Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 9 décembre 2015

Gauche fragile, gauche de gauche en question…

Régionales 2015. La droite française, dans sa variante classique, ne va pas bien. Mais la gauche est fragilisée. Les déboires de sa frange de gauche ne sont pas pour rien dans ce malaise. Retour sur un échec, chiffres à l’appui.

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Les tableaux qui présentent les données sur lesquelles s’appuie cette analyse sont visibles dans le portfolio en bas de page ; certains sont accessibles via les liens dans le corps du texte.

1. Toute analyse doit garder à l’esprit ce qui est trop souvent oublié : la persistance d’un haut niveau d’abstentions (la moitié du corps électoral). Sur cette base, un déplacement vers le vote (recul de l’abstention) ou un déplacement des votes peut avoir une incidence forte, même si ce déplacement est limité.

Cette fois, le regain de participation entre 2014 et 2015 a profité massivement au FN et, de façon moindre, au PS. En revanche, il accentue le retrait de ceux qui n’ont pas mobilisé leur électorat : la droite parlementaire et la gauche de gauche. Cela ne signifie pas qu’il n’existe plus de courant critique, "radical" ou "alternatif", mais qu’il ne se mobilise pas autour des forces politiques qui combattent à la fois la droite et l’orientation "social-libéralisée" de l’exécutif (voir l’évolution des suffrages pour la "gauche de gauche" lors des quatre derniers scrutins).

On peut se rassurer en se disant que cette faible attirance n’est que conjoncturelle, due à la tension du moment (l’état d’urgence) ou aux incertitudes sur la stratègie politique qui ont affecté l’intérieur même du Front de gauche et atténué sa lisibilité (pas moins de quatre configurations d’alliances dans 13 régions !). Mieux vaut ne pas se rassurer si vite. Quand le PCF a vu fondre son capital électoral, à partir de 1981, il a expliqué au départ que les abstentionnistes de gauche appartenaient encore à "son" électorat, et qu’il le retrouverait, par un discours oscillant entre durcissement du ton et les ouvertures unitaires. Or ceux qui avaient renoncé au vote communiste n’y sont plus revenus pour l’essentiel (voir l’évolution de l’abstention et des "familles" politiques, des régionales de 2010 à celles de 2015, et des européennes de 2014 aux régionales de 2015).

Pour transformer un espace symbolique (la culture "radicale", de "rupture" ou "d’alternative" en comportement électoral, encore faut-il trouver les projets, les mots, les gestes pour entraîner.

2. Pour la gauche, la progression enregistrée entre 2014 et 2015 n’efface pas le fait qu’elle est, avec 37% des suffrages exprimés, dans ses basses eaux électorales tandis que la droite obtient son meilleur score depuis que les conseillers régionaux sont élus au suffrage universel. (voir l’évolution "droite / gauche" lors des quatre derniers scrutins) La conjoncture a donc permis au Parti socialiste de se situer dimanche dernier à mi-chemin entre son résultat exceptionnel des régionales 2010 et son score médiocre des européennes en 2014 (voir l’évolution lors des quatre derniers scrutins).

C’est ainsi que, dans une scène électorale dévastée, une défaite politique apparaît comme une quasi victoire. La posture sécuritaire du gouvernement socialiste a pris la droite en étau entre le discours de ressentiment du FN et l’exercice martial du pouvoir. Dès lors, le PS a pu mobiliser une frange des électeurs de gauche qui se reconnaissent dans le besoin de protection attisé par "l’état d’urgence". François Hollande, dit-on, se réjouit de cela. Jeu dangereux. François Mitterrand s’y essayé hier, au moment où le Front commençait à faire parler de lui. Nous en payons le prix aujourd’hui.

3. Si la gauche progresse sur 2014, ce n’est donc pas parce que la gauche critique lui a donné de l’élan. Au contraire. Quel que soit le résultat enregistré, que l’on inclut ou non dans les scores du Front de gauche ceux des listes de large union de PACA et de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le résultat (entre 4,1% et 5,7%) est en retrait à la fois sur la précédente consultation régionale et sur le scrutin européen de 2014.

