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  • 17 mai 2012 |

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DSK : portrait d’un oligarque

 
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Dominique Strauss-Kahn, né à Neuilly, a grandi entouré de l’élite économique et sociale. Pour les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot, il est un pur produit de l’oligarchie. Or c’est le propre des dominants de posséder les réseaux et l’argent qui leur permettent de se remettre sur pied.

Dominique Strauss-Kahn naît, en 1949, à Neuilly-sur- Seine – une ville qui est déjà l’emblème des familles les plus riches. A cette époque, l’habitat reste clairsemé, la densification remontant aux années 1950-60. Avocat et consultant, il baigne dès l’enfance dans le monde du droit, de la fiscalité et des médias par son père, conseiller juridique et fiscal, et sa mère, journaliste et assureur.

Dès le plus jeune âge

Après avoir suivi des études de droit comme de nombreux enfants de Neuilly, il intègre HEC, une grande école de commerce. Il réussit l’agrégation de sciences économiques et obtient le diplôme de l’Ecole des sciences politiques de Paris, ce qui lui permet d’être en phase avec le passage du capitalisme industriel au capitalisme financier.

Si les études juridiques sont une spécificité de la grande bourgeoisie, c’est que cette discipline, qui n’est enseignée ni en primaire ni dans le secondaire, est au coeur du dispositif de la reproduction des rapports sociaux. Pour continuer à dominer, en transformant leurs intérêts particuliers – financiers, fiscaux, culturels – en intérêt général, les dominants doivent se familiariser avec le droit dès leur plus jeune âge. C’est pourquoi la version réactualisée du Président des riches propose que le droit soit enseigné dès l’école primaire.

Le jeune Dominique Strauss- Kahn, comme tous les enfants de ces milieux, grandit dans la collusion de fait entre les différentes élites. Sa famille, politiquement à gauche, a vécu à Agadir, au Maroc, où DSK a connu le tremblement de terre atroce du 29 février 1960 dans lequel il a perdu plusieurs de ses amis. Ensuite, elle s’est installée à Monaco.

Dominants

On peut supposer qu’autour de la table familiale, il y avait des avocats, des hommes politiques, des hommes d’affaires et peut-être même des artistes. Des individus qui représentent les pôles dominants des différents secteurs de l’activité économique et sociale.

Le conflit d’intérêts est consubstantiel à la grande bourgeoisie  : elle ne peut même pas en prendre conscience, cette collusion allant de soi. La séparation des pouvoirs n’existe pas pour cette classe qui fonctionne en tant que classe. Tout se mélange à travers la sociabilité mondaine.

Dominique Strauss-Kahn est membre du Siècle, un cercle où il retrouve de grands journalistes, au point d’épouser l’une d’elles, des conseillers fiscaux, des hommes politiques de droite et de gauche. C’est là qu’il peut rencontrer Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire d’une agence de notation, Martine Aubry, François Fillon, etc.

Candidat des riches

Dominique Strauss-Kahn portait à un point inimaginable les qualités de représentant de l’oligarchie. Il aurait été le candidat des riches en 2012. Quelques exemples suffisent à étayer cette affirmation.

En 1999, alors qu’il est encore ministre de l’Economie et des Finances sous le gouvernement de Lionel Jospin, il baisse de manière considérable la fiscalisation des stock-options, y compris donc celles des patrons du CAC 40, en la faisant descendre de 40 % à 26 %. Par ailleurs, il privatise l’Aérospatiale au bénéfice de son ami Jean-Luc Lagardère, membre du Cercle de l’Industrie, que DSK a créé en 1993 alors qu’il était ministre. Dans le Conseil d’administration de ce cercle, on retrouve aussi Lindsay Owen-Jones, de L’Oréal, et Vincent Bolloré.

Dominique Strauss-Kahn procède également à la privatisation de France Télécom dont l’actuel président est Stéphane Richard, autrefois son conseiller à Bercy. France Télécom est aujourd’hui conseillée par Euro RSCG, et notamment par Stéphane Fouks, qui s’occupait aussi de l’image de DSK et du FMI. Ainsi se déroule la pelote de laine oligarchique.

L’ami Sarkozy

Si Dominique Strauss-Kahn scinde la SNCF, les rails relevant dorénavant de Réseau ferré de France, c’est pour amorcer une privatisation interne, comme lorsqu’il sépare GDF de EDF. Henri Proglio, patron d’EDF nommé par Nicolas Sarkozy, est un ami de longue date de Dominique Strauss- Kahn dont les liens avec le président de la République sont nombreux. Ils travaillent en effet avec les mêmes communicants, dont Alain Minc avec lequel Dominique Strauss-Kahn dînait régulièrement.

