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Accueil > Société | Par Roger Martelli | 25 mai 2015

Panthéon 2015 : la photo retouchée

Les quatre nouveaux résidents du Panthéon sont parfaitement légitimes. Mais en refusant la même reconnaissance aux grandes figures communistes de la Résistance, la mémoire de la République s’avère sélective.

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Roger Martelli a été invité à participer à la cérémonie d’hommage à Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, qui aura lieu le 27 mai prochain. Absent de Paris, il n’assistera pas à cet hommage mérité. Tout en le regrettant, il a ajouté : « Par honnêteté, je me permets toutefois de dire que mon respect et mon admiration pour les quatre personnalités heureusement retenues n’annule pas une certaine amertume ressentie devant les absences criantes du choix final. La sensibilité communiste ne sera pas associée à la reconnaissance de la nation, quand tant de noms eussent pu y contribuer. Je le regrette. La force de la Résistance française fut dans son unité, tout autant que dans sa détermination. C’est donc unie qu’elle devrait entrer au Panthéon. »
Pour expliciter son propos, il a rédigé le texte qui suit.

* * *

Le 27 mai 2015, le président de la République conduira au Panthéon les cendres de quatre superbes figures de la Résistance française. Ce choix serait parfait, si la grandeur des héros célébrés ne servait aussi à masquer l’incompréhensible absence de ceux qui seront oubliés.

La Résistance sauva l’honneur d’une France ternie par le choix de ceux qui, le 10 juillet 1940, voulurent en promouvant Philippe Pétain ajouter à l’amertume de la capitulation militaire l’opprobre du renoncement républicain. Ce fut alors une bien triste manifestation d’union nationale (569 députés et sénateurs sur 669) qui, quatre ans à peine après l’élection d’une majorité de Front populaire, mit fin à la République pour installer le régime collaborateur et dictatorial de « l’État français ».

Ne pas oublier l’unité de la Résistance

Ce qui permit à la Résistance d’atténuer l’indélébile tache, ce furent trois aspects indissociables : le courage inouï de ses combattants, sa fibre sociale confortant l’élan patriotique (le programme du Conseil national de la résistance) et l’unité de toutes les composantes résistantes. Alors que la résistance se déchirait en Pologne, en Grèce ou en Yougoslavie, elle resta unie en France, malgré les désaccords politiques et tactiques. L’aristocrate Philippe de Hautecloque dit "Leclerc" et le métallurgiste Henri Tanguy dit "Rol" combattirent sous le même uniforme. Avec Marie-Claude Vaillant-Couturier, 230 femmes résistantes, communistes et gaullistes indistinctement mêlées, franchirent les portes du camp de concentration de Birkenau en chantant la Marseillaise, le 23 janvier 1943.

Sans cette unité que rien ni personne ne put briser, la Résistance aurait-elle eu l’impact qui fut le sien, dans les combats de 1944 et dans la reconstruction qui les suivit ? On peut sans crainte répondre par la négative. Célébrer les quatre noms symboliques de l’union résistante est donc un devoir. Oublier ceux qui auraient dû être associés au convoi est une faute. Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle sont irréfutables, mais Danielle Casanova et Marie-Claude Vaillant Couturier ne l’auraient pas moins été. Jean Zay et Pierre Brossolette méritent le respect, mais Charles Debarge, Missak Manouchian ou Joseph Epstein ne méritent pas l’oubli.

Effacés de la grande photographie nationale

En un jour de reconnaissance nationale, laisser de côté la mémoire communiste est proprement incompréhensible. Beaucoup se sont indignés naguère de ce que les communistes ont parfois hypertrophié leur rôle, fût-ce au détriment des autres forces résistantes. Les voilà désormais retirés de la grande photographie nationale, exclus à jamais du Panthéon républicain.

