Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 14 juillet 2015

Grèce : le piège

La crise grecque montre que cette Union européenne qui agit contre les peuples ne changera que si elle trouve en face d’elle un mouvement social et politique suffisamment fort pour imposer, à la fois, d’autres choix et une démocratie d’un nouveau type.

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Ce qui se passe en Grèce va peser lourdement, à court et à long terme, sur le devenir de l’Union européenne. Le peuple grec s’était prononcé, clairement et fortement. Une fois de plus, comme il l’avait fait en 2005 après le "non" français, le noyau dirigeant de l’Union a décidé de passer outre. Le marché passe avant la démocratie ; la gouvernance vaut mieux que la souveraineté populaire. Que l’on ne nous raconte pas, comme le fait le Figaro, que la Grèce a creusé le fossé entre l’Allemagne et la France. Quels que soient les ajustements tactiques de dernière heure, l’épisode grec a confirmé que le couple franco-allemand était le cœur de l’Europe de l’austérité et de la flexibilité.

Dire non, franchement non

François Hollande, de façon totalement cohérente, a fait le choix durable d’articuler la logique sociale-libérale adoptée en France depuis deux ans et le renforcement d’un "noyau dur" ou d’une "coopération renforcée" capable de dicter sa ligne à tous les peuples de l’Union. Circulez, il n’y a rien à voir : "There is no alternative". Malheur à qui n’accepte pas de passer sous les fourches caudines des marchés et de la technocratie. Pour les forces de notre pays qui n’admettent pas cette méthode et son arrogance, il n’y a pas d’autre choix, dans la rue ou à l’Assemblée, que de dire non, franchement non. La fermeté est la seule réponse possible à la fermeté.

Je me garderai de juger de façon aussi tranchée en ce qui concerne la Grèce. Elle est un pays si modeste par son poids démographique et économique, confronté à un tel déchirement social depuis des années, que les choix de ses dirigeants sont par définition difficiles. Ce que je sais, c’est que, pour la première fois, un gouvernement grec a décidé de lever la tête, de se battre et de mobiliser son peuple au lieu de l’anesthésier. Tsipras, avec dignité et persévérance, a au moins gagné du temps. Que pourra-t-il en faire, dans l’étau que nos dirigeants à nous ont construit pour lui et pour son peuple ? J’avoue que je n’en sais rien et que je comprends à la fois sa prudence – qui n’est pas de l’inertie – et la virulence de ceux qui discutent le résultat des longues négociations de ces derniers mois.

Il nous faudra le temps de réfléchir à ce qui s’est passé et en tirer des conclusions. Nous savons seulement que le noyau de l’Union ne bougera pas de sa ligne de conduite destructrice, au mépris des peuples. Il s’y tiendra, parce qu’il ne trouve pas, en face de lui, un mouvement social et politique suffisamment fort pour imposer l’image d’autres choix possibles, conformes aux exigences d’un développement humain sobre et d’une démocratie de nouveau type.

Des actes immédiats et un projet de long terme

Ce mouvement doit se construire dans chaque pays, mais gardons-nous des solutions courtes. Il ne sera efficace partout que s’il se pense, tout à la fois, comme alternatif et européen. Il n’y aura pas de "socialisme dans un seul pays", pas plus dans la petite Grèce meurtrie que chez nous. Ce mouvement européen et national doit être suffisamment large pour avoir vocation, sinon à être la majorité, du moins de stimuler une majorité nouvelle, autour d’un projet nouveau. Il a face à lui les forces conjuguées de l’ultralibéralisme et du social-libéralisme, et celles d’un nationalisme "post-fasciste" aux tonalités populistes agressives. La tâche est rude.

Pour être large, ce mouvement doit être rassemblé. Pour qu’il le soit, mieux vaut alors ne pas jouer des souvenirs d’un passé dépassé. Rien ne serait pire que de s’imaginer que se rejoue, une fois de plus, la scène du peuple abandonné, des espoirs écrasés ou de la révolution trahie. Rien ne serait pire que de penser que, à la gauche de la gauche tout au moins, continuent de s’opposer les révolutionnaires et les capitulards, les aventuristes et les raisonnables. Rien ne serait pire que de conclure que, aujourd’hui comme hier, il est urgent de séparer le bon grain de l’ivraie, les radicaux des réalistes, les anticapitalistes des réformistes, les souverainistes des européistes, ceux qui s’illusionnent de ceux qui sont lucides.