Parmi les anciens collaborateurs de DSK à Bercy, Mathieu Pigasse est devenu banquier chez Lazard, François Villeroy de Galhau est aujourd’hui l’un des hauts responsables de la BNP-Paribas et Stéphane Keïta a obtenu d’importantes responsabilités à la Caisse des dépôts.

Dans Le président des riches, nous relatons un dîner dans le septième arrondissement de Paris au cours duquel on demande à un grand banquier quel est son ministre de l’Economie et des Finances préféré. Sa réponse : « Pierre Bérégovoy, car il a déréglementé tous les marchés. » On peut donc travailler pour les intérêts de l’oligarchie tout en affichant des valeurs socialistes.

L’épisode judiciaire récent n’a pas ébranlé ce système oligarchique. C’est aujourd’hui un individu qui s’écroule, et encore, la suite peut réserver des surprises. Dominique Strauss- Kahn a jusqu’à présent toujours su rebondir, comme lorsqu’il a bénéficié d’un non-lieu dans l’affaire de la Mnef. C’est d’ailleurs le propre des oligarques de posséder des réseaux et de l’argent qui leur permettent de se remettre sur pied dans bien des circonstances, et d’être déclarés innocents.

Coexistence

La professionnalisation de la politique conduit inéluctablement à une coexistence permanente avec les autres personnalités de la vie économique, sociale et culturelle. En premier lieu avec les patrons et les dirigeants d’entreprises. Mais aussi avec les magnats de la presse, les hauts fonctionnaires, les hauts magistrats et les responsables des forces de l’ordre.

Dominique Strauss-Kahn est, ou était, l’un des représentants les plus marquants de ce haut personnel politique qui fait partie de l’oligarchie, qu’elle soit de droite ou de gauche.

  • Billet publié en avril 2011


    Strauss-Kahn : DSK 1983-2011 - quand au PS, la boucle est bouclée avec la candidature à la présidentielle de 2012 d’un Dominique Strauss-Kahn patron du FMI

    ***

    Qui peut oser imaginer que DSK aura l’arrogance, ou bien plutôt… le culot et l’indécence de se porter candidat de la gauche socialiste à la présidentielle de 2012 ?

    Impensable l’idée que Strauss-Khan puisse se présenter après avoir accepter le poste de directeur du FMI ; poste que tout homme de gauche se doit de refuser quand on connaît les options économiques aux répercutions sociales dévastatrices de ce Fonds monétaire ; et qui plus est… poste obtenu avec l’appui d’un Président de droite ; et pire encore… un candidat qui a fait campagne, comme jamais dans l’histoire de la Ve République (il y a aussi des soutiens qui faut savoir refuser !), sur les terres de l’extrême droite.

    Ou bien alors, avec DSK, aurions-nous donc affaire à un individu qui, ne se refusant rien, s’autorise tout... tout et son contraire ? Un DSK tel un mensonge qui dirait toujours la vérité, ou bien encore… un DSK escroc-honnête capable d’être une chose et son contraire avec la même aisance.

    Certes ! Eternels caméléons, bouffis d’orgueil, toujours prompts à servir, pour ces individus dont les visages ne sont que des masques, l’important est de rester dans le « jeu et la course – dans tous les jeux et dans toutes les courses »… se croyant flamme... alors qu’ils ne sont que mèche, en éternels larbins des dominants ; pour preuve : les DSK passent mais le FMI demeure.

    Aussi, tout est possible.


    Menace et péril à Gauche…

    La rumeur va bon train, les ralliements aussi ; on parle de "candidature naturelle" chez les socialistes en vue de la présidentielle 2012, qui pourrait bien être celle de Dominique Strauss-kahn.

    ***

    Que le Peuple de gauche se souvienne de l’élection présidentielle de 2002 lorsqu’on lui a demandé de voter à droite : Chirac contre Le Pen !

    C’était la première fois ; cela doit être la dernière !


    Etat des lieux :

    - Depuis quand est-ce que le FMI (1) et ses politiques d’ajustements structurels sont-ils de gauche ? A ce sujet, en quoi la gestion de la crise de la dette publique grecque de 2010 par le FMI a-t-elle révélé ou confirmé chez DSK son appartenance à la gauche socialiste ? (pour en savoir plus sur la gestion de cette crise : cliquez le FMI et la crise en Grèce)

    - DSK, ministre des finances, de lui, qui se rappellera une seule décision digne d’être qualifiée de « politique budgétaire et/ou financière de gauche » ?

