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Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 22 juin 2017

Législatives second tour. Et après ?

Le cycle électoral décisif de 2017 est achevé. La politique n’en sort pas grandie. La gauche est malade, mais sa partie gauche est en principe dans une situation plus favorable. Raison de plus pour ne pas gâcher une opportunité et une redoutable exigence.

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Constituer le peuple

Éparpillement du champ politique, abstention exceptionnelle, recul des partis traditionnels… Tous les indices convergent pour mettre en relief ce qui est une véritable crise politique, articulée à une crise de régime. Redéfinitions à la marge et replâtrage constitutionnel ne serviraient dès lors à rien. Relancer la gauche dans son état ancien n’a pas davantage de sens. Les temps qui sont les nôtres appellent à une rupture, sans précédent et à toutes les échelles. Elle demande de la refondation ou de la métamorphose, davantage que de l’aménagement.

Le "mouvement ouvrier" s’est affaissé – la crise du syndicalisme en est une manifestation majeure – sans que le "mouvement social" prenne franchement la relève. La radicalité n’a pas échappé à la tension entre un pragmatisme par défaut – au prétexte que l’utopie est en panne - et la nostalgie de "jours heureux" dont on ne sait pas toujours très bien s’ils sont ceux de l’espoir révolutionnaire ou de la bonne vieille social-démocratie d’antan. Le "réalisme" prôné par le socialisme s’est enlisé dans les sables, mais "l’alternative" n’a pas fait la démonstration complète de sa force et de sa crédibilité.

Au fil des ans, le PCF s’est enfermé dans le souvenir de ses temps glorieux et le PS est devenu le parti de la "gestion loyale" d’un capitalisme mondialisé. Par-là, les deux partis ont cessé d’être des lieux de promotion des attentes populaires, notamment ouvrières et urbaines, et des foyers de socialisation permettant aux couches subalternes de disputer la place aux groupes dotées des ressources matérielles et symboliques qui découlent de leur statut. La violence de la crise politique, le désengagement citoyen de plus en plus affirmé et la poussée du Front national ont été les manifestations les plus fortes de ce processus régressif. La politique a horreur du vide : quand les forces les plus critiques ne sont pas suffisamment à la hauteur, la place est libre pour les centrismes improbables ou pour les alternatives violentes, celles des petites et des grandes "communautés".

On ne change pas le désordre de la société, sans le socle humain qui le rend possible. Or la gauche traditionnelle est en panne. Le communisme et le socialisme l’ont structurée pendant tout le XXe siècle (voir article précédent) ; ils ne sont plus en état de le faire. Le clivage même de la droite et de la gauche est en question, dès l’instant où leurs gestions du pouvoir finissent par se confondre. La conclusion s’impose à beaucoup qu’il faut désormais s’appuyer sur un autre paradigme : l’objectif ne serait plus d’unir la gauche, mais de rassembler le peuple ; il faudrait le faire, non pas contre la droite, mais contre les "élites", qu’elles soient de gauche comme de droite.

Il y a beaucoup de vrai dans cette affirmation. Le peuple est aux abonnés absents dans l’arène politique institutionnelle. Il a pour lui son nombre (employés et ouvriers regroupent les deux tiers des actifs) et contre lui sa dispersion. On ne repère plus de groupe central, moderne et en expansion. Et, si les réserves de combativité sont intactes, le cœur du mouvement populaire d’hier – le mouvement ouvrier – est désormais bien incertain. Le syndicalisme hésite sur ses formes et ses projets, le monde associatif est éclaté et ce qui fut le grand unificateur du monde populaire urbain – le grand rêve de la "Sociale" - a encore du mal à trouver ses formes contemporaines, face aux projets bien réels des forces dominantes.

Les catégories populaires ont donc besoin de faire mouvement, comme les ouvriers d’hier surent se constituer en mouvement ouvrier. Elles doivent lutter et s’organiser, pour que le mécontentement et la colère se transforment en action collective et non en ressentiment. En s’y attachant, elles se feront "multitude". Or cela ne suffit pas, car la société n’est pas une simple juxtaposition de pratiques et de structures particulières : elle est une façon de les mettre en ordre. Elle a ses cohérences, ses logiques dominantes. Dans le capitalisme mondialisé, on en connaît les principales : l’accumulation de biens matériels, de marchandises et de profit sert de moteur ; la concurrence est la base de tout dynamisme ; la gouvernance est le mode régulateur par excellence ; l’inégalité, la polarité et les rapports de domination sont les axes de distribution des individus, des groupes et des territoires. En principe, c’est au politique d’agir sur ces cohérences et, pour cela, de rassembler les majorités qui peuvent en décider. Si elle veut aller à la racine des dynamiques sociales pour les transformer, la multitude des combats populaires se doit de devenir un "peuple" politique.

Or ce qui fait des catégories populaires un peuple n’est pas la seule conscience d’un adversaire ou d’un ennemi. Désigner les responsables des difficultés peut être un levier initial de mobilisation ; ce n’est pas un gage de succès dans la longue durée. Plus que tout, il importe d’élucider les causes de ce qui ne va pas. Le "peuple" combat ceux qui exploitent et ceux qui dominent (les "élites"). Il ne devient toutefois une figure centrale que s’il impose une manière cohérente et réaliste d’abolir les mécanismes qui produisent la coupure du "peuple" et des "élites", la distinction des exploiteurs et des exploités, des dominants et des dominés. C’est le projet de l’émancipation populaire et non la détestation de l’élite qui soude les catégories populaires en un peuple politique.

La gauche n’est pas toujours ce que l’on dit

On pourrait certes se dire que, la gauche étant malade, l’occasion est enfin venue de s’en débarrasser. Elle a servi de masque à tous les mauvais coups ? Faisons autre chose. C’est oublier que le clivage fondateur de la gauche et de la droite a un double avantage. Il oblige à poser, à tout moment, la question des majorités nécessaires pour agir sur la cohérence sociale. Il met au centre de la controverse publique le choix des valeurs qui fondent l’architecture de la vie collective. Historiquement, la droite accepte l’inégalité, réserve le pouvoir aux "compétences" et valorise la concurrence ; la gauche, elle, s’appuie sur l’égalité, prône l’élargissement de la citoyenneté et valorise la solidarité. Il n’est pas anodin de constater que, chaque fois que le clivage majeur s’est estompé, la dynamique populaire n’a jamais été renforcée, bien au contraire. Au fond, c’est pour avoir délaissé ce clivage au profit d’autres – celui de l’Est et de l’Ouest notamment – que la IVe république s’est essoufflée…

Il est vrai que le singulier que l’on utilise souvent ne peut dissimuler qu’il existe bien des façons d’être de droite ou de gauche. À gauche, voilà bien longtemps que la différence la plus structurante oppose ceux qui pensent que l’on peut produire de l’égalité en aménageant le système et ceux qui sont convaincus qu’il faut s’en débarrasser pour pousser le plus loin possible l’égalité. D’un côté s’est trouvé le pôle de l’adaptation et de l’autre le pôle de la rupture, et il n’a jamais été secondaire de savoir qui, des deux pôles, était capable de donner le ton. Le problème des dernières décennies n’a pas tenu à ce que l’on s’est gargarisé des mots de la gauche. Il a résulté de ce que la force dominante à gauche a été celle de l’adaptation à la mondialisation financière et que l’on a prétendu qu’il fallait unir toute la gauche autour de cette gauche-là. À ce jeu, on l’a vu, c’est la gauche elle-même qui a fini par perdre son âme. Ce n’est pas une raison pour prononcer aujourd’hui son horizon funèbre. Mieux vaut s’attacher à la relancer, donc à la refonder…

Les périodes où le mouvement ouvrier a été le plus dynamique ne sont pas celles où il a tourné le dos à la gauche politique. À la charnière des XIXe et XXe siècles, Jaurès avait raison quand il expliquait, tout à la fois, que le socialisme ne pouvait se déployer sans indépendance complète à l’égard des partis "bourgeois", mais qu’il ne pouvait non plus marquer la société de son empreinte sans se raccorder à la grande expérience historique de la gauche. D’un côté, il voyait l’engluement dans l’ordre bourgeois, de l’autre l’isolement et l’incapacité à abolir l’ordre-désordre des sociétés de classes…

Oublier que la gauche est toujours potentiellement clivée fait courir le risque de se noyer dans les consensus paralysants. Mais ignorer la force de rassemblement majoritaire que recèle une gauche bien comprise pousse à l’isolement et à l’inefficacité. Le "front social" est nécessaire mais non suffisant. Quant au "front populaire", il ne dit plus par lui-même, comme il pouvait le faire hier, ce projet de société, cette logique systémique, pour tout dire cette "République sociale" par laquelle on cesserait enfin d’assigner les individus à des classes inégales et à des communautés hermétiquement closes.

