Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 8 mai 2017

Prolonger le refus, reconstruire l’espoir

Gauche absente au second tour, digues fragilisées contre le FN, faible vote de conviction pour le président, issue incertaine des législatives, opportunités pour la gauche de gauche… Roger Martelli analyse les enseignements de la présidentielle.

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1. Pour la troisième fois depuis que le président de la République est élu au suffrage universel, la gauche était absente du second tour. La nouveauté est que, cette fois, la mésaventure est advenue, en même temps, à la gauche et à la droite de gouvernement. Pour les deux blocs qui se partageaient l’Assemblée nationale, la plupart de leurs électeurs se sont trouvés placés devant, au mieux, un choix par défaut.

Le résultat est dans les chiffres : au moins 25% d’abstentions et 8,8% de votes blancs ou nuls. Au total, un électeur sur trois a dit qu’on le contraignait à un choix impossible. C’est à peine moins qu’en 1969 (le total des abstentions et du vote blanc s’élevait alors à 35,6%). On retiendra cette fois le signal particulier que donne le niveau record des votes blancs, qui double presque par rapport à ses scores les plus élevés de 1995, 2012, 1969 et 2012. Alors que l’abstention est à la fois un phénomène social (la mise à l’écart des catégories populaires) et un indice d’insatisfaction politique, le vote blanc est un acte politique conscient, propre à une population souvent éduquée et politisée. Voici quelque temps que se renforce l’idée que ce vote doit être comptabilisé comme un choix à part entière : le scrutin présidentiel de 2017 renforce sans conteste cette exigence.


2. Le score du Front au premier tour et le résultat du second suggèrent que les digues existent encore, qui empêchent l’extrême droite d’accéder au pouvoir, comme elle a pu y parvenir dans d’autres pays, y compris au sein de l’Union européenne. Mais nous constatons aussi, une fois de plus, que ces digues sont moins étanches que par le passé. La peur d’une victoire du Front national est désormais contrebalancée par les colères qui se portent contre ceux que le système électoral majoritaire place face à elle au second tour. Le "tout sauf le FN" n’a plus la vigueur qui était la sienne naguère.

Le Front obtient certes un résultat inférieur à ses attentes, moins élevé que ne l’annonçaient les sondages de début de campagne, moins fort que ne le suggéraient les élections départementales et régionales de 2015. Mais il a malgré tout confirmé la conjonction préoccupante d’une influence nationale réelle et d’une implantation territoriale solide, notamment dans la France du Nord, de l’Est et du Sud-Est (voir les données citées plus loin).

Il ne sert à rien, alors, de mettre en cause ceux qui ont considéré qu’ils n’avaient pas à choisir entre la mondialisation et l’exclusion nationale. La responsabilité est à chercher du côté de ceux qui ont érodé le sens du conflit séparant historiquement la droite et la gauche, autour de la question de l’égalité et de la liberté. À force de préférer la compétitivité, la flexibilité, l’équilibre budgétaire, l’état de guerre et l’état d’urgence, on finit par nourrir l’idée que la gauche et la droite se sont rejointes en acceptant les normes de la concurrence et de la gouvernance.

L’extrême droite reste un mal absolu, aujourd’hui comme hier. Mais il n’est plus possible de continuer à gérer la France comme avant, et cela imperturbablement pendant cinq ans, pour appeler in extremis au rassemblement contre la droite extrême.

Cette stratégie est vouée à l’échec, à très court terme. Marine Le Pen a d’ores et déjà doublé le score de son père, quinze ans plus tard. La politique impulsée demain par le nouvel hôte de l’Élysée a toutes les chances d’accroître la colère et, au-delà même, de nourrir le ressentiment qui pousse aux actes désespérés. Le second tour de 2002 était un signe inquiétant ; celui de 2017 doit être pris comme le fracas d’un tocsin.

Les territoires qui se vivent à juste raison comme voués à une certaine marginalité et au déclin, les catégories populaires les plus fragilisées par le recul de l’État-providence ont fini par s’habituer, trop souvent majoritairement, à l’idée que le Front national est pour eux l’ultime recours, dans une logique de fermeture et de repli. C’est à cela qu’il convient désormais de s’attaquer, pour éradiquer les impasses de situations électorales qui, avec le temps, paraissent à beaucoup comme ouvrant sur des choix impossibles.

Le temps des apprentis sorciers, qui ont nourri cette trajectoire, devrait être résolument forclos. Le vote Mélenchon a montré qu’il est une seule façon de stopper l’avancée du Front national : en lui opposant une gauche bien à gauche, populaire, ancrée dans ses valeurs fondatrices et capable de les moderniser. Quelle qu’ait été la configuration frustrante du second tour, c’est son résultat qui a été l’événement le plus marquant de toute la séquence électorale.

