Accueil > écologie | Par Loïc Le Clerc | 23 janvier 2020

Une semaine en Macronie : violences, mensonges, fraude et destruction de l’environnement

Était-ce une semaine comme une autre en Macronie ? Peut-être bien. Mais six informations nous ont littéralement sauté aux yeux. Comme six signes avant-coureurs de la fin d’un règne.

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Commençons par les violences policières. Mercredi 15 janvier, on pouvait lire ceci sur le site Révolution permanente : « L’agent RATP qui s’est interposé pour protéger une infirmière déféré au tribunal pour outrage et rébellion ».

 

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Le 9 janvier dernier, lors d’une manifestation, une infirmière est prise à partie par plusieurs « gardiens de la paix » qui la traîne par terre. Arnaud, agent RATP, s’interpose. Il sera roué de coups, au sol, blessé à la tête, avant d’être interpellé. S’en suivent 48h de garde à vue. Pendant ce temps-là, SUD santé AP-HP publie un communiqué sur sa page Facebook : « Grâce à la protection d’un manifestant, notre collègue aide-soignante a évité le pire. Merci à lui. » Pour seul remerciement officiel, Arnaud sera déféré au tribunal. Il est accusé d’outrage et rébellion – une accusation classique à l’encontre des victimes de violences policières.

Dans le même genre, quoique plus vicieux, dans Le Parisien : « Le manifestant frappé au sol sera jugé en février pour violences sur policiers ». Oui, vous avez bien lu. Samedi dernier, lors de la manifestation parisienne des gilets jaunes, Clément se fait frappé au sol par un policier. Selon BFMTV, le médecin qui l’a ausculté pendant sa garde à vue lui a prescrit quatre jours d’ITT en raison d’hématomes et d’une plaie ouverte au crâne qui a nécessité plusieurs points de suture. Mais c’est bien Clément qui est derrière les barreaux, c’est bien lui qui devra répondre prochainement aux faits qui lui sont reprochés : violences sur policiers. Dans sa grande empathie, le parquet va requérir sa mise en liberté sous contrôle judiciaire.

C’est à se demander si Gilles Martinet, doctorant à l’IHEAL, ne va pas subir le même sort après avoir été blessé à la tête par un policier lors des vœux de la ministre de l’Enseignement supérieure, Frédérique Vidal.

 

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Des violences aux mensonges

Des mensonges, il y en a. Intéressons-nous à celui prononcé par Daniel Cohn-Bendit précisément. Le 19 janvier, sur LCI, Dany le rouge lance : « Clermont-Ferrand. Les vœux du candidat de La République en marche. Ils font les vœux et lancent leur campagne électorale. Une cinquantaine ou une quarantaine de militants : LFI, la CGT… et la candidate LFI attaquent le siège, cassent les vitres, commencent à cogner ceux qui sont dedans, c’est ça le problème. »

En réalité, le « problème », c’est que tout est faux. Comme on le lit sur le site d’Acrimed : « Il n’y a pas eu d’"attaque". Pas de "vitres cassées". Et encore moins de personnes qui ont été "cognées".  »

Que Cohn-Bendit mente pour dénoncer la supposée violence des manifestants/militants/syndicalistes, c’est son choix. Mais il accuse (presque) ad nominem « la candidate LFI » Marianne Maximi. Cette dernière demandera sur Twitter « un démenti au plus vite ». Voici le « démenti » en question, le lendemain, toujours par l’icône de Mai-68 : « Prenez l’exemple à Clermont-Ferrand : le groupe La République en marche veut faire ses vœux et lance la campagne municipale. Il y a une quarantaine de personnes : dont certains Insoumis, CGT, cheminots, je sais pas, Gilets jaunes et tout ça… qui cassent, qui rentrent, qui veulent les empêcher de faire leurs vœux. »

Derrière chaque menteur, il y a un voleur.

En parlant de voleur…

Vous savez, si vous êtes un lecteur averti de nos articles, qu’en Macronie, c’est « magouilles et compagnie ». Et bien sachez donc que la plainte pour « détournements de fonds publics, abus de biens sociaux, et infractions au code électoral », déposée auprès du procureur de la République de Lyon, le 11 juin 2018, concernant l’affaire du financement de la campagne électorale d’Emmanuel Macron dans la capitale des Gaules, a été classée sans suite par le parquet de Lyon.

C’est loin d’être le dernier volet de la série des comptes de campagne de Macron 2017. Mais il faut lui reconnaître qu’il a tiré les enseignements de maître Sarkozy (lisez cet article du Monde !)

Enfin, l’écologie…

On le sait, Emmanuel Macron est « le champion de la Terre ». Plus écolo, tu meurs. Et comme l’écologie est tout à fait compatible avec le capitalisme, cette info de Reporterre ne nous a pas du tout étonnée : « Le gouvernement accélère la privatisation de l’Office national des forêts ».

Ça n’a l’air de rien, mais voilà ce qu’écrivent nos confrères : « Le gouvernement entérine la privatisation de l’office public chargé des forêts : ses agents pourront de plus en plus être de droit privé. Cette mesure capitale affaiblira leur pouvoir de protection des forêts. »

Et pendant ce temps-là, Emmanuel Macron recevait les grands patrons du monde entier à Versailles – avant qu’ils ne se rendent à Davos. Un rendez-vous annuel immanquable depuis le début du quinquennat. Il faut bien fêter les cadeaux fiscaux.

On gage qu’en matière politique, qu’elle soit sécuritaire, financière ou écologique, Emmanuel Macron doit faire des envieux aux quatre coins du monde, en Russie, au Brésil, en Australie, aux États-Unis…

 

Loïc Le Clerc

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