Ainsi, la relance de la vitalité démocratique est bien du côté de ce "peuple", dont l’absence dans l’arène politique est criante et dont la sidération est le premier ferment de désagrégation du tissu démocratique. Le rassembler constitue l’horizon stratégique : il est aisé de s’accorder sur ce point. Or ce rassemblement ne se décrète pas. Il est le fruit d’un mouvement patient venu d’en bas, où s’articulent des luttes partielles, de grands combats unificateurs, des moments forts de convergence illustrés par la puissance de la rue. Il suppose des formes adaptées pour conduire cette authentique lutte des classes de notre temps : des structures anciennes doivent se transformer, de nouvelles peuvent apparaître, toutes doivent converger. Leur tout sera le socle d’une reconstruction politique ; le mouvement ne fera pas pour autant et en lui-même force politique.

Faire force politique

Pendant longtemps, en France, les catégories populaires se sont appuyées sur l’existence de deux grands partis, le PS et le PC, dont l’un incarnait l’adaptation et l’autre la rupture. Tous deux ont constitué l’ossature de la gauche du XXe siècle. Peu de pays en Europe ont offert cette caractéristique, mais l’histoire révolutionnaire française l’a voulu ainsi. Les plus grands moments propulsifs de l’histoire populaire et ouvrière ont été ponctués par la convergence des deux partis ; ils ont été toutefois rendus possibles parce que dominait l’esprit de rupture.

Ce temps n’est manifestement plus de saison. Le PS né du congrès d’Épinay de 1971 est à bout de souffle. Le PC n’a plus depuis longtemps le ressort qui lui donnait son dynamisme et lui assura, pendant quelques décennies, la capacité de représentation majeure du monde ouvrier. La rupture préparée par François Hollande et parachevée par Emmanuel Macron devrait voir l’installation d’un parti démocrate à l’américaine ou à l’italienne. Faut-il en déduire que, en dehors de la droite classique, l’espace pour une gauche plurielle n’existe plus et que seul demeure le face-à-face de ce parti démocrate et d’une force populaire, celle qui s’est cristallisée en 2017 sur le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon ? Le tête-à-tête de la gauche et de la droite laisserait-il la place au dualisme du "système" et de "l’antisystème" ? Le camp du système contre le parti du peuple ?

À la limite du raisonnement peut surgir la conviction que, du côté de la critique du "système", la tension ancienne de l’adaptation et de la rupture n’est plus de saison. L’hypothèse, séduisante et remarquablement simple, n’en est pas moins discutable. Tout d’abord, nul ne sait encore ce qu’il adviendra de la tradition du socialisme à la française. Se dissoudra-t-il dans le "macronisme" ? Se verra-t-il éparpillé entre radicalité et engluement centriste ? Se relancera-t-il selon un modèle proche de la leçon Corbyn au Royaume-Uni ? L’hypothèse d’un socialisme constitué en parti est-elle obsolète ? Impossible de le dire dans l’immédiat.

N’oublions pas non plus d’autres expériences européennes, où le conflit de l’adaptation et de la rupture n’a pas fonctionné sur un registre plus ou moins partisan. En Italie, l’histoire tragique du premier XXe siècle a fait que le Parti communiste italien (PCI) d’après-guerre a recouvert la double tradition du communisme et de la social-démocratie. Il était à lui seul la quasi-totalité de la gauche, en la plaçant sous dominante communiste après 1943. Or, au début des années 1990, le PCI disparaît pour devenir, quelque temps plus tard, un pivot du social-libéralisme européen. En théorie, la logique de l’adaptation était ultra-minoritaire en Italie ; en occultant sa force, on a en fait rendu possible son triomphe. Le résultat est douloureux : la gauche radicale italienne a été laminée et, avec elle, la gauche tout entière s’est trouvée exsangue. S’imaginer que la crise dissout les bases d’une gauche gestionnaire portée à l’accommodement est aléatoire. Penser qu’il n’y désormais de place à gauche que pour une seule formation, expression par excellence du "peuple" rassemblé, pourrait bien être une redoutable illusion.

Une autre hypothèse pourrait donc se formuler. La crise systémique que nous vivons n’invalide pas la possibilité que se maintienne, dans l’espace "gauche" des attitudes politiques, un courant plus porté vers l’aménagement du système que vers son dépassement progressif. La forme que peut prendre ce courant est incertaine, dans un champ politique instable dans sa totalité. Mais si cette possibilité est solide, mieux vaut considérer que, à l’issue d’un cycle électoral bouleversant, l’objectif du courant critique ne devrait pas être de recouvrir le champ entier de ce que fut la gauche française.

La rupture sociale ne se fera pas sans majorité pour la décider ; mais les majorités ne seront pas portées à la rupture, si le ton n’est pas donné par une force politique qui en exprime l’exigence, qui en montre la possibilité et qui en suggère les conditions. C’est cette force qu’il faut maintenant installer, suffisamment cohérente pour être reconnue et crédible, suffisamment souple pour rassembler tous les individus, tous les courants, toutes les pratiques qui refusent les normes dominantes de la mondialisation financière et qui aspirent à construire une alternative globale, inscrite dans la durée, à l’ordre-désordre de l’état des choses existant.

Nouera-t-elle des relations d’alliance-concurrence avec d’autres composantes moins "radicales" ? L’avenir seul permettra de répondre à cette question. Dans l’immédiat, on peut s’en tenir à une double conviction. La première est que cette force populaire nouvelle devra se montrer indépendante de toute autre construction. La seconde est que, dans tous les cas de figure, elle aspirera à donner le ton au sein des forces qui, chacune à leur manière, continueront d’agir pour l’égalité et la liberté, dans la continuité des valeurs de la gauche.

Gauche d’alternative : dans un entre-deux

Après « le grand cauchemar des années 1980 » – heureuse formule de l’historien François Cusset – quand le PCF déclinait sans qu’aucune alternative ne s’impose, la dernière décennie a vu une gauche de gauche reprendre des couleurs. La dynamique "antilibérale" a relancé le processus au début du nouveau siècle. L’expérience du Front de gauche l’a installée un peu plus dans l’ordre institutionnel. Mais cette expérience n’a pas pu aller jusqu’au bout : le Front de gauche n’a jamais été rien d’autre que le tête-à-tête du PC et de la formation politique créée par Jean-Luc Mélenchon en 2008, le Parti de gauche. Ce Front n’a été ni une force cohérente accueillant des individus, ni même un véritable cartel partisan. Après l’élection présidentielle de 2012, il a très vite buté sur la succession des échéances électorales et sur les désaccords qu’elles ont nourris entre le PCF et le PG. Le Front de gauche s’est ainsi progressivement délité, sans que rien ne freine son déclin.