3. Emmanuel Macron a, sans surprise, obtenu un large écart avec son adversaire du second tour. Mais, des deux candidats, il est celui qui a recueilli la part la plus faible des votes de conviction. Le nouvel élu ne peut donc se prévaloir d’une majorité de soutien aux options qu’il a énoncées au fil des mois. Il a bénéficié du refus que suscite encore le parti frontiste ; cela ne fait pas oublier qu’au premier tour – celui, où l’on choisit en principe – il n’a pas atteint les 25% des suffrages exprimés.

En approchant les 44% des électeurs inscrits, il n’est certes pas le président numériquement le plus mal élu des annales du scrutin présidentiel (voir tableau ci-après). Il est bien au-dessus de Georges Pompidou en 1969 ou de Jacques Chirac en 1995. Mais il est loin des 60% de ce dernier en 2002. En fait, si l’on additionne la part des électeurs de François Fillon et ceux de Jean-Luc Mélenchon qui se sont portés sur lui contre Marine Le Pen (ils seraient autour de la moitié dans les deux cas), il n’est pas si loin de son pactole électoral du premier tour. Il pourrait être, dès lors, le président qui dispose des bases les plus fragiles pour le fameux "état de grâce" que l’on promettait autrefois aux nouveaux élus.


4. On sait qu’une élection d’un nouveau président ne vaut que si elle s’adosse à des élections législatives qui lui donnent la base parlementaire dont il a besoin pour gouverner. La logique majoritaire des institutions lui assure théoriquement un avantage en ce sens et, jamais jusqu’alors, un président n’a manqué au départ du bloc nécessaire pour appliquer son programme.

Mais nous ne sommes plus dans cette époque, construite par le général de Gaulle, où l’esprit des institutions allait de pair avec l’état du dispositif politique. Pendant longtemps, le principe majoritaire s’est appuyé sur un affrontement clair entre la gauche et la droite et, dans chaque camp, une force politique pouvait jouer un rôle dominant. Or ce modèle est doublement remis en cause, par les aléas d’un clivage épuisé par les gestions suivies de part et d’autre, et par la perte de légitimité du système partisan lui-même. La présidentielle qui vient de s’achever a confirmé la crise des identifications politiques et l’éclatement du paysage général en quatre grands ensembles, à peu près équivalents en impact et par ailleurs plus ou moins cohérents.

Le caractère quasiment automatique du lien entre les consultations présidentielle et législatives n’est donc plus assuré comme par le passé. A priori, le nouveau président ne manque pas d’atouts dans la confrontation électorale qui va s’ouvrir. Il dépasse les 25% dans 190 circonscriptions métropolitaines et les 20% dans 412 d’entre elles. Arithmétiquement, la seule qui l’approche est Marine Le Pen, qui bénéficie même d’une implantation plus ancienne que la sienne. Mais l’arithmétique et la politique ne font pas toujours bon ménage.

Les quelques données de sondage disponibles laissent prévoir pour l’instant une dispersion comparable à celle du premier tour présidentiel. Selon Ipsos, une majorité de sondés ne souhaite pas qu’Emmanuel Macron ait une majorité absolue de députés pour conduire sa politique. Quant à l’Ifop et à Harris Interactive, ils testent les premières intentions de vote : 22 à 26% pour des candidats d’En marche !, 20 à 22% pour la droite gouvernementale, 20 à 22% pour le FN, 8 ou 9% pour le PS, 3% pour EE-LV. La France insoumise est placée de 13 à 16% et le PCF à 2%.

De façon plus générale, si l’élection législative, accolée à la présidentielle depuis l’instauration du quinquennat, avantage par nature le président désigné, elle inclut des paramètres locaux qui peuvent brouiller la logique institutionnelle. Macron a ainsi pour lui sa position à la tête de l’État ; la droite gouvernementale a pour elle la densité de ses réseaux locaux.


5. Quant à la gauche de gauche, elle a des possibilités non négligeables que confirment les données de sondage. Elle avait mal réussi le passage de la présidentielle aux législatives en 2012. Elle peut bénéficier demain de la dynamique exceptionnelle du vote Mélenchon. Dans une quarantaine de circonscriptions, celui-ci a réuni plus de 30% des suffrages exprimés et plus de 25% dans 66 d’entre elle. D’ores et déjà, une part importante de cet électorat affirme son intention de prolonger son vote aux législatives.

Mais l’une des conditions pour passer d’un scrutin à l’autre est l’unité totale des forces qui ont soutenu la candidature du leader de la France insoumise. La force qu’il a constitué sous ce label a fait la preuve de son efficacité. À ce titre, elle est habilitée à rassembler, sans pour autant qu’il soit besoin de contraindre à se rallier à elle tous ceux qui n’ont pas fait aujourd’hui le choix de rejoindre le nouveau mouvement.

