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Valls liquide la gauche

Par Clémentine Autain| 8 avril 2014
Valls liquide la gauche
 
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Les mots du Premier ministre, dans son discours de politique générale, ne sont plus ceux de la gauche. La quête de « compétitivité » a pris la place du combat contre les inégalités, et le fond politique colle aux dogmes libéraux et aux ronrons d’une Ve République à bout de souffle.

Ce mardi 8 avril était jour de grand oral pour le Premier ministre, suivi du vote de la confiance par le Parlement. Si le résultat du scrutin ne faisait aucun doute, force est de reconnaître que Manuel Valls a obtenu une large majorité. Le PS, à l’exception de 11 abstentions sur 291 députés, le PRG et les deux tiers d’EELV ont apporté leur soutien à Manuel Valls. Seuls les députés du Front de gauche ont voté contre la confiance à ce nouveau gouvernement – ils s’étaient abstenus il y a deux ans. Si Manuel Valls a constaté qu’il y a « trop de souffrances, pas assez d’espérance », il n’a pas tracé de chemin nouveau pour sortir la France de l’impasse.

Le smic sans les « charges »

Toujours plus loin des envolées de circonstance contre la finance de François Hollande au Bourget, le Premier ministre n’a rien dit du coût du capital, mais annoncé une accélération de recettes bien connues – alliant austérité, baisses des cotisations sociales et ajustements structurels. « Le coût du travail doit baisser », a martelé le nouveau résident de Matignon. Dès le 1er janvier 2015, c’est une exonération totale des cotisations patronales pour les salariés au niveau du smic qui est prévue. De quoi fragiliser les organismes sociaux et encourager un effet de trappe, c’est-à-dire une incitation à maintenir les salariés à de bas salaires.

Le Medef peut se frotter les mains avec 30 milliards d’allègement de cotisations d’ici 2016 et une promesse d’assouplissement du Code du travail. Le Pacte de responsabilité fait ici office de mesure phare pour lutter contre le chômage de masse. Pour quelles contreparties ? « Aux employeurs de tenir leurs engagements », répond Manuel Valls, défenseur acharné du dialogue social qui, dans un contexte de rapports de force détériorés, joue pourtant contre la majorité des salariés.

Une suppression des « charges salariales » (sic) doit permettre aux salariés au smic de gagner 500 euros nets de plus par an. Valls a en effet annoncé 5 milliards à horizon 2017, dédiés à cette mesure qui se traduirait par environ 40 euros de plus par mois pour celles et ceux touchant le smic. Augmenter les salaires en rehaussant le smic eut été le meilleur moyen d’accroître les revenus des salariés. Car ce coup de pouce au pouvoir d’achat est non seulement tout petit, mais a toute chance de se répercuter sur les prestations sociales et l’offre de services publics. Autrement dit, les salariés seront, au total, perdants.

Dans les clous de Bruxelles

Se défendant de mener une politique d’austérité, le Premier ministre a bel et bien endossé l’objectif d’une baisse des dépenses publiques de 50 milliards d’ici à 2017. Les collectivités locales devront consentir un nouvel effort de 10 milliards de baisse de leurs dotations. Elles ont aussi vocation à changer d’architecture : réduction du nombre de régions, nouvelle carte des communautés d’agglomération et suppression à terme des départements, ce qui fera l’objet de lois, a déclaré le Premier ministre. En outre, la clause de compétence générale est supprimée, ce qui signifie que les attributions de compétences pour chaque collectivité seront strictes (par exemple, un département ne pourra plus s’occuper de culture). Quant à l’État et ses agents, ils assumeront 19 milliards de réduction budgétaire. Valls met ainsi la France dans les clous de Bruxelles. Reste à mieux faire comprendre ces « sacrifices » aux Français, en redonnant du sens. Ce n’est pas gagné.

Seule nouveauté, le Premier ministre se fait désormais le chantre de la « transition énergétique ». Non pas pour sauver la planète ou nos estomacs, mais parce qu’elle est bonne pour le commerce extérieur. C’est là où les cœurs authentiquement écolos se soulèvent : « La croissance, c’est aussi l’économie verte », a assuré Manuel Valls. En attendant, Paris accueillera la grande conférence sur le climat en 2015, « enjeu planétaire majeur », une « stratégie bas carbone » sera présentée au Parlement pour « réduire de 30% notre consommation d’énergies fossiles et de 40% nos émissions de gaz à effet de serre ». L’engagement de François Hollande de réduire de 50% la part du nucléaire d’ici à 2025 sera « inscrit dans la loi ». Voilà pour la main tendue à EELV.