Incontestablement, dans une période de confusion extrême à gauche, la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle a ouvert une nouvelle donne. La dynamique de sa campagne s’est imposée peu à peu et la structure qu’il a constituée pour le soutenir, la France insoumise, s’est installée dans le paysage politique. Elle s’est inscrite dans les territoires, notamment les plus urbanisés. En oscillant entre les 19,6% de la présidentielle et les 13,7% de la législative, les forces regroupées dans la campagne Mélenchon ont approché la gauche de gauche des hautes eaux électorales qui furent celles du communisme français.

On ne reviendra pas en arrière : les réalités créées par le cycle électoral 2016-2017 doivent être prises en considération, dans toutes leurs dimensions. La France insoumise a pour elle l’originalité d’une mobilisation militante qui conjugue, dans le temps court de l’action, l’engagement individuel et les réseaux sociaux modernes. En cela, à l’image de Podemos en Espagne, elle essaie de concilier la cohérence politique d’un collectif militant et la rupture avec la vieille "forme-parti", hiérarchique et centralisée. Mais il n’est pas sûr qu’elle ait trouvé la réponse à la question la plus délicate : dans une structure réticulaire, où l’engagement de l’individu n’est plus considéré comme inamovible et permanent, où se situe le pouvoir réel de mise en cohérence et d’orientation ?

Par ailleurs, les 11% législatifs de la France insoumise et les 17 sièges acquis de haute lutte lui donnent le statut de première formation de la gauche française. Mais le résultat obtenu ne la place pas au niveau qui permet à une force d’être potentiellement hégémonique dans un territoire et, au-delà, dans l’espace national. Bien sûr, la toute nouvelle formation peut penser qu’elle finira bien par obtenir à elle seule ce niveau. Ne vaut-il pas mieux, pourtant, se convaincre que cette capacité viendra tout à la fois des capacités propres de FI et de son aptitude à faire force commune avec d’autres courants, éventuellement structurés, qui font partie du même espace politique ? La tentation existe certes, qui pousse à dire, à ceux qui cherchent une efficacité commune : "venez nous rejoindre". La France insoumise, au fond, pourrait très bien, comme le PCF de la grande époque, expliquer qu’il n’y a pas aucune place, en dehors d’elle, pour une pratique qui soit à la fois réaliste et révolutionnaire.

Or, dans un moment de crise et de recomposition, quand il s’agit de regrouper largement et d’inventer ensemble, une logique qui apparaîtrait peu ou prou comme un appel au ralliement ne serait pas la plus adéquate. La tâche est immense : il ne suffit plus d’additionner des forces, mais de les agréger. Il n’est pas besoin de créer un énième parti politique, mais d’inventer la forme politique qui assumera les fonctions naguère réservées aux partis, tout en dépassant les défauts de leur forme antérieure. Or cette refondation politique est redoutablement complexe. Il existe des tentatives en ce sens, de-ci de-là, comme s’y essaie brillamment Podemos en Espagne. Mais, pour l’instant, rien de stabilisé ne s’est imposé. Se rallier à une forme existante, parler déjà de discipline alors que la cohérence n’est pas instituée, cela revient à mettre la charrue avant les bœufs. Dans l’immédiat, l’urgence est dans la mise en commun et rien ne doit empêcher que ce commun soit le plus large possible.

Il faut rêver d’une force qui ne serait pas un simple cartel de structures installées, visant d’abord à pérenniser leur existence. Mais encore faut-il que, selon le modèle ancien, on ne confonde pas la cohérence et la discipline, la rigueur d’une organisation sans cacophonie et le monolithisme d’une parole unique et formatée, où l’on s’attache à discerner, dans telle ou telle proposition, ce qui s’écarte de la doxa commune. Il faut inventer ce qui n’existe pas encore : une manière d’être ensemble qui concilie la cohérence d’une force (la non lisibilité du Front de gauche, entre 2014 et 2017 lui fut fatale), la conception d’une organisation fondée sur l’adhésion individuelle (ce que ne voulut pas le Front de gauche) et la possibilité d’intégrer des courants, voire des organisations particulières. Rien ne serait pire que de devoir choisir entre une organisation "dévoreuse", fonctionnant de fait comme un quasi-parti, et un cartel partisan voué aux tiraillements permanents, aux litiges internes et à l’enlisement.

Tous ces débats sont complexes, comme le sont ceux de "la gauche", du "populisme de gauche" ou du rapport à la mondialisation. Ils doivent être menés dans la plus grande rigueur, sans consensus mou, sans craindre les aspérités. Mais nous ne sommes pas en 1920. En ces temps-là, l’Internationale communiste naissante considéra que l’essentiel était d’imposer une rupture impitoyable avec les éléments réputés "faibles" ou "suspects". On s’attacha alors à édicter toutes les "conditions" qui étaient censées permettre de séparer le bon grain de l’ivraie. Le communisme naissant du XXe siècle y gagna de la cohérence et de la combativité. Il les paya d’un esprit de clôture qu’il ne put jamais complètement surmonter et qui entraîna sa nécrose.

Près de cent ans plus tard, la gauche est à nouveau dans un moment où la refondation est la condition de sa survie. Mais si cette refondation exige la plus grande clarté, elle interdit tout esprit de fermeture. Pour qui veut donner au mouvement populaire la force politique critique dont il a besoin, le respect de ce double constat doit être une ardente obligation. Nul, quel qu’il soit, ancien ou nouveau, expansif ou plus modeste, ne peut penser qu’il en est exonéré.

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Vos réactions

  • Roger,
    il faut désormais sortir du flou artistique et élaborer un cadre d’analyse théorique cohérent. Il ne suffit plus d’évoquer la gauche de gauche, la "multitude", le mouvement ouvrier puis social, ou dire qu’il y a "beaucoup de vrai" dans la thèse du populisme défendu par JLM. 
    La preuve, les termes et scores que tu voudrais agréger, ceux de la FI et du PCF aux législatives n’ont donné lieu qu’à une pitoyable division en deux groupes parlementaires et se sont donc aussitôt désagrégés (le ridicule ne tue pas).

    Multitude, mouvement social et gauche de gauche furent des cache-sexe d’une situation flottante dans les années 90.
    Aujourd’hui, cela ne fait pas consensus :
     la sociologue Pincon-Charlot se réfère à Bourdieu et Marx et s’est présentée contre la FI aux législatives
     la théoricienne du populisme Chantal Mouffe proche du PG se réfère au juriste nazi Carl Schmitt pour actualiser un schéma ami-ennemi
     Sophie Wahnich, historienne CNRS, a voté JLM à la présidentielle, mais exprime ses désaccords stratégiques et théoriques contre le populisme

    Ni la FI ni le PCF disposent aujourd’hui d’une analyse cohérente des intérêts et conflits de classe en Europe, qui aurait l’avantage de les sortir de leur nombrilisme franco-français et qui pourrait amorcer un débat politique de fond.
    Faire des belles phrases de synthèse ne favorise pas les regroupements de demain, Hollande nous l’a suffisamment montré.

    Goldwasser Le 22 juin à 12:18
       
    • Bonjour. A propos de Chantal Mouffe et Carl Schmitt, aucune ambiguïté :
      persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1992_num_42_1_404277
      Le texte est très long : voir le 3ème § de la 1ère page.
      Cela dit ni Mélenchon ni qui que ce soit de la France Insoumise font de C. Mouffe LA théoricienne du mouvement à construire qui ne se définit pas comme "populiste" mais comme "front social".

