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Accueil | Par Catherine Tricot | 31 mars 2014

Municipales : comment Bobigny s’est perdue ?

La ville n’est pas le moindre des bastions communistes en Seine-Saint-Denis tombés à droite à l’issue de ces élections. Perte d’identité, manque de lisibilité du projet, absence de stratégie départementale du PCF… quelles sont les raisons de cet échec ?

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La mairie de Bobigny vient de passer à l’UDI. C’est un tremblement de terre : Bobigny compte parmi les très rares villes à voter communiste sans discontinuer depuis 1920. La défaite est d’autant plus rude qu’elle s’est jouée face à la droite. Les électeurs auraient-ils disqualifié un système de valeurs ?

Manque d’identification

La municipalité de Bobigny s’est illustrée par son action en faveur du droit de vote des étrangers. Elle s’oppose aux expulsions locatives et l’applique dans le parc social municipal. Elle s’attache à consulter les habitants en organisant chaque année des assises de la ville. Elle recherche des solutions de dignité pour les Roms. Une partie des Balbyniens l’approuve. Mais plus encore ont récusé cette politique qui était devenue un marqueur municipal.

Un tel échec n’a pas qu’une seule origine. Celle d’une défaite pour cause de soutien aux pauvres et aux plus pauvres d’entre les pauvres ne saurait être retenue. Ce qui fragilise le vote en faveur des municipalités Front de gauche est souvent leur manque d’identification. À Bobigny, il y avait au contraire la recherche d’une politique et d’une identité très ancrée à gauche, dans les valeurs humanistes. Comment ce qui hier était une fierté est-il devenu aujourd’hui une fragilité ? Dans les années 2000, la ville avait un slogan « Bobigny, ville capitale » qui se déclinait l’été en « Bobigny sur Ourcq ». Depuis quelques années l’identité mise en avant était « Bobigny, belle et rebelle ». Peut-on se dire que dans ce glissement, ici symptomatique d’un changement de pied, se trouve le talon d’Achille de la municipalité ? La politique communiste s’incarnait dans un projet ambitieux, communiste, urbain et "métropolitain". La politique de solidarité et de proximité a perdu ce fil. Elle en a perdu son socle.

La nécessité d’un projet pour tous

La ville de Bobigny n’a pas su seule poursuivre une vision stratégique de sa place. On ne saurait l’accabler. Tout le cœur de la Seine-Saint-Denis (Drancy, Romainville, Bobigny, Blanc-Mesnil, Noisy-le-Sec) était hier composé de communes sous la conduite du PC. De Georges Valbon à Marie-George Buffet, ses dirigeants n’ont pas su promouvoir un projet porteur pour le département et ses communes. Le soutien qui manquait à l’échelon départemental n’est pas davantage venu de l’échelon national, qui n’a pas vu la place organisatrice du projet dans le discours politique. Aucune de ces villes du centre du département n’est plus communiste. À la différence de Montreuil, Saint-Denis et Tremblay.

Un projet alternatif ne peut exister que dans le souci de la proximité et de la solidarité. Mais ces valeurs qui fondent le choix politique du Front de gauche ne peuvent avoir de sens partagé que dans un projet pour tous, ambitieux. À défaut, c’est l’incompréhension. Et si la droite ou l’extrême droite l’exploite, c’est la catastrophe politique.

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Vos réactions

  • "De Georges Valbon à Marie-George Buffet, ses dirigeants n’ont pas su promouvoir un projet porteur pour le département et ses communes"
    Comment reprocher ce qui se passe aujourd’hui à Georges Valbon qui a quitté la mairie depuis 18 ans maintenant ?!
    Comment parler de projet non-porteur ??!

    Mal à la tête Catherine Tricot ? Trop fêté les résultats d’hier ??

    Incroyable Le 31 mars 2014 à 11:49
  •  
  • Là, à Regards, vous avez fumé de la bonne. Ou vous revoyez l’histoire. Ou vous voulez dédouaner les responsables de la déroute... Lamentable !

    Babouchka Le 31 mars 2014 à 12:12
       
    • Le problème c’est que la déroute en Seine Saint Denis (et ailleurs) s’inscrit dans la durée. Évidemment, ne pas regarder au-delà de ce week-end, permet plus facilement de demander la tête de Pierre Laurent.