Or la déconvenue s’ajoute à celle d’une extrême gauche qui ne retrouve plus sa dynamique de 1998-2007 et de Verts qui ne savent plus à quelle gauche se vouer, ni même s’ils se situent vraiment à gauche. Le total de l’extrême gauche, du Front de gauche et des Verts est en recul sensible sur les trois scrutins précédents, régionales 2010, présidentielle 2012 et européennes 2014. La capacité à "peser" sur le PS en est d’autant plus réduite.

4. L’étude rapide faite sur l’évolution 2014-2015 dans 700 communes dont le maire est ou a été communiste ou apparenté entre 2008 et aujourd’hui confirme l’analyse. Dans ces villes, la gauche progresse comme partout ailleurs, dans une proportion semblable (+3,8% dans ces villes contre +3,2% sur le plan national). En règle générale, ces villes se caractérisent par le fait que le vote "utile" à gauche y est plus qu’ailleurs incarné par un vote communiste et Front de gauche. Or, entre 2014 et 2015, le Front de gauche se stabilise (en alliance notamment avec EE-LV) alors que le PS gagne 9,2% sur l’élection précédente, c’est-à-dire davantage que sur le plan national. Quant au Front national, on constate que sa progression est contenue en moyenne, même si elle apparaît forte comme ailleurs dans les territoires du Nord, de l’Est et du Midi. En revanche, la bonne nouvelle est dans une bonne résistance au vote FN dans la banlieue parisienne et en Normandie.

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Bien sûr, les résultats moyens dissimulent d’énormes inégalités entre les communes. Ainsi, le Front de gauche s’en tire assez bien dans les régions où des personnalités locales élues (Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes) étaient à la tête de des listes proposées par le Front de gauche. Mais cette efficacité, sauf en Normandie, est restée pour l’essentiel limitée aux communes de plus forte implantation communiste. Et, en tout état de cause, les résultats modestes dans ce type de ville ne contredisent pas l’image d’un espace communiste qui n’a plus la densité populaire qui faisait naguère son originalité et sa force. Au total, le Front de gauche recule dans 450 communes et ne progresse que dans 250 d’entre elles. En revanche, le PS ne recule sur 2014 que dans 40 communes.

L’évolution de ces villes s’inscrit ainsi dans la logique d’un certain réalignement à l’intérieur de la gauche. Malgré l’ancrage de plus en plus accentué dans une orientation gouvernementale qui déstructure l’univers populaire, les socialistes renforcent leurs positions dans leur vieil objectif de captation de l’héritage communiste des périphéries urbaines. En 2014, le Front de gauche devançait le PS de 3% en moyenne ; en 2015, le PS devance le Front de gauche de 8,7%. En 2014, le FDG était encore en tête dans plus de 380 communes de cet ensemble ; en 2015, ce nombre est réduit à 175 d’entre elles.

5. Il ne faut donc pas se cacher que, derrière la menace frontiste, c’est l’ossature même de la gauche qui est en question. Les deux dimensions s’entremêlent d’ailleurs : c’est parce que la gauche dans son ensemble a reculé sur ses valeurs d’égalité, de solidarité et de souveraineté populaire, que la droite a imposé son obsession de l’ordre, du sécuritaire et de la compétitivité. Or ce recul n’a été possible que parce que nulle force, à la gauche du PS, ne s’est avérée capable de le conjurer.

Quand la gauche se remobilise sur les marges, comme ce fut le cas pour le PS dimanche dernier, ce n’est pas sur des valeurs qui sont historiquement au cœur de la dynamique populaire et démocratique française. Tactiquement, dans une logique de placements politiciens, tant que la droite classique est en panne, cela peut sembler efficace. Mais sur le long terme, cela renforce le Front national et tétanise l’essentiel des réserves de gauche aujourd’hui en retrait.

C’est triste à dire, mais la gauche d’adaptation au système a marqué un point dimanche contre la gauche de transformation sociale. Le Front de gauche n’a pas réussi à transformer l’essai de la présidentielle de 2012. Le paradoxe français de ces dernières décennies est plus épais aujourd’hui qu’hier. Contrairement à ce que révèlent les turbulences électorales, l’esprit critique n’est pas marginalisé dans ce pays. L’esprit de justice, le désir d’implication citoyenne, le besoin d’être une personne à la fois autonome et solidaire fleurissent dans les pratiques, les incitatives, les expressions culturelles "d’en bas". Mais elles ne s’expriment pas dans l’espace politique institutionnalisé parce que les formes, les mots et les symboles de cet espace ne "parlent" plus.