Faudra-t-il maintenant parler de la défaite militaire du nazisme sans Stalingrad, de la prise de Berlin sans Joukov, de la Yougoslavie libérée sans Tito, de la victoire sur le Japon sans Mao Zedong, de la Libération française sans les FTP, de la reddition de von Choltitz à Paris sans Maurice Kriegel-Valrimont et sans Henri Rol-Tanguy ? Évoquera-t-on la composition du CNR sans Pierre Villon et André Mercier, celle du Comité français de libération nationale sans François Billoux et Fernand Grenier ? Et pourquoi pas, si l’on y est, le Front Populaire sans Maurice Thorez, la Sécurité sociale sans Ambroise Croizat et l’Union de la gauche sans Waldeck Rochet et Georges Marchais ?

Le stalinisme effaçait les dirigeants réprouvés des photographies officielles. La République française ne doit pas en faire de même avec une composante à part entière de l’histoire populaire et de la gauche de ce pays.

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Vos réactions

  • Magnifique réaction,de Roger Martelli !
    Grand coeur,honnèteté intellectuelle détectée dans 1984,déjà.
    Danièle Casanova,Marie Claude Vaillant couturier et tant d’autres ,devraient être au Panthéon,mais elles furent communistes..Hollande trahit sans cesses,Roger s’insurge,bravo,oui,Bravo,Roger !

    Maurice Le 25 mai 2015 à 15:50
       
    • Avec les dirigeants socialistes, la trahison est permanente depuis 1947.
      L’oubli est une nouvelle trahison de la France.
      Georges RIBACK

      RIBACK Le 26 mai 2015 à 12:15
  •  
  • A bien y réfléchir, Hollande avec ses airs de ne pas y toucher, mais qui en douterait encore, chausse les bottes de sept lieues d’un révisionnisme moderne, ainsi, dans la même veine, le refus infâme et abject d’assister aux commémorations du 70ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, à Moscou.

    Claude F Le 25 mai 2015 à 19:16
  •  
  • Auditeur, téléspectateur, lecteur, qu’est-ce que j’entends chaque jour :

    • De Gaule, c’était LA RESISTANCE, et les « Américains » ont libéré la France
    • Fêtons tous les 70 ans du débarquement avec un spectacle à la neuneu.
    • Les 70 ans de la victoire de 45 on ne la fête pas car l’Ukraine et Bla et Bla Bla = quelle HONTE pour notre pays !!!
    • Les communistes ont disparu de l’histoire de France.
    • Il n’y a plus de communistes en France.
    • Les communistes se sont réveillés après le plan Barbarossa.
    • Le PCF s’est autoproclamé parti des fusillés.
    • Les communistes sont inconnus quand on parle du programme du CNR, qui connait Ambroise CROISAT, Marcel PAUL ?
    • Nazis et Communistes même chose.
    • Il faut supprimer le mot communiste du discours pour que les votes reviennent vers le FdG….

    Ça fait lourd à encaisser, personnellement j’ai fait partie de tous ceux qui ont en tête que le PCF a porté un lourd tribu à la résistance, qu’ils étaient sur le territoire et pas en Angleterre ; dans les villes et la population et non pas dans le Vercors. C’est aujourd’hui avec peine que j’entends ce discours ambiant et je me mets en retrait de cette panthéonisation, j’ai du mal à adhérer à cette union autour de la résistance => clivage oui car tel un coucou le PS qui a été de tous les renoncements, de toutes les compromissions se porte sur le devant de la scène.
    Bien sur un caveau de plus ou de moins, ce n’est pas le plus glorieux ; on se fait plaisir comme avec Marie CURIE qui reposait en paix, mais il y a tout le discours autour de l’événement et ce qu’il sous tend. Il y a le discours sur l’histoire qu’on réécrit, il y a infusée l’idée que communiste pas français, que communiste est forcément stalinien et que plus personne peut porter ça.
    Le révisionnisme est à l’œuvre, mais aussi la bassesse et la félonie.