      Ido Scarpa Le 1er avril 2014 à 10:48
  •  
  • Et Maurice Nilès responsable de la droite à Drancy. Pourquoi pas l’influence de Clamamus (maire communiste passé à la collabo dans les années 1940). Vous écrivez n’importe quoi.

    Babouchka Le 31 mars 2014 à 12:18
  •  
  • le pc a perdu pas mal de bastions par sa faute . Souvent un double langage et surtout par des alliances douteuses avec le ps .

    lineand Le 31 mars 2014 à 15:27
  •  
  • Bonjour Catherine Tricot,
    Une énorme tristesse m’empêche d’apprécier aujourd’hui avec objectivité les raisons du vote des balbyniens. Peut-être plus tard.
    Mais oser écrire dans un article intitulé "Municipales : comment Bobigny s’est perdue ?" que "De Georges Valbon à Marie-George Buffet, ses dirigeants n’ont pas su promouvoir un projet porteur pour le département et ses communes" !!!...
    Ignorance ? bêtise ? indignité ? absence de relecture ? Peut-être tout à la fois ?

    Antoine Valbon Le 31 mars 2014 à 17:14
       
    • Voila le problème du PC. Rester arrogant en toute occasion. Faire l’autruche, s’offusquer des aspects périphériques (la mémoire de tel ou telle figure communiste) pour éviter la discussion sur les vraies questions. La déroute est totale et ne date pas d’hier. Mais l’important c’est de garder nos statues bien boulonnées.

      françois breton Le 1er avril 2014 à 09:43
  •  
  • Le département de la Seine Saint Denis est une création artificielle de 1964, construite pour parquer les électeurs communistes et éviter qu’ils ne "contaminent" la région parisienne. Depuis 30 ans, la crise du PC a produit un éclatement politique. Les maires des trois principales villes de périphérie du département, Montreuil, Saint-Denis et Tremblay se sont détachées du groupe central. Central parce qu’il occupait le centre du pouvoir et parce qu’il était implanté au coeur du département.
    L’ autonomisation de ces 3 élus leur a donné l’occasion de construire leur propres projets locaux. Plaine-Commune est née de cette histoire, notamment. Les autres villes sont restées groupées autour du conseil général (CG). Je n’ai pas rêvé : les dirigeants du CG et de la fédération du PCF sont tous issus de ce périmètre politique et géographique.
    Je considère -et c’est un point de vue- que ce groupe de villes et de dirigeants n’a pas su produire un projet pour la Seine-Saint-Denis. Je pense que l’affaiblissement si ce n’est l’écroulement du PCF dans cette partie centrale (il ne reste plus aucune ville communiste au coeur du département) est liée à cette incapacité et/ou à la sous-estimation de l’enjeu.
    On peut en discuter. C’est ma grille d’analyse. Il faut bien qu’on parle et qu’on réfléchisse à ce qui nous arrive.... non ?

    PS : je suis aussi affligée que toi, Antoine, de ce qui vient de se produire à Bobigny, ville où je travaille depuis 15 ans... Et je ne jette pas la pierre à Catherine Peyge, qui s’est trouvée bien trop seule pour penser la place et l’avenir de Bobigny.

    Catherine Tricot Le 31 mars 2014 à 17:47
       
    • je suis persuadé que Bobigny comme d’autres villes"passées"à droite n’est pas condamnée à subir. Le problème du projet politique est fortement posé. Quand je parle de projet il ne s’agit pas seulement de slogans ou de quelques axes généraux et généreux. J’ajoute que dans cette construction de projet j’inclus la stratégie des alliances.

