Accueil | Par Kim Hullot-Guiot | 7 novembre 2012

Un nouveau think-tank autour du PS

Nostalgiques d’un mai 1981 qu’ils n’ont pas connu, déterminés
à dépoussiérer la politique, les jeunes du thinktank
« Cartes sur table » veulent peser dans le débat public,
flottant entre la gauche de la gauche et sa droite.

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Ils se sont fait connaître du grand public
cet été, lorsque Libération a publié leurs
« 100 propositions pour les 100 jours »
de présidence de François Hollande.
« Ils », ce sont une trentaine de jeunes
de 25 à 35 ans, fatigués d’être considérés
comme des petites mains dans les
structures politiques et think-tanks traditionnels,
mais pas repus de politique.
Impatients, même. « Nous n’avons pas
connu mai 1981, les réformes rapides,
celles qui font sentir réellement le basculement
de la droite vers la gauche,

explique Julia Cagé, 28 ans, cofondatrice
de CST et doctorante en économie.
Mai 2012 doit avoir le même effet. Le
gouvernement a déjà reporté la loi sur le
droit de vote des étrangers, alors nous,
nous voulions proposer des choses
concrètes qui puissent être mises en
place rapidement pour changer le quotidien.
 »
D’où des propositions volontiers
axées sur la notion de service et de réciprocité
de l’État. De l’obligation pour les
propriétaires de poser des doubles verrous
pour lutter contre les cambriolages
– une idée venue de membres du think
tank habitant la banlieue, revendiquant
un ancrage dans la réalité – à celle d’inscrire
son choix sur le don d’organe sur
le permis de conduire ; de la suppression
du quotient conjugal à la généralisation
de l’école ouverte ; il s’agit d’agir vite,
et de façon économe. Quitte à (parfois)
fleurer la naphtaline et à se contenter
de colmater les brèches des inégalités
économiques et sociales. Telle l’idée de
créer un « 1 % Écarts de revenus », calquée
sur le modèle du « 1 % Logement »,
dont devraient s’acquitter les grandes
entreprises qui ne respecteraient pas
la limitation des écarts de salaire de 1 à
20. Dans le lot, il y a pourtant bien de
l’audace, comme la prise en compte du
patrimoine dans l’allocation personnalisée
d’autonomie. Vu la frilosité des politiques
à réclamer leur part aux plus âgés,
dans une société qui laisse ses restes
à la jeunesse, il fallait bien des jeunes
pour formuler une telle proposition.
Pas révolutionnaire, mais bon…

Dossier : Que fabrique la gauche du PS ?

Le Congrès du PS a rebattu les cartes. Benoît Hamon
et Arnaud Montebourg, un temps leaders de l’aile
gauche et aujourd’hui ministres, ont choisi de rallier la
motion majoritaire. Mais la gauche du PS bouge encore.
Comment et pour quoi faire ? Enquête.

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