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Par | 1er janvier 2011
 
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  • Bonjour,
    Lecteur depuis plusieurs mois de Regards que j’achète chez le marchand de journaux du village pour favoriser le commerce de proximité, je m’interroge sur ce qui pour l’équipe du journal est la "gauche de la gauche".
    En effet, il n’est jamais fait mention des autres composantes de ce que je préfère appeler l’extrême gauche (comme un vieux soixantehuitard :
    - lutte ouvrière
    - le courant communiste libertaire, anarco-syndicaliste et anarchiste.
    Pour LO, je sais, pour en connaître des membres, qu’il est difficile de passer des accords avec elle : une raison à cela, son caractère révolutionnaire, tout comme l’autre courant cité.
    Elections, piège à cons disions nous en mai 68.... Rien n’a changé ! Mais LO est le seul à l’extrême gauche à avoir un programme réellement socialiste et un discours non électoraliste et prêt à toutes les compromissions avec le PS et ses affidés.

    Merci de m’éclairer sur les raisons de votre position.
    Salud ! (comme se saluaient les révolutionnaires espagnols....moins le point d’exclamation à l’envers que je n’ai pas sur mon clavier...)

    La Barreyre Le 30 avril 2011 à 08:12

    Répondre

  •  
  • Journalistes : tous-tes pareils ?
    Lettre ouverte à Clementine Autain et la revue Regards à propos d’un reportage intitulé « Féminisme : tous à poil ».
    Nous sommes des féministes radicales, anti-racistes, situées plutôt à la gauche de la gauche : tout, a priori, pour nous faire apprécier votre journal, ses positionnements et ses reportages, souvent bien faits.
    C’est donc avec consternation que nous avons découvert la Une du numéro de février 2011 dans lequel figure un reportage consacré à nos actions Torse nu à la piscine1. Le reportage est sympathique, les photos très (trop ?) jolies, le ton léger. Le propos n’est pas super politique, mais c’est l’angle choisi par la journaliste et plus important, rien n’est déformé dans ce qu’on dit et ce qu’on fait. Sauf - petit détail - ce titre en Une, qui, à la différence du titre plutôt bien trouvé de l’article intérieur (« Ces féministes qui font des vagues »), résume notre posture par cette interjection : « Féminisme : tous à poil ».
    Quelques précisions s’imposent.
    - Notre revendication n’est pas d’être « tous à poil ». Ca, c’est la revendication des naturistes ; elle peut être légitime, mais ce n’est pas notre problème. Nous demandons, nous, de pouvoir nous habiller ou nous déshabiller comme nous le voulons, et surtout à partir des mêmes droits que les hommes : si ceux-ci peuvent être torse nu à piscine, pourquoi pas nous ?
    - Si nous ne le pouvons pas, c’est bien que le corps des femmes subit un traitement spécifique, qui se traduit par des normes esthétiques oppressives, la sexualisation à outrance, et à destination des hommes, la contrainte à l’hétérosexualité etc.
    - Notre mot d’ordre est par conséquent un mot d’ordre d’égalité ; pas un vague appel à communier, hommes et femmes tous ensemble, dans une attitude faussement rebelle que traduirait la nudité. Si vous avez lu l’article, vous savez d’ailleurs que lors de nos actions, tandis que nous enlevons nos hauts de maillots de bain, les hommes qui nous soutiennent mettent un haut, précisément pour contribuer au questionnement de ce qu’est la « féminité » et la « masculinité ».
    Depuis le début de nos actions piscines, nous sommes présentées dans les médias comme des nanas rigolotes et cools, dont le féminisme résiderait avant tout dans la capacité à se désaper en public. C’est exactement ce que votre titre exprime, et c’est nul. Sans compter la photo censée illustrer le reportage sur les propriétaires, mais qui donne à voir, sans assez de distance critique, une scène bien traditionnelle : une jeune femme portant un bébé, l’homme au fond dans une attitude passive. On attendait autre chose d’un journal « ami », mais peut-être n’y a-t-il tout simplement pas, pour les féministes, de journalistes « ami-e-s ».