Au bout d’un moment, la propension à reproduire les structures installées, le poids des vieilles cultures, la tentation de poursuivre les chemins anciens, fût-ce en mieux, épuisent les volontés réelles de renouvellement. Les acteurs nouveaux de la vie sociale, jeunes, femmes, précaires, travailleurs de nouvelles générations peinent à trouver leur place. L’espace de l’alternative, ronronne, continue, inlassablement, courageusement, mais avec un insuccès grandissant.

Pas facile de débroussailler les chemins du nouveau… Mais on peut intuitivement énoncer ce qu’il faut éviter. À l’instant "T" j’aurais envie de m’en tenir à une seule affirmation : revenir en-deçà du Front de gauche (l’éparpillement des chapelles) est impossible ; mais conserver le Front de gauche en l’état nous pousse dans l’impasse. J’ai longtemps dit aux communistes que, pour retrouver les dynamiques efficaces d’hier, il ne leur fallait ni renoncer ni répéter mais se refonder. Je tends à penser que la formule vaut aujourd’hui pour le Front de gauche.

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  • Autant vous le dire tout de suite, seul les trois derniers paragraphes de cet article m’intéressent. Quand on vit l’actualité au jour le jour, les émotions sont exacerbées et les analyses trop détaillées apportent parfois leur lot de confusion. Que dirons-nous de ces élections dans 100 ou 200 ans ? On ne discutera certainement plus du détail des pourcentages. Mais cela est secondaire.

    Ces trois paragraphes résument très bien la situation. Ce que Roger Martelli dit dans le premier de ces paragraphes est totalement démontré par les commentaires des articles de ce site, par la mobilisation autour de la COP21, par les réactions après les attentats de Paris. Du moins, ce sont pour moi de belles preuves de la justesse de cette analyse.

    Dans les commentaires postés sur ce site, le PCF est souvent la cible de critiques virulentes. Principalement à cause de sa stratégie électoraliste qui lui fait souvent préférer les alliances qui préservent ses élus. C’est normal et compréhensible dans le système institutionnel actuel. Ça n’excuse rien mais ça explique.

    Le Front de Gauche commence également à être une cible. Dans leurs commentaires, beaucoup de gens demandent une rupture dans la stratégie politique, l’abandon des "vieilles" structures, des "vieux" modes de fonctionnement ; ils veulent retrouver un discours clair et compréhensible : retrouver une dynamique de décision démocratique et participative qui remettra ce mouvement sur les rails et le fera aller de l’avant au lieu de ronronner "inlassablement, courageusement, mais avec un insuccès grandissant" (avant-dernier paragraphe).

    Tout ceci concorde avec le "conseil" de refondation de Roger Martelli (dernier paragraphe). Cependant, à mon avis, pour le Front de Gauche, parler d’une "vraie" fondation suffit…

    Il nous faudra des idées, une vision et un véritable programme politique, un projet de société qui :
     sera complet, réel, concret, visionnaire et compréhensible par tout le monde (pas seulement par une élite de militants),
     contiendra tout ce que l’on propose ici et ailleurs, dans tous les domaines, politique, économique, social, sportif, écologique, etc., etc.,
     définira les règles électorales vis à vis des autres composantes,
     pourra évoluer (pas être abandonné puis reconstruit de zéro tous les 4 matins) en fonction des circonstances et de l’ensemble des avis, aussi bien des militants que des personnes auxquelles il est proposé,
     concernera toute la société française (a minima : il n’est pas interdit d’avoir une vision européenne et mondiale),
     permettra à chaque parti, mouvement, association ou groupe d’y adhérer en toute conscience ce qui construira le "nouveau" Front de Gauche.

    Il nous restera à aller au charbon avec ce programme : en expliquant, en écoutant, sans prendre les gens pour des cons, sans les insulter, etc., etc. (et en particulier, sans se croire le rempart contre le FN, ce qui n’a jamais marché).