Dans une enquête réalisée par You Gov pour le Huffington Post, plus des deux tiers des personnes interrogées à la fin avril (69%) considèrent que le Front de gauche est uni, ce qui constitue un pourcentage nettement plus élevé que pour toutes les autres composantes partisanes. Le chiffre est plus important encore chez les sympathisants de la gauche de gauche (71%) et surtout chez les plus jeunes, qui ont été un noyau de la dynamique Mélenchon en 2017 (71%%).

Tous ceux-là ne peuvent être déçus : la raison doit donc l’emporter pour parvenir à un accord au plus tôt.

6. Le second tour atypique que nous venons de vivre s’est décidé au premier, dans un écart de voix somme toute modeste, les quatre premiers se situant à un niveau globalement équivalent, ce qui autorisait sur le papier toutes les hypothèses de second tour. Mais on ne peut négliger des données de fond, qui conditionnent la répartition des forces réelles. Trois d’entre elles peuvent être retenues ici : la démobilisation civique des catégories populaires, depuis le début des années 1980, après une longue phase de poussée de la participation civique ; la crise d’une droite traditionnelle perturbée par la dynamique du Front national ; la fragilité d’une gauche désarçonnée par plus de trois décennies d’hégémonie d’un socialisme en voie de recentrage permanent et, ce faisant, privée de son ancrage populaire d’hier.

La gauche de gauche peut aborder l’épisode législatif avec une confiance lucide. Elle part d’un résultat qui rappelle les scores anciens du PCF, qui s’inscrit dans sa trace historique, qui la redynamise en partie (mais pas partout) et qui en même temps la déborde, territorialement, socialement et symboliquement. Dans ce cadre, une campagne législative bien menée, de façon claire, sans ambiguïté et sans sectarisme, a toutes ses chances de porter ses fruits.

Ils ne s’avèreront toutefois durables que dans le contexte d’une recomposition d’envergure. Au début des années 1970, le Parti socialiste mitterrandien a su incarner l’esprit d’une gauche bien à gauche, mais renouvelée. On sait ce qu’il advint de ce passage de témoin entre un communisme incapable de se refonder et un socialisme qui se prit trop vite à confondre modernisation et capitulation.

Le vote Mélenchon montre, en France à l’instar de l’Espagne, du Portugal et peut-être de la Belgique, que la recomposition nécessaire peut s’appuyer enfin sur un vent de radicalité, qui rompt avec des décennies d’essoufflement socialiste. Encore faut-il que cette gauche requinquée n’oublie pas que la reconquête durable des catégories populaires ne passe par le ressentiment mais par l’espérance. Le Front national opposera le ressentiment à la logique économico-sociale d’Emmanuel Macron. La gauche bien à gauche s’attachera, elle, à raccorder la combativité nécessaire à la construction patiente d’un nouvel avenir pour une société égale, citoyenne et solidaire. Là devra se trouver le socle d’une véritable opposition à l’inacceptable. Avec lui, ce combat sera, non pas celui de deux France ou celui du "eux" contre "nous", mais l’élan du "tous ensemble" pour une nouvelle donne. Et pas seulement en France…

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  • Encore une fois une vision beaucoup trop électoraliste de la situation politique en France, sans même poser la question du phénomène abstentionniste. Cela conduit à négliger le mouvement social qui a pourtant été décisif dans les chutes de Sarkozy et Hollande.

    Monsieur HR Le 8 mai à 11:42
       
    • @ Monsieur HR (le 8 mai à 11:42

      Sur YouTube une petite vidéo de 6 minutes fournit une analyse plus claire et aussi plus optimiste ! Je pense qu’elle pourrait intéresser beaucoup de monde ici.

      Il suffit, sur YouTube ou même directement sur Google, de rechercher la vidéo intitulée "MACRON, PRÉSIDENT PAR DÉFAUT"

      Depuis ce matin j’ai essayé 5 fois de poster ici le lien de cette vidéo, mais bizarrement ça ne passe pas : serait-ce un effet de la CENSURE ???

      hopfrog Le 8 mai à 21:44
    •  
    • @ Monsieur HR (le 8 mai à 11:42

      J’oubliais : c’est sur la chaîne YouTube qui s’appelle LE BON SENS.

      (Je viens d’essayer une 6e fois de poster le lien : et m..., c’est encore passé à la trappe ! Svp quelqu’un ici aurait déjà eu ce problème ?)

      hopfrog Le 8 mai à 21:51
    •  
    • salut hopfrog.
      ici, pas moyen de passer des liens, même "codés". Dommage...

      raphaël Le 8 mai à 23:03
    •  
    • @ raphaël (le 8 mai à 23:03)

      Bonjour & merci pour ta réponse.