      Victor Le 22 juin à 12:47
    •  
    • @ Goldwasser
      A propos de C. Mouffe et C. Schmitt, aucune ambiguïté :
      persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_1992_num_42_1_404277
      Le texte est très long ; voir le 3ème § de la 1ère page.

      Victor Le 22 juin à 12:50
    •  
    • @Victor :
      Carl Schmitt a combattu la démocratie parlementaire ET la démocratie pour la détruire, en tant que Nazi, et il a réussi sous Hitler qu’il a soutenu dès 1933. Il fut le théoricien constitutionnel du 3ème Reich, voir son livre : Etat, mouvement, peuple (1933).
      Grosse ambiguïté, donc !

      Mouffe a tort quand elle reprend l’argument de Schmitt, qui veut faire croire que la démocratie parlementaire soit issue du libéralisme, car elle est issue de la révolution des conseils allemande de 1918. Rosa Luxemburg a appelé à soutenir la constituante avant sa mort.

      Mouffe, qui se veut postmarxiste est obligée de dire qu’elle défend un populisme "de gauche" pour être moins ambigue,
      après avoir théorisé la fin du clivage gauche-droite.
      Que de contradictions et d’ambiguïtés.

      Les drapeaux tricolores dans les meetings ne résolvent aucune question politique de fond.

      Goldwasser Le 22 juin à 16:19
    •  
    • @ Goldwasser Le 22 juin à 16:19
      "ET la démocratie LIBERALE". faut-il préciser.
        la démocratie parlementaire (...) est issue de la révolution des conseils allemande de 1918., dites-vous.
      Je crois que c’est historiquement un peu plus complexe que cela.
      Ce n’est pas sur ce point de votre commentaire que je réagissais mais simplement par rapport au classique soupçon que vous faites de compromission avec les thèses nazies (voire aussi Heidegger...)
      Je pense que vous avez aussi trouvé ceci sur google :
      regards.fr/web/article/chantal-mouffe-vers-une-democratie
      Bonne fin de journée

      Victor Le 22 juin à 16:54
    •  
    • @Victor
      J’ai pris la peine de commenter votre renvoi à un article de Mouffe, ou elle nage en pleine confusion, avec Schmitt, entre libéralisme et démocratie. La République de Weimar est indéniablement issue de la révolution de 1918, et non pas du libéralisme qui s’accommodait très bien avec l’empire auparavant.
      Mais ce site n’est pas un forum scientifique , donc si vous voulez faire croire autre chose pour défendre le mélenchonisme, vous en avez le droit. Comme JLM s’attaque désormais ouvertement aux intellectuels et chercheurs, en prenant ses fonctions à l’Assemblée, je ne m’attend pas à ce que la quête de vérité prime sur le parti pris idéologique.

      Goldwasser Le 22 juin à 17:07
    •  
    • @ Goldwasser Le 22 juin à 17:07
      A vous lire j’ai le sentiment que c’est plutôt vous qui vous en preniez à une intellectuelle dont le propos et la théorie semblent vous dépasser. Bien le bonsoir.

      Victor Le 22 juin à 17:20
    •  
    • JLM fait aussi référence à Laclau, partisan du dictateur Péron, et qui a fini dans les bras de la racaille Kirschner...
      L’Enfance Soumise est très mal barrée...
      Mitterrand, croyant, se prenait pour Dieu.
      Mélenchon, mécréant, se prend pour César.
      « Sommes-nous capables de transformer en énergie positive les miasmes de la décomposition politique en cours ? » demande Mélenchon sur son blog invitant à la « Marche pour une 6ème république ». Réponse à l’occasion du « sommet du plan B », habillé de bleu-blanc-rouge, il chantait depuis Rome les louanges de César, « figure populaire, assassiné par les ennemis du peuple » : « nous sommes les héritiers de ça, les tribuns du peuple. C’est ce que je voudrais incarner ». Une façon très personnelle de sortir des « miasmes de la décomposition politique ».

      dufour Le 22 juin à 17:44
    •  
    • @Dufour
      Merci de cette précision historique sur le populiste Peron, qui est tout à fait vraie et claire. Peron citait Mussolini comme un modèle positif pendant et même après la guerre.

      Dès que quelqu’un n’est pas d’accord avec JLM, ses supporters déclarent que leur théorie nous dépasse.
      Cela avec un mépris égal à celui que le président Mélenchon vient d’afficher envers un grand chercheur et mathématicien, qui siège dans le groupe Macron, mais qui a répondu avec humour à la provocation facile.

      Donc Victor, oui, disons que vous avez raison sur tout !
      Le "matheu" Cedric Vilani est un débile, si JLM le dit.
      Désormais, 2+2=5, c’est JLM qui le dit ! Merci !
      Carl Schmitt fut un grand populiste de gauche, hourra !
      La démocratie a été inventé par le libéralisme ! Mouffe a raison !
      La preuve : la révolution française avec les sans culottes libéraux, l’insurrection des paysans libéraux et la révolte des esclaves libéraux en outre mer.
      Peron est notre ami, et son opposant argentin Che Guevara notre ennemi !
      C’est pas dur à comprendre, hein ?
      Votez JLM 2021 !

      Goldwasser Le 22 juin à 18:15
  •  
  • Roger Martinelli nous livre ici une analyse qui me fait l’effet d’une vraie "bombe". Ce texte aurait été signé par quelqu’un de la France Insoumise qu’on ne s’en étonnerait pas. Quelques illustrations :
     La conclusion s’impose à beaucoup qu’il faut désormais s’appuyer sur un autre paradigme :l’objectif ne serait plus d’unir la gauche, mais de rassembler le peuple ; il faudrait le faire, non pas contre la droite, mais contre les "élites", qu’elles soient de gauche comme de droite.
      Ainsi, la relance de la vitalité démocratique est bien du côté de ce "peuple",
     La première est que cette force populaire nouvelle devra se montrer indépendante de toute autre construction.

      : il ne suffit plus d’additionner des forces, mais de les agréger.
    Sans parler de la lucidité critique quant au déclin de la gauche tous partis la composant, y compris le Front de Gauche.
    Les possibles dérives d’hégémonisme qu’évoque Roger Martinelli concernant la France Insoumise sont au cœur de ses préoccupations tant le question démocratique l’anime . Il faut être clair sur la question de l’hégémonie :
    1 - si la question de la création d’un rapport de force incontournable, fondé sur l’exigence de cohérence programmatique, à l’occasion du cycle électoral achevé s’est posée pour la FI afin d’émerger comme force autonome, ce qui s’est traduit par de fortes tensions avec le PCF notamment (mais aussi avec les courants gauche du ps), les polémiques qui s’en sont suivies, mais aussi l’image d’une détermination volontariste interprétée (parfois de manière pas très honnête) comme sectarisme ou caporalisme (par exemple le terme "discipline" employé par JLM), pour autant l’idée de domination autoritaire au sein d’un Front Social est totalement antinomique avec la philosophie de la France Insoumise, ce que sa démarche d’élaboration d’élaboration de programme et de constitution de groupes d’appui ont démontré.
    2 - La question de l’hégémonie se pose au niveau au niveau théorique du rapport de force entre "peuple" et "élite oligarchique" ( autre débat).
    Donc, à mon avis, l’alternative inquiète suivante de R. Martinelli n’a en principe pas lieu d’être, du moins du point de vue de la France Insoumise :
    Rien ne serait pire que de devoir choisir entre une organisation "dévoreuse", fonctionnant de fait comme un quasi-parti, et un cartel partisan voué aux tiraillements permanents, aux litiges internes et à l’enlisement. - Absolument

    Victor Le 22 juin à 12:28
  •  
  • Merci pour cet article très intéressant. Avec beaucoup de questions...

