Accueil | Par Loïc Le Clerc | 5 novembre 2019

VIDÉO. 1905-2019 : de la séparation à l’abjection

De la séparation des Églises et de l’État au voile islamique, 114 ans séparent ces deux séquences politiques françaises. Pour le meilleur et pour le pire.

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1905. Les parlementaires débattent d’un texte fondateur de la République française : la séparation des Églises et de l’État. S’illustrent alors des orateurs tel l’abbé Gayraud, Aristide Briand, Maurice Allard et Jean Jaurès.

2019. Les parlementaires débattent d’une proposition de loi de la droite sénatoriale visant à interdire aux femmes voilées d’accompagner les élèves en sortie scolaire. Si la qualité des orateurs est sans commune mesure d’avec celles de la IIIème République, certains tirent le débat vers le haut – citons notamment Jean-Luc Mélenchon, Laurence Rossignol et Édouard Philippe – quand d’autres se complaisent dans la fange.

Les images que vous allez voir ci-dessous sont tirées du film « La séparation » (téléfilm documentaire de François Hanss, disponible en intégralité en suivant ce lien) et d’extraits des débats actuels, filmés par LCP et Public Sénat.

 

Loïc Le Clerc

 

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BONUS. 5 raisons de ne pas modifier la loi du 9 décembre 1905

1. Parce qu’elle garantit la liberté de conscience, et la liberté d’exprimer des convictions, qu’elles soient religieuses ou non, dans le respect d’autrui et de l’ordre public.

2. Parce qu’elle fixe la séparation de toutes les religions et de l’administration publique, garantissant sa neutralité et son impartialité vis-à-vis de tous.

3. Parce qu’elle garantit la liberté de culte et la possibilité de critiquer la religion, dans le respect des lois de la République.

4. Parce qu’elle est adaptée à toute évolution de la société française : elle s’applique à toutes les religions de la même façon et garantit les mêmes droits et devoirs à tous, quelles que soient leurs convictions.

5. Parce qu’elle fixe des règles strictes et claires pour garantir un parfait équilibre entre la garantie des libertés individuelles et le nécessaire respect du cadre collectif. Aujourd’hui par exemple, on peut déjà sanctionner tout comportement qui viserait à imposer une pratique religieuse (ou à empêcher l’exercice d’un culte) ou à faire prévaloir une telle pratique sur les lois de la République. Inutile d’aller plus loin : dans un État droit, dès lors que cela ne trouble pas l’ordre public, on n’interdit pas tout ce qui peut nous déplaire individuellement.

Reste qu’il faut que tous les acteurs de la laïcité connaissent précisément cette loi et la fassent pleinement appliquer.

En ce sens, pour en renforcer l’application, il est néanmoins possible d’ajuster certaines dispositions techniques dans le cadre des titres IV et V (associations à objet cultuel et police des cultes) suite à la réforme du code pénal et du code des collectivités territoriales.

 

Nicolas Cadène

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