      Hier matin j’ai pourtant passé un lien vers le site du ministère de l’Intérieur (voir ci-dessous)...

      Sans doute l’impossibilité dont tu parles concerne seulement les liens vers une vidéo ?

      hopfrog Le 9 mai à 05:47
  •  
  • Chiffres du ministère de l’Intérieur pour le 2e tour :

    ABSTENTION : 24,66 % des inscrits.

    VOTES BLANCS : 8,57 % des votants (6,46 % des inscrits).

    VOTES NULS : 3,03 % des votants (2,28 % des inscrits).

    Le total votes blancs + votes nuls est donc de : 11,6 % des votants (8,74 % des inscrits).

    http://mobile.interieur.gouv.fr/Elections/Actualites-des-elections/Resultats-globaux-du-second-tour-de-l-election-du-President-de-la-Republique-2017

    hopfrog Le 8 mai à 11:52
       
    • Comme prévu, le vote abstentionniste a été attenué de toutes les manieres possibles... Heureusement qu’un certain nombre a été poser son vote blanc dans l’urne, ça aura au moins le mérite d’interpeller certains commentateurs politiques !
      Mais même 8% ça ne suffit pas... Je n’en suis pas surpris... Il aurait fallu au moins 15% de bulletins blancs pour leur donner du fil à retordre.

      carlos Le 8 mai à 14:14
  •  
  • @ Roger Martelli

    8,8 % de votes blancs ou nuls : c’est-à-dire 8,8 % des inscrits (soit près de 12 % des votants).

    Ça va sans dire, mais ça va encore mieux en le disant.

    hopfrog Le 8 mai à 12:00
       
    • Je ne vous dis pas merci.
      Des années de chômage 2 hivers à manger aux restaus du coeur et enfin en 2005 je réussis un concours de la fonction publique. Il me faudra 2 ans pour prendre conscience que la recherche d’emploi et la précarité c’est fini.
      C’était compter sans l’avidité des jamais rassasiés du capitalisme comme des crétins qui boivent leurs paroles partisans de l’alignement vers le bas et de la destruction de toutes les solidarités, de l’éducation, de la santé, etc.
      Pour ce qui me concerne me voilà condamnée, mais suis-je la seule, à travailler jusqu’à ma mort. A c’est merveilleux la mondialisation heureuse.

      Irae Le 8 mai à 13:32
    •  
    • 34 % POUR LA BLONDE : m’enfin, c’était ÉVIDENT qu’elle ferait au grand maximum 40 %...

      "Ça passe ou ça casse", disait récemment Emmanuel Todd chez Arrêt sur Images. Ce grand historien, grand connaisseur aussi de la carte électorale française, savait bien que son pari serait facilement gagné. Bravo à lui et à sa clairvoyance !

      Hélas, tout le monde n’a pas son talent et sa profondeur de vues... Je pense tout spécialement à Roger Martelli, qui le 2 mai dernier, sur le site de Regards, concluait sa Lettre à mes amis [beuârk !] de la France Insoumise" par cette grandiose ineptie : "Le 7 mai prochain, voter Macron sera la seule manière de dire que nous voulons garder la possibilité de nous battre". Difficile de faire plus contradictoire, ni plus bête... ni plus nocif pour la (vraie) gauche. Il vaut mieux ne rien dire, c’est encore la solution la plus charitable... 😄😄😄

      On espère au moins qu’il aura l’élémentaire décence de s’excuser d’avoir été un allié objectif des sociaux-libéraux d’En Marche !

      La bonne nouvelle, c’est que dans l’ensemble le vote Mélenchon du 1er tour a tenu bon et n’a pas cédé au chantage de Martelli, Plenel et consorts qui voulaient nous imposer le vote Macron.

      Il n’empêche : 66 % pour le blondinet, c’est beaucoup, beaucoup trop !.

      Comme disait déjà Voltaire (je crois) : "Mon dieu, protégez-moi de mes "amis", moi je le charge de mes ennemis !"

      hopfrog Le 8 mai à 13:35
    •  
    • Correction : "...je me charge de mes ennemis !"

      hopfrog Le 8 mai à 13:38
    •  
    • "La bonne nouvelle, c’est que dans l’ensemble le vote Mélenchon du 1er tour a tenu bon"

      Attendons d’avoir des chiffres plus précis mais il semble bien qu’environ 50% des électeurs de JLM aient voté Macron au 2d tour pour barrer Le Pen, donc autant que ceux qui se sont abstenus ou voté blanc/nul.
      J’ai milité, au 2ème tour, pour le vote Macron afin que Le Pen soit le plus bas possible et j’en suis fier. Imaginons que tous les électeurs de JLM et de Fillon aient fait comme vous hotfrog et se soient abstenus ou aient voté blanc/nul, la fasciste passait. Est-ce ce que vous souhaitiez ? Je ne le crois pas. Donc respectez "le sale boulot" que nous avons dû faire.
      Ce travail fait, maintenant, le plus important est :
      1/ D’être dans les luttes pour combattre les projets Macron
      2/ D’avoir le plus de d’élus et de voix aux législatives en rassemblant la gauche vraiment de gauche et en abandonnant les comportements sectaires qui seraient suicidaires.
      Cordialement.