    Il y en a quelques unes pour lesquelles je ne peux m’empêcher d’y répondre avec ma grille d’interprétation :

    "dans une structure réticulaire, où l’engagement de l’individu n’est plus considéré comme inamovible et permanent, où se situe le pouvoir réel de mise en cohérence et d’orientation ?"

    => dans le programme... C’est lui le "lieu du rassemblement"...
    Dès lors, la question posée du coup est plus celle des modalités d’intégration des gens (ou du peuple comme vous voudrez) dans le processus inexorable de l’évolution de ce programme dans le temps que de l’organisation purement structurelle du mouvement ( même si les 2 questions sont liées et primordiales).

    "La France insoumise, au fond, pourrait très bien, comme le PCF de la grande époque, expliquer qu’il n’y a pas aucune place, en dehors d’elle, pour une pratique qui soit à la fois réaliste et révolutionnaire."
    => La France Insoumise n’est pas un parti, mais un mouvement qui regroupe des partis avec leur propre identité respective autours d’un programme commun... ça fait une grosse différence avec le PCF. Si l’on parle de tentation hégémonique, il faudrait donc commencer par admettre qu’elle s’avèrerait être celle des partis qui la compose... Or, le fait qu’ils aient tous souscrit à l’idée de transcender leur identité partidaire au profit du sigle commun "PHI" n’encourage pas à penser que c’est le cas.

    c’est la radicalité du programme "l’avenir en commun" qui est donc en mesure de rassembler des identités politiques diverses... programme que ne partage pas le PCF, qui est même totalement divergeant du sien comme par exemple pour ce qui est de la CSG entrautre. Il n’y a donc rien de bien normal à ce que le PCF ne souhaite pas faire partie de ce collectif, déjà en dehors de toute autre considération.

    Honnêtement, la question finalement que j’aurais voulu voir apparaître est celle de savoir comment éveiller la conscience politique des gens et les sortir de l’inertie et de la résignation qui ont conduit à ce que le paysage politique soit un oasis de vie diverse et variée dans un désert apocalyptique, pas tellement celle de la "recomposition de la gauche".

    J’espère bien de mon côté que la plateforme PHI, dont je pense qu’elle est la "proto-formation démocratique politique type" de demain, sera capable, en plus de porter "l’avenir en commun", de matérialiser "sa résistance" en promouvant concrètement à mon sens ce qui sert cet objectif : l’éducation populaire, le tissage de lien social et du lien entre l’Homme et son environnement car c’est de là que pourra émerger un esprit critique populaire capable d’interroger la réalité du projet libéral... et globalement du projet sociétal.

    Accompagner le mouvement social, ce n’est pas favoriser son émergence, s’opposer à un ordre hégémonique, n’est pas proposer un nouveau projet... C’est pourquoi, il convient pour être "entier" d’être radical en faisant les deux ! Sans radicalité, aucune résistance n’est en mesure de gagner... L’avenir de la France Insoumise se jouera là-dessus !

    carlos Le 22 juin à 12:50
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  • Bonjour monsieur Martelli, c ’est toujours un plaisir de vous lire. Et la prose entousiaste d’evements dont les résumés pourraient être encore plus simple.

    Concretement, pous vous citer

    Par ailleurs, les 11% législatifs de la France insoumise et les 17 sièges acquis de haute lutte lui donnent le statut de première formation de la gauche française.

    Non, non, cà tiens pas debout là.

    PS= 29 députés. un plus bas record
    PG et insoumis= 17 députés (Dont des PCF)
    PCF=15 députés

    Et puis le PCF, c ’est de la politique dans le concret et le réel, municipalités et social, Journeaux,manifestation culturelles et Fêtes des section pour le culturel, etc ...

    La Fi dans le concret= "Un blog melenchon, un compte you tube, des declarations médiatiques " mais quand même il y a eu les bus pour le vote. Reconnaissons le. Mais sinon rien. Du vent ...

    La FI n’est qu’un nouveau mouvement, majoritairement encadré par le PG.

    La voie de la gauche và venir du PS, parce qu’il est modéré. Et que beaucoup risquent d’être décus du système Macron. Et puis les gens les ecoutent. Une certaien confiance malgrès tout.

    Le PCF francais viens de sauver sa peau avec son groupe parlementaire, et de manière très légitime et efficace. Là pareil, il a un sentiment de confiance avec les Francais.

    La FI, c ’es tout neuf, cà viens de sortir, il y a du bon avec des jeunes comme députés, encore puissent ils s’exprimer. Mais ....

    La principale force de l’opposition de gauche est l’union PS et du PCF, comme avant, renouvelé peut être, et en incluant des gens comme Poutou, Artaud, Autain, à des petits postes mais sociaux ? et qui s’uniraient pour écrire un vrai programme.

    La FI , on a essayé. passons à autre chose désormais.

    bdpif Le 22 juin à 14:04
       
    • @bdpif - et moi qui croyait qu’on sortait d’un quinquennat socialiste ! Je n’avais pas vu que c’était la France Insoumise qui avait été au pouvoir pendant 5 ans...
      Pour ce qui est des 29 députés PS et de leur groupe :
      "Ce quinquennat a besoin d’un groupe de centre-gauche qui s’inscrit dans la majorité présidentielle. Un groupe qui pourrait intéresser les sociaux-démocrates qui en ont soupé et qui ne veulent pas se lancer dans une course à l’échalote avec la France insoumise".
      Je vous laisse deviner qui a dit ça... et ce que ça implique sur la scission possible du groupe socialiste (on verra s’il reste à 29), à l’image de ce qu’il se passe chez Les Républicains : un groupe qui votera la confiance, un groupe qui s’abstiendra et/ou un groupe qui votera contre (ça dépendra des "cojones" de ces députés là)...

      carlos Le 22 juin à 17:33
    •  
    • BD PIF GARDIEN DES ANTIQUITES..............

      Dominique FILIPPI Le 20 juillet à 10:15
  •  
  • Le vocable "peuple" a été et est toujours très utilisé, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Pour ma part, je n’ai toujours pas très bien saisi où commence et où s’arrête ce peuple ? Comment le définit-on ? Sur quelles bases peut-il constituer une force sociologique qui puisse devenir une force politique ?

    Bernardino Le 22 juin à 15:07
  •  
  • Roger Martelli nous parle de deux courants de la gauche au XXème siècle : le PS réformiste et le PC révolutionnaire. Faux. Le PC français comme les autres a été réduit à la défense de la caste au pouvoir en URSS dès la fin des années 20...Toutes les révolutions par la suite ont eu lieu malgré ou en désaccord avec cette caste...
    On comprend ainsi, avec cette conception, à quel point il se fait des illusions sur la FI. Il aurait suffi d’écouter un peu JLM qui s’est toujours décrit comme non révolutionnaire et même réformiste keynésien, loin de tout projet de révolution sociale. Juste quatre citations :
     « C’est quand même incroyable de voir qu’on passe pour un révolutionnaire quand on est simplement keynésien ; où on dit il faut partager, c’est ça qui va faire respirer l’économie ».( 17 octobre 2011 sur France Info).
     « Nous n’appellerons pas à des manifestations. Nous, on suit les syndicats ... Ni soutien, ni participation, ni opposition... L’extrême gauche donne des consignes pour la grève ou le reste, mais pas nous !... Besancenot dit on doit être l’opposition, mais laissons le respirer, donnons une chance à notre pays" (18 Avril 2012 sur LCP)
     « Les investisseurs n’ont aucune raison d’avoir peur de mon programme »(Les Echos, 16 mars 2012)
     Jean-Luc Mélenchon a déclare aussi avoir rencontré François Hollande à l’Elysée en tant qu’”éclaireur amical”, ajoutant “il faut laisser sa chance au nouveau président »(dépêche AFP du 4 juin 2012).

