Accueil | Éditorial par Roger Martelli | 7 novembre 2012

On ne gagne pas… en capitulant

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En janvier 1956, le secrétaire général du Parti socialiste SFIO, Guy
Mollet, est désigné comme président du Conseil, à l’issue d’élections
menées sous le signe du Front républicain, une alternative au « nouveau
Front populaire » que réclamaient alors les communistes de Maurice
Thorez. Au coeur de la campagne électorale des socialistes, figurait
la paix en Algérie.

Quand il compose son gouvernement, Guy Mollet place au poste de
ministre résident en Algérie un homme réputé progressiste et favorable
à une solution négociée, le général Catroux. Le 6 février, le chef du
gouvernement se déplace Algérie pour confirmer la ligne qu’il a définie
dans son discours d’investiture : « Cessez-le-feu, élections, négociations.
 »
La réception des partisans de l’Algérie française est musclée,
30 ans après les manifestations d’extrême droite de Paris. On retiendra
ce jour-là comme « le jour des tomates ».

Le soir-même, Catroux est contraint de démissionner. Le 11 avril, le
gouvernement rappelle 70 000 réservistes, puis 50 000 en mai. Officiellement,
la France est confrontée à un problème d’ordre intérieur.
L’appel au contingent dit en fait, crûment, qu’elle s’enfonce dans la
guerre coloniale. Les socialistes au pouvoir pensaient désarmer ainsi
les extrémistes et sauver la République. Le calcul s’avère funeste : deux
ans plus tard, le 13 mai 1958, les manifestants du 6 février prennent
le pouvoir à Alger. Le 3 juin, le général de Gaulle a les mains libres
pour changer la Constitution. La Quatrième République est morte ;
le Parti socialiste s’engage dans une longue crise qui ne connaîtra
son terme qu’en 1971.

L’Histoire ne se répète pas. Ou plutôt, les hommes sont libres de ne pas
la répéter. Quand l’adversaire lance des tomates, on ne s’excuse pas au
risque de radicaliser ceux qui vous combattent. Quand la droite hurle
aux loups, quand le patronat crie misère, on ne dévie pas des partis pris
raisonnables : on ne décore pas les pyromanes sous prétexte qu’il faut
éteindre le feu. On n’enfonce pas un peu plus le travail, seul créateur de
richesse, quand un nouveau modèle de développement est à trouver.

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