Dès l’instant où l’on est convaincu qu’il faut de la rupture mais qu’il n’est pas de rupture sans processus pour le mener à bien, dès l’instant où l’on sait que la rigueur transformatrice oblige à la fois à des actes immédiats et à du projet de long terme, dès cet instant l’espace est large, pour peu que l’on ne fasse pas du soupçon une culture et de l’esprit partisan une méthode.

Il nous faudra réfléchir avec calme. Mais nous n’avons pas tout le temps devant nous.

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Vos réactions

  • Espérer se tirer du bourbier européen "par le haut" et par la vertu d’un mouvement social continental, c’est se condamner à l’impuissance politique totale. Cette Europe est un cadavre, il convient de l’enterrer. Rien ne peut être construit sur ces bases là. Cela n’empêche pas de mettre en place d’autres solidarités entre les peuples d’Europe (et d’ailleurs), mais le contexte de l’Union doit être abandonné de toute urgence si on veut se ménager des marges de manoeuvre

    Syd Le 14 juillet 2015 à 16:54
       
    • tout à fait d’accord avec votre analyse, je n’ai pas à en retirer ou ajouter un mot

      colonel vabien Le 22 juillet 2015 à 08:51
  •  
  • Ménager la chèvre et le chou ne mènera à rien. Ce compromis qui n’en est pas un dessert tous les Européens qui veulent une autre Europe. Obtenir des liquidités immédiates pour ensuite appliquer toute la politique austéritaire de l’eurogroupe sous domination allemande ne permettra pas à la Grèce de mener une politique de réformes sociales en faveur de son peuple.
    Certes nous ne sommes pas grecs et ne sommes pas confrontés au choix impossible de Tsipras. Mais nous pouvons dire clairement que ce compromis signé sous la contrainte germano-française est une monstruosité au regard de la démocratie et de l’intérêt des peuples européens. La France et en particulier François Hollande n’ont joué aucun rôle positif en faveur du peuple grec. Il serait indigne de faire semblant pour conserver la possibilité d’une tactique d’alliance avec le PS. Rassembler, oui, mais pas à n’importe quel prix.

    Gilmon Le 14 juillet 2015 à 16:54
  •  
  • Précision : ... et pas avec n’importe qui

    Gilmon Le 14 juillet 2015 à 16:57
  •  
  • Rien à redire sur le fond du texte de M. Martelli, notamment quand il prend le soin de préciser qu’Allemands et Français constituent l’ossature de l’Europe austéritaire. Un couple infernal comme au cinéma, genre Tueurs nés, ce qui n’interdit pas les bisbilles entre partenaires, voire les peaux de banane glissées sous les pieds. Quand j’entends certains à la gauche dite de gauche féliciter Hollande pour son "courage" face à Merkel, je me dis que je devrais leur demander l’adresse de leur dealer de moquette parce que ça m’a l’air d’être de la bonne. Sont-ils niais à ce point ?
    Ne pas séparer le bon grain de l’ivraie, les radicaux des réalistes - encore que les radicaux sont souvent plus réalistes que les réalistes présumés -, etc. etc. : certes. D’accord, là encore, sur le fond, car l’heure n’est pas aux délimitations programmatiques, bien au contraire.
    Il n’empêche. Nous sommes face à un désastre, un vrai désastre, que d’aucuns ont d’ailleurs vu venir avec leur langage très typé, j’ai nommé le NPA et il faut bien lui reconnaître ça. Je n’ai pas d’affection particulière pour ce parti en voie de "lutteouvriérisation avancée", je précise. Il faudra bien, et rapidement, tirer un premier bilan de ce désastre. Ne serait-ce que pour envisager la suite. Il faudra bien pointer les responsabilités de Tsipras, parti au combat en short armé d’un pistolet à eau. Pour tenir tête à une armada surarmée qui n’avait pour seul objectif non pas de le faire plier mais de l’enterrer vivant, et nous avec lui, il eut peut être fallu un armement plus lourd, du genre réquisition des banques et autres nationalisations. Nous n’échapperons pas à ce débat.
    Quant à Dominique Filippi qui fait de JLM un leader naturel, j’ai des doutes. A titre personnel, je ne collerais pas ses affiches à la prochaine présidentielle. Trop de France, de Patrie, de drapeaux bleu blanc rouge, de hareng de Bismarck : j’aime pas - encore que des roll-mops, ce n’est pas si mauvais...

    kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 17:24
  •  
  • Tsipras a simplement lancé une bouée de sauvetage à son peuple qui est en plein naufrage. Il a capitulé ? Et qu’aurait-il pu faire d’autre dans le contexte actuel de son pays ?
    Je lis des tas de belles analyses et des superbes déclarations, mais regardons nous donc un peu en face nous qui ne sommes même pas capables de prendre une position claire sur cette monnaie colonialiste qu’est l’euro. Tsipras pense avant tout à son peuple et particulièrement à ceux qui souffrent le martyr. J’ai bien l’impression qu’ici et ailleurs les réalités de la vie quotidienne des grecs sont des concepts un peu théoriques. L’humain d’abord ? Et bien parfois l’humain d’abord commande de prendre des décisions qui vous arrachent les tripes. Peu importe la personne de Tsipras, il sera reconnu en son temps comme un grand dirigeant qui aura permis de faire comprendre au monde mieux que ne le font mille théoriciens ce qu’est réellement la caste qui domine le monde. Il suffit de lire la presse allemande pour comprendre que ce qui est présenté comme une victoire est en fait ressenti comme une honte par ceux qui sont censés avoir gagné. Il y a des défaites qui curieusement ressemblent à des victoires tout du moins idéologiques.

    Francis Le 14 juillet 2015 à 17:55
       
    • IL a fait ce qu’il fallait, après il a quand même fait espérer à tout un peuple qu’il échapperait aux mesures d’austérités. Il a perdu, non pas que les"méchants créancier soient méchants", mais il n’avait rien dans les mains pour négocier. Suicidaire, et tellement beau de naiveté, mais complement irréaliste.

      IL a jeté le discrédit sur toutes les promesses de politique les gauches de la gauche européenne. Et surtout ceux qui se sont incrustés lors de sa victoire, comme notre génialissime Melenchon. C’est foutu. Il viens de prouver au monde entier que nos promesses de "L’humain d’abord" ne tenait pas la route face aux créanciers.

      Manque de préparation, trop d’idéologie, et pas assez de pragmatisme economique. La meme chose que pour nous au final, on a passé 3 ans à discutailler sur les méfaits de la politique d’austérité du PS, discours devenu caduque désormais, puisque même Tsipras s’y colle et en pire, et à discutailler sur les querelles de clochers avec les vilains traitres PCF qui ont mis un logo du fdg sur une affiche du PS. Rien sur l économie, hélas. On a donc l’air de doux poetes gauchistes qui ne savent pas compter, désormais ... C’est une grosse geule de bois. Les greques vont le payer très cher.

      bdpif Le 15 juillet 2015 à 03:11
  •  
  • Plutôt d’accord avec ces réactions : en gros,il faut arrêter de jouer aux gendarmes et aux voleurs car en face ils sont pas là pour rigoler ! En tout cas je trouve que c’est vraiment horrible ce qui s’est passé et j’ai la gueule de bois.

    Olive Le 14 juillet 2015 à 18:56
  •  
  • On juge le comportent des hommes non pas aux pré supposés tout excusable soient-il, mais aux faits. On peut trouver toutes les excuses que l’on veut à Tsipras mais il savait pertinemment bien, qu’en allant négocier à Bruxelles, ce qu’il l’attendait. La politique n’est pas un monde de bises nounours. Il faillait bien qu’il s’attende à mille coups tordus. Il a été servi.
    Si l’on veut être un tant soit peu crédible, il faut au minimum respecter les engagements pour lesquels on a souscrit d’autant que la feuille de route était claire et sans ambiguïté. On peut considérer qu’elle n’a pas été respectée. C’est même tout le contraire. On peut considérer son attitude comme une trahison. Il a failli et devrait en tirer les conclusions politiques. On peut déjà envisager que sa majorité va éclater. Le comble serait qu’il fasse passer le premier train de mesures anti sociales (et pas des moindres) avec les voix de droite et du PS local.
    Le dernier mot devrait revenir au peuple. Un référendum doit être organisé d’urgence. Juste retour des choses.
    Bien évidemment cette « corde offerte au futurs pendus » ne doit pas être voté par les députés de gauche français.
    Quelques enseignements :
     Il faut bien admettre que a zone euro n’est pas modifiable de l’intérieur : euro = austérité. S’en rappeler pour la prochaine présidentielle. Encore une pomme d’achoppement avec le PCF. A passage, le meilleurs ou le moins mauvais des candidats pour 2017 est, de loin, JL Mélenchon. Pour ma part je n’irai pas non plus coller des affiches pour des candidats qui ne sont au final que des rabatteurs de la social démocratie.
     On peut porter un nouveau regard sur les mouvements que l’on assimilaient, sans doute à tort, à la gauche radicale mais qui sont en fait une des variantes de la social démocratie.
     Rien n’est réglé en Grèce mis de facto sous mandat de la commission européenne.