    1. Voir la rubrique « Nos actions » sur notre site : http://www.tumultueuses.com/-Nos-ac....

    TumulTueuses Le 19 mai 2011 à 20:02

    Répondre

  •  
  • A Madame Autain

    Madame,

    Je suis un mâle blanc (avec une pincée de sang libanais : faut bien assaisonner le plat !) ; une vision d’horreur donc pour Anne Lauvergeon qui n’aurait eu aucun scrupule à me laisser crever de faim à cause de ma couleur de peau et mon odieuse ascendance culturelle chrétienne ! J’ai l’âge d’avoir deux fois vingt ans, je glisse donc lentement, mais sûrement du côté du pervers ventripotent, l’œil lubrique, une bière à la main et la télécommande dans l’autre pour regarder le foot !
    Eh bien non, désolé de décevoir les attentes stéréotypées d’une certaine multitude (multitude dont, à l’aune de ce que je lis et écoute de vous, je vous exclue d’emblée). Je lis plutôt Mrs Dalloway que Macho Magazine ; je confesse un goût prononcé pour l’écriture et, en matière de mains aux fesses, je rédige plus volontiers des textes aux femmes que je regarde comme j’écoute l’adagio du Concerto pour clarinette de Mozart ; j’ai par ailleurs rarement recours à l’arsenal militaire pour les désigner (« Canon, bombe atomique »). Et si j’adore le sport, c’est que c’est le seul moment où mon esprit me laisse en paix, certainement pas pour exacerber ma virilité ! Et c’est là que le bât blesse.
    Parce que si les femmes rejettent de plus en plus le mâle « primatique » (petit néologisme personnel que vous comprendrez sans peine), elles rejettent dans le même temps, pour beaucoup d’entre elles, son antithèse : la sensibilité d’accord, mais point trop n’en faut ! Je ne m’exprime pas à titre strictement personnel, mais convenez que nombre de vos « sœurs » entretiennent le mythe de l’homme des cavernes par des attitudes dont elles ne se départissent pas facilement. Quelle place alors, entre l’excité du volant (persuadé que sa boîte de vitesse est la légitime prolongation de son attribut) et le séducteur compulsif (forcément attirant parce qu’il multiplie les « conquêtes », tel Alexandre) ?
    Ajoutons à cela la culpabilisation actuelle des hommes, tous azimuts, qui répond au mépris millénaire des femmes, il me reste alors la solitude. Un sentiment d’injustice m’étreint car je vous tiens toutes (ou presque) en plus haute estime que mes semblables de la tribu de ceux qui pissent debout et partout ! Sans toutefois béatement vous idéaliser, je fais le pari d’un avenir où vous auriez un pouvoir de décision nettement plus important que de nos jours.
    L’image véhiculée de l’homme fort, invincible même, l’est d’abord par nombre de mères, se poursuit dans la mode et les magazines (les revues féminines ne sont d’ailleurs pas en reste de ce côté-là). La société admet toujours plus facilement le violeur que l’homosexuel…et c’est un hétéro qui parle ! Strauss-Khan, s’il est acquitté ou non (et malgré les preuves multiples de ses pulsions prédatrices, sans anticiper sur son procès), restera un homme à femmes…un homme qui en a !
    Bien à vous, Madame.
    Charles

    Charles D Le 13 juin 2011 à 08:19

    Répondre

  •  
  • Monsieur Denner,
    Charles, nous ne doutons pas de votre respect et de votre amour des femmes. Alors, ne doutez pas de nos sentiments envers tous ceux de votre sexe qui observent la même attitude et le même plaisir que vous à les fréquenter.
    Cependant si vous viviez 24H de la vie d’une femme, vous comprendriez très vite quel système d’autodéfense automatique se met en place sans aucune intention au départ. Il y va de notre survie.
    Dans quelques décennies, il manquera 1 million de femmes en Chine, nous savons tous pourquoi. Il n’y a pas d’exemple plus criant. Pensez après cela, que nous ne pouvons pas non plus béatement vous idéaliser. Mais sachez que nous vous gardons une place tout à fait respectable et très honorable autant qu’élargie entre l’excité du volant et le séducteur compulsif. N’en doutez pas. Continuez d’aimer les femmes Monsieur Denner, elles vous le rendront bien.
    Bien à vous Monsieur,
    Régine

    régine mary Le 31 octobre 2011 à 11:44

    Répondre

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  • INDIFFERENCE

    La maman de Yue Yue tourne la tête pour servir son client. Alors Yue yue elle en profite pour s’échapper dans la foule si dense sur les trottoirs des grands boulevards. Elle a deux ans. Elle est toute frêle. Elle a deux ans. Alors personne ne fait attention à elle quand elle traverse le large trottoir. Pousse-toi minus. Elle a deux ans. Personne. Avec sa tête d’ange et ses cheveux noirs lilas elle arrive au bord du trottoir comme un petit oiseau sur la branche. Personne. Dans la foule du grand trottoir du grand boulevard qui se déverse comme un fleuve, personne. Elle a deux ans. Avec ses jolies plumes légères sa robe blanche, son petit gilet rose et ses chaussures vernis, elle ne sait pas nager dans le fleuve Yue Yue. Elle ne sait pas voler. Elle a deux ans. Quand sa maman lui demande, quel âge as-tu Yue Yue ? Yue Yue elle fait juste un v comme ça avec son index et son majeur en tendant loin devant son petit bras. Toute fière elle fait comme ça un v. Deux zans. Dans le fleuve. Pas une bouée. Personne. Minus est sur le bord du grand trottoir du boulevard. Au bord du fleuve. Du fleuve inhumain. Elle ne sait pas nager. Elle a deux ans. Personne. Elle fait deux pas sur le boulevard. HOP HOP. Elle a deux ans ça dure deux secondes. HOP les roues avant de la fourgonnette. HOP les roues arrière de la fourgonnette. La personne qui conduit le véhicule poursuit sa route dans l’enfer de la circulation chinoise. Rien ni personne ne l’arrête. Une bonne quinzaine de passants contourne le petit corps sans même le regarder. Sans s’arrêter. Alors une autre voiture percute la petite mouche écrasée. HOP. En une seconde, l’autre voiture fini d’écraser la mouche. C’est une chiffonnière qui s’arrête pour ramasser le chiffon mou tout sali tâché de l’indifférence du monde. Tout mou tout mort le petit chiffon. Pauvre mouche. Pauvre Yue Yue ou pauvre monde. Les deux.

    Quand la sécurité chinoise visionne la vidéo prise par les caméras de surveillance, ça fait très mal. Quand on visionne, ça fait très mal l’indifférence. Les caméras de surveillance filment. Caméras de sécurité. Dommage, elles ne surveillent pas les caméras. Elles filment l’indifférence. Elles n’ont pas de valeurs ni de sentiments les caméras. Juste, elles filment. Dormez en paix braves gens. Vous êtes en sécurité. On filme. Après on visionne. L’indifférence. Quand les gens de la TV chinoise ont passé l’enregistrement, toute la chine a vomi son quatre heures. En deux secondes.

    Régine MARY

    régine mary Le 31 octobre 2011 à 11:49

    Répondre

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