      requinqué Le 31 mars 2014 à 18:23
  •  
  • Le département de la Seine Saint-Denis, « une création artificielle », parce que les autres sont naturels peut-être. Enfin, ce n’est pas la moindre approximation dans ce papier… ou comment défendre l’indéfendable.
    À vous lire, C. Peyge – avec son équipe tout de même – serait hors de cause dans les raisons de cette défaite électorale.
    Vous évoquez les “assises de la ville”, mais tout le monde rigole : une agence privée chargée d’interroger quelques habitants, ce n’est pas de la démocratie.
    Vous évoquez le soutien aux Roms en oubliant de souligner le rapport de force qui a contraint la municipalité à se réveiller sur cette question élémentaire de solidarité.
    Vous évoquez le manque d’identification des municipalités Front de gauche ; c’est le manque de lisibilité politique qu’il faut relever, le double langage qui dénonce les projets ultraréactionnaires du PS et les alliances locales avec ce même PS.
    Comment voulez-vous que les électeurs s’y retrouvent ? Comment voulez-vous que les Balbyniens accordent leur confiance à une équipe municipale qui se dit communiste et se coupe de sa base militante et de sa population, avec à sa tête une édile qui s’est fait remettre à sa place par sa propre fédération lorsqu’elle eut les yeux plus gros que le ventre en s’autoproclamant future sénatrice ?
    Vous évoquez le manque de « projet porteur pour le département et ses communes » en ayant l’outrecuidance de faire un parallèle entre G. Valbon et M.-G. Buffet. La Seine Saint-Denis, Bobigny en figure de proue, a été dès son origine, sous l’impulsion de Valbon et d’une quantité incroyable de talents, le département de toutes les innovations sociales, de la solidarité internationale, du communisme militant.

    Robert Valbon Le 31 mars 2014 à 19:49
       
    • Le pire serait que la Seine-Saint-Denis ne soit pas l’objet d’une réflexion. Voilà un territoire qui fut le territoire "rouge" par excellence, le département de l’hégémonie communiste sans partage, de la sociabilité populaire et communiste. Or cette caractéristique n’existe plus, à la limite moins que dans le Val-de-Marne où le conflit PC-droite est consubstantiel de la vie départementale.
      En 1977, 79% de la population départementale était administrée par des maires communistes ; en 2008, ce n’était plus que 32% et 26% aujourd’hui. Jusqu’où on va ? Pourquoi le 93 a-t-il plus reculé que le 94 ((1977 : 47% ; 2008 : 36% ; 2014 : 34%) ?
      Il s’agit donc de comprendre quels sont les blocages collectifs qui, dans un contexte de difficultés objectives gigantesques, ont mis les communistes sur la défensive et sur le déclin. Et dans cet effort de réflexion, il ne faut rien négliger. Par exemple, la manière dont a fonctionné la fédération du 93, au coeur de la crise interne du PCF, dans les années 1980-1990, n’a-t-elle rien à voir avec les blocages et les éventuelles frilosités ?
      Si cette réflexion sérieuse n’a pas lieu, sereinement, sans esprit de rancune ou de revanche, nous continuerons à observer le lent grignotage du "trésor" communiste urbain. Nous n’aurons plus que les yeux pour pleurer. Et les catégories populaires se plongeront un peu plus dans un ressentiment aux effets destructeurs, pour elles-mêmes et pour la démocratie.

      Roger Martelli Le 31 mars 2014 à 21:44
  •  
  • Chère Catherine,
    Je réagis à ta phrase "Un tel échec n’a pas qu’une seule origine. Celle d’une défaite pour cause de soutien aux pauvres et aux plus pauvres d’entre les pauvres ne saurait être retenue." et la suite sur le manque de lisibilité de nos politiques ...
    Je comprends que cette évidence te soit politiquement insupportable...
    Mais ainsi donc, le petit peuple des balbyniens serait idiot et il suffirait (ou aurait suffit) de mieux lui expliquer nos politiques ...
    Comment dire... On dirait du Ayrault dans le texte.
    N’y a t’il pas quelque-chose de plus trivial que les balbyniens ressentent avec leurs tripes. Quelque chose de l’ordre du mal-vivre qui fait qu’au delà même des jeunes couples de profs cocos avec enfants qui ont déserté nos villes du 93 depuis longtemps même les plus modestes ne nous suivent plus sur ces politiques tant nos villes s’enfoncent dans une misère sans issue, et finalement sans solidarités, sans plus aucun espoir.
    Salut fraternel,
    Signé...

    Le 1er avril 2014 à 00:01
  •  
  • 1 Georges Valbon avait très bien préparé sa succession : Bernard Birsinger.
    2 Ce dernier n’a évidemment pas pu en faire autant pour cause de décès. L’auriez-vous prévu ?
    3 Compte-tenu de la manière dont nos journalistes écrivent l’histoire, je m’étonne encore moins du niveau auquel nous sommes arrivés.
    Cela étant, on ne peut que remonter en influence, du moins je l’espère.