    rody Le 14 juillet 2015 à 19:02
  •  
  • Rien à tirer de ce PCF, n’a décidément pas plus à voir avec le communisme, que le PS avec le socialisme.

    La position de Laurent et du président du "groupe " à L’AN de soutenir ce qu’il y a de pire, et hollande qui l’a permis, est tout simplement indigne.

    eponyme Le 14 juillet 2015 à 20:01
       
    • L’essentiel des sénateurs et la totalité des députés communistes ont voté contre. Alors cessez de dire n’importe quoi. Comme dit l’un des commentateurs de cet article, "ils ne rigolent pas en face". Nos combats de nains doivent les faire rigoler. Suivons l’avis de Roger, consacrons nous à rassembler ceux qui sont prêts à lutter contre l’adversaire libéral et social-libéral plutôt qu’à trier ceux qui seraient les purs et ceux qui seraient les traitres.

      Frank Mouly Le 16 juillet 2015 à 11:54
  •  
  • l’UE vient de confirmer que TINA est de rigueur. le PG, le PC, PS, etc... qui veulent "changer les choses de l’intérieur" nous enfument et s’enfument en cœur, nous leur avons fait confiance, nous avons été travis, pour ma part c’est terminé , je voterai FN

    lebestismine Le 14 juillet 2015 à 20:15
       
    • Voter pour la vermine fasciste ne me semble pas être la bonne solution. Ce n’est que mon avis.

      kashmir4 Le 14 juillet 2015 à 20:46
    •  
    • Question enfumage, le FN en connait un bout. Par exemple l’ex-président d’honneur, un grand patriote, qui planque ses sous en Suisse...

      BLep Le 14 juillet 2015 à 22:08
    •  
    • Je me garderai de commenter ou de critiquer votre message.Ce que je trouve flagrant,c est le "brouillage" actuel des lignes politiques,sur des sujets nationaux,européens ou internationaux.Qui osera nier,même en étant à gauche de la Gauche,lors de débats radio ou télé,s être senti plus en phase avec ce que dit Dupont Aignan ou Philippot, qu avec les déclarations de gens autoproclamés socialistes,et en fait libéraux honteux et non assumés ?
      C est dire si la situation politique actuelle est compliquée,et si les leçons de morale ne sont plus de saison.Cherchons plutôt pourquoi on en est là,et où se situent les"lignes de partage"

      HLB Le 14 juillet 2015 à 22:31
    •  
    • Tu n as vraiment rien compris !
      Une belle analyse de Martelli pourtant.

      Jeannedau Le 19 juillet 2015 à 09:16
  •  
  • Mon analyse : la seule et unique raison pour laquelle Hollande a soutenu la Grèce est une raison de politique française. Un Grexit aurait constitué un boulevard pour Marine. Et ça il ne le peut pas. Pour le reste rien n’est réglé. Le problème est repoussé de quelques mois, voire de 2 ans !

    totoLeGrand Le 14 juillet 2015 à 22:09
  •  
  • Cessons de nous invectiver.Personnellement,je suis sympathisant FDG,sans être adhérent à aucun mouvement qui le compose,et je connais des militants "bien" issus ou non de ces trois mouvements. Le VRAI point de clivage,dont la situation en Grèce est l illustration,est le LIBÉRALISME,qu il soit néo,social,ou ultra.Ce nouveau type de dictature,que j appelle "soft totalitarisme"remplace les uniformes par des costards-cravates,les coups d état par l asphyxie économique,mais il tue et il est impitoyable.
    Alors,d urgence,unité de TOUS ceux qui vomissent ce libéralisme,relayé par les"grands"média.Si la vraie Gauche ne le fait pas,elle sera mal placée
    pour donner des leçons à ceux qui choisiront le FN(comme le copain dans son message)