    dufour Le 22 juin à 17:57
  •  
  • Le " débat" qui suit cet article reste d’un niveau sectaire, plein de mépris, et n’apportant rien de constructif. On peut espérer des contributions moins désespérantes ? Pour le moment, on n’entend que des haineux crachant leur bave au visage de l’autre et leurs certitudes rancies. La description de Roger Martelli reste valide quoique très génèrale mais il fait à tort l’impasse sur les réalités historiques qui ont fait de ce " mouvement ouvrier" ce qu’il était. Comment peut-on ramener le PCF au simple "esprit de rupture" en oubliant qu’il fut 70 ans durant la courroie de transmission de la bureaucratie " soviétique" et le défenseur inconditionnel de la terreur stalinienne puis des tentatives de réformes vouées à l’échec de cette bureaucratie ? Le déclin irrémédiable du PCF ne vient pas d’autre chose que de l’effondrement interne du régime du " socialisme dans un seul pays". Ce n’est pas vrai que de le dépeindre comme "l’esprit de rupture". Il reste que Mélenchon quia fait un très beau parcours combattant dans la Présidentielle, NE DOIT PAS SE CROIRE LE CHEF ou le Caudillo à la Chavez, du peuple entier. C’est une aberration sectaire qui detruira le peu ( 15 ou 16 députés) qu’il a obtenu. La FI doit dialoguer et rassembler dans la diversité sinon ces moinillons d’une nouvelle " foi" baptisée " Programme" pour se montrer intolérant, fera échouer la refondation du mouvement social et politique des dominés et exploités.

    Elie Carasso Le 22 juin à 21:48
       
    • @elie - a vous lire je me demande bien qui est pêtrie de certitudes... Et qui crache la haine de l’autre...

      Carlos Le 22 juin à 22:33
    •  
    • le début de l’intervention commençait par poser un cadre pour une étude soignée mais 3 lignes plus tard on lit impasses sur les réalités historiques .... PCF ...courroie de transmission ah bon pour MAASTRICH la position du PCF c’est courroie de transmission de qui et le pere Mélenchon en 1991 il disait quoi lui il n’était pas le directeur de campagne du OUI à MASSTRICH pour le PS non non ah oui il s’est trompé ah bon , il ne recommencera plus promis juré ah bon alors on est rassuré alors

      ouvrierpcf Le 26 juin à 08:59
  •  
  • Arrêtons de perdre du temps avec ces faux communistes anti FI, ces nazbols n’ont aucune imagination, et ça tourne en rond.

    Occupons nous plus sérieusement des clowns racistes à grosses têtes qui se sont comportés comme des porcs avec notre Députée Danièle Obono.
    Ces moins que rien ont tenté de l’humilier, à la coloniale, en lui demandant de remercier la France de l’avoir éduquée.

    Plus aucune excuse pour ces ces médias de fachos qui laissent des macron faire tranquillement leurs vannes pourries sur les comoriens.

    L’ambiance devient maréchaliste là ; attention !

    Arouna Le 22 juin à 23:07
       
    • Danièle Obono s’est fait une réputation d’arriviste opportuniste dans le NPA, qui l’a conduit logiquement au statut de lieutenant de JLM puis de députée. Personne ne l’a regrettée...Mais je la défends et nous devons la défendre becs et ongles contre les attaques colonialistes et racistes dont elle est victime.

      Dufour Le 23 juin à 17:00
    •  
    • Votre commentaire de concierge sur "l’arrivisme" de Danièle Obono n’était peut être pas indispensable, ni de circonstance dans un moment pareil.

      Je ne sais pas si vous avez lu les montagnes d’insultes et de commentaires ignobles déclenchés par ces racistes moisis des GG, sur les sites d’info qui laissent pourrir et ne les effacent même pas.
      Les mêmes charlots qui traitaient les abstentionnistes du 2ème tour de néo nazi ...

      TOUS ENSEMBLES !!
      ON EST TOUS AVEC ELLE !!!

      Arouna Le 23 juin à 20:28
  •  
  • Cher Monsieur MARTELLI,
    Penser le complexe, comme dirait Morin est une chose.
    Et vous émettez un certain nombre d’hypothèses fort stimulantes comme souvent.
    Vous dites qu’il ne faut pas confondre cohérence et discipline, et vous avez assurément raison.
    Néanmoins, est-ce que l’impossible (?) fédération entre PCF et France Insoumise, serait uniquement à analyser sous ce prisme, ou pourrait elle être liée à d’autres type d’hypothèses, telles les deux que je livre ci-dessous :
     Le PCF serait issu d’une première forme "archaïque" nommé communisme, pour reprendre un terme usité par Anicet LE PORS, et dont les structures développées au cours du 20ème siècle se sont construites selon une conception sectaire (l’avant garde), qui repose sur une transposition laïque de modèle chrétien de l’évangélisation.
    La manière dont l’espace militant attaché au PCF vit comme une "agression" et une menace la France Insoumise, alors que dans les faits, cette base est déconnectée sinon entretient une relation distante avec l’appareil (le clergé) me paraît révélatrice du fait que cet espace semble se renfermer sur sa croyance originelle, de manière complètement sectaire, en nourrissant à dessein le mythe de la forteresse assiégée ;
     Le PCF est passé...
    d’un parti travaillant à concrétiser le modèle de société qu’il voulait incarner (dans les luttes, dans sa manière d’organiser les liens et relations entre les gens, et de développer une démarche d’éducation populaire), dans une optique de renversement du capitalisme avec une rupture qui reposerait sur une révolution pacifique s’appuyant sur une légitimité issue de la démocratie représentative...
    à un parti qui lutte pour prendre le pouvoir par les urnes, d’abord pour créer un processus de réformes s’inscrivant dans une perspective de dépassement du capitalisme, puis progressivement pour prendre le pouvoir tout court...renforçant à mesure de son recul, son inscription dans les institutions existantes, et diluant de plus en plus ses discours de transformation et dépassement du capitalisme, dans une pratique de gestion du pouvoir à peine réformatrice, voire dans certains cas, carrément néo-libérale (le passage au gouvernement de la gauche plurielle, et de nombreux exemples de privatisation rampante de morceaux de services, ou simplement de délégation de service public au privé).

    Si ces hypothèses étaient retenues, ne serait-ce pas une autre entrée pour analyser ce revirement de Mélenchon par rapport au Parti Communiste, depuis le blocage opposé par celui-ci pour que le Front de Gauche puisse être le véhicule de ce mouvement de type "nouveau".
    J’ai en tête notamment le refus que le front de gauche puisse devenir un mouvement populaire auquel on adhère directement, et le refus de poser une plate forme commune nationale pour les Municipales demandant la remunicipalisation de l’eau comme principe intangible.

    C’est ainsi que de manière itérative, j’en suis venu à considérer que l’espace de rupture politique, institutionnelle, et systémique était construit autour d’une démarche programmatique articulée par France Insoumise...quand le PCF sous un vernis incantatoire de dépassement du capitalisme, est prêt à tous les niveaux à jouer les béquilles "soft" du capital, dès qu’il exerce la gestion, dans une logique social-démocrate.

    Or peut-on imaginer que France Insoumise accepte dans ce contexte, au nom de l’union pour construire une démarche de type nouveau, de s’enfermer dans une alliance "ancienne" avec une formation politique qui refuse de se transformer, et a tellement de mal à imaginer présenter aux élections, autre chose que des ...élus...ou des professionnels de la politique ?

    Je crains effectivement pour autant que la France Insoumise coupée de ce courant historique révolutionnaire français symbolisé par le PCF, s’affaiblisse elle-même, et réduise son assise militante, aux catégories socio-professionnelles instruites et aisées.