    Catherine Valbon Le 1er avril 2014 à 11:56
  •  
  • Vu dans le Parisien ce matin la carte électorale de la Seine Saint Denis. Tout bleu au centre (sauf Bondy) et un peu de rouge et de rose autour.

    S’il y avait la même carte animée pour montrer une succession de cartes depuis 1970, ce serait parfait pour illustrer cet article.

    Le PCF dominait dans ce département. Il avait des moyens et du pouvoir. Je ne sais pas s’il avait ou non un projet porteur, mais le sujet m’intéresse. Plus que nulle par ailleurs, la responsabilité des dirigeants est depuis longtemps posée en raison du pouvoir et des moyens dont ils disposaient à l’époque.

    Quitte à nommer des responsables, j’aurais bien cité Michel Laurent. (Mais ceci n’est pas une invitation à toute la famille dudit responsable à venir m’insulter).

    françois breton Le 1er avril 2014 à 23:55
  •  
  • M. Breton, vos traites d’ironie sont vraiment malvenus.
    Personne ici ne vous insulte, et personne non plus n’érige Georges Valbon en statue indéboulonnable.
    Nous ne faisons que souligner les incohérences historiques, tout en rappelant le travail accompli par Valbon, ainsi que toute son équipe, à la mairie de Bobigny et en Seine-Saint-Denis.
    Je n’ai pas connaissance d’une autre ville / département ayant pu, sous mandature communiste ou pas, construire et pérenniser autant d’innovations (emploi, droit des femmes, santé et prévention, petite enfance, éducation, centres de vacances, urbanisme avec les SEM et les offices HLM, équipements publics, transports, assainissement, cadre de vie, etc). Il serait d’ailleurs bon, vue l’envergure, de parler de réalisations, et non de "projet".
    Cela dit, inscrire Marie-Georges Buffet dans la lignée de Georges Valbon... Heureusement qu’il n’est plus là pour lire de pareilles choses. S’il savait travailler avec tous, il n’était compromis dans rien (il a toujours refusé d’être parlementaire...).
    Les dirigeants ont évidemment leur part de responsabilité, mais qui ne vaut que si elle s’inscrit dans une continuité. Or, cet héritage et cette conscience laissés par Valbon et son équipe ont été progressivement oubliés par leurs successeurs.
    Il est de notre droit, mais également de notre devoir, de réagir et de restituer les faits, sans que cela ne soit taxé de seule solidarité familiale. Ce n’est quand même pas de notre faute si personne d’autre que les Valbon ne semble lire Regards.

    Capucine Valbon Le 2 avril 2014 à 12:27
  •  
  • J’ai eu la chance de côtoyer Georges Valbon au travers de mas activités syndicales et politiques dès 1990. J’ai beaucoup apprécié l’homme et le dirigeant politique. Georges Valbon me donnait envie au sens littéral de m’impliquer sur le champ politique à Bobigny. Cette envie à été prolongée avec Bernard Birsinger essentiellement parce qu’il impulsait un projet pour Bobigny pour les hommes et les femmes qui y vient qui y travaille qui y passe. Car pour moi au fond ce qui compte c’est le projet le mouvement, la confrontation dénuée d’arrière pensée politicienne au sens de l’appropriation du pouvoir. Force est de dire qu’après 2006 et surtout dès 2008 cette envie s’est estomper. Peut-être est-ce par faiblesse ou par peur de la routine ? Mais au fond je n’y crois pas. Ce que je pense c’est que je n’ai plus trouvé de projet mais une succession d’actions. Je suis intimement persuadé que Bobigny n’est pas une ville de droite au sens des valeurs de la droite. C’est une ville qui a la tête et le coeur à gauche. Faire en sorte de rendre une cohérence entre la ville(je parle des hommes et des femmes, pas d’un territoire) et celles et ceux qui la "dirige" est tout à fait possible. Pour cela n’est-il pas nécessaire d’examiner calmement et sans concession les raisons du vaste des 23 et 30 mars ? Je le crois.

    jean thomas laurent Le 2 avril 2014 à 18:37
  •  
  • Quelle plaie, en plus de la peine depuis dimanche, de devoir lire des "règlements de compte de camarades" (déplacez les guillemets où vous le voudrez) sur des parties publiques du net... Ah le Front de Gauchisme 2.0 !