    HLB Le 14 juillet 2015 à 22:10
  •  
  • L’erreur de Tsipras - mais aussi du FdG - c’est de s’imaginer qu’il faut absolument rester dans l’Euro - qui n’est qu’un DM relooké qui ne profite qu’à l’Allemagne au détriment des autres pays - alors que la solution transitoire serait justement d’en sortir. Mais pas en sortir n’importe comment. Avec un plan solide qui aurait servi de base de négociation. Tsipras a avalé des anacondas au nom du maintien de la Grèce dans l’Euro alors qu’ils risquent d’en sortir dans 6 mois de la façon la plus brutale et inappropriée qui soit.
    L’Euro n’est pas une simple monnaie commune, c’est une politique monétaire dogmatique qui impose l’ordo-libéralisme et son sinistre cortège de mesures austéritaires et antisociales. Le jour où le FdG aura enfin compris ce point fondamental il aura fait un grand pas vers l’intelligence.

    Zlotzky Le 14 juillet 2015 à 22:31
       
    • Je partage ce point de vue ,tout en étant(très)proche du FDG

      HLB Le 14 juillet 2015 à 22:34
  •  
  • Cet accord est loin d’être mise en œuvre car le FMI considère qu’il ne règlera rien , au contraire il aggravera le poids de la dette et plombera encore plus l’économie réelle du pays. Il demande aux "européens" de procéder à un allègement beaucoup plus conséquent de la dette. Pour l’instant il refuse de participer au montage.
    ici : http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11739985/IMF-stuns-Europe-with-call-for-massive-Greek-debt-relief.html

    Francis Le 15 juillet 2015 à 07:26
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  • La situation est tellement grave, d’abord pour le peuple grec, que les égos et donneurs de leçons devraient retrouver la modestie et humilité. "Débattre" chacun dans son coin et surtout lancer des invectives en se cachant derrière un pseudo anonyme... Quelle franchise !!! La décision actuelle concernant la Grèce est à prendre d’abord par le peuple grec et nous devons le soutenir ; ensuite, rassemblons nous pour de véritables perspectives démocratiques en France et en Europe. Et cela nécessite aussi un vrai débat, pas un combat anti dirigeants. Je Je, ego ego quand tu nous tiens !!! Le Nous collectif sera plus efficace ...

    Gérard Herrewyn Le 15 juillet 2015 à 08:25
  •  
  • Melenchon et Laurent en appelant à voter non au traité s’enfoncent encore plus dans l’incrédibilité de leur parole. D’un coté on soutient Tsipras, de l’autre, on juge, comme le dis Maurice, qu’il ne faut pas voter contre. Tout simplement parce que le pragmatisme de Tsipras met mal à l’aise la credibilité des programmes politiques autres gauchegauche européennes.

    Alors, hier, c’était "Il a classe Tsipras", aujourd’hui, c’est "Le pauvre, il a lutté comme jesus face à d’horribles banksters, mais on va l aider en lui mettant des batons dans les roues pour son traité,. Parce qu’evidement la gauche francaise à une meilleure vision de la situation, du haut de la hauteur confortables des canapés confortables en cuir qu’apporte le systeme economique francais, position confortable pour commenter, caqueter des "YAKA, ILFO, ONDOI" dans l’air du temps, sans bien sur apporter un quelconque soupcon de solution à TSIPRAS pour se sortir de cette situation, ni un quelconque pouvoir financier pour aider le peuple grec. Que les banques ferment, que tout le monde creve la dalle subitement en grece n’est qu’un point de détail pour cette gauche melanchonesque, qui droite dans ses bottes, pensent qu’avec un bon livre et de la droiture dans les valeurs, on remplace une bonne marmite de soupe pour sa famille, et que vivre chichement est digne de grande valeur, point de vue qui se contredit hélas avec les frigos bien remplis de ces commentateurs sur canapé, mais il faut savoir faire des concessions , vous diront ils, et c’est pour cà qu"au final, une banqueroute et un grexit, c’est aussi faire des concessions .. "" ce n’est qu’un mauvais moment à passer" peut on lire sur le blog de melenchon dans les commentaires.