      Marc Sidonny Le 8 mai à 15:01
    •  
    • @ Daniel Sidonny (le 8 mai à 15:01)

      1. "... il semble bien qu’environ 50% des électeurs de JLM aient voté Macron au 2d tour..." : Ce n’est pas du tout ce que j’ai lu ce matin en divers endroits d’habitude assez fiables : sans doute n’avons-nous pas les mêmes sources ? 😀
      Mais, en effet, attendons d’avoir des données plus précises. Tiens, j’aimerais bien qu’on ait vite les commentaires d’Emmanuel Todd sur ce second tour...

      2. "J’ai milité, au 2e tour, pour le vote Macron afin que Le Pen soit le plus bas possible et j’en suis fier." Vous avez donc contribué à donner à Macron ses 66 % (qu’il ne manquera pas de revendiquer comme autant de votes d’adhésion) et vous en êtes "fier". Eh bien demandez-lui donc la médaille que vous avez amplement méritée, car c’est lui maintenant qui va les distribuer !
      Mais je doute que les classes populaires, maintenant ou plus tard, vous soient très reconnaissantes de votre héroïque dévouement à la cause sociale-libérale... 66 %, c’est beaucoup trop, c’est un vrai danger car cela donne une apparence de légitimité à un président qui n’en a aucune. Bref, vous vous êtes laissé rouler dans la farine par les Plenel, Martelli et consorts. Déplorable aveuglement.

      3. Les législatives, donc. Espérons ne pas voir se rejouer le triste scénario des municipales, où le PCF a joué un rôle pour le moins surprenant. Il est vrai que, le P"S" "historique" étant désormais à peu près carbonisé, la tentation de s’allier à ce rafiot en perdition devrait être moins grande chez les communistes (mais vous êtes sans doute mieux renseigné que moi à ce sujet ?). 😃

      4. Une des nombreuses curiosités du présent article de Roger Martelli, c’est qu’il s’obstine à parler d’une chose qui n’existe plus : le défunt Front de Gauche. Le Front de Gauche est mort désormais ; à cette mort, les municipales puis les régionales n’auront pas peu contribué...
      Même si le programme n’a pas fondamentalement changé (il a quand même beaucoup évolué), le vieux cartel a été remplacé par un mouvement, avec une dynamique bien différente. Dans son article Martelli lui-même, malgré ses sympathies communistes bien connues, donne les chiffres suivants : "La France insoumise est placée de 13 à 16 % et le PCF à 2 %". Ces chiffres valent ce qu’ils valent, et l’on peut bien sûr chipoter sur un point de plus ou de moins...
      Mais assurément, ils méritent réflexion.

      Bien cordialement.

      hopfrog Le 8 mai à 18:10
    •  
    • "Dans une enquête réalisée par You Gov pour le Huffington Post, plus des deux tiers des personnes interrogées à la fin avril (69%) considèrent que le Front de gauche est uni, ..."

      Au moins pour ceux qui auraient eu des doutes, Martelli affiche de quel côté il est !

      Sans une gauche qui vote sans se diviser pour les candidats de la France insoumise, nous aurons 5 années très dures pour les plus pauvres !
      Évidemment quitter les petits arrangements avec les PS ou d’autres, c’est difficile pour la nomenklatura communiste, EEVL et d’autres.
      Ceux qui font plus la lutte des places, que la lutte des classes ! Ceux qui font plus la lutte des places que de l’écologie !*

      Pour les 10 millions de Français qui ne votent plus, pour les convaincre de revenir voter, pourris ou insoumis, il faut choisir !

      Pour certains cela semble bien difficile !

      Pierre Magne Le 9 mai à 15:26
  •  
  • Le PCF ne peut pas espérer faire fructifier sa petite boutique sur le dos de la FI. Ça ne marchera pas comme ça. Que les hiérarques de la Place du Colonel Fabien s’estiment heureux si on consent à reconduire les députés sortants. Pour le reste, des têtes neuves, des têtes de la FI. Il fallait prendre le train en marche il y a des mois et des mois. Personne au sein de la FI n’acceptera de "travailler pour le roi de Prusse".