    Qu’en pensez-vous Monsieur MARTELLI ?

    Vladimir Le 23 juin à 00:14
       
    • "courant historique révolutionnaire français symbolisé par le PCF"
      C’est une savoureuse plaisanterie... Le programme du PCF est exactement la même chose que L’Avenir en Commun : mise à l’écart du socialisme, et pas la moindre stratégie de lutte pour au moins résister à la barbarie.

      Dufour Le 23 juin à 17:04
    •  
    • Le PCF est un parti passoire. Les plus fins sont passés à travers les mailles au fur et à mesure des congrès. Le prochain risque d’être le dernier si j’en juge par les axes de réflexions qui sont proposés aux adhérents. Il y a trois tendance dans le parti. 1- les identitaires qui refusent toute avancée théorique, 2- les unitaires sociaux-démocrates, 3- ceux qui veulent réellement transformer le pcf pour en faire un parti de masse répondant à la situation réelle du capitalisme contemporain. Les premiers en alliance utilitaires avec les seconds régissent le parti depuis plusieurs générations. Les troisième partiront comme sont partis tous ceux qui ont espéré une véritable réflexion théorique. Les plus fins passent à travers les mailles. Ce sont eux qui ont en grande partie animé la France Insoumise durant la séquence électorale. Ce sont également eux qui permettront que celle-ci se pérennise et grandisse autour de la réflexion proposée par Jean-Luc Mélenchon dans son livre L’ère du peuple. Une voie dans l’avancée théorique est ouverte. Il appartient à chacun et en particulier aux intellectuels de s’en emparer pour doter le mouvement humaniste et progressiste d’une véritable théorie révolutionnaire pour notre époque.

      Francis Le 2 juillet à 14:00
  •  
  • Merci à Regards et à Roger Martelli pour ces belles mises en perspectives et analyses pour les constructions actuelles et d’avenir, inscrites dans l’histoire.

    Les commentateurs qui voudraient opposer les uns aux autres seraient voués à la stérilité et l’échec. Faire des commentaires qui soient à la hauteur et au niveau de l’article n’est pas gagné d’avance, même si certains des commentaires ci-dessus y réussissent sans tomber dans la polémique gratuite. Pour ma part, je prendrai le temps de la réflexion pour méditer ces visées de haute portée.

    Clairement, Regards, Clémentine Autain et Roger Martelli ont beaucoup à apporter au combat actuel pour parvenir et aider à définir ce que peut être et les formes que pourront prendre les combats d’aujourd’hui, dans les inconnues qui nous sont à tous communes.

    Que la France insoumise et que les partis, les forces et les mouvements qui l’entourent ou l’entoureront puisse peu à peu se redéfinir me semble une nécéssité qui doit se faire pas à pas.
    Les prochaînes conférences du PCF, d’Ensemble et du Parti de Gauche, comme les travaux des nouveaux députés, des associations et des syndicats devraient aussi à mon sens y contribuer.

    Pierre Pifpoche Bois de Meudon Le 23 juin à 01:00
  •  
  • Le texte de Martelli est très intéressant et mérite un débat de fond sur le processus révolutionnaire en cours en France . La bourgeoisie a bien préparé le coup Macron préparé avec le soutien du PS et de ses dirigeants comme Hollande-Attali-Cambadélis etc ... Le PCF et sa direction aurait dû prendre conscience que l’union électorale avec le PS était terminé dés le lendemain de la présidentielle de 2012 . En laissant Mélenchon jouer son rôle de tribun plus ou moins radical pendant tout le quinquennat Hollande , cette direction manipulant les militants de base a aidé à l’affaiblissement dit électoral du PCF , ce qui est une mauvaise chose pour le peuple qui a toujours envie de voter pour des camarades révolutionnaires qui veulent vraiment en finir avec le capitalisme .La grande majorité des militants communistes comme moi ne sont pas désarmé et continue à œuvrer pour que leur parti redevienne vraiment révolutionnaire sans s’occuper des états d’âme d’une petite bourgeoisie qui rêve de supplanter la grande bourgeoisie au pouvoir depuis 1789 . Le recul électoral est momentané mais il révèle que le système de la 5ème république est complètement cadenassé par la bourgeoisie et ne permet aucun changement de fond de la société . Il faut donc "détruire " l’Etat bourgeois et sa 5ème république monarchique par un mouvement social d’ampleur national sous la forme d’une grève générale insurrectionnelle . Cette nécessité historique est à l’oeuvre car le capitalisme , dans sa phase finale ultra financière , n’a plus rien à proposer . Le chaos et le drame sont partout et le seul remède à cette situation c’est une révolution qui construit la nouvelle csociété communiste de nos rêves . Hors de cet objectif et de la stratégie pour y parvenir il n’y a que des compromis bâtards qui retardent ce processus indispensable à courte échéance . La société française , par son abstention massive et son vote pour une forte radicalité FN ou PCF-FI , pousse en ce sens . La colère est parfois mauvaise conseillère mais elle peut aboutir à des choses bien dans le sens du "bonheur" organisé pour le peuple et par le peuple .

    SARTON Bernard Le 25 juin à 09:16
  •  
  • Bonjour
    Pour répondre a Sarton , et Dufour.....mais qu’est-ce qu’être révolutionnaire a notre époque ??!!
    Que sont les directions de l’actuel PCF et de FI.....sont t-ils des organisations révolutionnaires ?
    A mon avis je ne le pense pas. On reste toujours dans le réformisme plus ou moins radical .Mais comme vous le dites un programme keynésien, fini par passer pour révolutionnaire.
    Je pense pour simplifier que de nombreuses questions de bases ne sont plus poser : Qu’est-ce que le capitalisme de nos jour (pas seulement dénoncer la finance ou les riches, voir plus en profondeur), ce qui pose la question aussi qu’est-ce que le communisme de nos jour ? (partager les richesses seulement) ?)
    Il y a longtemps que ni le PCF, ni les intellectuels ne font plus se travail