    Quelle bande de tartuffes, rien sur la table comme propositions de solutions pour aider tsipras, ils préparent juste les clous pour le crucifier en lui chantant des louanges et des chorales gauchistes d’epinal, "♫♫♫Aliende, Tspiras, tra là là, quelle classe vous aviez , ♫qu’ils sont méchant en face♫♫♫ on ne vous oubliera pas♫♫♫♫". Cette gauche PG est autiste, schyzophrénique, se hurlant à elle même ses contresens et ses paradoxes pour mieux s’autoconvaincre. Bien cordialement. Wouaf. Pif le chien.

    bdpif Le 15 juillet 2015 à 11:07
       
    • @ pif le chien
      Les déjections, il y a des espaces prévus à cet effet...

      Fulgence Le 10 août 2015 à 18:04
  •  
  • Linda Mondry Le 15 juillet 2015 à 12:36
  •  
  • Syriza et le PG, ou Tsipras et Mélenchon, quoiqu’en disent la plupart des commentateurs ici même ou ailleurs, ne sont pas sur la même ligne stratégique politique même si les buts économiques se rejoignent.
    Pour avoir lu et écouté Jacques Généreux, à l’époque où il était à la direction du PG, je retiens qu’il mettait en avant la notion de "désobéissance" aux traités tout en détaillants les mesures institutionnelle à prendre en parallèle pour en avoir les moyens au regard de la constitution française et la défense de l’Euro, à la nuance près qu’il n’en faisait pas une religion et affirmait pouvoir s’en passer si nécessaire, mais que ce n’était pas un préalable . . .
    A l’époque je ne voyais pas bien ce qu’il fallait entendre par là et je trouvais sa position sur l’Europe vraiment faiblarde.
    A la lumière de ce qui vient de se passer pour la Grèce j’ai complètement revu mon jugement.
    Tsipras et d’autres à la tête de l’Etat, (on le sait maintenant, en désaccord avec Varoufakis, d’où sa démission) se sont refusés après le référendum à utiliser ce genre d’arguments : les "décisions unilatérales" essentiellement parce qu’ils estimaient qu’une sortie de l’Euro et/ou de l’U€ était inenvisageable.
    Pour ma part je trouverais pertinent de rester sur cette ligne, à savoir, on provoque des négociations et si comme avec la Grèce la discussion ne peut avoir lieu (il faut lire et s’imprégner de l’interview de Varoufakis par Harry Lambert du « New Statesman") alors et alors seulement, on agit unilatéralement, et on est légitimé à le faire parce que on a dit qu’on le ferait et on a été élu la-dessus . . .Sauf que pour l’instant on n’a pas été élu, je sais . . . !

    RV Le 15 juillet 2015 à 22:29
  •  
  • La seule façon ne s’en sortir est de quitter la zone euro ; c’est probablement ce qu’ils feront en septembre après de nouvelles élections....qui restent à gagner....mais c’est possible.

    Dominique FILIPPI Le 16 juillet 2015 à 17:16
  •  
  • Je trouve hallucinant que vous publiiez encore ce genre de texte mollasson après ce qui s’est passé. Dès le chapeau la messe est dite : "cette Union européenne .. ne changera que si elle trouve en face d’elle un mouvement social bla bla bla bla".

    Stop, cette Europe ne changera pas, elle est s’assied sur la démocratie et s’assiéra sur votre soit-disant "mouvement social" comme elle l’a fait en Grèce. Ça fait 30 ans qu’on vous promet "l’Europe sociale" et vous y croyez encore ? Combien de décennies vous faut il pour comprendre ? Combien de peuples et de vies brisées ? Quelle est cette pathologie délirante qui vous laisse apparemment définitivement scotché à ce fantasme d’une Europe qui n’existe et n’existera que dans des standards économiques ? A ce point ça finit vraiment par relever de la psychiatrie...

