes les étapes que nous franchissons visent à faire la démonstration de notre capacité à gouverner ».

La réconciliation n’aura pas lieu aujourd’hui. Ni demain d’ailleurs.

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Vos réactions

  • Tsipras fait du François Hollande.

    Récemment malgré les nombreuses grèves et manifestations des syndicats grecs, et après avoir appliqué consciencieusement un mémorandum pire que celui rejeté très majoritairement par les grecs , Tsipras a fait voter une loi limitant le droit de grève, c’est ça , pour lui être de « gauche » et « responsable » . C’est la trace qu’il laissera dans l’histore et la mémoire du peuple grec , à la manière de François Hollande.

    Gege Le 29 juin à 10:50
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  • débat a couteaux tiré entre tsipras et melenchon, chez les sociaux démocrates new look c’est la dispute, que c’est petit, petit petit !!!!

    leon Le 29 juin à 13:47
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  • Dis-moi Tsípras pourquoi as-tu organisé un référendum en faisant campagne pour le NON pour te parjurer quelques jours après ? Je pense que tu savais que tu signerais le énième mémorandum et que tu espérais que le peuple grec dise oui aux exigences mortifères de la commission européenne. Tu es bien de la même veine que ceux qui t’ont précédé au pouvoir.

    choucroute Le 29 juin à 16:49
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  • Ceux qui critiquent Tsipras ici lui donnent raison. Fallait il qu’il s’en aille lorsque les autres européens lui ont mis le couteau sous la gorge ? Que les donneurs de lecons à la Mélenchon s’en prennent à eux mêmes de n’avoir pas réussis à rassembler un large soutien populaire chez nous pour soutenir le peuple grec. Lui a tranché lors des elections, l’unité populaire, scission de siriza a fait 2 %. Siriza n’avait aucune issue a part faire ce que tous les gouvernants attendaient : quitter le pouvoir. Il a eu raison de ne pas le faire. Vive Tsipras et solidarité avec les grecs.

    Yves Le 30 juin à 02:42
       
    • @Yves vous êtes bien naïf. Les « gouvernants » comme vous dites ne sont pas ceux que vous croyez. Ils n’en ont rien à foutre de qui occupe les postes , Sarkozy ou Hollande, Papandreou ou Tsipras, pourvu qu’ils soient à leur service. Vous trouvez ça glorieux, allez le dire au peuple grec .

      Gege Le 30 juin à 07:18
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  • Je crois que vous n’avez pas bien suivi le déroulement des événements en Grèce.
    A le demande de Tsipras qui s’est engagé personnellement pour le NON le peuple grec a voté à 61% contre les exigences de la commission européenne, du FMI et de la BCE. Qu’a fait Tsipras quelques jours après cet événement historique ? Il signe un mémorandum plus sévère que ceux que ses prédécesseurs avaient acceptés sans consultation du peuple. N’avait-il aucun moyen de s’opposer à ces exigences folles ? Avec la force du peuple souverain il avait un poids qui lui permettait de mettre en oeuvre toute une série de mesures pour échapper au carcan mortifère des mémorandums. Il a choisit la capitulation et la trahison du peuple souverain comme Sarkozy et Hollande avant lui sur le traité de Lisbonne. Aujourd’hui il tente de laisser croire qu’il a sauvé la Grèce d’un cataclysme pire que les mémorandums et que finalement c’est lui qui avait raison. On connait cette méthode qui est couramment utilisée par tous ceux qui s’en prennent aux acquis sociaux des peuples. Mais en vérité il suffit de voir dans quel état est le pays pour comprendre qu’il n’a en rien influencé les décisions des défenseurs du capital financier. La question qui se pose à vous et à d’autres (au PCF particulièrement) c’est, à quoi bon demander au peuple de vous donner le pouvoir si c’est pour faire la même chose, voir pire que ceux que vous avez remplacé ? Vous demandez s’il fallait-il quitter le pouvoir ? Personne n’a jamais évoqué cette éventualité. Je vous retourne la question fallait-il prendre le pouvoir pour faire pire que ceux qui gouvernaient avant vous et qui ont été durement sanctionnés par le peuple grec ?

    choucroute Le 30 juin à 11:33
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  • Tsipras et Melenchon etaient tres amis en 2012.

    Tsipras est la preuve qu’un programme de Gauche Radicale ne marche que sur le papier, et pas dans la réalité.

    Melenchon s ’en est directement pris en la personne de Tsipras pour essayer de contourner le sujet.

    Lamentable.

    bdpif Le 1er juillet à 23:47
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  • le pb du pouvoir n’est pas binaire et les enjeux pour les humbles sont terribles. Lénine reconnaissait que la révolution bolchevique a été possible parce que une écrasante majorité des russes étaient d’accord avec le "programme " : fin de la guerre et redistribution des terres notamment. Après il a reconnu qu’elle ne pouvait pas réussir dans sa visée communiste mais que le pc devait assumer ses responsabilités. Nous n’en sommes pas là mais sans soutien majoritaire et actif ! (prêt à se mobiliser ailleurs que devant son poste de télévision ) la lutte contre le capitalisme européen est illusoire. On risque de sombrer comme tsipras.

    Jean du 13 Le 16 juillet à 12:44
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