    Alain Le 10 décembre 2015 à 00:46
  •  
  • << On peut se rassurer en se disant que cette faible attirance n’est que conjoncturelle, due à la tension du moment (l’état d’urgence) ou aux incertitudes sur la stratègie politique qui ont affecté l’intérieur même du Front de gauche et atténué sa lisibilité (pas moins de quatre configurations d’alliances dans 13 régions !). >>

    Vous êtes bien le seul a être rassuré. Je ne pense pas que ce soit conjoncturel, mais plutôt structurel, mais plutôt une conséquence d’une saturation vis à vis du personnel politique, toujours inchangé et toujours là, à nous dire : "JE vous ai compris".

    Ce à quoi je rajouterai que ce personnel politique est toujours condescendant à notre égard, qui sait toujours mieux que nous tout sur tout. Plus à nous donner des leçons que nous donner des éléments de réflexion.

    Et le Front de Gauche est bien assis dans cette attitude, notamment par les longues pratiques militantes de partis comme le PC ou le PS.

    A l’avenir, on aura plus du tout besoin de parti, mais seulement d’élus représentants le peuple. Les partis, organes de hiérarchisation et d’ordre, ne sont là que pour immobiliser les mouvements sociaux et culturels. L’avenir est à l’associatif et aux représentants élus et révocables, directement issus du corps électoral.

    Les dirigeants des partis finissent toujours par se prendre pour des gourous, car la France vit éternellement sous le mythe du sauveur rédempteur qui finit planté sur la croix. Il faut sortir de ce manichéisme et rendre la vie à la vie.

    La Renaudie Le 10 décembre 2015 à 08:10
       
    • D’accord avec un petit point de nuance (je n’ose dire ni supplémentaire ni complémentaire).

      Je comprends que les gens qui veulent militer, justement par défiance des grosses machines, vont plutôt vers des groupes "à taille humaine", que ce soit partis, mouvements ou associations.

      Je pense aussi que la dissémination des forces est une grande faiblesse et qu’il faut tout de même un "quelque chose" qui les "rassemble/fédère/ ?" pour faire en sorte que tous poussent dans le même sens et apportent ses propres réponses au débat "global".

      Je ne suis donc pas tout à fait sûr que dans le futur nous n’ayons plus besoin de parti. En tout cas, pour un futur proche. Mais bien sûr, il faut tout faire pour éviter de (re)tomber dans les travers que vous décrivez.

      C’est pourquoi je suis entièrement d’accord avec la notion de révocabilité qui s’appliquerait aux élus mais également à toutes les instances/personnes dirigeantes des "rassemblements".

      Ce que nous disons n’a-t-il pas déjà été dit par le passé ? Ne sommes nous pas en train de refaire l’histoire, de rejouer ce qui a pu se passer aux 19ème et 20ème siècles dans l’organisation des divers mouvements "de gauche" ? Je le crois un peu et j’espère que nous aurons assez de mémoire et de lumière pour ne pas répéter certaines erreurs.

      Alain Le 10 décembre 2015 à 09:26
  •  
  • Merci pour votre très bonne analyse.

    Marc Andrès Le 11 décembre 2015 à 06:26
  •  
  • @Alain
    Je pense presque la même chose que vous, je l’ai dit un peu rapidement et de façon non exhaustive. Mais en ce moment, je râle fort contre ce prêt-à-penser, ces réactions hystériques des gens de gauche qui fait qu’il n’y aura personne dans les institutions de la République d’un part non négligeable (les gauches) suite à une élection à la proportionnelle.

    Le vote est toujours l’image de la société, donc la société globale n’a que ce qu’elle produit, donc mérite. Les gens qui votent front national, quelque soit leur raison sont à mes yeux des gens qui ont éteint leur conscience d’être humain et préfère un ego soit surdimensionné, soit meurtri par notre histoire sociale et environnementale récente ( depuis les scissions de l’époque 1905-1925). Donc quand on additionne l’abstention, les votes blancs et nuls et le vote FN, on arrive à 7 électeurs sur 10 qui n’en peuvent plus de tous les politiques, de toutes les organisations politiques.