    Faut il encore attendre plusieurss décennies que le FdG crève enfin et soit remplacé par un mouvement de gauche enfin lucide ?
    Apparemment oui, à en croire ce texte...

    jm Le 16 juillet 2015 à 18:02
  •  
  • Désolé pour le ton, mais ça doit pas faire loin de 10 ans que je vote pour le PG puis FdG, ceci malgré cette position bancale sur l’Europe (changer de l’intérieur), et tout en sachant qu’il ne décollera jamais précisément à cause de cette position bancale.
    Désormais j’arrête de voter pour ce parti parce que cette position est nocive. Contrairement à d’autres apparemment je ne suis pas prêt à voter pour le FN, simplement j’arrêterai probablement de voter.

    Je ne suis pas représenté à gauche, et je suis loin d’être le seul.

    jm Le 17 juillet 2015 à 11:46
  •  
  • lu dans l’Huma des 17/18/19 juillet
    Eric Toussaint déclare :
    .../...
    Non je ne le crois pas. Le choix n’est pas entre le Grexit et le maintient dans la zone Euro assorti d’un nouveau plan d’austérité, en continuant à payer la dette. Il était possible de rester dans la zone Euro en désobéissant aux créanciers par l’invocation du droit. Des violations de droits humains sont en jeu, ici. Il fallait suspendre le paiement de la dette ; prendre le contrôle de la Banque de Grèce dont le gouverneur, nommé par Antonis Samaras, joue contre les intérêts du pays et peut-être aussi, lancer une monnaie électronique complémentaire qui aurait pu aider à faire face à l’assèchement organisé des liquidités, tout en restant dans la zone Euro.
    .../...

    RV Le 18 juillet 2015 à 19:57
  •  
  • Martelli , qui êtes vous pour dire que la Grèce est un petit pays ? Qui êtes vous pour casser les choix de Tsipras , sous un vernis faussement condescendant et hautain ?

    Martelli , vous n’ êtes qu’ un historien , comme je suis un agrégé de mathématiques , assis sur son cul , qui passe son temps à casser le PC ( et son fonctionnement des années 70 80 , qui était pourtant gage de tampon et de résistance sociale forts ) , qui ne fait que commenter la vie politique de la gauche radicale , sans rien proposer de concret , si ce n’ est le bla bla Autain Martelli de regards ! Qu avez vous fait du Front de gauche ? Qu avez vous fait d auteurs comme Bernier Aurélien dont les tabous du front de gauche écrits en 2012 2013 (?) mettaient en évidence l’ impossibilité de négocier dans ce cadre européen

    Ce sont les leaders actuels symboliques et intellectuels du Fronr de gauche ( d’ Autain en passant par les blablateurs d’ Ensemble ) qui ruinent le Front de gauche et nous laissent comme ici à Marseille entre le choix du PS et du Front national ...

    HERMAN Thierry Le 18 juillet 2015 à 20:55
       
    • Un petit clin d’œil : sur la page d’accueil , l’article est présenté avec le titre suivant : " qui veut la peau de Roger Martelli " . Nous avons la réponse .

      yo Le 14 août 2015 à 07:35
  •  
  • La Grèce est le révélateur brutal de la réalité de l’euro et de l’union européenne. Tsipras a gagné le temps de désarticuler Syriza et le peuple Grec, de métamorphoser une révolution citoyenne en une forme de résignation, réchauffant ainsi la place pour Aube dorée ou de toute forme de fascisme. Ce n’est pas pour déplaire à l’UE (dont le fmi et la bce). Pourtant, les solutions de transformations existent réellement, mais voilà, la limite est visiblement atteinte pour une partie de Syriza. Ainsi donc, avec un nouveau gouvernement nommé par Tsipras, Syriza se prépare à mener la politique de Samaras et de Papandréou. Le programme de Thessalonique a vécu, la révolution citoyenne en marche arrière. Avoir assez de recul pour apprécier la situation dorénavant est difficile, mais il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que toute révolution sociale, démocratique dans l’Europe de l’euro et des traités est impossible.
    Comment imaginer dans ces conditions qu’un Front de gauche (uni !) victorieux puisse appliquer le programme de "l’humain d’abord" ? Comment imaginer que Podemos ou le Sinn Fein puissent eux aussi espérer de réel changements ? La politique néolibérale avec les traités dictatoriaux nous en empêcheront sans hésiter, quel que soit le poids économique et le prix à payer, la technocratie n’est qu’un paravent qui masque encore un peu ces gens-là.
    La Grèce risque maintenant de permettre des contre-révolutions exactement à l’inverse de nos espoirs lors du 25 janvier et du 5 juillet.
    Entretenir l’idée qu’une transformation sociale et économique est possible au sein de l’UE est une profonde erreur politique, sauvegarder nos démocraties avec notre souveraineté pour instaurer une nouvelle politique ne peuvent passer que par la sortie de la zone euro et en même temps de l’UE ! C’est ça une vraie politique de gauche !!!
    Démontrer le contraire est une négligence (presque) coupable. Au lieu de ça, le Front de gauche sert de faire valoir mais deviendra (s’il ne l’est déjà) une carcasse vide. Quelle tristesse !!!