    José Le 26 mai 2015 à 16:53
  •  
  • Dans le concours de la droite la plus normale, Sarkozy avait prétendu récupérer la mémoire de Guy Mocquet. Hollande castre la mémoire nationale, constitutive de ce que l’esprit français a de meilleur. Car la Résistance a cristallisé ce paradigme idéologique essentiel, à la base du pacte de responsabilité passé entre ses composantes... : la capacité à regarder en face ce qui divise, sans que jamais cela réduise ou hypothèque ce qui unit !...
    A l’inverse, cet homme divise tout ce qu’il touche... Oui, c’est une amputation caractérisée de la mémoire de notre pays que cette panthéonisation sélective... Le parti communiste français fut le seul, en tant que parti, à se constituer résistant... Dans la plus haute pratique d’unité qui soit, et hors de toute conscience borgne !...

    "Mon parti m’a rendu mes yeux et ma mémoire
    Je ne savais plus rien de ce qu’un enfant sait
    Que mon sang fût si rouge et mon cœur fût français
    Je savais seulement que la nuit était noire
    Mon parti m’a rendu mes yeux et ma mémoire

    Mon parti m’a rendu le sens de l’épopée
    Je vois Jeanne filer Roland sonne le cor
    C’est le temps des héros qui renaît au Vercors
    Les plus simples des mots font le bruit des épées
    Mon parti m’a rendu le sens de l’épopée

    Mon parti m’a rendu les couleurs de la France
    Mon parti mon parti merci de tes leçons
    Et depuis ce temps-là tout me vient en chansons
    La colère et l’amour la joie et la souffrance
    Mon parti m’a rendu les couleurs de la France"

    Louis Aragon, 1944

    Aubert Sikirdji Le 28 mai 2015 à 08:03
  •  
  • Après une première réaction de dépit cet "oubli" hollandais de la place des femmes française et communistes pouvant légitimement être installée au Pant(héon, e me suis dit qu’après tout, pour unedescendante dela Commune de Paris, être àperpétuité, voisine
    de lit républicain, n’avait pas de quoi vous tenirles pieds au chaud.
    A l’exception de M.Curie et Hugo.......peu de gens de bonne compagnie dans cette fosse.

    youbka Le 29 mai 2015 à 00:18
  •  
  • Je lis dans l’Humanité du Jeudi 28 mai 2015 : Hollande invite les 4 à prendre place au Panthéon, en précisant : « Ce sont deux femmes et deux hommes qui incarnent la Résistance », car « la Résistance a de nombreux visages. Il y avait des Français, il y avait des étrangers (...). Communistes, gaullistes, socialistes, radicaux et même royalistes ». Mais « ce qu’ils étaient hier, ils ne se le demandaient plus. Ils voulaient être les compagnons de la même libération. » Quelle équivoque !!!... Car afin de justifier la séparation de ces 4 de leurs « compagnons » communistes, Hollande réussit le tour de force de les séparer d’eux-mêmes !... Qu’est-ce donc que cette blague que la Résistance les aurait transformés au point qu’ils y auraient oublié ce qu’ils étaient auparavant ? Qu’est-ce qui l’a autorisé, devant les cercueils, d’avancer cela ?... « Vouloir être parties prenantes de la même Libération » n’a certainement pas été synonyme d’avoir souscrit à on-ne-sait-quel « mêmisme » !... C’est en réalité la capacité de regarder en face ce qui sépare, sans rien réduire de ce qui unit, que la Résistance a cristallisé comme nouvelle culture... : une fertilité qui a produit le programme du CNR...

    Aubert Sikirdji Le 29 mai 2015 à 00:59
       
    • J’ajoute ceci : que si d’une époque à l’autre, ...résister c’est créer, et donc se dépasser, cela suppose une mise à l’épreuve du feu de la force des convictions, où l’on se met même à faire des choses dont on ne se savait pas capable... Ça n’est certainement pas que les convictions soient mises au second plan, ...associant "celui qui croyait au Ciel et celui qui n’y croyait pas", comme d’autres "diversités"..., mais le fait est que ces convictions ne peuvent plus rester de simples arrières-pensées ou préjugés de confort dogmatique...
      Voici comment le poète et résistant René Char moque le dogmatisme, et décrit la nécessité de son "traitement" (au point 38 des "Feuillets d’Hypnos")... :
      "Ils se laissent choir de toute la masse de leurs préjugés ou ivres de l’ardeur de leurs faux principes. Les associer, les exorciser, les alléger, les muscler, les assouplir, puis les convaincre qu’à partir d’un certain point l’importance des idées reçues est extrêmement relative et qu’en fin de compte "l’affaire" est une affaire de vie et de mort et non de nuances à faire prévaloir au sein d’une civilisation dont le naufrage risque de ne pas laisser de traces sur l’océan de la destinée, c’est ce que je m’efforce de faire approuver autour de moi."
      Oui, d’une époque à l’autre, l’écho existe des exigences de stratégie unitaire...