L’adieu à la gauche

Sur le plan international, les quelques phrases sur le Rwanda laissent un goût amer. Après avoir rendu hommage aux soldats français engagés au Mali et en Centrafrique, Manuel Valls a balayé d’un revers de manche les accusations de complicité de la France dans le génocide rwandais : « Je n’accepte pas les accusations injustes et indignes qui disent que la France a pu être complice d’un génocide au Rwanda alors que la France a toujours cherché à séparer les belligérants ». Fermez le ban.

Comment y retrouver ses petits quand on est issu de cette famille politique que l’on appelait communément la gauche ? D’ailleurs, la référence à la gauche est tout juste apparue au moment où Manuel Valls a évoqué la volonté d’apaisement des Français à la suite des mobilisations contre le mariage pour tous. Car, voyez-vous, la gauche est fidèle à ses valeurs quand elle sait rassembler. Pour Manuel Valls, de toute façon, « gouverner, ce n’est pas faire gagner un camp contre un autre ». C’est sans complexe qu’il jette ainsi aux oubliettes les antagonismes sociaux et la conflictualité politique qui font le sel et le sens de la transformation sociale. C’est avec détermination qu’il s’apprête à amplifier le cercle infernal – baisse des dépenses publiques, récession économique, inégalités renforcées – menant en bout de course au creusement des déficits publics.

Et pourtant… alors que le conseil fédéral vert s’est prononcé dimanche à 83% pour l’abstention au vote de confiance, la majorité des députés EELV a donné quitus à Manuel Valls (dix députés ont voté pour, six se sont abstenus) et leur secrétaire nationale répète sur toutes les ondes que son mouvement fait partie de la majorité présidentielle. Alors que la gauche du PS maugréait et pétitionnait jusqu’à hier pour une réorientation politique, elle s’est couchée.

La gauche est en charpie. Mais au même moment, un communiqué de presse tombait pour annoncer qu’un accord était enfin trouvé pour les européennes entre les différentes composantes du Front de Gauche. On a failli attendre…

  • Après un tel réquisitoire, le seul espoir, un accord à minima obtenu d’une direction PC arrogante malgré ses trahisons passées et futures pour une élection à un parlement européen de pacotille massivement libéral avec un groupe GUE présidé par un opportuniste sans vergogne .
    Il manque peut être un rappel à la manif du 12, non ?

    Fulgence Le 9 avril à 06:30
  •  
  • "Trahison", "opportunisme"... Après un tel réquisitoire (courageusement anonyme) les responsables et les militants communistes sauront à quoi s’attendre de la part de certains de leurs partenaires. ca n’encourage pas à voter pour ceux-ci !
    J.Rabaté
    Le 9 avril à 10h.30

    Jean Rabaté Le 9 avril à 10:33
       
    • Monsieur Rabaté, veuillez ne pas nous prendre pour des mouettes (vous excuserez ma familiarité).
      Certains dirigeants du PCF ont clairement choisi leur camps au niveau local, les alliances aux municipales avec un PS qui avait pourtant joué la carte de la trahison (aux législatives en essayant d’annihiler les chances de représentations du FdG à l’A Nationale) est tout simplement incompréhensible. De même, comment comprendre et faire comprendre à nos concitoyens que les maires FdG vont devoir aujourd’hui diriger leur ville avec des représentants PS qui ne peuvent s’opposer aux directives nationales sans encourir une excommunication de Solférino ?
      AVez-vous voté pour le programme du PS ou celui du FdG dans votre commune ? Au présidentielle avez-voté pour Hollande ou contre Sarkozy ? Dans les deux cas vous vous êtes fait trahir, le PS gouvernemental vient de rejoindre la ligne programmatique de l’UMP au niveau économique et par là même de passer dans le centre droit. Qe vont faire les élus locaux ? Là est la question...

      S Thibault Le 9 avril à 11:35
  •  
  • la fuite en avant et n’importe comment, est de taille ....On n’aurait viré Sarko le 6mai pour nous retrouver avec le vainqueur de la primaire socialiste ....qui nous pond comme premier ministre un de ses concurrents positionné à 5% des votants de la dite primaire !

    et maintenant , le FdG attend quoi ?