    bob Le 27 juin à 10:05
  •  
  • Commentaires pour Martelli et Vladimir (à propos de son dernier alinéa de conclusion).
    Le texte de Martelli est intéressant en ce sens qu’il esquisse une « théorie » politique pour le monde actuel et spécifiquement la France. Vladimir pose une question, dans ce cadre, qui concerne le PCF. Martelli s’inspire d’une démarche théorique qui, malheureusement, n’est plus guère à l’ordre du jour, depuis, notamment, que le PC et ses penseurs ont renoncé pratiquement à regarder les choses avec la méthodologie et les concepts utilisés par Marx, Lénine, et quelques autres : l’exploitation de « l’homme per l’homme », les « classes sociales » et leur lutte, etc… et la possibilité ainsi ouverte d’une « transformation sociale » vers une autre société (socialiste puis communiste). Martelli semble également rester en retrait et n’émettre que des vœux « pieux » (Merci, tout de même, de la part de l’Abbé !)
    Je vais sûrement être simpliste pour rester bref…mais on peut poursuivre le débat.
    Pour moi, nous sommes toujours (plus que jamais ?) dans une société « de classes » : des exploiteurs (le Capital), des exploités (les travailleurs qui créent la « plus-value », au sens de Marx, plus-value que les exploiteurs s’approprient). Mais les mécanismes se sont complexifiés (par exemple, on parle maintenant de capitalisme financiarisé et mondialisé, formule dont l’impérialisme de Lénine abordait juste l’analyse). Un fait important est apparu depuis les années 20 ou 30 : le fordisme. C’est-à-dire une nouvelle forme d’exploitation, moins « à mort » qu’au 19ème siècle » et dont les bénéfices étaient alors recueillis par la seule classe dirigeante, car, désormais, en raison du « développement des forces productives » ces bénéfices peuvent être partiellement redistribués à une fraction élargie des travailleurs : les classes moyennes. Le Capital, avec l’industrialisation généralisée moderne « gagne plus » à rétrocéder cette partie de la plus-value à ces classes moyennes qui, à travers le consumérisme, boostent en définitive davantage la plus-value totale engrangée. Ainsi, ces classes moyennes, comme travailleurs, sont concrètement partiellement exploitées… donc, partiellement, exploiteuses. Idéologiquement, dans la conscience qu’elles ont de leur état, elles hésitent à se voir proches des plus exploités (la classe ouvrière ou les classes populaires) ou proches des exploiteurs (du capital). Il est clair qu’aujourd’hui, une majorité de ces classes moyennes se situe proche du Capital… qui leur assure un certain standing, même si c’est au prix d’une incontestable servilité (consentie). Ce qui explique que ces classes sont des « serviteurs » plus ou moins élevés dans l’échelle sociale, plus ou moins gagnants… même si cela reste précaire et sans commune mesure avec ce qui revient au Capital. En haut (les énarques, les financiers ou traders, les DRH, les hauts fonctionnaires, etc…) n’ont guère d’état d’âme pour gagner des places dans la concurrence avec leurs pairs. Et ils savent très bien que ce que l’on attend d’eux c’est de participer activement à accroitre les bénéfices de leurs mentors, donc à exploiter davantage les plus démunis, même si on se justifie par la concurrence, par la productivité nécessaire, etc…. Plus bas, c’est moins net… mais si la masse de ces classes moyennes est suffisante et unie, elles ont conscience de pouvoir ainsi préserver des avantages, en suivant le mouvement…plutôt qu’en l’affrontant. Une partie des classes moyennes, plutôt basses, suit donc le mouvement par opportunisme. Et si le balancier allait de l’autre côté, il est probable que le même opportunisme entrainerait beaucoup de ces « hésitants » à suivre ce nouveau cap. Je pense quant à moi que ce processus explique qu’un parti comme le PS, parti représentatif de ces classes moyennes-là, ait pu, il y a peu, s’emparer du pouvoir. Le même processus, en s’inversant, a fait surgir et monter une « nouvelle force politique », les Marcheurs, qui a pu prendre le pouvoir à la place des précédents … tout en protégeant les mêmes : ceux (le Capital) qui soutenaient les précédents au pouvoir, garantissant dans tous les cas une permanence des avantages acquis par ces classes moyennes… et évidemment ceux essentiels du Capital !
    On peut se poser la question : est-ce qu’un mouvement de balancier inverse pourrait mettre en piste une nouvelle force politique prenant en compte les intérêts communs des classes populaires et moyennes (tout au moins d’une proportion suffisante de celles-ci pour conquérir le pouvoir, à la manière, en somme, du PS en son temps, et de Macron, maintenant) ? Dit d’une autre façon : est-ce qu’une alliance classe populaire et moyenne peut devenir majoritaire ? Sur le strict plan démographique : oui, comme le dit P. Laurent, ces deux classes, c’est 99% de la population ! Mais dans ces 99% la moitié peut être assimilée à une classe ouvrière, l’autre à une classe moyenne. Une seule de ces classes ne peut donc conquérir le pouvoir, même s’il y avait unanimité d’intention des citoyens qui les composent. Aujourd’hui, démocratiquement, seule une alliance d’une fraction majoritaire de ces deux classes peut conquérir le pouvoir. La chose a été tentée : programme commun de la gauche réunissant PC (représentatif des classes populaires) et PS (représentatif des classes moyennes). Ce fut un échec car la fraction de PS investie dans l’affaire relevait finalement de cette fraction subjuguée par le Capital (voir ci-dessus). Quant au PC, bien que plus fort qu’aujourd’hui…il n’a pas su ou pu imposer ses exigences.
    Aujourd’hui, on est dans un contexte différent : le PS, dans sa version d’allié « objectif » du Capital, et qui a pu ainsi prendre le pouvoir avec Hollande… s’est écroulé (remplacé par Macron). Le PC s’est au cours du temps évaporé et a surtout perdu son idéologie de classe, et la puissance d’analyse théorique qu’il tirait de la méthodologie marxienne. Il est pourtant toujours plus représentatif de la classe ouvrière que le PS. Malheureusement (je passe sur les détails) il a été en partie contaminé par le PS, n’a pas su « élever le niveau de conscience » des catégories sociales qu’il avait su autrefois entrainer, au point qu’elles ont pour une part abandonné le combat politique, pour une autre, fait des choix politiques sans issue (que ce soit au PS, au FN, ou ailleurs dans des groupuscules sans avenir crédible). Alors, que faire ? Au sein des classes moyennes : constater qu’une force politique nouvelle s’est constituée avec les Insoumis… dont il est manifeste qu’ils ne s’affirment pas comme « soumis » au Capital. On a là l’embryon de cette union possible des classes populaires et moyennes disponibles pour un travail en commun (leurs programmes ont suffisamment de points communs pour une action concertée, voire commune). Faisons fructifier cet embryon de part et d’autre !... Et cherchons comment unir ces combats qui, c’est une chance à saisir, ont en commun des lignes politiques fondamentales. Ce qui les sépare (nucléaire par exemple) ne peut être abordé sérieusement que quand ils auront le pouvoir… on a, malheureusement, un peu de temps devant nous…

    Abbé Béat Le 27 juin à 18:11
  •  
  • L’horizon (ou est-ce l’oraison ?) me semble plutôt assez sombre pour la cause sociale, je ne partage pas du tout l’optimisme de Martelli (de mon haut statut de nouveau insignifiant).

    La FI me semble n’être qu’une refonte élargie du PG, ce dernier paraissant la noyauter... Elle me parait condamnée, tels Syriza ou Podemos ou encore Occupy Wall Street à un dilemme insurmontable : devenir un parti rigide ou se dissoudre dans un pseudo mouvement postmoderne. La première solution a été la seule efficiente dans l’histoire, la seconde est un perpétuel fiasco, les exemples en sont honteux. La gauche postmoderne est un naufrage !

    Et lorsque ces mouvements de "la société civile" se rigidifient, c’est toujours sur la ligne la plus modérée, Podemos, Syriza et Corbyn n’étant que des resucées de vieilleries social-démocrates. Mélenchon, pour qui j’ai beaucoup d’estime, me semble prendre la route d’une résurrection d’un socialisme miterrandien, semblant rêver d’être un second Syriza ("il a la classe notre Tsipras", chantaient certains...), qui n’est en somme devenu qu’un second PASOK... Les désirs de certains de nouer des alliances avec les "frondeurs" (dont on ne sait de qui il s’agit tant le PS compte de méta-post-anté-latéro soc-dem hollandistes révolutionnaires) en disent long à ce sujet.

    La seule explication de l’opinion présente de monsieur Martelli me semble être qu’il est proche de/a soutenu la FI par le biais du mouvement dont il est proche (Ensemble). Outre cela, il parait faire le même type d’analyses depuis les années 1980 qu’il faisait au PCF et qui l’ont conduit au caniveau ou il se trouve (comparé aux années 1970).

    Soit c’est un manque de lucidité perpétuel de sa part, soit une volonté de poursuivre cette ligne mortifère en pensant ressusciter (ou tuer définitivement, je ne lis pas dans ses pensées, même si je présume fortement son honnêteté) le communisme et le marxisme.

    Mais je pense que ce type d’analyses/stratégies mèneront au mêmes désastres que ceux qu’a connu l’auteur de cet article il y a trente ans. On ne change pas une équipe qui perd...

    Nergal-Satan Le 30 juin à 11:37
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