      Aubert Sikirdji Le 3 juin 2015 à 01:36
  •  
  • Oui,Aubert avec en plus,ultime conscience politique, l’attachement au parti.
    Cette ultime conscience politique, l’attachement au parti communiste français,est une nécessité.
    Car aprés notre mort que restera t il de toutes tes phrases,nos phrases celles écrites dans le giron ou pas trés loin du PCF ? Rien.
    Ni les pédégés,ni eelv,ni les péèsses,ni les trotskystes n’incarnent le pécéfeu !
    Toi,Roger,moi,Oui !
    Nous avons nos chairs qui ont traversé tant d’épreuves .
    Bien mieux que le mouvementisme,l’attachement à l’outil-PCF est fertile par delà les générations
    C’est l’assurance que d’autres ,après nous continueront de se nourrir aux oeuvres ,pèle mèle,sans exhaustivité de ,Baboeuf,Buonoretti,Louise michel,Rosa luxembourg,Jaurès,Gramsci,Bonnafé, Sève,les anti-colonialistes,brigadistes internationalistes,ceux du secours rouge,secours populaire etc..bref les cohortes pécéfistes,passée,présentes,futures.
    le PCF doit sans cesse être reforcé.
    C’est une Matrice,irremplaçable qui nous permet à nous Aubert,si différents de nous apprécier et communiquer.
    Le PCF est un viatique en même temps qu’un morceau trés consistant des cultures françaises.

    Maurice Le 29 mai 2015 à 07:39
  •  
  • De Paul Eluard,
    "AVIS"
    La nuit qui précéda sa mort
    Fut la plus courte de sa vie
    L’idée qu’il existait encore
    Lui brûlait le sang aux poignets
    Le poids de son corps l’écœurait
    Sa force le faisait gémir
    C’est tout au fond de cette horreur
    Qu’il a commencé à sourire
    Il n’avait pas UN camarade
    Mais des millions et des millions
    Pour le venger il le savait
    Et le jour se leva pour lui.

    ...Et aussi :
    « Gabriel Péri »
    Un homme est mort qui n’avait pour défense
    Que ses bras ouverts à la vie
    Un homme est mort qui n’avait d’autre route
    Que celle où l’on hait les fusils
    Un homme est mort qui continue la lutte
    Contre la mort contre l’oubli
    Car tout ce qu’il voulait
    Nous le voulions aussi
    Nous le voulons aujourd’hui
    Que le bonheur soit la lumière
    Au fond des yeux au fond du cœur
    Et la justice sur la terre
    Il y a des mots qui font vivre
    Et ce sont des mots innocents
    Le mot chaleur le mot confiance
    Amour justice et le mot liberté
    Le mot enfant et le mot gentillesse
    Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
    Le mot courage et le mot découvrir
    Et le mot frère et le mot camarade
    Et certains noms de pays de villages
    Et certains noms de femmes et d’amies
    Ajoutons-y Péri
    Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
    Tutoyons-le sa poitrine est trouée
    Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
    Tutoyons-nous son espoir est vivant.