    morellenoire Le 20 juillet 2015 à 08:51
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  • Dire de la Grèce" un petit pays" est certes inapproprié. Ce terme avait été utilisé à l’égard des Pays-Bas lorsqu’ils votèrent " Non" en 2004. Il est cependant vrai que son PNB (local) ne représente"que " 1,9% du "PNB" de l’Europe, à ce titre, même si la Grèce fait défaut ce ne sont "que" la France et l’Allemagne qui risquent le plus puisqu’elles possèdent, conjointement, 45% des créances de la Grèce, elles pèsent donc plus lourd, financièrement, rien de plus. Ne pas apprécier que les créances ont été transférées à l’Etat (merci la droite et la SD française) c’est exonérer ces banques et oublier(?) que la Banque Léhman/Brother’s était chargée de vérifier la solvabilité de la Grèce et de la noter, ce qu’elle fit en la "notant très bien.", comme Mario Draghi. La complexité, 20 fois répétée, de la situation de Syriza ne saurait être perdue de vue.Jamais, ni son caractère contradictoire. Aussi bien pour ma part, je ne verrais AUCUNE CONTRADICTION dans le rejet du diktat de la Troïka ET le SOUTIEN à Syriza. Pourquoi ? Parce que, la situation est ainsi un peu claire politiquement : le constant soutien de la Droite et de la SD grecque montre la ligne de partage entre : le soutien servile et la volonté de se battre, entre "asservissement volontaire" et résistance. Si Tsipras a donné rendez-vous au Mois d’Octobre, ce n’est pas en Hommage aux Bolcheviks, c’est simplement pour vérifier qu’à cette date, dernier trim’ de 2015, les ravages qu’auront provoqué le Diktat, n’auront pas provoqué les mêmes conséquences politiques que dans l’Allemagne de 1923. L e résultat de ces élections risquent, au contraire de renforcer Syriza et la détermination grecque. C’est un pari politique. Il est jouable et les français, les allemands et anti-libéraux divers, ont leur rôle internationaliste, à opposer aux très diverses formes néo-fascistes (le 49-3 en France en est une !) ou carrément néo-nazies qui sévissent en Europe. La plupart des commentaires ont été écrits ici entre le le 14 et 17 Juillet, donc "à chaud". Il convient de laisser les choses se refroidir et de se souvenir que le corps électoral grec du 4 Juillet comptait 40% d’abstinents, comme ici. Il conviendrait de savoir qui a voté, qui s’est abstenu. Ce qui n’est pas connu en France mais doit l’être en Grèce. Prudence dans des jugements trop prompts vus, comme cela a été dit par "un agrégé de maths", d’avion et de 1.500 Km. (Ne manquent que le cigare et le coude appuyé à la cheminée du salon, façon BHL ou Botule)

    youbka Le 29 juillet 2015 à 18:27
       
    • Difficile, tout de même, de comprendre Tsipras : obtenir, comme il l’espérait, un fort refus populaire des conditions de la Troïka, pour ensuite les faire voter par le parlement.
      Qu’on ne dise pas qu’il a tout de même obtenu la promesse d’un réexamen de la dette car c’est faux, rien na été promis.
      Qu’on ne dise pas non plus que Tsipras veut démontrer que les diktats imposés vont faire s’effondrer toujours plus son pays, ça a déjà été fait par ses prédécesseurs.

      Heureux celui qui a tout compris.

      Pourquoi accuse-t-on Hollande d’avoir trahi (à juste titre) ses promesses du Bourget (22 janvier 2012) et pas Tsipras qui, pourtant, semble avoir fait bien pire ?

      J’aimerais bien me tromper, car je conserve encore quelque sympathie pour ce dirigeant grec.

      Jean-Marie Le 29 juillet 2015 à 22:47
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