    - Pour ce qui est du renflouement en 2009 des banques menacées de banqueroute, M. Strauss Khan n’a pas hésité un instant avant de qualifier de « belles âmes » (comprenez : doux rêveurs) tous ceux qui demandaient pour l’Etat-sauveur, en contre partie de ce renflouement, un fauteuil au conseil d’administration de ces mêmes banques.

    - Quant à l’environnement, demandez donc à Voynet, alors ministre ! C’est la manche qu’il lui a fallu faire pour obtenir de DSK ministre des finances, des crédits aussi modestes soient-ils !

    - Et pour finir… DSK est un atlantiste servile (un inconditionnel de l’Otan et des Etats-Unis) et un soutien indéfectible à la politique déshonorante d’un Etat-allié-malgré-nous qui nous coûte et ne nous rapporte rien, à savoir : Israël.

    Or, il est grand temps que l’Europe cesse ce "as little as possible" en politique étrangère et que la gauche définisse enfin une politique qui renforce l’indépendance de la France et de l’Europe (voir les thèses de Hubert Védrine à ce sujet) ; une politique qui sache soutenir le plus faible sans avoir à demander l’avis du plus fort ; une politique qui nous donne les moyens de parler à cette région qui s’étend de Marrakech à Téhéran, car là se trouve notre avenir en tant qu’Europe puissance – influence, conseil, alliance, partenariat -, pour mieux gagner les cœurs et les esprits (Hearts and minds) des peuples de ce vaste territoire.

    1 - Strauss-Kahn refuse « le dogme » de la retraite à 60 ans : les Français aimeront aussi apprendre que la retraite du président du FMI est garantie au bout de trois ans de service et qu’il touchera 80 000 dollars par an. Un « dogme » d’une toute autre ampleur - Philippe Marlière Rue89.

    ***

    Vraiment ! On ne verra qu’un cas de figure où DSK pourrait être considéré comme un homme de gauche : c’est à droite, auprès des hommes de droite !

    Et qu’on en finisse donc une bonne fois pour toutes avec tous les tartuffes de l’engagement politique à gauche, véritables fossoyeurs d’Utopies et d’espoir, champions toutes catégories de la dé-mobilisation électorale et de l’abstention chez les classes populaires et les petites classes moyennes ! Gestionnaires sans imagination et sans courage, qui n’ont pour seul programme... leurs ambitions personnelles, incapables d’aucun … acte envisagé dans la perspective du processus dont il interrompt l’automatisme, et dans le cadre duquel il se produit un miracle (Hannah Arendt sur la liberté et l’action en politique) au nom d’un réalisme de jeanfoutre méprisant.

    Aussi...

    Dès maintenant, que toutes les gauches se mobilisent et adressent une fin de non recevoir à cette candidature, et qu’elles n’hésitent pas à recourir au chantage aux non-reports de voix et/ou aux consignes d’abstention au 2è tour de la présidentielle si par malheur DSK est candidat.

    Dans le cas contraire, nombreux sont ceux qui s’empresseront de renouer avec une activité, à tort... trop longtemps délaissée, à savoir : la pêche à la ligne.

    Promis ! Juré !

    Car...

    Mieux vaut une défaite qu’une victoire avec DSK ! Et ce afin que vive l’espoir à gauche : l’espoir d’une gauche de gouvernement pour une nouvelle République et une nouvelle Europe porteuses d’une prospective et d’un projet courageux et imaginatifs.

    Serge ULESKI Le 7 juillet 2011 à 22:58

    Répondre

       
    • .

      Cet article montre bien que le véritable clivage de la société française n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre des princes de Machiavel des deux bords politiques et, d’autre part, tout le reste de la population.

      Ceci va exactement dans le sens de ce qui est constaté par le mouvement Ortograf-FR concernant la politique éducative pratiquée depuis les années 1960et l’abandon de l’école de Jules Ferry.

      Dans la mesure où « le savoir, c’est le pouvoir », Machiavel, c’est à dire le microcosme des décideurs des deux bords politiques, utilise toutes les ruses possibles pour écarter les classes moyennes et populaires des savoirs fonctionnels, qui, eux et eux seuls, sont synonymes de pouvoir.