    ...Et d’Aragon (poème dédié à Gabriel Péri) :
    Ballade de celui qui chanta dans les supplices

    Et s’il était à refaire
    Je referais ce chemin
    Une voix monte des fers
    Et parle des lendemains

    On dit que dans sa cellule
    Deux hommes cette nuit-là
    Lui murmuraient "Capitule
    De cette vie es-tu las

    Tu peux vivre tu peux vivre
    Tu peux vivre comme nous
    Dis le mot qui te délivre
    Et tu peux vivre à genoux"

    Et s’il était à refaire
    Je referais ce chemin
    La voix qui monte des fers
    Parle pour les lendemains

    Rien qu’un mot la porte cède
    S’ouvre et tu sors Rien qu’un mot
    Le bourreau se dépossède
    Sésame Finis tes maux

    Rien qu’un mot rien qu’un mensonge
    Pour transformer ton destin
    Songe songe songe songe
    A la douceur des matins

    Et si c’était à refaire
    Je referais ce chemin
    La voix qui monte des fers
    Parle aux hommes de demain

    J’ai tout dit ce qu’on peut dire
    L’exemple du Roi Henri
    Un cheval pour mon empire
    Une messe pour Paris

    Rien à faire Alors qu’ils partent
    Sur lui retombe son sang
    C’était son unique carte
    Périsse cet innocent

    Et si c’était à refaire
    Referait-il ce chemin
    La voix qui monte des fers
    Dit je le ferai demain

    Je meurs et France demeure
    Mon amour et mon refus
    O mes amis si je meurs
    Vous saurez pour quoi ce fut

    Ils sont venus pour le prendre
    Ils parlent en allemand
    L’un traduit Veux-tu te rendre
    Il répète calmement

    Et si c’était à refaire
    Je referais ce chemin
    Sous vos coups chargés de fers
    Que chantent les lendemains

    Il chantait lui sous les balles
    Des mots sanglant est levé
    D’une seconde rafale
    Il a fallu l’achever

    Une autre chanson française
    A ses lèvres est montée
    Finissant la Marseillaise
    Pour toute l’humanité

    Aubert Sikirdji Le 30 mai 2015 à 08:51
  •  
  • C’est l’occasion pour moi de préciser une chose (les poèmes ci-dessus ayant pour moi une forte charge "identitaire") :
    ...à savoir que si je récuse de fait toute « identité communiste », car ce serait réduire en réalité le communisme à un patriotisme de « La Cause que tu sers », comme le dit le titre d’un roman connu de Iouri Guerman,... et d’aucune manière il ne s’agirait de réduire cette cause universelle à une cause particulière... (Cette cause, en vérité, est plurielle, et se doit de s’excentrer en permanence !!!...),
    ...il reste qu’à l’échelle d’une vie, lorsque l’on s’investit dans telle institution concrète dont la visée est rien moins que de remettre le monde à l’endroit, cela produit bel et bien de l’identité politique forte et structurante pour la personnalité !... Cela produit, pour longtemps,... du lieu d’où l’on parle... Jamais l’on ne pourra renier tel amour ou tel air de jeunesse... Appelez cela de l’idéalisme si vous voulez...
    J’ai grandi auprès du Vercors, et fus « bercé » par des communistes de l’époque...
    EN CE SENS, au moment de se retourner sur l’Histoire de notre pays, Hollande tente le tour de force, paradoxalement et en ayant l’air de ne pas en avoir l’air..., à l’occasion de la production de cette « néo-République » du 21ème siècle qu’ils prétendent, « de gauche comme de droite », nous réinventer, en n’ayant à la bouche que le dit « esprit du 11 janvier », de s’inscrire en réalité dans une guerre des identités, d’essence révisionniste, et qui n’a absolument rien de républicain...
    En cette circonstance rétroactive, je rappelle donc que j’assume non pas un communisme identitaire, synonyme d’un « stalinisme » passé, mais une identité politique, bel et bien formée par le PCF historique... Car y compris les nécessités, elles aussi historiques, de s’en désaliéner, n’ont jamais été pour moi synonyme de reniement...
    Je suis conscient, en même temps, que la perversité du Président Normal, c’est du billard à plusieurs bandes... Cette récidive, après l’affaire de la comparaison M.Le Pen-Marchais... peut avoir sur des cocos restants du « peu ce feu PCF, à côté de ce qu’il fut », l’effet qu’ils se drapent dans une « fierté » historique, sans rapport avec les nécessités de se remettre en question, ...ni avec les exigences unitaires d’aujourd’hui... (où, pour le moins, personne ne peut plus prétendre à occuper une place centrale !...).