    JVTA Le 8 mai à 12:13
       
    • @hopfrog,
      Pourquoi vous parlez de "socio-libéraux" ? Qu’ont-ils de "socio" ? (et même de "libéraux’ au sens classique du terme). Cela me consterne de voir répéter en boucle des expressions toutes faites émanant des médias ou même (c’est le cas ici) de médias alternatifs de gauche.

      Julien Le 8 mai à 14:26
    •  
    • d’ailleurs pcf 2 % ou - 2 % dex chiffres et aussi absurde que ton commentaire si c’est pour écrire des ineptie pareil je te conseille de t’abstenir
      fraternellement

      leon Le 8 mai à 14:31
    •  
    • "les hiérarques de la Place du Colonel Fabien"

      ah ah ah... Tu aurais pu dire aussi "les vipères lubriques du colonel fabien", comme au bon vieux temps...

      Le niveau monte.

      florent Le 8 mai à 14:47
    •  
    • @ Julien (le 8 mai à 14:26)

      "Pourquoi vous parlez de "socio-libéraux" ? Qu’ont-ils de "socio" ? (et même de "libéraux’ au sens classique du terme). Cela me consterne, etc., etc.)".

      1. Vous êtes sans doute encore un peu jeune en politique... 😄 Les sociaux-libéraux n’ont en effet rien de social et évidemment rien de socialiste, mais ça on le sait dès qu’on s’intéresse un tant soit peu à la politique... Et libéraux, ils le sont à l’àméricaine, c’est-à-dire que ce sont des néo-libéraux, attachés à promouvoir la forme la plus aggressive de capitalisme.

      2. Si vous ne savez pas non plus ce que sont les néo-libéraux, désolé mais on peut rien pour vous... Lisez donc un petit ouvrage genre Que sais-je ? sur la question : vous verrez, tout deviendra clair.

      3. Autre faux problème du même genre : le national-SOCIALISME, ça n’est pas une forme de socialisme... 😂😂😂 Et pourtant tout le monde (sauf vous, peut-étre ?) sait très bien de quoi il s’agit et emploie ce mot sans aucun problème : c’est tout simplement l’autre nom du nazisme... De rien, ne me remerciez pas.

      hopfrog Le 8 mai à 15:57
  •  
  • " Encore faut-il que cette gauche requinquée n’oublie pas que la reconquête durable des catégories populaires ne passe par le ressentiment mais par l’espérance. " lit-on en conclusion à propos du vote Mélenchon/France Insoumise.
    Qu’est-ce à dire ? Quelle est cette crainte ou cette suspicion de R. Martelli ? Le programme l’Avenir en Commun de la France Insoumise n’est ni un programme de "ressentiment" (on voit de quoi est le nom de ce terme : "populisme" vs "lutte de classes") ni de renoncement au combat pour la justice et l’égalité sociale, pour ne s’en tenir qu’à cela.

    Victor Le 8 mai à 12:54
  •  
  • @martelli - pour compléter l’analyse il y a l’article écrit pour expliquer les causes des tensions entre PCF et FI...
    Votre conclusion laisse à penser que vous ne l’avez pas lu...

    carlos Le 8 mai à 14:07
       
    • @ carlos

      De quel article parlez-vous svp ? Pourriez-vous poster ici le lien ? Merci d’avance ! 😉

      hopfrog Le 8 mai à 14:16
    •  
    • @hopfrog - mais où ai-je la tête ? 😁

      (http://www)

      .regards.fr/web/article/accord-france-insoumise-parti-communiste-ce-qui-bloque

      carlos Le 8 mai à 14:20
    •  
    • @martelli - quand je lis "Dans ce cadre, une campagne législative bien menée, de façon claire, sans ambiguïté et sans sectarisme, a toutes ses chances de porter ses fruits.", je vois 2 choses qui déjà indiquent que le rassemblement à gauche part très mal :

      1) le PCF propose un "front de gauche bis"... Les mêmes causes produisant les mêmes effets, "la bannière commune" inaugurera un nouvel épisode de confusion et de tiraillements propice à faire fuir les électeurs... Avec cette stratégie : exit la clarté.

      2) le sectarisme évoqué qualifiant très probablement la France Insoumise (je me trompe peut être... Pfff mais non c’est tellement commun maintenant d’entendre ça que je dois être dans le vrai), on ne peut que constater que l’intransigeance quant à la cohérence politique que ce mouvement reclame pour gagner la confiance des électeurs continue d’être perçue negativement voir tout simplement caricaturalement par ses partenaires de gauche... Le "gourou" Mélenchon égocentrique est encore pour longtemps sur les lèvres de ces chers "anti-sectaires" (c’est ironique pour ceux qui n’avaient pas compris).

      Évidemment, tout le monde aura compris que cette analyse est fausse et infondée puisqu’indubitablement orientée politiquement !