    PrNIC Le 9 avril à 13:41
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  • M. S Thibault Quel ton inquisiteur ! Diable ! Bon, vous ne m’avez pas posé les questions mais je peux aussi faire part de mes réponses.
    Dans l’ordre : je n’ai pas voté pour Hollande et je n’en attendais pas grand-chose, mais contre SARKO et c’est sans regrets, je suis bien content qu’il ne soit plus aux commandes. On peut penser que l’UMP reviendra en 2017, on s’en est vite rendu compte en 2012, son programme est déjà annoncé 35h, sécu etc.…et on verra si une droite décomplexée c’est la même chose ! Dans ma ville j’ai voté pour le programme du FdG et au 2°tour pour le programme PS/FdG et la droite est revenue aux commandes après 18 ans ; on verra si c’est la même chose ; je ne le pense pas. J’ai déjà connu son retour en 83.
    Contrairement à ce que je peux entendre, lire ici ou là, sans le PS, le FdG ne fera pas grand-chose ; le FdG sans le PC non plus à moins de vouloir s’enfermer dans un sectarisme sans issu façon NPA. Contrairement à ce que vous dites, le ‘’tout ou rien’’ n’est pas une vision qui nous sortira de la situation, et le clivage n’ouvre aucune opportunité. Des socialistes quittent ce parti, vont-ils au PG ? Non ils vont à Nouvelle Donne. Les verts quittent le gouvernement, vont-ils au FdG ? Non… là est la question. Comme vous je déteste ce PS depuis 83 et peut-être avant déjà ; mais ce ne sont pas des propos façon Fulgence qui y répondront à la question.

    José Le 9 avril à 14:12
  •  
  • et cela ne suffira toujours pas à diriger la manifestation du 12 là où se trouve le pouvoir et le responsable : l’Elysée. J’entends déjà les sempiternels appel à arriver à l’heure, marcher ou il faut et se disperser sans bruit pour ne pas insupporter la préfecture. Pour ma part j’hésite à m’abstenir.
    Vous piqueniquerez sans moi ?

    reneegate Le 11 avril à 17:09
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  • @José vous votez PS/PC, la droite passe et vous continuez à vilipender le clivage, je vous trouve mortellement PS monsieur. Pour ma part, je vois une nette prime aux actions claires et sans magouilles ni concessions et les seuls résultats positifs du FdG confirment mon opinion. Si le 12 nous faisions l’actu en nous dirigeant direct tous pacifiquement mais déterminés vers l’Elysée je suis prêt à parier avec vous que nous en tirerions un bénéfice et une crédibilité énorme avant les Européennes. Les français doutent de notre courage et ils ont bien raison.

    reneegate Le 11 avril à 17:17
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  • Ca alors , le communiqué sur l’ accord du Front de gauche pour les européennes n’ a pas fait une ligne dans la proche

    Mme autain , vous attendiez beaucoup de Marseille et de son Front de gauche :

    - 7 % au 1er tour ( division par deux des pourcentages par 3 des voix ) malgré une campagne apparemment "unitaire"

    - sauve qui peut , pour éviter la déroute générale au second tour ( on a même reproché à Diouf la responsabilité de la victoire du FN dans le 13 14 )

    - montée du FN à 23 au premier tour et à 27 au second - Ravier FN voit son nombre de voix passer de 1300 voix à 1600 au 2nd tour

    Le Front de gauche c’ est une organisation politique "maintenant" ou "jamais" ( pour reprendre l’ expression de Mme Lorand dans le regards avril 2014)

    De toute façon aux européennes , le FN mettra du 23 7 au Front de gauche .

    THIERRY HERMAN Le 11 avril à 23:57
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  • Je comparais le score Front de gauche mars 2014 et avril 2012 dans la ville de Marseille et je corrige : je parlais des voix de Ravier dans le 13 14 ( passage de 13 000 voix à 16 000 voix dans ce secteur de 150 000 habitants )

    THIERRY HERMAN Le 11 avril à 23:59
  •  
  • En quoi le PS peut être utile au FDG ?
    les repentis du PS s’en vont à Nouvelle Donne, qui n’est qu’un avatar du PS, créer pour canaliser ceux ci

    tchoo Le 12 avril à 10:50
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