Richard Ying et Tangui Morlier
Accueil | Par Nathanaël Uhl | 7 avril 2014

La gauche du PS ne sort pas de la majorité

Les 80 députés socialistes frondeurs de la semaine passée ne manqueront pas de voter la confiance au gouvernement. À quelques éventuelles exceptions. Ils veulent croire en des « annonces de gauche » dans le discours de Manuel Valls.

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« Nous ne nous mettrons pas en dehors de la majorité présidentielle. » Les députés frondeurs du Parti socialiste voteront donc la confiance au gouvernement, à l’occasion du discours de politique générale prononcé mardi par le nouveau Premier ministre. Manuel Valls a poussé le souci du détail jusqu’à recevoir une délégation des députés proches de Martine Aubry, de Marie-Noëlle Lienneman ou de Benoît Hamon qui ont grogné la semaine passée. L’explication de texte a porté ses fruits, côté gouvernement, puisqu’il ne devrait y avoir aucun vote de défiance ce mardi à l’Assemblée.

Une réorientation attendue de la stratégie européenne

« Déjà, il y a eu un dialogue », commente Pouria Amirshahi, qui était de la rencontre dimanche. L’absence de concertation du parlement par l’exécutif fait partie des griefs exprimés par les gauches du Parti socialiste. « On a l’impression que, jusqu’à présent, seule une partie de la société est entendue, comme on le voit avec l’ANI ou le pacte de responsabilité », précise le député des Français de l’étranger – parmi les plus acerbes dans ses critiques. Ses propos rejoignent ceux tenus par le député de la Seine-Saint-Denis, Razzy Hammadi, qui ose ce cruel « dans toute la Ve République, on n’a jamais vu un exécutif aussi éloigné du parlement ».

Dimanche, Manuel Valls a donc écouté les députés parler de la « nécessité » de réorienter la politique économique et budgétaire, notamment la stratégie européenne. Les aura-t-il entendus ? Pouria Amirshahi se montre prudent : « On verra bien. Mais si vous voulez tout savoir, je n’écarte pas la possibilité d’une abstention ». Du côté de Jérôme Guedj, député et président du Conseil général de l’Essonne, on ne se montre guère prolixe. Le héraut de Maintenant la gauche (le courant de Marie-Noëlle Lienneman et Emmanuel Maurel) à l’Assemblée se fait discret. Dans son entourage, on évoque le discours de Valls, demain, en cours de rédaction.

Le Pacte de responsabilité au parlement ?

Le texte ferait la navette entre Matignon et l’Élysée. Et les proches de Jérôme Guedj n’écartent pas « une à deux annonces sociales fracassantes ». Henri Emmanuelli, l’homme fort d’Un monde d’avance, l’autre courant de gauche au PS, à l’Assemblée, a prévenu sur son blog : « Le retour du Pacte de responsabilité entre les mains des parlementaires est le prix de la confiance », écrit-il en substance. Ce Pacte, assorti de nouvelles exonérations de cotisations sociales part employeur, sans aucun engagement concret de la part du Medef, est érigé en symbole de la « réorientation » tant attendue par les frondeurs.

Ils se réuniront demain, mardi à 10h, à l’Assemblée nationale pour définir d’une position commune. Sans surprise, elle sera celle de la confiance. Il y aura, peut-être, quelques abstentions du côté des plus remontés. Mais le départ des ministres Europe Écologie-Les Verts du gouvernement laisse peu de marge aux contestataires, quand les députés Front de gauche ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteront contre la confiance. Il faut aussi dire que le nom de Jérôme Guedj comme potentiel secrétaire d’État court la presse. Après Benoît Hamon à l’Éducation nationale, Manuel Valls n’oublie pas le vieil adage : « Garder ses amis près de soi, garder ses adversaires encore plus près ».

À moins que les grands élus socialistes, échaudés par la vague bleue des municipales, craignant pour leur réélection l’an prochain, ne cherchent aussi, même à gauche, un point d’atterrissage au gouvernement.

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Vos réactions

  • La majorité sans EELV est considérablement rétrécie : 2 voix... 2 votes Contre ou 2 abstentions et la confiance n’est pas votée. Ces 2 voix s’élèveront-elle ? Je ne pense pas que les grandes gueules de la gauche du PS prennent le risque de la dissolution après les résultats des municipales. On parie ?

    JC Rennes Le 8 avril 2014 à 02:50
       
    • C’est bien justement là le pari de Hollande. Non content de mépriser ses électeurs de 2012 et la colère exprimée lors du dernier scrutin, il méprise aussi sa majorité parlementaire en choisissant le plus droitier d’entre-eux. Monsieur "synthèse" parie sur la vénalité de ses troupes, les plus remuantes comprises. Il sait ou croit savoir - après dix ans passé à la tête du PS - que "la gauche de la gauche" est et restera son opposition de confort ; celle qui justifie encore de conserver les qualificatifs de gauche et de socialiste contre l’avis d’un certain manuel Valls. Certains lui reprochent de n’avoir pas su revêtir le costume des institutions de la Vème République. C’est tout le contraire. Déjà comme premier secrétaire du PS, il considéraient les membres de son opposition de gauche comme des godillots ; il ne lui fut donc pas difficile de continuer à le faire vis à vis de tous les parlementaires. Prendre le risque de faire chuter le gouvernement pour retourner devant des électeurs après la catastrophe des municipales ferait pourtant entrer dans l’histoire ceux qui si risqueraient comme les seuls ayant été capables de résister. Les oubliettes pour Hollande, la postérité pour les autres. A eux de voir. Je ne prends pas de pari. L’heure est bien trop grave pour cela.

      Law Le 8 avril 2014 à 08:21
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    • Vous oubliez le groupe PRG/huistes/Falorni (17 ou 18 membres) qui ne manquera pas de voter la confiance. Il faudrait bcp plus d’abstentions que ça...

      marxiste Le 8 avril 2014 à 10:21
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