    Tout d’abord, notons que tous chantres du "c’était mieux avant" ci-dessus ne sont plus Balbyniens depuis bien longtemps : l’urbanisme sur dalles, sur lequel aucun cabinet privé n’a travaillé, pur produit de démocratie participative sans doute, ne vous convenait-il plus ?

    Ça me désole de devoir faire cela sur un forum public, ces échanges seraient plutôt destinés à des AG de sections (oups, j’oubliais que certains ne sont pas/plus au Parti...), je tiens donc à préciser que contrairement aux propos ci-dessus mes arguments ne seront absolument pas des attaques personnelles car j’admire, je félicite et je respecte énormément Georges Valbon. Cependant, je pense que la catastrophe de dimanche à bien des racines profondes, qui ne datent ni de 2008, ni de 1995 (je parle bien de causes, pas de coupables).

    Je ne pense pas que celles évoquées dans l’article soient les bonnes. J’en vois principalement 2, parfois effleurées dans l’article suivant, dont je précise que je ne partage bien entendu aucune des conclusions : http://indigenes-republique.fr/bobigny-2014-quand-les-arabes-et-les-noirs-font-campagne-pour-la-droite-blanche/

    La 1ère, c’est la dissociation quasi totale entre le PCF et les populations immigrées. Notre distance mutuelle est telle que nous ne savons comment lutter quand les aspirations les plus audibles sont d’avoir du hallal à la cantine et de pouvoir être voilée en tout lieu. Branches faciles à raccrocher pour une droite prête à tout. En 2014, le constat est clair, nos relais dans les populations immigrées sont inaudibles : la culture politique progressiste a quasiment disparu. Or je pense que cela ne se produit pas en un jour, ni en 8 ans. Et si je creuse ma mémoire de gamin d’une dizaine d’années, à la fin des années Valbon, je ne peux me rappeler que de réunions communistes où les Blancs dominaient : l’Algérien et le Malien étaient déjà très rares ! SVP, si vous pouviez éviter de mettre sur les épaules de Catherine Peyge le vote des enfants de tous ceux qui, à cette époque là déjà, ne venaient pas aux réunions PCF... Les gamins de ma génération ont été élevés dans la ville Valbon, ses écoles, ses centres, ses colonies, ses évènements culturels, son ACB, ses banquets, son Projet ; ils n’en ont retiré aucune conscience politique pourtant.

    La deuxième, c’est l’application de Lagarde à faire tomber Bobigny. Sa réserve parlementaire de député de Drancy/Bobigny lui a servi pour huiler les rouages nécessaires à sa machine. Difficile de faire primer des arguments politiques sur l’argent. Or revenons aux sources de cet état de faits. J’en vois une principale : Gayssot. Lui qui a juré fidélité à Drancy abandonne la mairie en 1997 après 9 mois pour un ministère. La suite est limpide : Lagarde gagne les municipales de 2001 dès le 1er tour et en 2002, il prend la députation à Bernard Birsinger. Il se retrouve alors tout-puissant : nous aurons résisté 12 ans. Là encore, si vous pouviez enlever des épaules de Catherine Peyge les choix des responsables d’alors qui ont adoubé Gayssot, nous avancerions !

    Pour conclure une discussion qui semble ne pas toucher qu’au politique, j’aimerais simplement rappeler comme il est ridicule de vouloir comparer l’action d’un maire à la fin des années 2000 et celle d’un maire dont la dernière élection remonte à avant la chute du Mur, dont le mandat a pris fin avant l’application de Maastricht et de ses traductions sur les collectivités...

    Merci Georges, merci Bernard, merci Catherine. Le combat continue.