    Aubert Sikirdji Le 30 mai 2015 à 14:50
  •  
  • Martelli est contradictoire :

     il détruit le PC actuel depuis qu il a quitté , par des analyses très amères

     il le défend quand Hollande l’ attaque à deux fois ( comparaison mal interprétée par la gauche radicale avec le programme du FN en mars et parce qu’ aucun résistant communiste n’ a été panthéonisé )

    Quand l’ absence de cohérence prévaut , la défaite menace !

    THIERRY HERMAN Le 30 mai 2015 à 17:14
       
    • ...Où voyez-vous, THIERRY HERMAN, que Roger Martelli « détruirait le PC actuel depuis qu’il l’a quitté, par des analyses très amères » ? Faut-il pour « être » définitivement communiste, porter son optimisme en bandoulière, comme disait Aragon ?
      Lorsque Roger conclut son autre article, « Panthéon : catafalque d’une gauche », par :
      « Derrière l’enjeu PCF, se profile une question bien plus large : le devenir d’une tradition révolutionnaire, plébéienne et démocratique qui, en France, n’a jamais été politiquement marginalisée, comme elle l’a été dans d’autres pays européens. Il faut mettre fin à cette exception française, pensent les chantres du pouvoir socialiste. La cérémonie du Panthéon participait de cette visée. »... :
      ...ne pose-t-il pas une CONSTANCE, dont étaient historiquement comptables les dits communistes, y- compris dans leur aptitude (ou pas) à se dépasser ?
      Lorsque, sous cet article, vous avez écrit que : « la gauche de la gauche n’ a pas besoin de Hollande pour mourir cliniquement »... : déjà ce fut le cas de ce Parti, il y a trente ans... ...Pardon de vous dire que mon expérience vécue du PCF, jusqu’au milieu des années 80, où il n’a eu besoin de personne pour imploser, c’est que ce ne fut pas du fait de gens comme Martelli !... (J’étais dans la même fédération que lui, à l’époque avec entre autres Pierre Juquin...)
      Ce qu’il DECRIT dans son livre sur ce que j’appelle le retard de 84 n’a rien à voir avec on-ne-sait-quel effet d’autophobie !... A moins que vous considériez que toute autocritique historique de le (peu ce feu) PCF est impossible...
      Ca n’est pas d’aujourd’hui que les dits « communistes critiques » ont été vilipendés : car, vu que la tradition lénino-stalinienne, avait l’habitude, de considérer « les communistes » comme déjà dotés d’une capacité critique « par nature » aboutie..., il était suspect par définition de critiquer « le communisme » (réifié) lui-même « de l’intérieur »,..., et donc il était « nécessaire » de « porter le fer dans ce ridicule pléonasme », signe imparable de trahison...
      De fait, ...vous le dites vous-mêmes : "Martelli est contradictoire"... C’est grave docteur ? "ETRE" communiste, est-ce évacuer les contradictions ?...

      Aubert Sikirdji Le 30 mai 2015 à 19:00
    •  
    • ...Ceci dit, trêve de plaisanteries, Monsieur Thierry Herman : vous n’avez rien compris à rien. La supposée « faiblesse » que vous prétendez avoir détectée chez Roger Martelli, parce que, dites-vous, ce serait lui qui serait « contradictoire », cela relève d’une imbécilité basique !... Ne vous êtes-vous pas rendu compte que, dans certaines circonstances critiques, ce sont précisément ceux que l’on s’est habitué à désigner comme hérétiques qui sont les meilleurs défenseurs de « la cause que l’on sert » ? ...Lisez donc ce « vieux livre essentiel, « la Place Rouge », de Pierre Courtade, qui se joue autour de la « déstalinisation », et qui met en scène deux « camarades », dont l’un « parait », au départ, comme cela se dit des caramels, plus mou, plus sentimental,... et l’autre, plus pur et dur... Lequel des deux, à l’arrivée, aura résisté ? Lequel se retrouvera « annulé » ?... Je vous le donne en mille... Alors cessez, je vous prie, de faire le faraud devant l’utilité éprouvée, autrement dit forgée dans les épreuves,... de votre camarade !...