    Bien sûr qu’il faudra nécessairement que une fédération de mouvement démocratique, mais pas de parti qui impose un prêt-à-penser et qui transforme le citoyen en petit soldat dont on a besoin que de la colonne vertébral, un être décérébré.

    Il est pattant que bon nombre d’anciens électeurs du PCF, un bon nombre d’encarté CGT (CGT Air France vient de viré 500 radicalisé islamiste), mais aussi du PS et d’autres composantes de la gauche soit aller voté FN. Les pratiques marketing, commerciale de nos partis et syndicats de gauche qui recrutaient pour le nombre, à promettre n’importe quoi du moment qu’on vend une carte étaient et sont moralement criminelles. On a fait passé avant la mise en place de privilégiés, de détachés, à une démarche qui met les actions en regard de la pensée. Combien de fois dans des rassemblements, des réunions n’entendons pas dire un syndicaliste ou un politique :"Oui camarade, comme tu le disais" alors que la personne n’avait rien dit de cela, mais pour donner l’impression que les gens pensaient cela, on trahit la morale !!!!

    Franchement à part garder son salaire d’élu, à quoi rime, comment expliquer cela à l’extérieur, qu’on fasse encore alliance avec le parti socialiste qui fait tout pour couler actuellement toutes Les composantes de la gauche, pour donner l’idée d’obsolescence à l’idéal humaniste.

    Les politiques institutionnels actuels, c’est comme les plats surgelés de la grande distribution : ça a l’apparence mais aux goût , c’est de l’ersatz.

    Avant de donner le coup de balais aux et chez les autres, commençons par chez nous ! et permettez moi d’avoir une réaction quelque peu trempée d’un esprit libertaire.

    LA Renaudie Le 11 décembre 2015 à 08:05
       
    • Suis 100 % d’accord avec vous.

      Si nous voulons être capables un jour de donner le grand coup de balai dont la vie politique française a tant besoin, il faut d’abord commencer par passer le balai dans le "Front de Gauche", ce désastreux cartel qui a tout raté depuis cinq ans !

      WildeJagd Le 13 décembre 2015 à 14:41
  •  
  • Même le groupe Ensemble à gauche ( membre du Front de gauche ), dans un communiqué d’aujourd’hui, parle de ’’ la gauche’’ en y englobant le PS ! vraiment désespérant !
    ou bien ils ne savent plus se qu’ils disent ou bien se sont des menteurs comme les autres !
    affligeant !

    gilji Le 11 décembre 2015 à 09:57
       
    • Ou bien ils ne savent plus ce qu’ils disent ou bien ce sont des menteurs comme les autres !

      Ne cherchez plus : la seconde hypothèse est (évidemment) la bonne...