    Rémi Tic Le 6 avril 2014 à 01:04
  •  
  • Bobigny, la ville dans laquelle j’ai appris à me battre pour le bien des autres, est passée d’une direction communiste depuis 1920 à une gestion par des élus de droite.
    Après tout, c’est dans l’ordre des choses, me direz-vous, rien n’est acquis. En effet tout bouge, tout change. Oui, mais ce qui me blesse, ce que je trouve profondément injuste, c’est de savoir que d’autres élus de droite, à l’époque où ils étaient à la direction du Conseil de la Seine (avant juillet 1964) avaient conçu une politique, pour la ville de Paris, ne concernant pas les classes populaires. Pour mettre à exécution leurs projets grandioses, il leur fallait d’abord récupérer un maximum de terrains. Ils ont donc détruit les logements vétustes, en envoyant leurs occupants, avec des milliers d’autres mal-logés Parisiens, dans des cités dortoirs en banlieue (j’ai fait partie d’une de ces vagues successives), sur les terrains que possédait le département, à l’extérieur de Paris, dont Bobigny.
    Les élus de Bobigny ont eu à faire face à une situation complexe et difficile. Tout était à faire, tout à la fois, et tout au plus vite. Organiser les services publics pour une population qui avait doublé, en quelques années, et avec le budget d’une ville sans grands moyens. Où trouver les financements ? Comment surmonter les difficultés administratives et maîtriser les contraintes se présentant, continûment ? Pour compliquer encore la situation, avec ses nouvelles responsabilités de Bobigny-Ville-Préfecture, les élus ont dû, pour défendre les intérêts des Balbyniens, affirmer leur résolution de faire en sorte que les habitants ne soient pas exclus ni rejetés. En effet, grâce à la loi du marché, les appétits de ceux qui sentent le profit auraient eu vite fait de s’emparer des meilleurs terrains, en premier lieu sur le centre ville. Les élus ont voulu que la ville reste aux Balbyniens, cependant, plus agréable à vivre, avec des équipements culturels, sociaux, commerciaux, des espaces de verdure et de détente, auxquels ils n’étaient pas habitués et auxquels ils avaient droit.
    A cette époque c’était un véritable défi, qui fut relevé par toutes les équipes successives d’élus, ayant à leur tête un Maire communiste. Tout d’abord René Gesnier, puis Georges Valbon qui fut un grand bâtisseur, Bernard Birsinger qui su conserver son identité, à Bobigny. Je ne sais rien du Maire sortant, mais je me pose la question, pourquoi cette défaite ?
    Cette ville a été pensée et construite pour les Balbyniens.
    Aujourd’hui, ce sont les mêmes, ceux qui n’ont véritablement pas le souci des petites gens, puisqu’ils les ont chassé de Paris, dans les années cinquante, et qui viennent de s’empare de la ville, servie sur un plateau. Pour en faire quoi ?
    C’est maintenant aux Balbyniens de veiller sur le devenir de leur ville.
    Je voudrais, tout de même, ajouter une autre réflexion. Pour cela, je, m’appuie sur mon expérience vécue à Bobigny, pendant deux mandats, de 1965 à 1977, lorsque je faisais partie de l’équipe municipale en tant qu’adjointe au Maire de Georges Valbon. Faire partie d’une équipe municipale, c’est bien sûr se préoccuper des dossiers et se battre pour les faire aboutir. Cependant, ça n’est pas suffisant, il faut aussi être à l’écoute des problèmes, des attentes, des souffrances de ceux qui vivent dans les quartiers et leur expliquer les difficultés auxquelles les élus sont confrontés, leur demander leur appui pour qu’ils s’engagent eux aussi dans le combat pour une vie meilleure dans la ville. En temps de crise, surtout quand les politiques gouvernementales, s’appuient sur le plus grand nombre pour réduire les déficits, il faut redoubler d’efforts pour expliquer la réalité de leurs difficultés. Il n’est pas possible de faire l’économie de ces démarches sur le terrain. Le dialogue avec les habitants, tout au long du mandat est la marque de l’élu responsable.
    A l’aube de mes 85 ans, je souhaitais faire ce retour en arrière, qui me semble être un devoir de mémoire nécessaire, après ces derniers événements.
    Janine Breuvart

    janine breuvart Le 6 avril 2014 à 18:52
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  • Pour faire suite aux remarques de Martelli, évidemment un regard critique en profondeur est vital. Et ce serait réducteur d’imputer les causes du glissement à droite à la seule fédération du 93.
    Les plus grandes compromissions du PCF viennent de la croyance en une social-démocratie de progrès. Or, le PS et ses affidés n’ont jamais eu d’autre objectif que de faire avaler le capitalisme démocratique par une suite ininterrompue de réformes « no other alternative ».
    En Seine Saint-Denis, à Bobigny, cette conscience a été progressivement oubliée par les successeurs de Valbon, élus, conseillers, journalistes et spécialistes en tout genre.

    Robert Valbon Le 14 avril 2014 à 08:47
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