      Aubert Sikirdji Le 30 mai 2015 à 22:06
  •  
  • Oui mais à un moment,il faut se rassembler.
    Quelque part, dans certaines lignes ,sur ce blog,émerge le Nihilisme.
    Or,nous les vieux n’avons pas le droit d’être des Nihilistes petits bourgeois .Pourquoi,parce que nous devons passer le témoin.
    Le capitalisme distille l’amertume,le ressentiment pour faire naitre la cupidité nécessaire au capitalisme.
    Or en France en 2015,57% du PIB est collectivisé.
    Sur cette planète à 200 états,nous sommes au top.
    Nous devons relever le défi !
    Expliquer qu’avec un système d’allocations publques,de 57% du PIB en 2014,la France est au top pour limiter les souffrances du capitalisme grâce aux luttes sociales et politiques.
    Il faut aussi avoir des élus.
    Il est inacceptable que sur 600000 élus de la république seuls quelques dizaines sont de la mouvance proche de la gauche de la gauche,essentiellement pro-PCF.
    Encore quelques années,et la dynamique politique reviendra§
    En attendant il faut s’unir comme au rugby dans une mélée.
    Il faut aussi éviter de marquer contre son camp comme dans les attaques anti-pcf,coeur du fdg,par exemple.

    Maurice Le 30 mai 2015 à 21:46
       
    • "Il faut aussi éviter de marquer contre son camp"....Aubert se tue à t’expliquer que tu ne fais que çà depuis des mois sur ce blog...il a une patience que j’admire car moi , je l’avoue, j’en suis incapable...C’est pour çà que je ne recommencerai à argumenter sur ce blog que dans plusieurs mois...

      Dominique FILIPPI Le 3 juin 2015 à 18:00
  •  
  • Filippi,tu es très exigeant pour les miltants du PCF,que tu veux à tes ordres,mais pas du tout pour toi.
    Tu vois la paille dans l’oeuil chez les personnes qui ne pensent pas comme toi,mais pas la poutre dans le tien ,ni le pesant Mélenchon,sur ta langue.
    Alors,c’est à toi,de quitter ce site,où c’est une fabrique de ’Politique’ pas un poulailler pour les loups obsetionnels anti-PCF.
    La dialectique respectueuse,tu connais ?
    Ici,c’est le minimum.

    Maurice Le 4 juin 2015 à 08:54
  •  
  • Maurice, il me semble que pour une fabrique de politique, il faut un minimum d’avis divergents pour débattre et construire ensemble.
    Quant à la dialectique respectueuse et que tu dis dans la phrase suivante "un poulailler pour les loups obsessionnels anti-PCF"...
    Je ne partage pas l’attachement viscéral de Dominique à JLM mais force est de constater qu’il ne dit pas que des bêtises quand il dit que tu tires beaucoup contre ton camp.
    Un peu de mesure et de fraternité seraient la bienvenue dans tes posts, surtout envers des copains qui s’ils ne sont pas parfaitement sur ta ligne, œuvrent à faire évoluer la société positivement (à mon sens).
    Bref, je ne dis pas que tu as tort sur tout non plus mais que tu devrais surtout utiliser ton énergie à convaincre ceux pour qui la fatalité de ’il n’y a pas d’alternative" est le seul horizon.
    Bonne journée à tous !