      Carlos Le 8 mai à 15:15
  •  
  • Sur youtube :

    " Macron : « Vive le Capital ! » [Remix de La Parisienne Libérée] "

    (Un remix du discours officiel qu’Emmanuel Macron aurait pu prononcer pour fêter sa victoire ! )

    Durruti Le 8 mai à 14:11
       
    • Oui, c’est assez bien fait. 🙂

      hopfrog Le 8 mai à 18:30
  •  
  • Très bonne analyse lucide et complète de l’élection. J’ai partagé sur le site "face (de) bouc".

    Julien Le 8 mai à 14:22
  •  
  • Bonjour
    Voilà, Macron gagne dans un scénario prévue d’avance.
    Ceux qui nous ont fait croire que le FN était à nos portes (bdpif ?), en sont pour leur frais, et ceux qui on gober l’intox . le FN a jouer son rôle de repoussoir vers Macron. Intimement , je pense que cette élection a était habilement manipulé, manoeuvrer , orchestré au sommet.
    Tout changer pour ne rien changer......
    Il fallait une recomposition politique, casser la droite, casser la gauche, marginaliser Mélenchon, contenir le FN ....tout cela a bien fonctionner. Chacun a jouer son rôle.
    l’oligarchie gagne cinq ans, en attendant de sortir un nouveau lapin de sont chapeau , ou de nouveau nous sortir la menace FN......!?.
    Seront nous enfin assez fort, et lucide, , pour sortir des scénarios, prévue d’avance, par nos chers dirigeants, brouiller les cartes, et l’électoralisme n’a t-il pas atteint ses limites ?...

    bob Le 8 mai à 16:00
  •  
  • Nous en sommes au temps des déceptions.

    Toute la gauche est déçu des résultats.

    La digestion ....

    Aucunes remise en cause, évidement, pour personne.

    Sans surprise.

    bdpif Le 8 mai à 16:41
       
    • On attends avec impatience les tiennes, pour commencer...
      Et bien sûr, on peut toujours attendre...

      raphaël Le 8 mai à 23:07
    •  
    • Mais quelle remise en cause voulez vous que j’ai ?

      J’ai fait mon devoir.

      Je vous ai ecris depuis 5 ans qu’à force de ne faire que casser du parti socialiste pendant 5 ans, nous nous ramasserions un second tour Le Pen / Fillon. On y était presque, mais le" canard enchainé à fait son devoir. Sinon, nous n’aurions pas eu Macron, mais Fillon. Vous nous avez vendu des tapis en nous disant que non, tout les militants devaient combattre pour faire passer Melenchon, qu’il allait passer. Vous aviez tort, j’avais raison.

      Je vous ai ecrit pendant 5 ans que Melenchon et sa clique d’opportuniste n’était là que pour reproduire du Podemos à la francaise. Devenir la principal force d’opposition de gauche, mais en echange faire passer la droite au pouvoir. Vous me disiez tous que non, mais non, et bien nous y sommes. La droite, cente droit est passé, et vous etes devenus la principal force d’opposition d’extreme gauche (Momentanement)

      Je vous ai ecris que le but du PG (Les insoumis) était de détruire tout les autres courants de la gauche, et qu’après le PS, ce serait le PCF. Nous y sommes, le PG menace même des poursuites judiciaires contre le PCF.

      Je vous ai ecris que Melenchon et sa clique n’était que des opportunistes, la pour leur place, le petit salaire confortable de politicien. Vous en aurez les preuves aux legislatives.

      Je vous ai ecrit que Melenchone t sa clique n’ont fait que mentir à leurs militants en leur demandant de l’argent, du temps, de l’espoir et qu’ils leur mentaient, qu’ils ne feraient que faire passer la droite, ou le centre droit et qu’ils prendraient leurs militants pour des pions qu’ils enverront dans les manifs. Vous verrez , j’aurais raison.

      Vous n’êtes que le retour de la vieille gauche George Marchais, ephemère. VOus n’êtes qu’un feu de paille. Mais le souvriers, eux vont se taper du 5 ans de centre droit. Pour vous, les insoumis, vous vous en foutez, vous n’êtes là que pour vos idéaux, et vos leaders pour du pouvoir et de l’argent.

      VOUS ETES DES ESCROCS, tout simplement.
      Violent, agressifs, populistes ....

      Quand je dis vous, ce n’est pas vous Raphael,rien de méchant contre vous, mais vos dirigeants qui se sont bien foutus de votre poire.

      bdpif Le 10 mai à 09:52
    •  
    • Le comble de l’escroquerie des insoumis aura été de ne même pas appeler ses militants à voter Macron pour faire un score bas à Le Pen. C ’est gagné, elle a double ses scores.

      Et puis du faschisme au pouvoir, c ’était pour vous, une opportunité d’envoyer vos militants au combats, quitte à ce qu’il y ait du sang sur les pavés.