      La nature humaine étant ce qu’elle est, et en apportant à tout être humain le respect qui lui est dû, il se trouve que les princes de Machiavel ont à leur service, à l’intérieur de l’institution, tous les relais et toutes les prostituées souhaitables pour saboter le service public d’éducation.

      Voir par exemple, dans le POLYCOP Ortograf 2010 ou ailleurs, les mini-tracts :

      1°) « Fabriquer des crétins pour dynamiser la France »

      2°) « Les deux heures de « soutien » scolaire » : un calcul de voyous »

      3°) « Marchands d’orthographe, fabricants de haine »

      Ou encore :

      4°) « Eclairages interdits sur mai 68 » (6 pages)

      http://www.alfograf.net/ortograf/im...

      5°) « La soi-disant « montée » du populisme : les marchands d’orthographe pouffent de rire dans leurs barbes »
      http://www.alfograf.net/ortograf/im...

      (suite)

      Voir en particulier comment une clique de pédagos du forum Education de france2 et de Wikipédia utilisent le projet loufoque du mouvement pseudo-réformateur Ortograf.NET pour accentuer encore la dégradation d’un enseignement destiné aux enfants des classes moyennes et populaires.

      Sur le forum Education de France2, un certain Professeur Singe brandit avec obstination une orthographe bébête dont il sait très bien qu’elle ne sera jamais adoptée.

      Dès lors, la manière dont certains pédagogues, y compris sur Wikipédia, encouragent son mouvement Ortograf.NET n’a qu’une explication possible : cautionner une aventure pédagogique irresponsable, de telle sorte que la quasi-totalité des élèves ne soit plus capable d’écrire avec une orthographe correcte et que seuls quelques enfants des milieux privilégiés puisssent échapper à ce désastre.

      Noter encore la manière dont Valérie Pécresse et les marchands d’orthographe ont réussi à galvaniser les haines populistes contre les enseignants au beau milieu de la bataille sur les retraites de fin 2010.

      « Valérie Pécresse, prochain boulet pour nicolas Sarkozy »
      http://www.alfograf.net/ortograf/im...

      Ortograf-fr, F-25500-MONTLEBON sites : 1°) http://www.alfograf.net 2°) http://alrg.free.fr/ortograf
      doc f084 – juillet 2011

      Ortograf-fr Le 9 juillet 2011 à 08:18
  •  
  • il y a déjà longtemps que les démocraties n’offrent que des pseudos choix et alternatives, à force de dire que la démocratie est la cible et le but indépassable nous voilà désormais dans cette féodalité nouvelle, déguisée et que l’on met beaucoup de temps a percevoir ...parfois jamais, elle est une illusion très subtile car nous n’osons plus regarder la réalité, cette féodalité vous la décrivez très bien, elle est comme un parasite dans le ventre de la république, et elle vit avec et elle finit par être même dépendante de ce parasite. maintenant la question est d’ordre morale donc médicale comment diagnostiquer la chose sans rendre ce parasite fou furieux au point de tout vouloir définitivement tout gangréner ?
    dites-vs bien que ces gens-là sont des fous furieux ... des parasites.
    marley,

    marley Le 6 septembre 2011 à 12:04

    Répondre

  •  
  • Il a bien travaillé pour ses "amis" dont le FMI en privatisant ce qui faisait la fierté de la France SNCF, EDF,Télécom, etc.

    Qui s’inquiète de la prospérité de la France si ce n’est son peuple laborieux ?

    De très loin où je me trouve, et depuis très longtemps, je n’ai jamais compris le mot "socialiste" mis dans la dénomination du PS...

    Jalal.Ben Le 9 octobre 2011 à 00:09

    Répondre

  •  

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  • Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sont sociologues, spécialistes de la grande bourgeoisie française. Dans leur dernier ouvrage, Le président des riches , (éd. Zones, 2010), ils mettent en cause les collusions d’intérêts chez les dominants.

    Retrouvez le grand entretien qu’ils avaient accordé à Regards en septembre 2010 à l’occasion de la sortie de leur ouvrage.

  • Cet été, Monique et Michel Pinçon-Charlot vous suggèrent...

    ... un film : La conquête

    « La presse n’a pas été du tout unanime pour saluer ce film que nous avons trouvé très intéressant. On y voit à l’oeuvre le fonctionnement du pouvoir, ce tricotage entre vie personnelle et publique, et le jeu des acteurs exceptionnel. »

    La conquête , de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès et Florence Pernel. Déjà en salles.