    Flutiot Le 4 juin 2015 à 10:19
       
    • Bonjour et merci camarade Flutiot,
      C’est sûr que de discuter par esprit d’exigence dialectique, c’est mieux qu’avec une tronçonneuse... Quant au « respect » de l’autre, parlons-en... Nous avons sans doute un tronc commun d’expérience politique... Ce qui ne signifie pas une « histoire commune », par on-ne-sait-quels liens de famille imaginaires qui nous associeraient abusivement et nous solidariseraient obligatoirement en tout et pour tout... Nous sommes des communistes (avec ou sans cartes), pas des « commistes », des rassembleurs se contentant de semblants et de ressemblances..., dont l’effet d’uniformité devrait en l’occurrence nous tenir les uns les autres en respect... (de fait, dans le respect d’une habitude funeste d’autocensure plus hystérique qu’historique, car elle nous a plutôt sortis en vérité de l’Histoire !...)
      C’est bien la question du principe de réalité qui est posée... Qui, normalement, interdit les glissements progressifs des analogies intempestives, néostaliniennes ou autres..., à base de généralités inductives, qui relèvent de l’arbitraire et donc d’un bon plaisir forcément en un sens NIHILISTE, parce que négateur de la réalité de l’autre, sur le râble duquel on a trop vite fait de tomber, au prix d’effets durables immensément désastreux... Et qui font qu’on est toujours, par ce MALIN plaisir-là, sempiternellement HORS-SUJET, et pour commencer enrôlant ou enrôlé à son tour dans le « principe » qui veut que ...« si ce n’est toi c’est donc ton frère... »
      ...Et donc dans un télescopage des souvenirs sans queue ni tête,... à côté de ce qui serait normalement l’ordre du jour, et donc avec toujours une guerre de retard... Du coup, ...nous mettons l’alternative en danger, parce que nous parlons toujours d’autre chose...
      Sous mon post du 29 mai (à 0h59), ci-dessus, je rappelle que j’en ai ajouté un autre daté du 3 juin (à 1h36), où j’ai à nouveau eu recours au travail d’un poète digne de ce nom... (qui aide les hommes à regarder en face ce qui les divise, avec la bonne mesure : sans rien ajouter ni retrancher si possible de la réalité de leurs liens...)... Il y est question de l’importance extrêmement relative dans certaines circonstances des idées reçues..., lorsque « le naufrage de la civilisation risque de ne pas laisser de traces sur l’océan de la destinée »...
      A travers le temps, René Char est encore capable de nous dire : « -camarade, arrête ton char, et écoute vraiment l’autre !... Tu as à faire avec lui... »

      De fait, d’une époque à l’autre, nous sommes appelés à comprendre, à ne cesser de comprendre et retravailler... la « dialectique » de la diversité et de l’unité, seule à même de nous permettre la possible et nécessaire « RESISTANCE CREATIVE »  !!!...

      Aubert Sikirdji Le 4 juin 2015 à 12:38
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  • Je cite Frédérick Genevée, dans l’Humanité du mercredi 27 mai 2015 :
    "...la vérité de la Résistance française, c’est son unité. Toutes ses composantes se sont rassemblées : résistance intérieure et résistance extérieure, partis, mouvements de résistance et syndicats, toutes les sensibilités politiques. Il est donc impossible de faire le tri. Cette unité a permis à la France de retrouver toute sa souveraineté dès la Libération, de compter dans le concert des nations. Honorer ce rassemblement, c’est aussi affirmer que, dans les conditions d’aujourd’hui, il est nécessaire de trouver les voies de l’unité pour résister face au déferlement d’attaques contre les acquis de la Libération. La résistance unie nous apprend aussi que la résistance n’est possible que parce qu’il y a une stratégie politique partagée et une perspective programmatique. C’était à l’époque la Libération par l’insurrection et le programme du CNR avec ses propositions à la fois crédibles et de ruptures avec l’ordre ancien. Il y a encore des leçons de méthode à en tirer pour aujourd’hui."

    Plus loin :
    "...commémorer ne prend de sens que dans le combat politique d’aujourd’hui. Le PCF n’est pas une entreprise mémorielle mais un parti politique qui cherche à ouvrir une perspective de changement, donc l’essentiel de nos initiatives seront des initiatives politiques pour aujourd’hui et non pour hier. Avec nos partenaires du Front de gauche et au-delà, des initiatives comme les chantiers d’espoir et le Forum européen des alternatives qui rassemblent sur un contenu transformateur et progressiste, c’est le plus beau des hommages que nous pouvons rendre à celles et ceux qui nous ont précédés."

    Aubert Sikirdji Le 4 juin 2015 à 13:33
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