      Vous n’êtes pas la gauche, vous êtes les relents du stalinisme.

      bdpif Le 10 mai à 09:58
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  • M. Martelli
    Votre manque de cohérence frappe l’esprit. Appeler à prolonger le refus mais quel refus vous qui avez appelé à voter le petit con ? Du piketty dans le texte pour qui il fallait porter l’asticot au plus haut pour dire son opposition.
    Dans cette élection pestilentielle que d’aneries doctement débitées. On en rirait si notre avenir n’était aussi dramatique.
    Et celui que se marre de la lâcheté des couilles molles qui se sont précipitées pour appeler au vote utile aux puissants c’est flamby 1er.
    Mais vous M. Martelli avec votre situation vos réflexion hors sol électoralistes vous êtes bien à l’abri de la misère qui nous touche et qui va s’amplifier.

    Irae Le 8 mai à 19:42
  •  
  • En plus la plupart sont retraites dont martelli. Ce qui attend les futurs retraités va etre tres impactant.les comptes notionels a la suedoises
    Systeme piketti.
    Les soutiens de macron vont comprendre !

    buenaventura Le 8 mai à 22:26
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  • Hors France Insoumise il n’y a que des tireurs dans le dos ! On connait ! Qu’ils dégagent ! ( de nombreux vrais communistes se sont battus avec la FI. Ils sont des nôtres )

    René-Michel Le 8 mai à 23:44
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  • @Mr Martelli

    Encore une fois, pour étayer votre argumentation et vos conclusions vous vous appuyez sur des chiffres . Je m’étonne que l’historien que vous êtes, ne fasse pas de distinction entre des résultats électoraux, des chiffres provenant de la statistique ou d’enquêtes de terrain indépendantes accompagnées d’un minimum de précautions méthodologiques et scientifiques, et des chiffres provenant de sondages répondants à une commande , qui ne sont dans les faits que des artefacts.

    Les chiffres, surtout si ils sont artificiels comme ceux des sondages, ne permettent pas à eux seuls de rendre compte de la réalité. De plus les chiffres présentent un inconvénient majeur , c’est que selon le point de vue adopté , ils peuvent faire l’objet de plusieurs interprétations, parfois opposées .

    A plusieurs reprises vous parlez " de gauche de gauche " et vous parlez " d’union nécessaire ", cela me paraît contradictoire , contre productif . C’est le problème posé par le concept de gauche , dans les circonstances actuelles . En distinguant au moins 2 gauches , si vous mettez de côté " l’extrême gauche ", vous introduisez le vers d’ une possible division. C’est ce que dit et fait M Valls.

    Vous écrivez :
    " Encore faut-il que cette gauche requinquée n’oublie pas que la reconquête durable des catégories populaires ne passe par le ressentiment mais par l’espérance."

    Soit vous en avez trop dit , soit pas assez , drôle de méthode que le sous-entendu. Cela me semble contradictoire avec ce que vous avez écrit auparavant " JLM a rendu l’espoir à la gauche ".

    Votre conclusion me laisse perplexe :

    " Ce combat sera, non pas celui de deux France ou celui du "eux" contre "nous", mais l’élan du "tous ensemble" pour une nouvelle donne. Et pas seulement en France…

    Pourquoi faites-vous cette mise en parallèle de deux Frances et du travail politique de construction d’un peuple " nous" et d’un adversaire " eux ". Rêvez vous d’une France unanime, où tous les Français seraient d’accords entre eux , une sorte d’union sacrée ou de front républicain ? " Eux" et " nous "sont une même France , la République, mais sont adversaires politiques , dans le cadre d’un combat démocratique.

    Vous vous gardez bien de nous expliquer en quoi construire un " eux " et un " nous " empêche d’être ensemble, comme vous l’affirmez un peu trop facilement.

    GG Le 9 mai à 14:15
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  • Ca fait des mois que j écris ici " il n y aura aucun accord avec le PS ,le Pcf " pour répondre aux unionistes bêlants qui voulaient un candidat commun.

    Et en parallèle ,je dis depuis 2 mois il n y aura pas d accord pour les législatives.

    Clémentine Autain dit qu’ " il existe un outil la FI et bien emparez vous en ! Venez débattre , construisez le futur.
    Maintenant il y a un point de positif ,le pc va enfin pourvoir mesurer son influence réelle sur les électeurs.

    Nul doute que fort des " millions d hommes et de femmes etc lalala ( roulement de George a la marchais) le pcf sur ses valeurs va montrer a la fi de qu’ elle idéologie elle se chauffe.

    Attendons donc juin tout ceci sera clarifie.

    Les 60 ou 80 députés communistes auront du pain sur la planche en septembre.

    buenaventura Le 10 mai à 23:16
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