      WildeJagd Le 13 décembre 2015 à 14:44
  •  
  • LR : Il faut savoir se retenir face à l’indigence de cette « incantation » du bon croyant Martelli qui, face au désastre, revient uniquement sur les tambouilles électorales de ce qu’il appelle la « gauche » et qui seules ont animé la courte vie du Front de Gauche. Il a des excuses, quand on rentre au PCF en 1982 quand les « vivants » le quittaient entre 1965 et 68, cela veut dire qu’il croyait, déjà ou encore, en la possibilité de faire évoluer le parti socialiste, c’était il y a 30 ans … Tant de constance dans les convictions forcerait presque le respect que nous inspire également Jean-Luc Mélenchon sur le même sujet. Ainsi l’occultation du problème principal, le rapport avec le parti dit socialiste ne relève plus du débat politique, il relève d’avantage de la psychanalyse, de ses sujets « tabou » et de l’histoire enfouie. Il faudra quand même que quelqu’un explique à l’historien Roger Martelli, que le PS n’est plus de gauche depuis 1914. Sa composition sociale, sa base ouvrière, méritait qu’on s’adresse encore à lui, le dégoût à la bouche, jusqu’au vote par les dits « socialistes » des pleins pouvoirs à Pétain. Le classer encore à gauche dans sa tête, dans son analyse et pire encore dans sa stratégie politique n’a plus de sens, un contre temps pathétique. Un peu comme les camarades du PCF, qui affiche un culte étrange à un Che Guevara fétichisé, alors que c’était il y a 50 ans qu’il fallait le soutenir, ce que n’a pas fait le mouvement communiste … Le Parti socialiste est un parti de droite, il a perdu sa base ouvrière il y a 75 ans ; son programme est de droite, à fond au service du capitalisme et de l’impérialisme dominant, c’était jusqu’ à hier, son meilleur serviteur ; la composition sociale de ses « militants », accrochés à toutes les gamelles du mille feuille de l’état et de sa direction est petite bourgeoise voire grande bourgeoise ; mais aussi par son histoire … C’est comme cela qu’il faut analyser le PS et savoir se positionner face à lui, avec l’exigence fondamentale, de ne pas lui être assimilé. Définir sa stratégie politique par la cogestion des institutions gérées par le PS et compter uniquement sur une pression et des combinaisons électorales pour modifier le rapport de force avec lui était une stratégie grosse d’illusions. Nous l’avons assez dit à ceux qui comptait sur un chef suprême pour s’adresser aux classes populaires par médias interposés ; cette politique nous a amené à la catastrophe présente. Elle a échoué partout, au Chili hier, au Venezuela aujourd’hui aussi. Les camarades qui défendaient cette orientation, expliquaient que l’échec attendu du PS face à la soit disant crise, favoriserait mécaniquement le FDG par la magie sortie des urnes. D’autres, dont le NPA, refusaient toutes compromissions, confusions, irrésolutions à l’égard du PS et par dessus tout, tous les sièges de co-gestion par lui accordés.. Car à l’évidence, les conditions de sa faillite, ne favoriseraient pas son opposition de gauche, largement assimilée aux yeux de tous, au même « système », à juste titre. L’échec du PS et de ses petits alliés verts, la détestation de l’UMPS, profiterait essentiellement au Front National. Le passé, nationaliste, colonialiste , impérialiste, raciste, laïcard de la France y contribuerait. La fusion des listes avec le PS français d’aujourd’hui, au libéralisme outrancier, le PS des interventions militaires, de la mise en scène du terrorisme et de l’état d’urgence est totalement insupportable, une faute majeure pour quelques places. Bien entendu, il y a des différences de nuances entre le PS et les Républicains, pour organiser l’alternance sans alternatives, pour pouvoir participer à la course avec les mêmes petits chevaux dans la même arène, mais avec des couleurs de casaques différentes. Ceux qui justifiaient cette stratégie « d’union de la gôche » par l’attrait électoral que le PS inspirait dans les masses populaires, pour légitimer leurs ralliements constants … que disent-ils aux électeurs du FN et aux abstentionnistes d’aujourd’hui dont les « coalitions électorales » ne se sont jamais occupées… Il fallait le PS pour servir à ce point la refondation ultra-libérale de l’économie française. Mission accomplie ! « Pas facile de débroussailler les chemins du nouveau… » dit le nouveau moine, Roger Martelli, c’est sûr, au moment où ses camarades votent l’état d’urgence et fusionnent les listes avec le PS … « La politique autrement » sans doute ! A pleurer !

    Il y a quelques mois, Vincent Peillon encore ministre, s’entendait crier dans un rassemblement « Vive la république de Weimar » et il fallut lui expliquer que la « social-démocratie » arrive à obtenir une majorité parlementaire qu’en période de crise et son irrésolution et ses atermoiements pour résoudre les contradictions du capital, son refus de faire appel à l’irruption des masses populaires, servent le capital et légitiment les solutions autoritaires, voir fascistes. Ce sont les enseignements de l’histoire. Martelli continue de nous réciter la messe électoraliste, son unique univers, quand 70 % des jeunes de 18 à 24 ans ne sont pas allés voter. Il faut se présenter aux élections,mais on y engrange que le fruit du travail effectué hors du champs électoral, dans l’organisation des résistances populaires protéiformes avec les formes organisationnelles les mieux adaptées. Notre tâche, avec tous celles et ceux qui ne vont pas renoncer.

    Voir tous les articles sur ce sujet sur anti-k.org

    Ludo Rossi Le 11 décembre 2015 à 15:34
  •  
  • Je vois de cette messagerie est le bac à sable de ce M. Philippi...
    Mais quel âge a-t-il ?

    milhac Le 12 décembre 2015 à 21:54
  •